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 [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...

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Aarhyel

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MessageSujet: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mer 10 Juil 2013 - 16:37

Aarhyel ignorait combien de secondes, de minutes ou même d’heure s’étaient écoulés depuis son naufrage, mes ses muscles ne se génèrent pour faire connaitre leur mécontentement lorsqu’elle se redressa. Pénible. C’était le mot le plus adéquat pour décrire la sensation qui venait de la traverser. Courbaturée,  elle éprouva de l’inconfort lorsque son corps fut finalement complètement déployé. Le vent s’était levé et peu importe la vitesse à laquelle il parcourait le monde, elle était suffisante pour que son imposante tignasse ne soit emportée. Ses longs crins colorés lui fouettaient le visage tandis que le sable humide sur ses vêtements était lentement balayé.  Inspirant longuement, Aarhyel dégagea son visage d’un simple geste de la main et pris lentement la route. Ses bottes s’enfonçaient dans le sable et laissaient de vagues traces de son passage qui seraient effacées d’ici quelques heures par la marée.

L’endroit était désert, aucune habitation en vue, que de la végétation au loin et une imposante façade en pierre qui paraissait naturelle. N’ayant rien d’autre à faire que d’avancer, la jeune femme prit la direction de ce monument naturel, dans l’espoir de s’y dégourdir et, peut-être, qu’une fois au sommet elle y verrait quelque chose d’intéressant.  Lentement, ses muscles se réchauffaient, se montrant moins capricieux et plus coopératifs.  Arrivée au pied du mur, Aarhyel se sentait plus ou moins prêt à l’attaque. Retirant ses bottes, la femme de la mer chercha un point d’encrage pour commencer son ascension.  Étrangement, ce fut comme si elle connaissait déjà ce mur et ses moindres fissures.  Ses mains trouvaient d’elles-mêmes les renforcements ou les excroissances de la façade. Elle fut au sommet en un rien de temps.

Cependant, à peine  eut-elle le temps de trôner au sommet, que son souffle mourut dans sa gorge. Son pied venait de glisser et sans  avoir le temps de réagir, la jeune femme se senti entraîner dans une chute dangereuse.  Son corps frappa l’eau avec violence, laissant sa carcasse engourdie aller percuter le fond.

***

L’eau glacée lui avalait les jambes, c’était comme si un millier de lame lui transperçait la peau, mais la jeune fille refusait obstinément de s’éloigner du rivage. Non loin d’elle, de nombreux hommes guettaient les alentours et peu importe le nombre de fois où elle se retournait pour les regarder, jamais leur regard ne croisait le sien.   Il n’y avait que le tendre regard d’une vieille femme qui l’observait. Tous autant qu’ils étaient, le grand cortège d’accompagnateur qui la suivaient, pas un seul d’entre eux n’avaient osés ne serait-que me mettre un orteil dans la mer.  D’ailleurs, plusieurs hommes avaient fortement déconseillé à la demoiselle de s’aventurer dans les eaux froides de la mer en cette saison, mais personne n’avait su la faire changer d’idée. Quand la petite avait ce désir d’approcher l’eau, ce besoin de communier avec cet élément, la mort elle-même ne saurait se montrer assez persuasive pour lui faire renoncer à ses projets.  La vieille Dame elle-même, celle-là même qui était en charge de la gamine depuis sa naissance, n’avait su empêcher sa protégée de retirer ses chaussures, de relever ses nombreux jupons et de s’aventurer dans les vagues.

Cette vieille femme, à qui l’on reprochait d’être trop permissive, répondait inlassablement la même chose : On ne peut tenir éloigner indéfiniment une femme amoureuse de celui qu’elle aime et peu importe l’âge de cette enfant, elle demeurera toujours l’épouse de l’Océan.

Hypnotisée par la beauté de sa passion, Aarhyel admirait l’horizon, là où le ciel venait embrasser l’océan pour ne former plus qu’un seul bleu éternel.  Les caresses polaires des vagues atteignirent les genoux de l’enfant, imbibant ses jupons d’une eau glaciale, mais celle-ci ne sembla pas s’en préoccuper. Les lèvres légèrement plus foncées, elle jeta un énième regard derrière elle et, ne voyant de nouveau aucun de ses accompagnateurs lui porter attention, plus inquiète par ce qui pourrait venir de la terre que ce qui se cachait sous la mer, pris sa décision.

Y mettant toutes ses forces, Aarhyel rejoignit un prolongement de la plage venant fendre les eaux, où reposait un imposant mur naturel de pierre. Curieuse, cédant à la tentation, elle entreprit son ascension. La montée pris bien plus de temps et d’efforts que prévu, ses vêtements complètement trempés ajoutant un poids non négligeable à la masse que ses bras devaient supporter. Ses petits membres tremblaient depuis longtemps lorsqu’elle posa enfin de bras sur le sommet, prenant un bref instant pour puiser dans ses faibles forces afin de se hisser en sécurité. Un gémissement d’effort plus tard et l’enfant se laissait rouler sur le dos, satisfait et soulagée d’avoir réussi. Son regard dévora le ciel un moment, puis, mollement, Aarhyel se tourna vers le large. Ses perles d’océan rencontrèrent leur amour de toujours et un sourire s’empara de ses lèvres.

Soudain, un rayon de soleil miroita sur la surface de l’eau salée et vint aveugler la petite. Se redressant sur l’un de ses coudes baissa les yeux et découvrit le plus magnifique paysage qu’elle n’ait jamais vu. L’imposante rocaille qu’elle avait gravit était en fait un immense mur concave qui créait une alcôve protectrice servant à protéger les restes de qui dû être jadis un hôtel des plus sublimes qui soit.  


Une chaleur réconfortante s’empara de son cœur, lorsque ses yeux parcoururent les ruines submergées. Tout était si beau! L’énorme arche de pierre dont le centre c’était écroulé mais dont les extrémités s’élevaient vaillamment, au point de percer la surface, comme si elles cherchaient à dire « nous sommes toujours là! Toujours debout!».  Les poutres colorées, sculptées de toutes parts avec une infinie minutie, les piliers soutenant ce qui fut jadis un somptueux balcon, de même que les quelques marches menant vers ce qui fut jadis l’emplacement d’un trône quelconque.  Oui, tout, dans les moindres détails, était splendide. Mêmes ces énormes yeux qui-…

Le cœur de l’enfant rata un battement et son regard s’agrandit.  Ébranlée, Aarhyel ferma fortement les yeux, croyant rêver, mais lorsqu’elle les ouvrit, les yeux étaient toujours là. La dévorant du regard. D’énormes yeux jaunes la dévisageaient, transperçant la noirceur de l’un des rares recoins sombres des ruines qu’elle admirait.  Captivée par ce regard, l’enfant cru ressentir une infinie tendresse venir envelopper son être et alors qu’elle allait se pencher pour avoir une meilleur vu, une voix résonna dans l’alcôve, au-dessus des ruines.

Amphitrite!

Devant son silence et sa surprise, les yeux se fermèrent lentement et une gigantesque choses brillante sortie de la protection que lui conférait la noirceur avant de fuir à toutes vitesses vers le large.

«Non! Attends!» Demanda la petite en se levant promptement. « Ne pars pas! Reviens!» Le supplia-t-elle en voyant sa forme se confondre de plus en plus dans les eaux profondes. «Ne…ne me laisse pas!» L’implora l’enfant, regardant rapidement autour d’elle, ne sachant pas quoi faire.

Puis, prise d’une idée folle, elle inspira un grand coup et sauta. Les bras autour de sa tête pour se protéger, Aarhyel se laissa chuter de son perchoir, sentant ses nombreux jupons trempées voler autour d’elle. Les yeux fermés, la petite cru entendre, lorsque son corps transperça la surface salée, entendre la voix de nouveau, lui répétant ce même prénom. Celui dont sa nourrice pouvait lui parler mille et une fois par jour. Comment cette voix pouvait-elleconnaître son secret?

Complètement avalée par la mer, ses longs cheveux de flammes flottant tout autour de son visage, Aarhyel ouvrit les yeux. Le picotement du sel ne se fit pas prier, mais l’enfant ne lui accorda aucune importance. Entravée par sa robe, elle peina à se mouvoir, pivotant lentement sur elle-même afin de se repérer. Si la vue l’avait éblouie lorsqu’elle avait découvert ces ruines, ce n’était rien comparé à l’admiration qu’elle éprouvait devant le spectacle auquel elle avait droit sous l’eau.

Un long chant aigu attira l’attention de l’enfant, qui tourna la tête en sa direction. Au loin, vers le large, Aarhyel pouvait voir les yeux. Ils étaient revenus! Ils revenaient lentement vers elle… Elle ne put s’empêcher de sourire et d’écarter les bras, invitant la créature gigantesque à venir vers elle. La peur aurait dû être au rendez-vous, la logique du moins, mais à cet instant précis, Aarhyel n’arrivait pas à éprouver quoi que ce soit d’autre que de la joie et de l’amour.

Tout pris rapidement fin lorsqu’une explosion de bulle apparu juste devant elle et avant même qu’elle n’ait le temps de reprendre ses esprits, elle était de nouveau à la surface. « Noooon !» S’exclama-t-elle, frustrée, dès que ses poumons furent remplis d’air et aussitôt, un effroyable râle fit trembler l’alcôve de pierre. Aarhyel n’était pas la seule à être profondément déçue de ce sauvetage impromptu…

***

Le thorax en feu et le regard plein de panique, Aarhyel rouvrit les yeux pour ne rencontrer que de l’eau. L’endroit qu’elle avait vu… C’était le même. Ses iris balayèrent l’horizon, redécouvrant la scène qui s’était jouée dans son esprit lorsqu’elle s’était cogné la tête. Tout était là, tout était identique. Aussitôt, luttant contre le manque d’oxygène, Aarhyel chercha à retrouver se recoin sombre, là où la créature était cachée la dernière fois.  

Rien. Il n’y avait rien…

N’en pouvant plus, la jeune femme regagna la surface et prit la plus douloureuse inspiration qu’elle n’ait jamais connue. L’air lui brûla la trachée, faisant perler des larmes au coin de ses yeux.  Nageant vers un pilier, elle y trouva une prise sur avant d’y grimper à la force de ses bras. Avec adresse, elle parvint à atteindre ce qui devait être une parcelle d’un balcon en ruine. De cette hauteur, elle put davantage profiter de la merveille se trouvant devant elle…  Soudain, un bruit de métaux frottant contre de la pierre se fit entendre. En un éclair Aarhyel fut debout et bien qu’elle n’ait pas d’arme à portée de la main, elle somma l’inconnu de se faire connaître.

«Montrez-vous! Je sais que vous êtes là!»

Complètement trempée, ses vêtements lui collant à la peau et légèrement ébranlée- pas tout à fait remise du choc à la tête-, elle se tenait prête.  Elle ne savait plus à quoi s’en tenir depuis que son esprit avait été assaillit par ce…Souvenir? Pourquoi avait-elle éprouvé de l’amour pour cette gigantesque créature? Et pourquoi ressentait-elle cette familiarité vis-à-vis de ce nom «Amphitrite»?
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Jeu 11 Juil 2013 - 14:00

Les îles Lipsi.

En quittant le sanctuaire, Océanos avait ressentit un puissant cosmos, bien que encore en sommeil.
Il s'était hâté de suivre la piste de ce cosmos avant qu'il ne s'éteigne. Et il était arrivé ici.

Ce serait donc ici que ce trouverait celle qui héberge la déesse des monstres marins, Amphitrite?

Le titan posa le pied sur l'île. C'était un endroit minuscule, sauvage et à peine peuplé.

Il entama ses recherches. Il explora toute l'île, ne prêtant pas la moindre attention envers le regard incrédule des rares habitants de l'île.

Il finit par arriver devant une grande falaise au bord de la mer. Il aperçu une jeune femme qui regardait l'océan. Il s'approcha lentement, marchant sur les rochers de la falaise.

«Montrez-vous! Je sais que vous êtes là!»

Le titan s'arrêta un instant. Il était repéré, peut importe. Puis, il se dévoila à la vue de la jeune femme. Il la scruta un instant du regard. Il ne mit pas beaucoup de temps pour constater qu'elle était celle qu'il recherchait.
En elle sommeillait une grande force, une force divine.

Vous voilà enfin. Je vous cherche de puis des jours, dame Amphitrite, déesse des monstres marins!


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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Sam 13 Juil 2013 - 0:06

L'écume produite par la chute de la jeune fille se dissipait. Dans le monde du silence, le fond de l'eau, les poissons s'agitaient en tous sens. Elle était là. LA déesse était là. Bien qu'elle ait perdu la mémoire et mené une vie de pirate des années durant, les créatures marines n'avaient jamais cessé de veiller sur elle et ainsi préserver son cosmos des éventuels curieux. Aujourd'hui, le jour était venu. Après le naufrage, elle avait regagné la surface et un obscur personnage l'approchait.

Le jour était venu de lui redonner la mémoire, qu'elle regagne son trône aux côtés du seigneur Poséidon et qu'elle apprenne à se défendre. Oui, elle volerait de ses propres ailes.

Dissimulées dans l'ombres, les créatures attendaient. Tandis que l'étranger arrivait à quelques mètres de la déesse, quelques moules tendirent l'oreille et communiquèrent aux étoiles de mer, puis aux poissons, ce qu'elles entendirent.

Yeux jaunes se recroquevilla dans un pan de mur immergé.

