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 Quelques mots à se dire {Belhys}

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Alessio
Spectre Céleste du Griffon et juge d'Hadès
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MessageSujet: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 23 Fév 2011 - 9:01

L'invitation de Belhys n'était pas anodine. Lors de son passage au sein du palais, les gestes et paroles qu'elle avait pu avoir à son égard portaient à confusion. Cependant, Alessio devait confesser que son point de vue était biaisé. Et ce pour une excellente raison. En sa présence, et ce depuis la dernière fois que leurs chemins s'étaient croisés, un trouble l'animait dès que sa présence se faisait proche de la sienne. Preuve en avait été faite au cours de ces retrouvailles. Habile en manipulation et en jeu d'acteur, il avait tout fait pour ne pas perdre la face devant les personnes présentes et ne rien laisser paraître de ce désagrément. Même si le mot n'était pas l'exact qualificatif pour définir ce qu'il ressentait. C'était étrange. C'était comme si son cœur, arrêté depuis des siècles et des siècles, se remettait à pulser le temps d'un battement à chaque rapprochement. Ce n'était qu'à son contact que cela se produisait, nulle autre personne n'avait eu un tel impact sur ses sensations auparavant.

Il avait maintes fois songé à un poison mais c'était une pensée stérile puisqu'il serait inutile d'en inoculer un qui ne réagisse qu'aux côtés d'une personne en particulier et ce uniquement pour le déstabiliser pendant un laps de temps si court. Improbable. Ce serait se donner du mal pour rien. Il y avait anguille sous roche, c'était un fait. Le tout était à présent de réussir à savoir de quoi elle était faite, et surtout ce que la Veuve Noire avait à voir dans cette insoluble problématique. Mais pour l'heure, un soupir de soulagement filtra entre ses lèvres tandis que son aura façonnait à sa demande une cigarette, aussitôt calée entre ses dents. Fumer sous l'eau n'était pas un exercice aisé et il s'en était donc abstenu durant tout son séjour en Atlantide. Maintenant qu'il était de retour à sa maison, il n'avait plus de raison de ne pas laisser ce vice reprendre ses droits. Le Griffon se retint tout de même de l'allumer de prime abord, préférant s'assurer au préalable que la fumée ne risquait pas d'incommoder sa charmante compagnie. Car c'était précisément auprès de la belle à l'origine de ses maux qu'il était présentement, ce qui finissait de tout mettre en place pour tirer au clair la cause de cet étrange phénomène.

Le doute s'était toutefois fait un nid dans le subconscient du marionnettiste du conflit à son insu. Celui que ce magnétisme vibrant à travers chaque fibre de son être envers sa semblable n'était pas aussi inconnu qu'il voulait bien s'en convaincre. C'était une vérité sue autrefois qu'il avait choisi d'oublier. Pas une nouveauté. Mais encore fallait-il en prendre conscience pour le savoir, ce qui revenait à remettre en cause une inhibition dont il était le seul maître. Cas délicat s'il en est. L'aigue marine de sa vision transperça les insondables pupilles de sa congénère tandis que, chemin faisant, il s'abstenait de deviser. Sans être par nature un grand bavard, Alessio n'était pas non plus connu pour s'en tenir au silence en toutes circonstances, et tendait même à se montrer très loquace quand il était question d'envenimer une situation ou de pousser quelqu'un à bout. Là, pas un mot. Perdu dans ses réflexions, il en avait même oublié de tenir une conversation, fut-elle à bâtons rompus, pour maintenir l'illusion. L'avoir suivie dans cette expédition punitive n'était guère plus qu'un prétexte pour que tout deux se retrouvent en tête à tête.

C'était l'opinion qu'il en avait, et il ne doutait pas qu'elle souhaite l'entretenir de sujets précis pour avoir sollicité son concours dans cette démarche alors que ses déductions à son propos lui avaient depuis longtemps fait comprendre qu'elle n'était pas femme à partager ses proies. N'était-ce qu'un revirement assez brusque pour l'induire en erreur ? Où avait-il vu juste en échafaudant ces élucubrations ? Elle était seule détentrice des réponses à ses questions, et il allait maintenant falloir identifier la monnaie d'échange requise afin de les obtenir. Le halo d'ébène qui auréolait le contours de son corps se dilua dans l'atmosphère, mieux que l'on ne dilue une couleur en vue de l'étaler sur une toile. Mais peindre sur l'immense fresque qu'étaient déjà les Enfers était vain, car nulle teinte ne domine la profondeur ténébreuse d'un noir de jais puisque toutes disparaissent en son sein. Les Spectres le savaient mieux que quiconque pour en être issus.