Amphitrite... Notre reine...
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Sam 13 Juil 2013 - 0:21

Sorti de nulle part, un homme fit son apparition. Elle s’était attendue à bien des choses, ou plutôt non. Son esprit engourdi n’avait pas su joindre de détail à ses doutes concernant l’arrivée d’un autre individu. Elle avait su d’instinct qu’elle avait été découverte lorsqu’elle avait capté le son métallique, mais la nature de l’être en approche n’avait pas su se dessiner dans ses pensées. Un mercenaire? Un habitant de cette île? Avait-elle seulement su prédire que l’inconnu serait un homme?   Ralentie et incohérente, la jeune femme ne commençait à se questionner sur les motifs de la présence de l’inconnu, car bien qu’il se soit dévoilé à elle, il ne semblait pas vouloir prononcer mot. Le temps s’écoulait paisiblement, indifférent à leur échange, laissant les protagonistes se dévisager.

L’inconnu était grand et certainement plus beau que plusieurs hommes qu’elle avait pu rencontrer par le passé, mais le regard qu’il lui adressait l’incommodait. Pourquoi la regardait-il de la sorte? Croyait-il la connaître? Aarhyel serait plus que ravi de lui certifier que non, elle avait une mémoire bien trop précise des visages pour oublier quelqu’un, à moins que… Interdite, l’enfant de la mer se demanda s’il était possible que cet inconnu l’ait connu par le passé. Dans ce passé si lointain qui ne faisait plus qu’écho à sa vie, ce passé dont elle n’avait plus souvenir. Celui qui noircissait autrefois les pages de sa vie avant d’être sauvée par les tristement célèbres boucaniers qui l’avaient élevée par la suite. Se pourrait-il que, maintenant qu’elle s’était libérée du Serpent de Brume, quelqu’un connaissant ce qui fut jadis son histoire l’ait retrouvée? Quelqu’un sachant ce qu’il y avait autrefois sur les pages manquantes de sa vie?

C’était trop beau… Et pourtant.

« Vous voilà enfin. Je vous cherche depuis des jours, dame Amphitrite, déesse des monstres marins! »


Ce nom, encore et toujours ce nom. Perplexe, Aarhyel se torturait encore une fois au sujet de ce nom. Pourquoi revenait-il toujours à elle? Dans ses rêves, parfois, elle croyait l’entendre… Les voix qui lui venaient de l’océan appelaient sans cesse cette fameuse créature et maintenant, on déclinait enfin plus de détails. Une déesse? Pourquoi lui attribuait-on le nom d’une divinité? Comment pouvait-on croire qu’elle était cette fameuse déesse des monstres marins? Et cette vision… Celle qui avait défilé dans son esprit tandis que son corps gisait dans les ruines... Cette petite fille, c’était elle, alors était-ce un souvenir ou le simple fruit de son imagination plus que fertile?

« Vous vous trompez de personne, je ne suis pas celle que vous croyez. »
Répondit-il à l’inconnu en s’approchant du mur dont elle était tombée, prête à l’escalader de nouveau dans l’espoir de retrouver la plage.

Ne tournant pas le dos à l’étranger, Aarhyel cherchait à deviner ses intentions. Elle qui n’avait connu, de mémoire, que des hommes vils et dangereux, elle ne savait pas s’il était sage d’accorder sa confiance à quelqu’un qu’elle n’avait jamais vu par le passé, quand bien même il semblait être au courant de quelque chose à son sujet. Cette vision qu’elle avait eue, réelle ou pas, l’avait troublée au plus haut point. La petite fille avait semblé s’approprier le nom de la fameuse déesse, même s’il n’était pas le sien. Et les émotions si intenses qu’elle avait ressenties… Elle ne pouvait pas avoir imaginé un amour si fort, c’était impossible. Il en était pour le vide immense qui s’était emparée d’elle lorsque la créature avait pris le large…

D’ailleurs…

Pourquoi n’ai-je pas eu peur?

Sans doute plus affectée qu’elle ne le pensait par le coup à la tête qu’elle avait eue, Aarhyel réalisa subitement que pas une fois, pas une seule fois, elle n’avait craint pour sa vie lors de l’attaque qui eut raison du Serpent de Brume. Alors que d’immenses tentacules fendaient l’air pour s’abattre sur le pont et enlever les hommes, Aarhyel avait sillonné le navire sans se soucier de subir une attaque de leur part. Inconsciemment, elle avait décidé, comme si elle savait, qu’elle ne risquait rien vis-à-vis de la créature assaillant le bateau sur lequel elle avait vécu. Comment cela avait-il été possible, elle qui n’agissait jamais de manière irréfléchie? Comment avait-elle pu être aussi si insouciante, comment avait-elle pu croire qu’elle ne risquait rien?

À court de mots, la jeune femme décida qu’elle n’en était plus à un risque inutile près et décida de fuir. Elle ne connaissait pas cet homme, celui qui s’était adressé à elle en lui attribuant un rang divin qui n’était pas le sien, mais malgré toute sa curiosité pour cette Amphitrite et son lien avec elle, elle ressentait le besoin de fuir. Aussi tentante soit la possibilité d’en apprendre plus au sujet de la vie qu’elle avait oublié, Aarhyel acceptait d’y renoncer si elle pouvait oublier toutes les absurdités qui défilaient dans ses pensées. La jeune femme tourna alors le dos à l’étranger et chercha à gravir la falaise surplombant les ruines dans lesquelles elle était tombée.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Dim 28 Juil 2013 - 12:50

« Vous voilà enfin. Je vous cherche depuis des jours, dame Amphitrite, déesse des monstres marins! »

Il continuait à regarder la jeune femme. Celle ci le regardait, stupéfaite.

« Vous vous trompez de personne, je ne suis pas celle que vous croyez. » dit elle en s'adossant au mur.

Océanos regarda la jeune femme en détail. Il n'y avait rien de particulier dans son apparence mais il sentait très clairement l'énergie divine qui s'en émanait. Une énergie que seul les dieux pouvaient percevoir dans son entièreté. Une énergie qui ne laissait pas de place au doute: cette femme était la réincarnation de la déesse maritime.

Cependant cette femme l'ignorait. Elle ignorait qu'elle possédait un pouvoir capable de déclencher des inondations et de détruire tout sur son passage. Un pouvoir qui lui permettait de régner sur les monstres marins et, si elle le souhaitait, de les lâcher sur le monde pour qu'il le détruise. L'affaire allait être plus compliquée que prévu. Cependant il n'entretenait pas de doute sur sa capacité à réveiller l'énergie divine qui sommeillait en elle.
Il vit la jeune femme s'éloigner vers la falaise. Instantanément, il se retrouva devant elle, comme si il s'y était toujours trouver. Il regarda la jeune femme dans les yeux puis parla.

A ce que je vois vous ignorer que vous héberger en vous une puissance fantastique. Vous refusez la vérité parce que vous la craignez. Je ne suis pas ici pour vous faire du mal mais pour vous permettre de vous retrouver vous même! Vous êtes la réincarnation d'Amphitrite, déesse des monstres marins et épouse de l'empereur des mers Poséidon! Vous avez été choisie depuis des siècles pour accueillir cet esprit divin! Vous ne pouvez refuser ce futur qui s'ouvre à vous, vous n'en avez pas le droit


Pendant tout ce temps, il avait continué à fixer la jeune femme dans les yeux. Il guettait sa réaction afin de savoir quel impact ses paroles avaient sur elle. La surface de l'eau avait bouillonné durant quelques secondes mais il ne l'avait pas remarqué.


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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 29 Juil 2013 - 21:12

Yeux jaunes attendait. Le bipède semblait vouloir la même chose qu’eux à première vue. Le retour de la déesse à l’océan.

Cependant un doute subsistait : la personne qui se tenait là-haut était le père de leurs ancêtres. Celui qui leur avait offert un abri. Celui qui avait régné sur eux. Celui qui faisait partie de la génération des traîtres.

Yeux jaunes approcha ses tentacules du pic rocheux sur lequel il discutait, en totale discrétion, prêt à frapper. Mais un concert d’ultrasons s’éleva dans les fonds marins plaidant pour Océan, plaidant pour Poséidon. Car ce dernier s’avérait être l’actuel empereur, celui qui l’avait fortifié, étendu plus qu’on ne l’aurait imaginé, celui dont la colère faisait craindre les habitants des mers, celui qui avait amélioré les legs reçus. Et surtout, celui était l’époux d’Amphitrite.

Le titan avait chu. Il n’avait plus le droit d’influencer les mers, seul Poséidon devait avoir l’honneur de ramener sa déesse à la vie et de communier avec elle !

Une majorité se détacha peu à peu pour le dieu colérique et Yeux jaunes leva alors ses tentacules, puis les immobilisa en l’air. La tribu des dauphins venait de donner sa voix : tenter une dernière approche pacifique pour ramener Amphitrite vers eux. Ils ne régnaient sur rien, se contentaient de glisser dans l’onde. Pourtant, c’était un des leurs qui avait autrefois uni les deux voix de l’océan, un de leurs ancêtres qui siégeait parmi les constellations et s’était réincarné auprès de l’empereur…

Tout à coup, ils surgirent de part et d’autre de la jeune fille et son interlocuteur. Deux élégants dauphins dont les regards cherchèrent celui de leur déesse au plus profond de ses yeux.

Déesse Amphitrite !
-Revenez vers nous !
-L’océan vous attend en son sein !
-L’océan vous appelle pour que vous repreniez votre place !
-Entendez notre voix !
-Écoutez nos murmures !
-Le titan n’est plus notre maître ! Il s’agit de vous et de Poséidon !
-Détournez-vous de lui sinon les autres attaqueront !
-Amphitrite !


Cela n’avait duré qu’une poignée de secondes, pendant lesquelles les sonars des deux bêtes avaient convergé vers elle. Pour Océanos dont le séjour au Tartare avait brouillé sa perception de l’océan, à peine quelques bribes pouvaient être déchiffrables. Un semblant d’avertissement. Son autorité n’était plus, il devait laisser Amphitrite revenir d’elle-même vers les profondeurs ou périr en essayant.

Yeux jaunes se tenait prêt, les tentacules à une portée de ventouses.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 29 Juil 2013 - 23:24

Avant même que ses doigts n’aient la chance de rafler la roche, la jeune femme rencontra de nouveau l’inconnu sur sa route. Là, devant elle, venait d’apparaître celui à qui elle venait de tourner le dos. Mais comment avait-il fait? Comment avait-il pu se déplacer aussi vite? Comment avait-il pu se dresser devant elle sans qu’elle ne puisse le voir venir? Troublée, Aarhyel interrompit son élan avant de percuter l’étranger, le dévisageant sans gêne aucune. Alors qu’elle allait prendre parole pour lui sommer de la laisser passer, l’inconnu la devança.

Perplexe, ignorant la douleur lancinante à l’arrière de sa tête, la jeune nomade des mers écouta son discours sans queue ni tête. Elle qui avait perçu une lueur d’espoir lorsqu’il lui avait dit vouloir lui permettre de ses retrouver elle-même, elle déchanta bien vite lorsqu’il l’appela de nouveau comme cette mythique divinité. Cet homme avait-il perdu l’esprit? N’était-il qu’un autre de ces pauvres fous cherchant désespérément à personnifier les grands dieux de leur passé? Aarhyel regretta aussitôt d’avoir cru que cet homme aurait pu l’aider à se souvenir de sa vie, à renouer avec les souvenirs précédents son embarquement sur le Serpent de Brume… Il n’y avait aucune chance pour que cet homme lui vienne en aide, ce pauvre fou ne devait même pas se souvenir de sa propre histoire, alors l’aider à recouvrer la mémoire…

Plus les mots quittaient ses lèvres, plus son discours se teintait de divagations délirantes. L’entendre ainsi parler d’elle était très énervant. Comment cet étranger osait-il prétendre en savoir autant sur sa vie, son destin, alors qu’elle-même n’en avait pas le moindre souvenir? La nomade sentait une colère noire naître au plus profond de ses entrailles et n’avait qu’une envie, faire ravaler ses propos à ce pauvre fou. Le peu de retenue qui l’empêchait de lui livrer le fond de sa pensée vola en éclat lorsqu’il fit allusion à ses « droits ». Le droit? Avait-il vraiment proclamé qu’elle n’avait « pas le droit »?

« Comment osez-vous!? » S’emporta la jeune femme en le pointant d’un doigt accusateur. « Je fais ce qui me plait de ma vie, car c’est la mienne! Comment osez-vous me parler de droit? Vous ne me connaissez pas! » S’insurgea-t-elle par la suite en voulant le contourner. « Laissez-moi tranquille! Je ne suis pas celle que vous croyez » Répéta-t-elle juste avant que de merveilleux chants de sonars se firent entendre.

Le corps de la nomade se tourna de lui-même vers les ruines, scrutant attentivement la surface saline d’où s’élevaient les si merveilleux chants. La jeune femme put sentir son cœur s’emballer, débordant d’un enthousiasme inapproprié. Comment pouvait-elle se sentir si, excitée? Si fébrile? Alors qu’il y a quelques secondes encore elle ne rêvait que de cracher son venin sur l’étranger ayant attisé sa colère…  L’espace d’une seconde, la nomade crut percevoir une tension. Une discorde? Non… La mer semblait lui porter un vent d’hésitation, des vibrations d’incertitudes. Que pouvait-il bien se passer dans ses eaux pour qu’une telle impression s’en dégage? Ayant toujours vécue en mer, la jeune femme ne cherchait plus à s’expliquer sa facilité à lire dans les vagues ni à justifier que ses humeurs s’accordent à celles de l’océan, mais à cet instant précis… Oui, à cet instant précis, quelque chose lui disait que la mer ne vibrait plus en harmonie avec elle et Aarhyel se demandait pourquoi. Pourquoi avait-elle perdu l’affection de l’océan?

Soudain, deux magnifiques silhouettes jaillirent de l’eau et volèrent jusqu’à eux. De chaque côté de leur perchoir s’élevaient deux dauphins et à leur vue Aarhyel crut que son cœur allait exploser de joie. Ces créatures avaient toujours eu sa préférence entre toutes. Elle attendait avec impatience de les entendre chanter pour elle, trouvant toujours fascinantes les notes cristallines qu’ils pouvaient émettre. Mais aux premières notes émises, la nomade perdit le sourire et senti sa respiration mourir dans sa gorge. Avait-elle perdu la raison? Totalement dépassée, elle regarda les dauphins perdre de la hauteur et replonger.

Elle n’avait pas raté le moindre son, le moindre mot, la moindre syllabe et alors que ses yeux se noyaient sur la surface saline, ses pensées se chamboulaient. Le problème de son identité n’était plus actuel. Le fait qu’elle n’ait jamais eu de souvenirs de son passé ne comptait plus. On pouvait la prendre pour une déesse, une artiste ambulante, une fille de joie, une reine même, elle n’en avait que faire. Désormais, la seule chose qui occupait son esprit était que…

« Les dauphins… Ils m’ont parlé et… J’ai compris. Les dauphins m’ont parlé!!! » Finit-elle en hurlant en jetant un regard paniqué à l’étranger.

Ses pensées se chamboulèrent. Comment avait-elle pu comprendre les dauphins? Pourquoi avait-elle senti leurs paroles résonner jusqu’au plus profond de son être? Les derniers instants du Serpent de Brume lui revinrent en mémoire et de nouvelles interrogations en découlèrent. Est-ce que les voix qu’elle entendait sans cesse à toutes heures du jour et de la nuit provenaient également de créatures? Est-ce que le monstre ayant détruit le navire était venu pour les mêmes raisons que les dauphins? Était-ce pour cela qu’elle n’avait ressenti aucune peur? Parce qu’elle savait, sans savoir pourquoi, que la créature ne lui voulait pas de mal? Complètement déboussolée, Aarhyel sentit son souffle s’accélérer et tout son corps se mit à lui hurler de sauter.

« Revenez! Parlez-moi encore!! » Demanda la nomade en s’approchant du bord, laissant son regard glisser sur la surface.

Ce brusque chamboulement dans ses émotions amplifia ses étourdissements. De puissantes vagues de douleurs s’attaquèrent à sa tête tandis que sa vision se troublait. Ce tournant vers l’inconnu un bref instant, la jeune femme s’approcha du pilier lui ayant permis de grimper jusqu’à ce perchoir.

« Il faut… Il ne faut pas qu’ils partent! Il faut que… Il faut que je les suive! » Haleta la jeune femme, cherchant une prise acceptable pour rejoindre l’eau, décidée à retrouver les dauphins s’étant adressés à elle. Ne trouvant pas de point de départ, la nomade se précipita vers l’extrémité du perchoir, pour s’élancer sur l’une des pentes s’enfonçant dans la mer.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mar 30 Juil 2013 - 19:47

Malgré les paroles qu'il venait de prononcer, la jeune femme refusait toujours d'entendre raison.

« Comment osez-vous!? » S’emporta la jeune femme en le pointant d’un doigt accusateur. « Je fais ce qui me plait de ma vie, car c’est la mienne! Comment osez-vous me parler de droit? Vous ne me connaissez pas! » S’insurgea-t-elle par la suite en voulant le contourner. « Laissez-moi tranquille! Je ne suis pas celle que vous croyez »

Le titan soupira. Certes elle était la réincarnation d'un esprit divin, mais, celui ci étant encore en sommeil, ce n'était qu'un esprit humain qui habitait ce corps. Et les humains se montrer terriblement bornés au point de ne pas accepter des vérités fondamentales.

Alors qu'elle s'apprêtait à lui hurler de nouveau dessus et lui à le supporter sans broncher jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, deux dauphins jaillirent des eaux.

Pour lui qui était resté trop longtemps éloigné du monde marin, leurs paroles n'étaient pas entièrement compréhensible. Et ce fait l'attristait. Lui qui était autrefois célèbre pour les conversations qu'il menait avec l'océan, le tartare avait réussit à briser cette part de son identité. Et cela lui était insupportable. Il put malgré tout en comprendre des fragments.



...Amphitrite !
L’océan vous attend...
Le titan n’est plus notre maître !

Ces dernière paroles le blessèrent. Certes c'était désormais Poséidon le maitre des océans, et uniquement parce que c'était lui qui les lui avaient transmis, mais il restait leur père. Une unique larme roula sur la joue du titan avant de s'écraser sur la falaise.

« Les dauphins… Ils m’ont parlé et… J’ai compris. Les dauphins m’ont parlé!!! »


Ces parole réveillèrent Océanos de l'état d'abattement dans lequel il commençait à tomber. Ainsi elle les avait entendu. Comment pouvait t'il en être autrement.

Le fait que vous soyez capable d'entendre et de comprendre la voix des dauphins prouve mes dires. Ce n'est pas tout. Il en serait de même avec toutes les créatures marines.

Il vit la jeune femme partir vers la falaise.



Revenez! Parlez-moi encore!! »

La jeune femme commençait à vivre ces retrouvailles avec son identité. Elle semblait extrêmement émue par ce qui venait de se passer. La suite le confirma.

« Il faut… Il ne faut pas qu’ils partent! Il faut que… Il faut que je les suive! »

Il la vit chercher une piste vers la mer. Alors qu'elle venait d'attendre le bord de la mer, il la rejoint a côté d'elle, se déplaçant aussi vite que la dernière fois.

Voici l'entrée de votre royaume. dit-il en désignant les fonds marins. Êtes vous prêt à faire face a votre identité et a votre destin?


















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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mar 30 Juil 2013 - 21:57

La solution pacifique semblait avoir fonctionné. Un silence abyssal était tombé sous la surface. Puisque le titan n’agissait pas contre eux, Yeux jaunes se montra lentement, à cemi-immergé. Sa tête en triangle et ses tentacules scrutaient les deux êtres en haut de la falaise.

Sans brusquerie, il vint entourer la taille de la jeune fille. Tout en bas, les dauphins, requins, méduses et autres crustacés fixés à leurs rochers observaient en silence. Leur reine revenait. Son esprit enfoui depuis des siècles allait enfin reprendre sa place dans les tréfonds de l’océan et ce sans qu’aucun sang n’ait dû être versé.

Lentement, les ultrasons reprirent. Des encouragements. Le nom d’Amphitrite était scandé sous la forme et quelques créatures commençaient à trépigner d’impatience. Un banc de truites fit des bonds en cascade, frétillantes comme jamais.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Jeu 1 Aoû 2013 - 23:01

Aarhyel sursauta à l’apparition soudaine de l’inconnu à ses côtés. Comment faisait-il? La nomade secoua la tête, elle n’avait pas de temps à perdre avec lui et ses divagations. Elle n’avait qu’une envie, rejoindre les dauphins. Il fallait qu’ils lui parlent de nouveau. Elle ne comprenait pas comment ses créatures pouvaient communiquer avec elle, ni pourquoi elles aussi la prenaient pour cette déesse, le bienêtre qu’elle avait ressenti au son de leurs voix occupait toutes ses pensées. Elle voulait le ressentir à nouveau.

« Laissez-moi tranquille, pauvre fou. »
Le somma de nouveau la jeune femme avant d’entreprendre sa descente.

À peine eut-elle avancé d’un mètre qu’un violent frisson la parcourut. Aussitôt la nomade porta son regard sur la surface et son cœur rata un battement. Son regard s’agrandit comme jamais, ses pupilles se dilatèrent comme si elle était piégée dans la plus obscure des grottes et ses poumons oublièrent comment fonctionner. Ces yeux… Son regard ne pouvait se défaire d’eux. Le moindre de ses muscles répondait absent. Son cerveau était-il engourdi au point de ne plus avoir de contrôle sur son corps?  Le mouvement de ses tentacules finit par attirer suffisamment son attention pour que ses yeux les parcourent rapidement. Les voir danser ainsi à la surface, se brandissant dans les airs… Une brusque migraine s’attaqua sournoisement à elle, marquée d’une douleur sans nom à l’arrière de la tête.

****

Le froid, le poids de ses vêtements trempés, l’étourdissement du roulement des vagues… Vautrée sur ce qui fut jadis une planche composant le pont d’un grand navire,  une petite fille émergeait partiellement de l’inconscience. Le bas de son corps flottait dans l’eau salée tandis que son buste frottait le bois. Quelques échardes se faisaient connaître au fur et à mesure qu’elle reprenait conscience. Sur ses bras et son visage, le bois gonflé lui lacérait la peau, mais son corps était impuissant. Incapable du moindre geste, le petit être se laissait ballotter d’un sens puis de l’autre. Ses yeux parvinrent difficilement à s’ouvrir, lui permettant à peine de discerner la ligne d’horizon tant sa vision était trouble. Le bleu profond de la mer embrassait langoureusement celui du ciel, l’enfant ne voyait que du bleu. Peu importe où son regard glissait, elle ne discernait que du bleu. Elle pouvait même sentir ses globes trembler sous ses paupières. Soudain, deux taches apparurent devant elle. Deux immenses taches colorées, détonnant violement avec la couleur de l’océan. Ses oreilles inondées ne parvenaient à capter que de vagues ondes, incapables de saisir le moindre mot… Car bien que son esprit erre quelque part entre l’autre monde et l’instant présent, l’enfant était prête à jurer que ces taches la regardaient et s’adressaient à elle…

Une ombre gigantesque passa alors au-dessus d’elle, dansant autour de son embarcation de fortune. Des masses souples et élancées se promenaient autour d’elle, captivant son regard par leur couleur. Soudain, une prise visqueuse entoura ses jambes et en un clignement de paupière, l’enfant se retrouva dans l’eau. Ses cheveux dansaient autour de sa tête, créant une nuée enflammée qui dansait autour d’elle au gré des courants. Ses nombreux jupons flottaient en s’éparpillant autour de sa taille, lui rappelant innocemment la forme d’une méduse. Complètement blasée et étourdie, l’enfant de remarqua pas immédiatement que son corps sombrait, attiré vers les abysses. Ce ne fut que lorsqu’elle ne discerna plus la lumière du jour que son cœur s’emballa, lui faisait redresser la tête. Telle une marionnette, elle regardait et subissait sans rien pouvoir y faire. Ses doigts jouant au-dessus d’elle, comme si elle pouvait ramener la surface à sa portée. L’idée alors qu’elle avait tout perdu s’immisça dans son esprit endormi.

Le navire qui la protégeait,  tous ceux qu’il abritait, le capitaine… Sa nourrice. Plus jamais elle ne pourrait se plaindre d’être traitée comme une reine, plus jamais elle ne pourrait parlementer ou négocier pour ne pas porter de robe… Plus jamais sa nourrice ne lui parlerait du jour où on l’avait trouvée sur la plage. Plus jamais on ne lui raconterait ces idioties au sujet des dieux… Plus jamais elle ne pourrait écouter la mer lui chanter son amour. Plus jamais elle ne serait témoin de la splendeur de l’océan… Et maintenant, elle allait perdre… La vie? Non… Non… Elle ne pouvait pas laisser cette créature l’entrainer au plus profond des abysses. Elle refusait de trouver la mort sous l’emprise de ce qu’elle chérissait le plus au monde.

****

La sensation de peur et de besoin de vivre qui l’avait envahie en revivant ce souvenir, ou peu importe ce que c’était, ramena brutalement la nomade à l’instant présent. Une prise étrange la maintenait au-dessus de l’eau. Elle pouvait la sentir au niveau de sa taille et un simple tour d’horizon lui permit de comprendre. Alors que son esprit était absent, l’immense créature marine avait pris possession de son corps. La respiration de la jeune femme s’emballa aussitôt.

« Non… NON! Repose-moi! » Paniqua-t-elle alors en revoyant le corps de la petite fille sombrer et être entraînée dans les profondeurs. « Repose-moi!! » Réclame-t-elle de nouveau en essayant de se soustraire de la poigne de la créature, poussant contre sa peau lisse qui lui collait aux hanches. « Laisse-moi partir!!! »

C’est alors qu’une étrange chaleur prit naissance dans ses paumes. Comme une caresse, cette chaleur remonta le long de ses poignets, puis de ses bras.   Haletant,  la nomade cessa de se débattre, hypnotisée par la progression de cette chaleur ainsi que des sensations de bienêtre qu’elle laissait sur ses membres. Bientôt, son être tout entier irradiait de chaleur et dès que le regard angoissé de la nomade croisa les immenses yeux jaunes, elle cessa de respirer. Une force inconnue enveloppa son corps et sans savoir comment, Aarhyel sentit le tentacule de la créature se relâcher subitement. Son corps chuta de nouveau, ses membres s’agitant autour d’elle, essayant vainement de se rattraper pour ne pas être avalée par la mer.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Ven 2 Aoû 2013 - 14:41

La jeune femme sursauta lorsqu'il arriva à côté d'elle.

« Laissez-moi tranquille, pauvre fou. » le somma t'elle.

Le titan sourit intérieurement, croyait-elle que ces menaces, aussi impétueuses soit-elle pouvaient l'atteindre.
Il la vit descendre la falaise. Il ne réagit pas. C'était son destin. La jeune femme se figea. Deus paires d'yeux jaunes venait d'apparaître à la surface. Elle était comme hypnotisée par la créature qui venait d'émerger.
Le titan se rendit alors compte que la créature était là depuis le début! Comment avait-il put ne pas la remarquer? Ces sens s'était véritablement émoussés dans le tartare. Dans le passé, la créature n'aurait même pas pu s'approcher de l'île sans qu'elle ne soit repérée à l'instant. Il faudrait qu'il comble cette perte songea le titan.