« Sauf votre respect, très chère amie, je doute que vous m'ayez invité à vous suivre sans arrière-pensée. Je peux me méprendre, bien sûr, mais comprenez qu'une invitation formulée de la sorte pour ensuite me mener au lieu de notre première rencontre ne peut qu'augurer que vous avez une idée derrière la tête... »

Sa sénestre se leva à mi-hauteur pour surplomber la surface macabre de ces étendues abyssales. L'écarlate était dominant au sein de ce domaine qu'il ne connaissait que trop bien pour y avoir fait ses premiers pas au moment de sa renaissance. Un emplacement lourd de sens, comme ses paroles avaient eu tôt fait de le souligner. Peut-être n'était-ce qu'une pure coïncidence, mais comment ne pas en douter ? La Veuve Noire n'était pas connue pour sa négligence, tout au contraire, et à moins que sa mémoire ne lui fasse défaut, elle devait avoir d'excellentes raisons d'être venue ici sans l'ombre d'une hésitation. Dans son sillage, l'ancien légionnaire n'avait pas attendu pour se questionner sur le pourquoi de ce choix. Serait-elle sentimentale ? La question méritait d'être posée. Ses dehors glaciaux avaient tout pour laisser penser le contraire. Mais les raisons pouvant expliquer ce fait n'étaient pas légions, et il avait hâte d'entendre ses explications. Somme toute, que ce ne soit que par envie serait décevant : il attendait mieux de sa part, et les œillades qu'il lui délivrait à intervalles réguliers avant de venir se poster non loin de cette surface vermillonne ne pouvait que le communiquer.

De la masse indistincte se levèrent tout à coup une kyrielle de bulles au coloris identiques, mues uniquement par les bons soins du cosmos qu'exhalait le Juge. Quelques habiles ajustements eurent tôt fait de réorganiser autant la taille que l'ordre de ces sphères pour en faire un système planétaire à petite échelle. Une activité ludique, mais une manière créative d'affiner sa maîtrise de ses pouvoirs, encore et toujours imparfaite. Ce qui l'agaçait à l'origine n'était maintenant plus qu'une lésion négligeable. Il s'était résigné à en faire les frais aussi longtemps que sa force n'aurait pas augmenté en assez grande quantité pour prétendre l'inverse. La cime de ses doigts s'agita et les orbes se mirent en mouvement. L'inexplicable nervosité que la Venimeuse inspirait était ainsi tenue sous contrôle, du moins temporairement. Façon abstraite, au final, de signifier que le monde était tenu au creux de sa main. Paume tendue vers le ciel tandis qu'il mettait en mouvement chaque fragment de cette fragile construction vermeille, il la gratifia d'un sourire.

« Je me trompe ? »
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Belhys

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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 23 Fév 2011 - 22:08

La colère de l’Arachnéenne était si intense et en même temps elle avait été refoulée si longtemps qu’elle se sentait prête à exploser à tout instant, un peu comme une coupe trop pleine qui désormais ne pouvait que déborder de tous côtés, causait plus de dégâts qu’on ne l’aurait cru possible. C’était exactement comme ça que réagissait son cosmos en ce moment, car il était exhalé par chaque pore de sa peau dans une noirceur profonde et insondable. C’était comme si grâce à son courroux elle avait trouvé une puissance encore supérieure à celle qu’elle possédait déjà - et qui était non négligeable - c’était comme si l’espace d’un instant l’Erèbe lui-même avait décidé de lui obéir pour mieux exprimer le paroxysme de son émotion venimeuse.
Entourée de ce halo protecteur qui tournoyait autour de son épiderme laiteux comme une cuirasse d’énergie pure, elle avait les cheveux agités par cette bourrasque qui n’avait rien de réconfortant ou de doux. Il n’y avait pas d’espace pour la douceur sur ses traits animés par un vice et une haine sans fin, il n’y avait pas de place pour le doute ou l’hésitation dans son expression impitoyable. Telle une tempête venue de nulle part, des vents violents se levèrent depuis le Bois des damnés Pendus et s’engouffra entre les arbres pour finalement les enrober tous les deux d’une aura d’énergie qui leur fit l’impression de n’être plus que des êtres vidés de toute étincelle de vie ou de chaleur. Seule une température glaciale envahit leurs membres, comme si ils venaient d’être tous les deux faits prisonniers du Cocyte.