Le regard de la jeune femme semblait perdu au loin. Le titan ignorait ce qu'elle voyait et, bien qu'il aurait facilement pu s'immiscer dans son esprit, il se refusa à le faire, il n'en avait pas le droit. Soudain la jeune femme chuta. Avant qu'il n'ait pu réagir, des tentacules sortirent de l'eau et l'agrippèrent. C'est alors que la nomade sembla reprendre ces esprits. Elle se mit à hurler à la créature de la lâcher. Une énergie puissante et douce la nimba alors. Le titan regarda, émerveillé, c'était l'énergie dont il souhaitait le réveil!. Mais celui ci n'était pas encore achevé.

La créature lâcha la jeune femme. Sans possibilité de prendre un appuis, elle chuta vers les profondeurs
Non! Elle n'est pas encore prête!

Il devait faire vite. Le titan sauta du bord de la falaise. Geste ridicule, inconcevable. Sa main agrippa celle de la jeune femme. Ses pieds, prenant appuis sur la falaise, le maintenait au dessus de l'eau. Dans la seconde qui suivit, il regrimpa la falaise. En courant. La jeune femme était sauve. Il la déposa sur la roche.

Vous ne devez pas vous précipiter. Tant que vous ne serez pas éveillée, pénétrer dans ces eau vous mèneras à une mort certaine. Il s'assit sur un rocher afin de reprendre des forces. Il n'avait pas accomplit ce genre de chose depuis bien longtemps. Pour les mortels cela pouvait paraître inconcevable, pour un dieu, c'était juste un exercice certes fatiguant mais faisable. Il aurait à peine été épuisé autrefois, mais le tartare l'avait privé d'une bonne partie de ces facultés. Il prit le temps de reprendre son souffle puis regarda la jeune femme en attendant qu'elle reprenne connaissance.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Sam 3 Aoû 2013 - 19:28

Yeux jaunes avait senti une brusque chaleur dans son tentacule, lui faisant perdre sa prise sur la jeune femme. Était-ce son cosmos qui s’éveillait ? Il n’en savait rien mais ne comptait pas s’arrêter là. Alors que les créatures marines formaient un banc sur lequel elle pourrait atterrir sans dommages, le titan des océans les prit de vitesse et la ramena sur la terre ferme.

Le Kraken ne l’entendait pas de ce tentacule, et il émergea un peu plus de l’eau pour balayer l’intrus aussi loin que possible dans les eaux, où les requins allaient se faire un plaisir de le dévorer tout en prouvant leur allégeance à Poséidon. La terre avait rejeté les titans, il n’y avait pas de raison pour que les océans ne fassent pas de même. Trop longtemps ils avaient causé de nombreux conflits pour le pouvoir.

Pendant que la majorité des bêtes marines allaient cueillir le titan à son point de chute, les dauphins se concertèrent et refirent surface en grand nombre, implorant la déesse de se souvenir de son passé, d’éviter de verser le sang de son prédécesseur. Les cris inaudibles sous forme d’ultrasons inondèrent le rivage et Yeux jaunes tenta une nouvelle fois de saisir sa reine pour la ramener… chez elle.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Dim 4 Aoû 2013 - 12:36

Tous ses sens s’étaient emballés, ne laissant à la jeune femme qu’une impression d’étourdissement. L’odeur du sel de la mer, les sonars qui s’adressaient à elle, son corps allongé sur la pierre, l’éventail de couleur qui dansait devant ses yeux ainsi que la chaleur qui irradiait de sa peau. Aarhyel peinait à se retrouvé dans ce chaos de sensations et pourtant quelque chose la poussait à lutter pour reprendre le contrôle. Elle devait se relever, elle le sentait. Au plus profond d’elle-même, la nomade entendait ces voix. Les mêmes qui l’avaient accompagnée si souvent. Grognant sous l’effort que lui demandait le simple fait de s’asseoir, elle secoua vivement la tête en espérant que cela lui permettrait de remettre de l’ordre dans ses idées. Son corps avait chuté et de nouveau l’inconnu était tout bonnement apparu, sorti de nulle part, et l’avait empêchée d’être avalée par les eaux.

Les yeux jaunes!

Cherchant à se mettre sur ses jambes, Aarhyel tituba comme le plus ivre des hommes et vit passer devant elle un tentacule semblable à celle l’ayant attrapée. La nomade crut sentir son cœur exploser tandis qu’elle cherchait à fuir. Lorsque son dos rencontra la pierre, la jeune femme comprit que cette fois, cette fois seulement, la créature ne venait pas pour elle. Les interminables bras parsemés de ventouses s’en prirent à l’étranger et l’envoyèrent au-delà des limites des ruines. Là où les fonds sablonneux disparaissaient vers les abysses. Là où de nombreuses créatures pouvaient se tapirent…

« Non! Non! Ne lui faites pas de mal!! » S’écria alors la nomade en voyant avec quelle fougue la créature aux immenses yeux jaunes avait projeté l’inconnu. « Ce n’est qu’un pauvre illuminé, laissez-le tranquille! » Ajouta-t-elle, craignant que les créatures présentes ne cherchent à lui faire du mal.

Le regard de la nomade balaya la surface, inquiète. Cet étranger l’avait ennuyé, mais elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser à la merci de telles bêtes. Ce n’était qu’un simple fanatique, pensait-elle, obnubilé par les dieux, fantasmant sur leur présence et leur interaction avec les mortels. Il n’était pas dangereux… La mort n’était pas le prix qu’il devait payer pour son esprit insensé. S’approchant du bord de son perchoir, la nomade se sentit de nouveau appelée. Son regard revint sur les ruines et rencontra les regards brillants d’un groupe de dauphins. Son cœur se mit à battre rapidement sous sa poitrine, comme s’il essayait d’accorder son rythme au leur. Leurs chants réussirent à la distraire quelques instants, mais son corps se tendit brusquement, déclenchant son état d’alerte. Aussitôt, Aarhyel releva la tête et prit la fuite vers l’une des poutres encore debout. Yeux jaunes cherchait à reprendre possession d’elle.

« Laissez-nous tranquilles! » Leur demanda la nomade en se cachant derrière un pilier, s’accroupissant pour essayer de passer inaperçue. « Nous n’avons rien fait! » S’écria-t-elle ensuite en se penchant légèrement sur la droite pour lancer un regard au loin, là où elle avait estimé que l’inconnu avait atterri, mais elle ne vit rien. « Retournez d’où vous venez! » Les somma-t-elle ensuite en se cachant de nouveau, fermant les yeux.

Ayant vécu avec des marins toute sa vie, d’aussi loin qu’elle puisse se le rappeler, Aarhyel ne pouvait que partager leur croyance en ce qui a trait à la vie en mer. Les créatures mythiques dont personne ne parle, mais dont tout le monde a peur. L’odeur particulière qui gagne les marées et qui permet de prédire une tempête, les recoins des océans où personne ne s’aventure par superstition…   Aarhyel ne parvenait pas à trouver une explication logique pour justifier la présence de l’immense créature. Autant pouvait-elle ressentir une affection sans pareil pour ceux qui l’accompagnaient, autant leur discourt insensé ne l’empêchait pas de vouloir les entendre encore et encore. Mais… Avec ce qui venait d’arriver au Serpent, avec les étranges visions qui lui étaient venues depuis qu’elle avait échoué sur cette plage…

Le Serpent…

Aarhyel sentit son corps tout entier se figer tandis qu’une suite d’idée s’entrelaçait dans son esprit. Ce qui en résultait ne semblait pas la combler de joie… Elle pouvait entendre la voix d’Evelyn, se souvenant parfaitement des soirs où elle lui racontait les histoires que les marins se ressassent autour d’eau de vie. Elle lui répétait sans cesse que les créatures qui errent au tréfonds des abysses… n’en remontent que pour quérir les âmes des marins qui offensent leur maître. La nomade n’arrivait plus à se sortir ces mots de la tête, surtout quand elle repensait aux derniers instants du Serpent de Brume.  

Ils sont là pour moi…Je ne peux pas… L’étranger, il…

Plaquant ses paumes sur ses oreilles, Aarhyel chercha à repousser les voix implorantes qui s’adressaient à elle. Il le devenait de plus ne plus difficile de démêler tous les mots qui circulaient dans son esprit, elle peinait à distinguer les siens de ceux des créatures. « Ça suffit!! Je vous en prie! Taisez-vous!! »  Grogna  la jeune femme, frustrée en voyant que plus elle essayait de les ignorer, plus les voix résonnaient fortement en elle.

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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 5 Aoû 2013 - 10:02

Le titan était en train de reprendre son souffle. Il ne vit pas le coup venir. Le gigantesque tentacule le frappa de plein fouet et le propulsa dans les airs plusieurs mètres au dessus du sol. Puis, après s'être élevé pendant quelques secondes, il retomba droit vers les eaux sombres. La falaise était trop loin et il était encore trop étourdi pour pouvoir bouger. Il tomba à pic dans l'océan.

L'eau sombre l'entourait, il n'y avait presque pas de lumière mais suffisamment pour qu'il puisse voir ce qui l'entourait. Un kraken se tenait prêt de la falaise. C'était à lui qu'appartenait les yeux jaunes. Et c'était sans aucun doute à lui qu'il devait le coup qui l'avait projeté ici. Autours de lui, une armée de monstres marins l'encerclait. Combien étaient-ils? Le titan n'aurait sut le dire. Plusieurs centaines, pensait-il. A croire que tout les monstres marins s'étaient réunis pour éveiller leur déesse. Mais le titan sentait bien qu'ils n'étaient pas là que pour ça. Si ils étaient là, c'était pour lui. Le titan entendit plusieurs grognements et autres hurlement de colère à glacer le sang. Il n'avait rien à faire ici! C'était à eux de réveiller leur déesse! Le temps des titans était passé! Ce monde rejetait les titans et lui qui avait voulu ce mêler des affaires de ce monde plutôt que de continuer à subir le châtiment auquel il avait été condamné allait le payer! Il était peut-être celui qui les avait crées mais ils n'auraient aucune hésitation à le réduire en charpie, ce qu'ils allaient faire avec plaisir pour prouver leur allégeance à Poséidon!

Le titan sourit. Ainsi même eux, ces enfants, ce rebellaient contre lui. Certes il n'était plus leur maître et il le savait très bien puisqu'il avait lui même donner à Poséidon son autorité sur les océans. Cependant si ils voulaient ce débarrasser de lui, il n'allait certainement pas leur facilité la tache.

Vous voulez me tuez? Moi votre père? Et bien venez!

Plusieurs monstres marins s'approchèrent de lui et tentèrent de le déchirer avec leurs griffes. Une bulle de protection en eau apparut aussitôt et repoussa les créatures. Cependant il se doutait bien que la protection ne durerait pas très longtemps et serait inutile face à un si grand nombre de monstres marins. Le titan décida donc de révéler sa puissance. Il déploya son cosmos. Celui ci, d'un bleu cobalt empli tout l'océan autours de lui, enveloppant les monstres marins. Les eaux furent soulevées et le titan jaillit à la surface, sur une grande colonne d'eau. Les océans, démontés, semblaient réagir à sa colère. Les monstres marins avaient quitté les profondeurs et se tenaient en surface autours des ruines, hurlant de colère et d'effroi. Une aura cobalt brillait toujours autour de lui. Ses yeux brillaient d'une grande colère et de la même énergie. Sur son visage coulait un mince filet de sang. Un sang bleu. Celui des dieux. Et le titan était incontestablement divin.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mar 6 Aoû 2013 - 23:29

Panique. Confusion. La déesse ne voulait pas revenir ? Elle ne voulait pas partir avec le titan ? Que voulait-elle ? Comment son peuple pouvait-il la satisfaire ?

Ignorant la demande de leur reine, les créatures parties à la rencontre de l’ancêtre de Poséidon fendirent les eaux, sa sôma si elles le pouvaient et encore mieux sa chair. Les requins en première ligne se délectaient de l’odeur du sang répandue dans les eaux.

Yeux jaunes hésitait. De ses tentacules, il tenta d’entourer la jeune femme d’une étreinte réconfortante sans la brusquer, sans l’entraîner vers les profondeurs.

Les dauphins tournoyaient en tous sens, discutant sur la marche à suivre. L’un d’eux proposa d’alerter le seigneur Poséidon. L’idée fit son chemin dans leur esprit mais Delphinos, autrefois, n’avait usé que de sa propre force de persuasion pour ramener Amphitrite à son époux. Seraient-ils toujours considérés comme ses fiers descendants s’ils ne savaient résoudre le problème seuls ?

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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Ven 9 Aoû 2013 - 14:07

Une nouvelle sensation de brûlure ravagea son crâne, s’acharnant sur ses yeux. La nomade appuya fortement ses paumes contre ses tempes en fermant durement les yeux pour faire fuir ce mal. Les voix commençaient à sonner trouble, à se confondre les unes aux autres et soudain,  derrière ses paupières, dans son esprit tourmenté, apparurent des images. Ce n’était pas un souvenir ni un rêve, c’était comme si elle voyait ce qui se passait au-dessus des ruines.  Elle pouvait parfaitement voir les créatures qui l’entouraient, mais un sentiment de terreur s’empara d’elle et l’arracha à cette vision. Oubliant sa situation, Aarhyel sortie de sa cachette et pris connaissance de ce qui se déroulait à quelques mètres d’elle.  Une  force lui étant inconnue la fit frissonner et ce qu’elle croyait impossible se produisit. Là, devant-elle, l’étranger se tenait debout- par elle ne savait quelle sorcellerie, sur un gigantesque pilier d’eau.  Comment cela pouvait-il être possible? Autant la nomade pouvait-elle croire en l’existence de créatures gigantesques obéissant aux ordres de l’océan, autant elle ne pouvait pas concevoir qu’un homme puisse accomplir de telles prouesses.  Complètement stupéfaite, la nomade sentait son regard se perdre dans l’aura étrange qui émanait de l’inconnu et son corps commença à réagir. D’abord lentement, de faibles frissons remontant le long de ses jambes, puis de plus en plus violement…

Surprise, la nomade sentie  une tempête d’émotions étrangères déferler en elle. Non pas qu’elle ne les reconnaissait pas, mais toutes ces émotions, toutes ces pensées troubles qui se confondent avec les siennes… Étaient  loin de lui appartenir. Oh, non… Les réactions que lui arrachaient toutes ces émotions étaient bien trop primitives… Elle avait l’impression que seuls ses instincts arrivaient à répondre au flux de stimulus qui la traversait.  Elle n’aimait pas cela…Pas du tout. Sans arriver à l’expliquer, la nomade avait l’impression que toute cette peur, toute cette inquiétude et même la colère qui l’habitaient en ce moment  n’étaient en fait que les émotions des créatures se trouvant sous ses yeux.  Elle ignorait évidement comment  cela était possible, mais par-dessus tout, elle ignorait pourquoi le trouble de ces créatures lui déchirait le cœur. Une tristesse si profonde venait juste de s’emparer d’elle et bien qu’elle ne sache pas pourquoi, Aarhyel ne pouvait supporter de laisser les créatures dans cet état…

Alors qu’elle essayait de garder le dessus, lutant que toutes ces sensations cherchant à se mélanger aux siennes, Aarhyel senti de nouveau cette chaleur. La douce étreinte du souffle d’une flamme perçant la noirceur de la nuit.  C’était exactement l’impression que la nomade avait, là dans ces ruines, complément dépassée par les évènements.  Incapable du moindre mouvement,  Aarhyel pouvait néanmoins sentir le calme reconquérir son être.  Lentement, la chaleur se propageait, léchant sa peau, tandis qu’elle dévisageait la créature aux yeux jaunes qui s’approchait de nouveau.   Aarhyel sentit immédiatement que la créature était inquiète, troublée, ce qui la perturba. Cette âme régnant sur les abysses ne devait-elle pas être en colère? Pourquoi cherchait-elle à la rassurer si soudainement? Car bien qu’elle soit incapable de se l’expliquer,  la nomade était convaincue de comprendre ses intentions. Quelque chose en elle lui disait de ne pas avoir peur et de laisser son intuition la guider, mais la confiance n’était plus quelque chose à laquelle Aarhyel voulait croire… Elle avait tellement été déçue…

Baissant la tête afin de regarder le tentacule s’approcher,  la nomade poussa un cri étranglé. Son corps était si chaud…mais elle ne s’était pas rendue compte qu’une lueur émanait d’elle. Une sorte de voile, une fine pellicule, aussi claire et pure que la plus azure des mers, recouvrait le moindre millimètre de son être. C’était comme une seconde peau… Les pensées d’une créature effrayée se fraya alors un chemin jusqu’à l’esprit de la nomade et en une seconde la profonde tristesse refit surface.  Aarhyel se redressa brusquement en repoussant le tentacule. Elle n’avait mis ni peur, ni colère, pas même de fougue dans son geste, mais l’aura d’azure qui l’entourait  s’était considérablement élargi.

« Arrêtez! Laissez-les!!! » Tonna la voix de la nomade qui sentit aussitôt toutes les pensées des créatures converger vers elle de nouveau. «  Je ne vous connais pas, étranger… » Commença-t-elle en s’approchant du bord de son perchoir, s’assurant autant d’être vue que de voir son interlocuteur. «  Mais si vous faites du mal à ces créatures, à n’importe laquelle d’entre elle… Je me dresserai contre vous. » Lui promit alors Aarhyel, soudainement prise du même sentiment de protection qu’elle avait eu à l’égard de sa dernière protégée…

Déterminée, la nomade dévisagea celui qu’elle avait cru fou, son aura claire et pure s’épaississant à vue d’œil. Elle ne savait pas ce que lui voulaient ces créatures, que ce soit à elle ou à cet inconnu, mais elle ne pouvait que l’ajouter à la liste des choses qui lui échappaient. Pour être honnête, cette liste s’allongeait de secondes en secondes. Aarhyel n’avait peut-être jamais su quoi que ce soit sur son passé, mais jamais elle n’avait été aussi profondément plongée dans l’incertitude. Y avait-il ne serait-ce qu’une chose dont elle était certaine depuis qu’elle avait échouée sur cette ile?  Si, une seule. Elle ne savait pas pourquoi et encore moins comment, mais si jamais cet inconnu cherchait à faire du mal aux créatures présentes dans les ruines… Elle s’y opposerait.  Elle n’avait pas d’arme… Et ne savait certes pas manipuler la mer comme lui…. Mais Aarhyel protégerait ces créatures. Elle le voulait et le devait.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Ven 9 Aoû 2013 - 14:53

Le titan observait les créatures marines qui l'encerclait d'un œil sévère. Elle qui s'étaient montres si menaçantes à son égard poussait désormais des cris de terreur. Comment avait-elles put s'imaginer pouvoir menacer le père des océans. Le cosmos du titan s'élargit de nouveau. Il ne désirait pas les blesser. Aucun père ne souhaite blesser ses enfants ou alors il s'agit d'un monstre. Cette pensé le fit revenir à d'autres. Cronos. C'était lui qui avait entrainé les titans dans sa déchéance. Pourtant, pouvait-il lui en vouloir. Si il avait eu assez de courage pour se dresser face à son père, c'est lui qui aurait hérité de la malédiction. Aurait-il fait mieux que Cronos? Non. L'ainé des titans ne le pensait pas. Quoi qu'il en soit, si jamais une seule de ces créature osait l'attaquer, le titan se verrait obligé de riposter. Il ne pouvait se laisser massacrer par ces créatures sous le simple prétexte que les titans avaient chuté et que ce monde souhaitait les voir croupir dans le tartare à jamais.

Alors qu'il continuait à observer les monstres marins, il sentit une énergie se déployer dans son dos. Il se retourna pour voir de qui elle provenait. La jeune femme était nimbée d'une aura azure qui s'agrandissait de plus en plus. C'était précisément l'énergie dont il souhaitait le réveil. Les cris de panique des monstres marins avaient sans aucun doute réveillé une partie de la puissante énergie d'Amphitrite. Cependant, le regard que la jeune femme posait sur elle était loin d'être amical. « Arrêtez! Laissez-les!!! »
«  Je ne vous connais pas, étranger… »

«  Mais si vous faites du mal à ces créatures, à n’importe laquelle d’entre elle… Je me dresserai contre vous. » Le titan sourit. Il sauta et ce retrouva sur la falaise. En sécurité.
Bien! Sachez que je ne veux aucun mal à vos protégés. dit-il en désignant les monstres qui se tenaient toujours loin du rivage. Loin de moi l'idée de leur faire du mal. Je n'en ai nullement l'intention. Je serais mal avisé de commettre une telle action qui m'attirerait vos foudres. Je n'ai simplement pas l'intention de me laisser dévorer par quelques créatures marines simplement parce qu'elle pense que je n'ai pas ma place dans ce monde, ce qui est faux puisque j'y suis de nouveau et que j'ai cette fois la ferme intention d'y demeurer. Quand à mon identité, j'admet ne pas avoir eu la politesse de la décliner. Je préfèrerais simplement ne pas avoir à la dire. Vos protégés pourront sans doute vous l'indiquer. Cependant, je le ferais moi même si vous insistez. Si ces créatures mon attaquer, c'est parce qu'elles pensent que je me mêle de chose qui ne me regardent plus depuis ma chute, mais passons, mon identité, mon passé et tout me concernant importent peu

Il regarda la jeune femme, plongeant son regard d'un bleu plus pur que celui des océans dans les siens. Avait-elle conscience du formidable destin qui l'attendait? Et serait-elle prête à assumer et à accepter la vérité sur son identité. Le titan avait la ferme intention de réveiller Amphitrite et c'était tout ce qui comptait pour le moment. Il devait mettre à l'écart les autres évènements qui s'étaient déroulés: son réveil, les problèmes que rencontraient les titans, le fait qu'on lui avait refusé l'entrée au sanctuaire. Tout cela ne comptait pas à présent. Seul comptait le réveil de la puissance qui sommeillait en la jeune femme et qui s'éveillait au fur et à mesure que le temps passait, croissance indiquée par l'agrandissement continu de l'aura azure qui enveloppait la jeune femme qui lui faisait face . Il percevait son trouble et sentait bien qu'elle se méfiait de lui.

Si vous avez des questions à me poser n'hésiter pas. J'y répondrais sauf si j'estime que la réponse n'est pas destinée à vos oreilles. Il établit ensuite un champ de force autours de lui pour ce protéger d'une éventuelle nouvelle attaque de la part des monstres marins. Il ne désirait pas faire un nouveau vol plané pour atterrir dans l'eau plusieurs mètre plus bas. Le faire une fois l'avait fatigué, il se passerait d'une nouvelle expérience. Un mince filet de sang perlait sur sa joue. Un sang bleu. Celui des dieux.


Dernière édition par Océanos des courants le Dim 11 Aoû 2013 - 13:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Sam 10 Aoû 2013 - 23:15

Les rangs des créatures se reformèrent peu à peu, au milieu des traînées de sang et de morceaux de chair arrachés par l’impact de l’attaque du titan. Les bulles d’eau qu’il avait créées relâchèrent leurs proies au bout de quelques minutes, et celles-ci rejoignirent la masse des créatures agglutinées au pied de la colonne d’Aarhyel.

L’aura qui se dégageait d’elle encouragea l’attente, la patience.



Une nouvelle fois, les dauphins prirent l’initiative : ils se mirent à chanter, par ultrasons, de leur timbre si particulier. Il n’y avait pas vraiment de paroles ni de mots, mais une douceur et une gentillesse qui n’avaient pas besoin d’être expliqués par un langage articulé d’Homme. Les autres créatures marines les suivirent, une fois encore, en manque de solutions, en manque de moyens. La clameur des océans reprit, bien plus tempérée cette fois, comme pour répondre à l’appel de la voix divine enfouie au plus profond de la jeune fille.

Yo ho yo ho, a pirate’s life for me…
Yo ho, yo ho, a divine’s life for she…


Comme si elles se mélangeaient peu à peu, enfin, les voix intérieures de la jeune pirate se calquèrent sur une même sonorité dans sa tête. Pour n’en former plus qu’une seule qui deviendrait la leur, à elles toutes.

Yeux jaunes, ne participant pas à la psalmodie des océans avec sa voix grave et gutturale, chercha à s’approcher un peu plus, afin de pouvoir planter son regard à hauteur de son amie. Ses tentacules restaient près d’elle, tentaient de lui effleurer le visage parfois, mais conformément à son désir, il n’essayait plus de la saisir.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 12 Aoû 2013 - 20:19

La jeune femme regarda l’étranger revenir en sécurité sur la falaise. Elle ne savait pas comment agir vis-à-vis de lui, son besoin de veiller au bienêtre des créatures les entourant l’empêchait de raisonner. Elle qui venait de voir tant de choses impensables en si peu de temps, la nomade se demandait comme elle faisait pour ne pas être transie de peur. Quel homme en ce monde pourrait faire preuve d’une telle maîtrise des océans? Plus le temps passait, plus la jeune femme venait à oublier la présence de la gigantesque créature, ou plutôt elle s’y habituait. Ce qui occupait désormais son esprit était son désir profond de se débarrasser de cet étranger. De lui faire quitter ces ruines, ces rives et même cette île. Elle ne le connaissait pas, mais elle pouvait sentir que sa présence déplaisait bien davantage aux créatures qu’à elle-même. Même les dires de l’homme le confirma, lorsqu’il se lança dans un long discourt parsemé de mystère qui pourtant ne suscitait pas l’intérêt de la nomade. Non, Aarhyel  était loin d’être intéressée par la vie et l’histoire de son interlocuteur, elle hésitait plutôt entre un profond trouble de par ce dont elle avait été témoin et la colère.  

Au fil des paroles de l’étranger, Aarhyel put sentir la chaleur recouvrant son corps se mettre à danser. Elle ne pouvait pas exactement en décrire le mouvement, mais elle la sentait s’intensifier par endroits et s’adoucir a d’autre, comme si elle se propageait autour d’elle. La nomade fut cependant arrachée à ses sensations lorsqu’elle sentit le regard de l’inconnu s’attacher au sien. La demoiselle serra inconsciemment les poings à l’étrange impression que lui provoqua ce contact visuel. Une part d’elle-même avait l’impression de connaître cet homme tandis qu’une autre souhaitait ne jamais l’avoir croisé… Ce ne fut que lorsque la magie de l’étranger se dissipa que l’esprit de la nomade se mit à surchauffer. Des images aussi invraisemblables les unes que les autres défilaient dans son esprit dans une incessante et douloureuse succession de vision. C’était comme si elle se retrouvait piégée dans une nuit noire et que Zeus lui-même éclairait sa route en décidant ce qu’elle avait le droit de voir. D’innombrables dauphins dansants et s’amusant autour d’elle, de gigantesques créatures chantant et contant les plus vieux récits de la terre et des mers, les paysages marins les plus fabuleux et les mieux protégés…   Tant de choses qui n’avaient raison de se trouver dans son esprit.