Finalement comme si rien de tout cela ne s’était produit, le vent disparut et les cheveux de Belhys retombèrent comme d’innombrables fils de soie ébène. Pourtant tout comme le reste de sa personne elle semblait presque contraster avec n’importe quelle personne servant les rangs infernaux. Elle avait cette lueur dans le regard qui bien que maléfique témoignait de quelque chose de plus, elle possédait ce je ne sais quoi qui la rendait différente, fragile et en même temps tellement enviable. La Mort n’avait jamais planté ses crocs en elle de manière définitive, ce qui quelque part d’elle faisait d’elle une vivante parmi les morts. Quant à la première concernée on pourrait dire qu’elle qualifierait plutôt son statut ou son état comme étant une sorte d’entre d’eux. Elle n’avait pas la liberté et l’utopie d’un vivant et en même temps elle n’avait pas encore l’insensibilité indifférente d’un trépassé… Qu’était-elle ? Qui pourrait le dire… ? Il n’était même pas certain qu’Hadès lui-même puisse le déterminer.
Et justement… elle en venait de plus en plus à se demander si elle n’était pas l’esclave de la servitude qu’elle avait pensé contrôler pendant de nombreux siècles. Elle se demandait si elle n’était pas finalement un simple pion, un simple pantin ne valant guère plus que tous ceux qu’elle avait pu manipuler par le passé. Etait-elle donc devenue une servante privée de tout, y compris de son libre arbitre et de son corps ? Bon sang, par les cendres infidèles de feu Zeus… Qu’avait-elle fait pour mériter pareil châtiment ? Elle n’avait pas demandé à accueillir l’esprit de Perséphone en son sein. Elle n’avait même pas accepté de la laisser faire, alors il était inutile de se poser la question en ce qui concernait le contrôle de son corps que celle-ci avait pris de manière temporaire. Elle avait entendu sa voix lui parler, la conjurer de croire au fait qu’elle ne l’avait fait que parce que les circonstances l’exigeaient… mais sa colère était bien trop grande pour être contenue plus longtemps. Et d’ailleurs c’était bien le seul point sur lequel les deux entités s’accordaient : elles étaient largement dépassées par les événements et avaient besoin d’un exutoire. Vite… Maintenant.

Les damnés qui tombaient dans le Lac en se débattant et en se noyant les uns les autres dans l’espoir vain de voir leurs souffrances amoindries essayèrent de ramper en dehors de l’étendue écarlate dont le niveau ne baissait jamais. Quelques uns s’approchèrent finalement en rampant, inexplicablement attirés par la Veuve Noire tout comme des abeilles par le miel… Ou des condamnés par la rédemption. Lorsque l’un d’entre eux allait poser sa main difforme et indigne sur son pied nu, Belhys se contenta d’ébaucher un revers de main dans le vide. Elle ne le toucha pas, mais avec l’utilisation conjuguée de ses dons en télékinésie et la puissance de son cosmos, elle envoya valdinguer le malheureux à plusieurs mètres dans un râle de douleur, le faisant tomber sur plusieurs de ses comparses et retomber sans un bruit dans l’étendue liquide, avant qu’il ne soit englouti à nouveau par les flots de sang. Cependant une autre vague de déchus s’approcha à son tour de la demoiselle, formant un demi cercle autour d’elle. Pourtant elle ne semblait pas plus inquiète que si on venait de lui servir un banquet copieux. Et quelque part c’était le cas. Elle venait elle-même de se tailler la part du lion dans ce qui était l’une de ses occupations préférées : l’exercice de son art principal et indéniable… La Torture.
Si Alessio s’était attendu à une entrevue en tête à tête avec pour seul compagnon le silence, il venait sûrement de se raviser. La Galicienne comptait bien s’assurer qu’au moins une mélodie macabre résonne jusqu’aux tréfonds de la Guidecca, celle que feraient les repentants en mourant encore et encore, toujours d’une nouvelle mort qui serait sûrement encore plus horrible et cruelle que celle à laquelle ils avaient été originellement condamnés. Agrippant et tordant le poignet d’un misérable ayant osé s’approcher dans son dos, elle enfonça ses ongles -plus proches de serres en ce moment même- dans la veine qui siégeait dans la partie qu’elle avait saisie, elle y injecta un puissant poison qui saurait bien assez vite le châtier de son impudence de la plus lente et douloureuse façon qui soit. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle ne lésinait jamais avec les méthodes employées… question de réputation.

Cependant elle n’en oubliait pas moins les paroles du Griffon qui étaient bien parvenues jusqu’à ses oreilles malgré les cris d’angoisse et de douleur qui retentissaient à présent. Quelques minutes de pur massacre s’étaient écoulées avant qu’elle ne réponde enfin. Avait-elle prit le temps pour réfléchir aux mots adéquats, était-ce un stratagème pour le perturber encore davantage ou bien avait-elle eut besoin de ce laps temporel pour arriver à s’écarter de sa tâche, il serait difficile de faire la part des choses. Néanmoins elle avait pris la peine de répondre à son interlocuteur, ce qui étant donné son état émotionnel revenait déjà de l'exploit.