Alors que l’imposant tentacule lui effleurait le visage, lui arrachant un petit gloussement amusé dépourvu de toute raison, Aarhyel sentit une main lui caresser les cheveux. Furieuse à la simple idée que l’étranger ait pu oser s’approcher d’elle de la sorte, la nomade s’empressa de secouer la tête et retrouver son sérieux. Ses pensées se clamèrent instantanément, répondant docilement aux chants résonnant en elle, se surprenant à entendre son esprit rejoindre les chœurs. S’approchant inconsciemment des tentacules, s’y sentant en sécurité, la nomade dévisagea l’inconnu un moment, laissant le silence peser. Son aura de couleur pure cessa alors de danser autour d’elle et retomba doucement le long de son corps, telle la plus délicate des robes. « Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce qui vous permet de croire que vous en sachez tant sur moi, mais votre présence me dérange. » Lâcha-t-elle d’un coup, sans la moindre gêne et sans l’ombre d’une once de délicatesse.  « Je n’ai que faire que vous décliniez votre identité ou non, je n’ai aucun désir de vous connaître. Que vous puissiez manipuler les eaux ne m’intéresse pas, j’ai passé toute ma vie à les parcourir d’un océan à l’autre et plus jamais… Jamais! Je ne veux avoir affaire aux hommes qui y sont liés… » Siffla la nomade, soudainement amère en s’empressant de refouler le moindre de ses souvenirs concernant le Serpent de Brume.

Le regard d’océan de la jeune femme s’agrandit soudainement et sa mâchoire inférieure perdue toute tenue. Complètement stupéfaite, se croyant même victime d’hallucination, Aarhyel sentit une peur passagère la parcourir. À quel point sa chute avait-elle pu être dangereuse pour que son esprit imagine… Là, devant-elle, près de l’inconnu, se tenait une femme. Une séduisante femme aux longs cheveux roux et au regard aussi bleu et doux que le sien. Quelque chose lui disait… Qu’elle la connaissait et elle aurait presque pu croire que cette inconnue était bel et bien présente, si ce n’avait été de l’absence totale de réaction de la part de l’étranger. La femme était apparue, sortie de nulle part, et l’homme n’avait aucunement réagi…  La femme portait une somptueuse toge et d’innombrables perles ornaient ses cheveux, mais ce ne fut que lorsqu’elle lui adressa un sourire fin, discret, complice… Qu’Aarhyel sut, ou plutôt, se souvint. Accompagnée de la même douleur sournoise que toutes celles l’ayant précédée, une vision s’imposa à elle pour lui fournir de vagues réponses…

***

« Elle est tellement jolie » S’extasia une toute petite fille, assise sur les genoux de sa nourrice, contemplant le tableau que l’on venait d’installer dans sa chambre. « Je vais lui ressembler quand je serai grande? Dis, Astride, je serai aussi belle? » Demanda ensuite l’enfant en adressant un regard plein d’espoir à celle qui prenait soin d’elle depuis toujours.

« Je ne sais pas, Aarhyel, je ne sais pas. Seul le temps nous le dira, chère enfant. Qui sait à quoi vous ressemblerez quand vous serez femme. » Lui répondit tendrement la vieille femme en lui caressant les cheveux, la laissant retourner à sa contemplation.

Parfaitement calme et douce, l’enfant demeurait assise tout contre sa nourrice, admirant le portrait de celle dont on lui parlait tous jours. Celle dont on lui racontait la vie, encore et encore, tout en cultivant sa fascination pour l’océan. Peu importe où elle allait et ce qu’elle faisait, l’enfant était toujours accompagnée par plusieurs hommes et sa nourrice. À chaque seconde, chaque minute, chaque heure… À n’importe quelle rue, n’importe quel port et sur n’importe quelle plage, Aarhyel pouvaient être certaine d’entendre la douce voix aimant d’Astride lui parler de cette magnifique créature. Lui conter l’histoire de cette divinité ou bien des mythiques créatures qu’elle aimait tant. Ne vivant encore que de rêves et d’espoir, l’enfant croyait tout ce qu’on lui disait au sujet de son destin. À un si jeune âge, l’enfant avait déjà visité plus d’îles et de continents, navigué sur plus de mers et d’océans ainsi que vu plus d’espèces marines que bon nombre de mortels n’en verraient de toute leur vie…  

« Allons-nous vivre ici longtemps? » Demanda soudainement l’enfant en se levant pour apprécier la toile de plus près.

« Je ne sais pas, Aarhyel. Pourquoi cette question? Vous souhaitez déjà repartir? »

« Non… »

« Alors nous resterons aussi longtemps que possible, si cela vous fait envie. Qui sait, peut-être aurez-vous le temps de vous faire des amis avant qu-… Que nous décidions de partir. »
Se rattrapa la nourrice en se levant pour préparer le lit de l’enfant.

« Avant que les amours d’Amphitrite ne nous retrouvent, tu veux dire… » La reprise la fillette en se retournant alors, délaissant le portrait qu’elle aimait tant. « Pourquoi font-ils cela, Astride? Ils nous veulent du mal? » S’inquiéta-t-elle en grimpant dans son lit.

« Non! Mais non, chère enfant » La rassura de suite sa nourrice en la bordant, s’asseyant près de son petit corps. « Ils… C’est que… Ils ne vous veulent pas de mal, Aarhyel. Ils sont… Simplement… Impatient. Ils attendent leur déesse depuis tellement longtemps, vous comprenez? » Essaya de lui expliquer la vieille femme.

« Mais je ne veux pas allez avec eux, Astride. Je t’aime, tu es ma seule famille… je veux rester avec toi… » Commença à pleurer l’enfant en passant ses maigres bras autour de la vieille dame.

« Ô, mais je vous aime aussi, Aarhyel. Je vous aime plus que tout! » Lui répondit sa nourrice en lui caressant les cheveux pour la réconforter. « Vous n’êtes pas prête à les suivre, ne vous en faites pas. Nous ne les laisserons pas vous prendre aussi facilement » L’encouragea-t-elle ensuite en la recouchant. « Un jour, quand vous serez grande et moi très très très vieille, vous devrez choisir de les laisser vous emmener. Ces créatures ne vous veulent pas de mal, Aarhyel. Souvenez-vous-en! Elles vous aimeront d’un amour plus fort encore que le mien et vous protégerons lorsque je ne le pourrai plus. C’est votre destin, vous avez besoin d’elles autant qu’elles ont besoin de vous. Allez, dormez maintenant » Lui sourit sa nourrice en l’embrassant tendrement sur le front avant d’éteindre les bougies et la laissez à la merci de la nuit et de ses rêves.

***

« Amphitrite… » Murmura très faiblement la nomade juste avant que la femme ne s’évapore. Troublée par ce souvenir, parce qu’il était évident que c’en était un, ne serait-ce que par tout l’amour qu’elle avait pu ressentir grâce à lui, Aarhyel se retourna brusquement vers la créature. Ses perles bleues se perdirent dans ses immenses globes jaunes et ses mains glissèrent d’elles-mêmes entre ses ventouses avant de s’agripper au tentacule. Cette sensation lui rappelait celle de sa vision, celle où une créature l'entrainait inexorablement dans les profondeurs. « Je ne suis pas prête… J’ai peur… » Avoua-t-elle à la créature en repensant aux paroles de la vieille femme dans son souvenir. Était-ce là le moment où elle devait choisir de les suivre?  Le moment était-il venu de laisser tout derrière elle?

Mais… Que laisserait-elle derrière elle? Elle n’avait rien. Absolument rien. Ni famille, ni ami… Ni même de foyer. Tout ce qu’elle avait toujours connu depuis qu’elle avait été repêchée parmi les débris alors qu’elle n’était qu’une enfant…  Tout ce qui pouvait prouver son existence en ce monde avait sombré. Le Serpent de Brume et son équipe n’étaient plus. La nomade n’était plus qu’une âme errante, sans attaches. La seule chose qui lui restait depuis qu’elle avait tué le célèbre capitaine était l’intérêt que lui portaient ces créatures marines… « Je… S’il vous plait, ne me laissez pas avec lui. » Demanda alors Aarhyel en jetant un bref regard à l’étranger.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mer 14 Aoû 2013 - 10:34

La jeune femme semblait ne pas avoir entendu ces paroles. En vérité, elle se fichait complètement de ce qu'il pouvait lui dire. Les tentacules du monstres qui l'avait projeté dans l'eau effleurèrent le visage de la nomade qui ne les repoussa pas. Le titan commençait à se demander ce qu'il pouvait bien pouvoir faire voir même si sa présence avait une quelconque utilité. Mais il se reprit rapidement, il fallait faire preuve de persévérance, croyait-il vraiment qu'il serait simple pour lui de réveiller la déesse dont les sujets sur lesquels il avait autrefois régné souhaitaient désormais le voir disparaitre à jamais. L'aura qui émanait de la jeune femme encourageait à la patience et à la persévérance, encore un peu d'effort et il aurait peut être réussi! La voix de la jeune femme le ramena à la réalité.
Je ne sais pas qui vous êtes, ni ce qui vous permet de croire que vous en sachez tant sur moi, mais votre présence me dérange. » La voix de la jeune femme n'était emprunte d'aucune délicatesse.
Le titan fut quelque peut surpris par un ton aussi acerbe. Ce n'était pourtant que le début.
« Je n’ai que faire que vous décliniez votre identité ou non, je n’ai aucun désir de vous connaître. Que vous puissiez manipuler les eaux ne m’intéresse pas, j’ai passé toute ma vie à les parcourir d’un océan à l’autre et plus jamais… Jamais! Je ne veux avoir affaire aux hommes qui y sont liés… »
Le titan sourit imperceptiblement à la fin de la phrase. Il était vrai qu'elle le considérait comme un humain. Si pas comme un fou. Ces paroles précédentes l'avait entièrement confirmé. Le chœur des monstres marins se mit à faire entendre sa voix à leur déesse. Le titan pouvait l'entendre, même si il ne comprenait pas tout mais il s'abandonna une seconde au chœur sous marin, d'une manière que personne n'aurait pu remarquer avant de ce ressaisir. Ce chœur était là pour Amphitrite et elle seule! Il devait poursuivre ce qu'il avait commencé et
Qui semblait mal entamer pour lui, quoique il était en parti responsable du réveil du cosmos d'Amphitrite.  
Soudain, la jeune femme écarquilla les yeux, semblant regarder quelque chose qui se tenait à côté de lui. Sauf que le titan savait parfaitement que rien ne se tenait à côté de lui. C'était donc un souvenir ou quelque chose du même genre qui n'appartenait qu'à la jeune femme. Le titan désirait seulement en savoir un peu plus sur la jeune femme. Calquant son esprit sur celui de la jeune femme, il jeta un bref regard dans l'esprit de celle ci. Son action avait été imperceptible, ni la jeune femme, ni les créatures ne pouvaient l'avoir remarqué. Le titan avait perçu quelques fragments de pensées. Une vision dans laquelle la jeune femme, enfant, discutait avec sa servante, une autre évoquant sa vit sur les océans, et une dernière évoquant le naufrage d'un navire nommé le serpent de brume. Pendant le millième de seconde où il avait pénétré son esprit sans que cela soit remarqué, il avait perçu dans celui ci une force inimaginable, isolée dans un recoin obscur. Le titan aurait volontiers tenté de faire rejaillir cette partie de son esprit, sans nul doute c'était là que logeait celui d'Amphitrite, mais si il restait ne serait qu'un millième de seconde de plus dans son esprit, les créatures marines le sentiraient et l'attaqueraient. La jeune femme se rapprocha des tentacules. Elle s'y réfugia. Après tout, sa présence était elle vraiment nécessaire? Les monstres marins ne sauraient-ils pas réveillé leur déesse par eux même. Sauf que le titan était persuadé d'avoir un rôle à jouer dans le réveil d'Amphitrite. Et tant pis si ce devait être le mauvais. La seule chose qui le préoccupait vraiment était qu'Amphitrite ne lui en tienne pas rigueur. Les méthodes  pacifiques et délicates avaient échoué. Le titan savait que réveillé un esprit divin était toujours pénible. Un grand choc émotionnel qui ferait réagir la divinité enfermée à l'intérieur de la jeune femme, voilà ce qui serait probablement le plus efficace. Sauf que le titan ne voyait pas ce qui pouvait provoquer ce choc chez Amphitrite et qui était en ses moyens. La jeune femme continuait à se blottir entre les tentacules. Le titan parvenait à entendre ce qu'elle disait, bien qu'elle ait murmuré ces paroles. ''Je ne suis pas prête. J'ai peur. Ne me laissez pas avec lui'' murmurait-elle. Le titan regarda la jeune femme d'un air désolé. Sans nul doute ces paroles s'adressaient à lui. Cependant, elles ne firent pas flancher sa détermination. Je suis déterminé. Peut importe ce qui arrivera, je suis décidé à ne pas partir d'ici sans avoir accompli ce pourquoi je suis venu! L'aura bleutée qui entourait le titan s'intensifia brutalement. Son cosmos grimpait en flèche. L'afflux d'énergie faisait trembler le sol et des pans de la falaise commençaient à s'effondrer. La mer était déchainée.  Puis, ses yeux brillèrent de la même couleur que son aura. Il posa les yeux sur la jeune femme. Aussitôt, une pression invisible commença à assaillir l'esprit de celle ci. L'assaut du titan n'était pas brutal et la jeune femme ne souffrait pas. Mais l'esprit du titan était implacable. La jeune femme se retrouva dans son propre esprit, dans un recoin qu'elle n'avait probablement jamais remarqué. Celui qui abritait l'esprit d'Amphitrite. Cependant, une partie de l'esprit d'Océanos se déversa par erreur dans celui de la jeune femme et celle ci eut, pendant quelques secondes l'occasion de contempler les pensées du titan: les souvenirs de sa chutes, ses inquiétudes quand aux problèmes rencontrés par sa famille, les titans...
Son esprit était semblable à un océan dans lequel l'esprit de la nomade aurait facilement pu se noyer. Le titan ferma brutalement l'accès à son esprit. Il s'adressa mentalement aux créatures marines pour qu'elles ne l'attaquent pas. Je ne veux pas de mal à votre déesse. Je souhaite la même chose que vous. Je viens de l'enfermer à l'intérieur de son esprit. Si elle veut avoir une chance d'en sortir, elle doit réveiller la force d'Amphitrite. Je sais que vous souhaiteriez que je ne m'en mêle pas mais je désire le retour d'Amphitrite. Au lieux de tenter de me tuer, soutenez votre déesse. Je ne lui ferais aucun mal mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé alors je vous en prie, au lieux de perdre votre temps à tenter vainement de me tuer ce qui retarde le retour de votre déesse, je vous en prie, aider moi. Elle aura besoin de votre soutien, apportez le lui. leur dit-il.
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mer 14 Aoû 2013 - 22:58

Nouveau silence puis nouvelles protestations. Le peuple marin impuissant hors de son élément condamna à l'unanimité le moyen employé par le titan. Enfermée dans son propre corps ! Quel outrage pour la déesse des monstres marins. La voix caverneuse du Kraken s'adressa alors à l'ancêtre des eaux, en langue humaine :

Océan, titan déchu... Nous ne cautionnons pas vos méthodes. Vous avez légué votre création à notre maître actuel, Poséidon. C'est à lui seul que revient l'honneur et la tâche de ramener Amphitrite à sa condition. Cessez de la violenter, ou nous devrons sévir. Comme vous il y a longtemps, je serais neutre et ne vous toucherai pas, mais seulement si vous en faites de même. Vous qui avez préféré regarder vos frères et vos fils s'entretuer, regardez aussi un peuple et sa reine se sourire, des époux se retrouver. Ou bien... je ne réponds plus de moi.

Les yeux jaunes se plissèrent et le Kraken entoura la jeune femme d'un cocon de tentacules protecteurs. La menace sourdait dans sa voix et les créatures marines approuvèrent, d'autant que le sang de celles déjà terrassées excitait les instincts meurtriers.
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Aarhyel

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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 19 Aoû 2013 - 23:13

Violent et oppressant, ces simples mots résonnèrent dans l’esprit de la nomade. Une sensation de mal-être aliénant s’était immiscée en elle alors que d’étranges images se mélangeaient à ses souvenirs troubles. Comment parviendrait-elle à renouer avec son passé si des scènes lui étant totalement étrangères empoisonnaient son esprit? Ce fut la dernière chose à laquelle Aarhyel réussit à penser avant que son existence ne soit de nouveau bafouée. Son corps de ressentait plus les secousses envahissant les ruines et la falaise, sa peau ne ressentait plus la douce caresse des rayons du soleil, ses oreilles ne captaient plus les sonars ni le bruit de la mer ni les murmures du vent et ses yeux ne discernaient plus rien. La nomade avait été avalée, en une fraction de seconde, par le vide. Tout était noir et plus aucun stimulus ne parvenait à faire réagir son corps. C’était comme si tout ce qui l’entourait avait disparu, que le ciel l’avait tout bonnement avalée. Elle était coupée de tout…

Soudain, le noir qui l’entourait parut s’ouvrir, se fendre… De faibles rayons blancs et purs le fissurèrent et bientôt un véritable jeu d’ombre dansait devant ses yeux. La nomade n’entendait toujours rien, ni ne ressentait quoi que ce soit, mais le fait de percevoir la lumière s’avérait plus réconfortant que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. De maigres lignes droites perçaient sa prison de ténèbres et lui donnaient de quoi retarder sa chute. Sans le moindre repère, l’esprit humain est voué à la folie et bien que n’ayant de réelle cause pour laquelle elle pouvait lutter, la nomade refusait de perdre la raison… Car c’était bien là tout ce qui lui restait. Bientôt, des rires vibrèrent jusqu’à elle. Une mélodie enjouée, voilà ce que les oreilles de la jeune femme percevaient dans ces rires. Comme dans un rêve, Aarhyel se vit avancer. Elle ne sentait pas ses membres, ses pas ne résonnaient pas et le sol n’émettait aucun bruit. Pas le moindre craquement, pourtant, elle voyait ses jambes se mouvoir… Regardant autour d’elle, à l’affut du moindre son, la nomade découvrit bientôt un imposant miroir de forme ovoïde. Là, dans ce vide complet, presque absolu, le miroir lévitait. Il se tenait devant elle fièrement, comme le plus digne des messagers prêts à livrer le secret que lui seul connait… Le large cadre doré semblait incandescent tant il contrastait avec la noirceur ambiante. Comme si le moindre rayon lumineux convergeait vers ses ornements entrelacés… Plus elle approchait, plus Aarhyel discernait son reflet : Ses longs cheveux de flammes et son immense regard d’océan… Seulement, lorsqu’elle fut en face de la surface réfléchissante… Son reflet se dissipa telle une fumée faiblarde soufflée par le vent. Plus ses traits disparaissaient, plus le miroir prenait vie. Couleurs vives et mouvement s’emparèrent de la glace. La nomade avait désormais l’impression de se trouver devant une fenêtre, mais sur quoi pouvait-elle donner? Emprisonnée dans son propre corps, quelle vue pouvait bien lui offrir une telle fenêtre?

C’est alors que les rires reprirent de plus belle et que devant ses yeux ébahis apparurent des néréides. Évidemment, Aarhyel ne sut pas immédiatement ce qu’étaient ces charmantes créatures… Mais en voyant ces merveilleuses jeunes femmes, nues, aux cheveux ornées de perles, jouer dans la mer comme s’il n’y avait pas de lendemain… Elle en avait entendu parler, tellement souvent, qu’en les voyant s’amuser entre elles tant à la surface que sous l’eau, son esprit le conclut de lui-même.   De longues minutes de contemplation plus tard, la nomade sentit son cœur rater un battement. L’une des néréides s’était arrêtée et regardait dans sa direction. Gracieuse, la divinité se mit à nager vers elle, lui souriant avec tendresse et lui tendant la main. La déité avait presque atteint le miroir lorsqu’Aarhyel fit quelques pas de recul, farouche, et aussitôt les couleurs disparurent. Son reflet avait reparu aussi vite qu’il s’en était allé. Troublée, la jeune femme voulu faire demi-tour, mais à peine eut-elle cherché à se retournée qu’une longue plainte douloureuse la fit frissonner. Du moins… Aarhyel cru déceler une tristesse sans nom dans ce long jeu de sonars. Son regard retourna d’instinct vers l’étrange miroir. Cette fois, ce n’était pas son reflet, mais une surface d’un bleu si envoutant que la nomade s’en approcha. La plainte résonna de nouveau et une immense masse écailleuse vint briser la continuité et la profondeur si envoutante de la glace. Rongée par la curiosité, la nomade s’approcha suffisamment pour prendre appui sur le cadre doré. Son regard se noya dans le bleu d’abysse qui se trouvait devant elle. Plissant les yeux, Aarhyel parvint à discerner, au loin, une silhouette. Une femme, empreinte de sérénité, errait dans les profondeurs, ses interminables cheveux roux ondulant mollement derrière elle. La masse écailleuse réapparue, cette fois bien plus loin, s’approchant en douceur de la femme. Dansant autour d’elle lorsqu’il l’eut rejointe… Incapable de respirée, Aarhyel attendit l’attaque, mais elle ne vint jamais. La gigantesque créature se contenta d’incliner la tête et la femme s’empressa d’aller si blottir. Que se passait-il? D’où lui provenaient ces étranges images? La nomade se serait bien laissée aller au jeu du questionnement, mais le regard de la créature se braqua brusquement sur elle. Comme la néréide… Seulement, cette fois, la créature eut à peine amorcé son approche qu’Aarhyel prenait la fuite.

De nouveau ce fut le silence le plus absolu. Plus de bruits étrangers, aucun son ne faisait acte de présence. Respirait-elle seulement encore? Bien qu’elle se voyait avancer, ses pas ne faisaient toujours pas de bruit et bien que ses poumons ne lui envoient aucun signal de détresse, elle n’entendait pas le souffle quitter ses lèvres. Pourtant, dans le silence qui régnait, elle n’aurait que cela à écouter… Un obstacle se dressa alors devant elle. Un nouveau miroir, bien plus grand, l’empêchait de fuir. Il n’était pas bien haut, mais ses côtés semblaient se prolonger à l’infini, obligeant la nomade à faire face à cette nouvelle fenêtre sur une autre époque. La nomade  n’eut même pas le temps de discerner son reflet qu’un tout autre monde se dévoilait à elle. Son regard était témoin du quotidien d’une civilisation disparue. Elle ne l’avait jamais vue, on ne lui en avait jamais réellement parlé ni dressé le moindre portrait, mais pourtant… Elle savait. Autant Aarhyel pouvait ne rien savoir sur sa vie, autant ces derniers temps elle avait réponse aux choses les plus improbables. Antlantide, l’empire perdu… Le royaume chéri, le trésor englouti. Voilà le nom des paysages merveilleux défilant devant ses yeux. Et comme toutes les autres fois, ce fut un regard qui mit fin à l’admiration. Seulement cette fois, le regard ne lui inspira aucune crainte, aucune réticence. Les couleurs perdaient de leur éclat tandis que la silhouette approchait. Plus ses traits se dessinaient, plus le reste se dissipait. Bientôt, la nomade ne se retrouva en face que d’un simple portrait.

Amphitrite.

Le même regard doux, les mêmes traits délicats. Ce visage était identique à la toile qu’elle avait vue dans le souvenir qui lui était si douloureusement revenu quelques instants plus tôt. Cette déité était identique en tout point à celle qu’elle avait hallucinée et reconnue sur la falaise… Il n’y avait pas d’erreur possible. Celle dont on ne cessait de lui parler, celle dont le nom la poursuivait à chaque instant, se trouvait devant elle. Elle était si belle… La déesse la regardait comme si elle en savait infiniment plus qu’elle-même à son sujet. Un sourire discret, plein de secrets, se peignait sur les lèvres de la déité qui venait tout juste de s’arrêter. Les deux femmes se faisaient face, immobile, la respiration de l’une calquant le rythme de l’autre sans jamais émettre le moindre de son. Encore et toujours plongée dans le silence, la nomade vit les rayons lumineux disparaitre et le premier miroir s’évaporer. Celui dans lequel elle arrivait à voir la déesse était devenu aussi noir que sa prison. C’était comme si elles se trouvaient réellement l’une en face de l’autre.  

Ce ne fut que lorsqu’elle voulut s’adresser à la déesse, en quête de réponses aux nombreuses choses qui lui échappaient, que la nomade comprit. À peine les premières syllabes avaient-elles franchi ses lèvres qu’Aarhyel vit celles de la déesse se mouvoir en même temps que les siennes. Son esprit lui jouait un de ces tours tordus, laissant la déesse lui apparaître tel son reflet. Lui présentant ce que l’inconnu et les créatures elles-mêmes croyaient dur comme fer…  Mais ce ne pouvait être vrai.

Je ne veux pas. Je ne peux pas être vous… Je ne suis… Je ne sais même pas qui je suis. Pourquoi serais-je celle que les autres veulent que je sois?

Le reflet de la déesse sourit de nouveau et leva lentement la main droite avant de poser sa paume contre la glace avec douceur. Angoissée et même effrayée, dépassée par tout ce qui lui arrivait, Aahryel abandonna. Fermant les yeux, la nomade appuya sa paume contre la sienne avant d’être secouée par un sanglot muet. Comment avait-elle pu en arriver là? Il y a moins d’une journée, elle était à des milles de la terre ferme… Et maintenant, le mot assassin gravé dans la chair, elle se retrouvait prisonnière de son propre corps, dans les recoins de son esprit, à la merci de gigantesques créatures mythiques et d’un étrange homme maîtrisant l’océan. Comment avait-elle pu tout perdre? Encore… Pour la seconde fois de son existence, sa vie entière lui était enlevée… Garderait-elle des souvenirs cette fois? En avait-elle seulement qui valent la peine d’être préservé?

Pitié… Pas encore… Pitié…

Alors que ces mots vibraient dans l’esprit de la nomade, une vague de cosmos inimaginable émana de son corps. Loin d’être agressif, l’aura d’azur se dispersa telle une brise, voyageant bien au-delà des ruines et plus loin encore que les rivages de l’île. Cette libération de cosmos fuyait vers le large et propageait un appel à l’aide. Un souffle chaud et pur extériorisait la peur que ressentait la nomade, suppliant quiconque pouvant la comprendre de lui venir en aide.


Dernière édition par Aarhyel le Lun 2 Sep 2013 - 19:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Mer 21 Aoû 2013 - 16:43

Le titan acheva de verrouiller l'esprit de la jeune femme dans son corps. Il put enfin prêter attention à ce qui se déroulait aux alentours. Il percevait les sentiments du peuple marin: inquiétude, peur, indignation, colère. Enfin, la voix du peuple marin s'unifia et s'adressa à son esprit dans le langage humain pour lui faire entendre sa réponse.Océan, titan déchu... Nous ne cautionnons pas vos méthodes. Vous avez légué votre création à notre maître actuel, Poséidon. C'est à lui seul que revient l'honneur et la tâche de ramener Amphitrite à sa condition. Cessez de la violenter, ou nous devrons sévir. Comme vous il y a longtemps, je serais neutre et ne vous toucherai pas, mais seulement si vous en faites de même. Vous qui avez préféré regarder vos frères et vos fils s'entretuer, regardez aussi un peuple et sa reine se sourire, des époux se retrouver. Ou bien... je ne réponds plus de moi.

Le titan écouta attentivement les réponses du peuple marin. Il s'était attendu à un refus, comment aurait-il put en être autrement? Mais il ne regrettait rien. Il était persuader de bien agir, quoi qu'en pensent les monstres marins. Ils étaient inquiets pour leur déesse, il ne pouvait pas leur en vouloir. Et il s'était mal exprimé. Il répondit par la pensée au peuple sous marin. J'aurais du parler plus clairement, je ne vous demande pas votre aide, je n'en ais nul besoin, je vous propose la mienne. Je sais que vous désirez que je me tienne à l'écart de vos affaires. Cependant, bien que je ne sois plus le maître des océans, ce n'est pas à vous de me dicter ma conduite, ni à Poséidon. Je dénis à quiconque le droit de le faire. Il tressaillit à ces dernières paroles. Ce n'était pas entièrement vrai. Sa loyauté allait à Cronos. Cependant, au vu des troubles agitant les titans et dont Cronos était le centre et la cause. Il préférait adopter une attitude neutre et détachée afin de pouvoir évaluer de manière objective la situation et faire ce qu'il jugerait pour le mieux sans que ces actions ne soient entravées.  La suite des paroles du peuple marin confirmait l'idée qu'ils se faisaient. Si je ne suis plus le souverain des océans, qu'est ce qui m'empêche d'intervenir dans ces affaires.  Certes Poséidon aurait été le plus à même de le faire et je ne serais pas là si il était présent. Cependant ce n'est pas le cas. Je reste une divinité des océans et j'ai le droit, pour ne pas dire le devoir, de veiller à ce que l'avenir de son peuple ce déroule pour le mieux. Le peuple des eaux continua de parler. Cette fois, alors que les précédentes paroles n'avaient fait que confirmer ce qu'il pensait, celles qui venaient d'être prononcées eurent un impact sur le titan. Comment osaient ils lui rappeler la position que lui et sa femme, Téthys avaient adopté lors de la titanomachie? Comment osaient-ils jugé ses choix? Le titan tremblait de fureur et l'île menaçait de s'effondrer sous sa colère. J'ignore ce qui vous fait penser que vous avez désormais le droit de juger mes actes passés. Sachez que quoi qu'il en soit, si vous pensez en avoir le droit, vous vous trompez lourdement. Je ne désire pas violenter votre déesse, ni vous, sur lesquels j'ai autrefois veillé. Croyez vous vraiment que je ne désire pas que vous retrouviez votre reine Pourquoi croyez vous que je suis ici? Auriez vous oublié que je fais toujours parti du peuple des océans? A moins, bien entendu que cette parcelle de mon identité m'ai aussi  été dérobée? Le titan souffla.
La dernière fois, il ne faisait que ce défendre, mais si les monstres marins l'attaquaient ou continuaient de le provoquer, il attaquerait. Et il ne désirait pas un massacre. Il se détourna d'eux pour retourner à la jeune femme, surveillant les abords de son esprit pour guetter un changement. Il se refusait à pénétrer dans l'esprit de la jeune femme, ce qui s'y déroulait ne regardait qu'elle et une interférence de sa part risquerait de perturber les retrouvailles de la nomade avec elle même. Soudain, il perçut un très léger changement, très subtil. Une sorte de déclic. Continuant de surveiller les abords, il perçut un vaste changement, son esprit était devenu différent, beaucoup plus puissant. Le titan réfléchit quelques minutes puis un sourire apparut sur son visage, à peine perceptible. Enfin! La déesse semblait avoir retrouvé tout ces souvenirs. Après la peur panique qu'il avait perçu, la déesse avait réussi à ce retrouver elle même. Elle était de retour. Lentement, il dégagea la pression spirituelle qu'il exerçait sur l'esprit d'Amphitrite afin de lui permettre de retrouver sa liberté. Lorsque enfin la déesse eut repris ses esprits, le titan s'adressa à elle. Vous avez retrouvé vos souvenirs si je ne me trompe pas? Vous devez donc avoir trouvez l'explication à tout ce qui vous tracassait depuis mon arrivé, y compris de mon identité. Je vous demande de pardonner mes agissements, je regrette d'avoir du en arriver là, cependant je faisais cela dans votre intérêt. Je resterait volontiers, cependant, je suppose que vous désirez rester avec votre peuple. Je comprend et vous laisse à vos retrouvailles dans lesquelles je n'ai pas ma place. Il disparut alors en un instant afin de ce rendre vers sa prochaine destination.
destination: le temple de Crios et Mnémosyne (sauf si ma présence est nécessaire jusqu'au bout)
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MessageSujet: Re: [Île Lipsi/ Océanos] Le passé nous rattrapera toujours...   Lun 2 Sep 2013 - 19:21

L’obscurité gagnait de plus en plus en puissance, empêchant désormais la nomade de discerner quoi que ce soit l’entourant, seul le visage de la déesse bravait la noirceur et lui permettait d’accrocher son regard à autre chose que le vide. Regarder celle qu’on lui demandait d’être commençait à la torturer, car bien que cette folie puisse expliquer sa passion obsessionnelle pour la mer et ce lien si irréel qui existe entre elle et les créatures aquatiques,  Aarhyel s’accrochait de toutes ses forces à son identité. Aussi bancale soit-elle, l’identité sans souvenirs ni passé de la jeune femme était tout ce qui lui restait… Tout ce qui lui permettait de dire « j’existe et je le sais ». Là, devant elle, l’épouse de l’océan, protectrice des créatures mythiques errant dans les abysses, la regardait. Amphitrite se contentait de rester là, un regard compatissant et tendre illuminant son visage, comme si elle était consciente de la situation et de tout ce qui défilait dans les pensées de la nomade. Cette dernière commençait à se sentir étouffée. Dériver dans le noir le plus complet, sans notions de distance, lui donnait l’impression qu’un piège horrible se refermait sur elle. Elle ne voyait rien hormis la déesse et son propre corps. Si ce n’était de l’étrange lueur azure irradiant de sa peau, elle ne verrait même pas le bout de son nez. À tout moment, un danger étranger à son être pouvait surgir, pouvait s’en prendre à elle… Si l’homme étrange avait su la faire prisonnière de son propre esprit et d’y pénétrer avec autant de facilité, rien ne l’empêchait de s’en prendre à elle de nouveau… et cette idée ne faisait qu’attiser la peur et l’angoisse qui la possédait.  

Soudain, une voix résonna dans le vide sans fin qu’était devenu son esprit, ou du moins la représentation que la nomade s’en faisait. Une mélodie de sons aigus, familière et rassurante. Voilà comment la jeune femme perçut la voix lorsqu’elle fraya son chemin jusqu’à elle. Les mots en eux-mêmes se voulaient rassurants, mais ce fut la voix et seulement la voix qui apaisa la nomade. Cette voix était de celle que l’on aime, de celle que l’on ne peut oublier. Semblable à celle d’une mère aimante qui réconforte, d’un ami qui vous apporte son soutien. Cette voix lui donnait l’impression de l’envelopper, comme si chaque note embrassait sa peau. Aarhyel sentait au plus profond d’elle-même que cette voix ne lui était pas inconnue, mais comme bon nombre de détails sur sa vie, elle était simplement incapable de justifier ce sentiment. Quoi qu’il en soit, la demoiselle ne prêtait plus attention qu’à cette voix. Elle lui demandait de se calmer, lui assurant que tout irait bien… Qu’il n’y avait rien à craindre.

S’il vous plait… Aidez-moi. Venez me chercher, s’il vous plait!

Aarhyel implorait la voix, lui demandant de lui venir en aide, refusant de demeurer prisonnière de son propre corps. La nomade remarqua alors que la déesse souriait… Un bonheur des plus purs semblait avoir pris possession d’elle et lorsque l’épouse de l’océan la regarda de nouveau, la nomade comprit. La silhouette de la déité devint trouble et un souffle imaginaire balaya son corps. La moindre fibre de son être s’effrita, se transformant à un tourbillon de poussière. Les particules colorées dansèrent, emportées par un vent chimérique, avant de venir s’écraser sur la peau de la nomade et chercher à s’y incruster. Une plainte douloureuse s’échappa alors des lèvres de la jeune femme. La douleur était telle que même la voix la ressentit. Aarhyel savait que celui à qui appartenait cette voix était en dehors des limites des ruines et tout ce qu’elle voulait c’était qu’il vienne à son secours… La souffrance fut fulgurante, la nomade la sentait couler dans ses veines, même en fermant les yeux très fort, elle continuait d’être brutalisée. Une succession d’images et de sons prenaient racine dans son esprit. C’était toute une vie qu’on cherchait à lui implanter, à mélanger avec les souvenirs troubles de sa propre existence… On cherchait à lui imposer des centaines de noms, de visages et même de sentiments. Ce ne fut que lorsqu’elle fut saturée de cette autre vie qu’on laissa la nomade en paix. Elle se sentait complètement brisée, épuisée, elle sentait cette autre vie imprégner chaque parcelle de son être. Chaque souvenir qui n’était pas le sien progressait si vite en elle que bientôt ils eurent remplacé chaque zone d’ombre de son passé. Écrasée, Aarhyel ne parvenait même plus à discerner ce qu’elle avait vraiment vécu de ce qui venait d’être greffé à sa mémoire.

Delphinos…

Aahryel avait senti ce nom remonté de ses plus lointains souvenirs. Son être le lui avait lui-même murmuré lorsque, effrayée, elle avait vu des particules colorées être balayées par un nouveau souffle irréel en emportée au loin. La nomade avait compris que ce n’était pas terminé, que certains souvenirs de cette autre vie n’avaient pas pu lui être implantés… Et que donc, un jour, cette douleur inimaginable reviendrait et que d’autres souvenirs viendraient remplacer ceux qu’elle cherchait désespérément. À la recherche de sécurité, la jeune femme n’avait su que se raccrocher à la voix dont l’identité de son propriétaire lui était soudainement apparue. Et le simple fait de savoir que cet ami, ce vaillant et fidèle ami, était tout près suffit à ramener le calme. Il n’y avait plus rien à craindre, Delphinos la sauverait. Comme de fait, la noirceur commença à se dissiper. Lentement, les ténèbres étaient remplacées par un blanc si pur qu’il en aveuglait la jeune femme. Mais juste avant qu’elle n’émerge de sa prison, la voix s’adressa à elle.

« Tout ira bien, faites confiance aux créatures… Elles vous conduiront à moi »


Sur ces mots, Aarhyel ouvrit les yeux et prit lentement conscience de son corps. La position de ses membres devenait gênante et s’annonçait douloureuse, mais lorsque sa peau lui permit de comprendre ce qui l’entourait, un élan d’amour de plus perturbant vient déranger son retour à la réalité. La sensation des tentacules l’enveloppant semblait être rattachée à de nombreux souvenirs, plus agréables les uns que les autres, car une bouffée de joie se répandit dans tout son être, ne faisant qu’alimenté cet amour irrationnel. Le cocon protecteur se relâcha légèrement, permettant à la jeune femme de faire face au responsable de son emprisonnement. D’un regard d’océan plongeant dans un autre, Aarhyel sentit une animosité sans nom s’emparer d’elle. Comment osait-il se tenir là et tenir ce genre de discours? Il l’avait bafouée et avait outrepassé ses droits… La jeune femme pouvait sentir le venin affluer dans sa gorge et empoisonner la moindre de ses pensées. Si elle devait avoir affaire à lui à cet instant, rien de bon n’en sortirait… Un grognement émana de son corps tandis qu’elle choisissait le silence, se jurant de ne plus recroiser sa route.

Ce ne fut que lorsque le titan eut disparu que la nomade parvint à retrouver la sérénité. Ou du moins le semblant de calme que lui permettait sa situation. Aarhyel essayait de s’habituer à la nouvelle vie dont on venait de lui offrir les souvenirs de manière si éprouvante. Des rencontres, des sœurs… Des amis, des fêtes et des disputes… Des protégés, des joies et des douleurs. C’était tellement plus que ce qu’elle n’avait jamais eu. Sans oublier ce nom… Cet autre nom auquel on voulait qu’elle réponde. C’était tellement compliqué! Son être n’était plus le sien ou alors il ne l’avait jamais vraiment été. Le passé d’Amphitrite insufflait la vie dans chaque fibre de son être, mais bien qu’elle en ait les souvenirs et les passions, elle ne se sentait pas déesse. Était-ce possible de n’être ni simple mortelle ni déité? Pouvait-on être un amalgame des deux?

Les chants des créatures encore présentes la ramenèrent à l’instant présent. En les regardant, elle comprit que l’amour qu’elle avait pour eux était réciproque et soudainement, elle s’en voulut. Elle avait lutté et luttait encore pour ne pas être celle dont ils avaient besoin, celles dont ils avaient si patiemment attendu le retour… Mais elle ne pouvait s’en empêcher. Si elle refusait d’être celle dont ils scandaient le nom, elle serait du moins celle qui leur rendrait leur amour. « Ramenez-moi à la maison » Leur demanda-t-elle, sachant que désormais elle n’appartenait plus à la vie de cette petite naufragée. Plus rien ne la retenait sur la terre ferme, son chez-soi serait ce qu’elle avait toujours connu et profondément aimé : l’océan.

S’abandonnant à une confiance aveugle en ses nouveaux souvenirs et les créatures témoins de cette aventure, Aarhyel se laissa entrainée dans les basfonds de la mer. On lui présenterait son nouveau chez soi et les siens.


FIN


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