- Ce n’est pas parce que ce lieu est celui de notre première rencontre que je vous ai invité à me suivre, pas plus que je ne peux prétendre à une innocence que je n’ai pas depuis longtemps. De la spontanéité oui sans doute, mais sûrement pas de l’innocence. Quoi qu’il en soit les raisons pour lesquelles je vous ai convié à me suivre sont diverses et je ne suis pas sûre de toutes les cerner moi-même. D’une part j’ai cru deviner que vous seriez propice à apprécier autant que moi les joies de ce léger… défoulement. Par ailleurs j’ai ressenti en vous comme une légère ire cumulée, de la frustration peut être ? Par conséquent j’ai jugé que cela nous ferait le plus grand bien de nous laisser aller un peu…

Elle laissa planer cette dernière phrase quelque peu ambigüe elle aussi, tout en continuant de désarticuler ses victimes sans la moindre émotion. C’était presque rageant de voir que même cela ne lui procurait aucun plaisir. Un certain soulagement était indéniable mais elle n’avait pas ce plaisir intrinsèque au meurtre qui était relié à son étoile protectrice. Voyant déjà sa robe fine se maculer de sang et en dégouliner par les manches et l’ourlet, elle fronça les sourcils. Une flaque carmin s’était déjà formée à ses pieds, alors qu’elle avait à peine bougé de quelques pas depuis son arrivée. Qu’importe… ce sang rejoindrait l’étendue énorme et interminable du lac, tout comme tout cours d’eau débouche tôt ou tard dans l’océan.
Ses prunelles se tournèrent alors vers le faciès serpentin du manipulateur qui lui semblait s’appliquer à reconstruire le système solaire à petite échelle. Elle sourit amusée de son inventivité, sans pour autant s’arrêter ni se presser dans sa propre activité. Chacun son domaine… Et elle ne prendrait pas la peine de l’interrompre, elle ne savait que trop bien combien cela pouvait être fâcheux. Il lui paraissant également inconvenant de l’inviter à prendre par à ce carnage en série, puisqu’il était largement assez grand pour prendre l’initiative de lui-même si jamais cela lui chantait. Elle se voyait mal l’en empêcher, sans compter le fait que tuer en étant accompagné avait un je ne sais quoi d’indécent et presque intime. Portant ses doigts ensanglantés à ses lippes rougeâtres, elle les goûta comme l’on déguste un bon vin. Le sang était son pêché mignon, surtout lorsqu’il était accompagné de certaines sucreries. Elle sourit et finalement reprit la parole, continuant son affaire tout en le regardant.

- Je suppose que non, vous ne vous trompez pas. J’aime votre présence, et il est si rare que quelqu’un, vif ou mort, puisse encore m’intéresser après autant de siècles de deuxième vie… J’aime savourer ce doux plaisir comme il se doit et j’avoue également être intriguée par certaines de vos réactions. Cela fait des siècles maintenant qu’aucun spectre n’a osé m’approcher sans craindre pour sa vie ou sa santé mentale… Alors je me demandais pourquoi vous étiez une exception. Mais je suppose que vous n’aimez rien faire comme les autres, cela doit être l’un des seules constantes en votre personne.

Rien d’accusateur là dedans, pas plus que des propos moralisateurs. Elle n’avait pas de leçons à recevoir ni à donner sur le sujet, majoritairement parce qu’elle n’en avait que faire. Il menait sa barque comme il l’entendait et il en serait ainsi tant et aussi longtemps qu’il ne s’immiscerait pas non plus dans ses décisions et ses affaires privées. C’était un accord tacite dirons nous. Elle sourit à nouveau et s’approcha de plusieurs foulées, suivie de près par ses victimes toutes désignées qui accouraient vers leur punition comme s’ils ignoraient le sort qui leur serait réservé, bien que leurs pairs viennent à peine de se faire démembrer sous leurs yeux vides.

- Et vous, consentirez-vous à me confier pourquoi vous avez accepté de me suivre… Cher Ami ?

Elle avait employé les mêmes mots qu’il avait utilisés pour l’interpeler car elle était bien curieuse de ce que ces derniers pouvaient cacher. Sous un voile de subtilité et de non dits se trouvait toujours une bien plus inavouable réalité… et cette fois-ci ne devait pas être exception. Un rictus se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle le dévisagea, tendant sa paume valide ouverte et tendue vers lui. Une fleur de sable qui devait lui être familière y apparut sans un bruit, comme si elle venait à peine de voir le jour.
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Alessio
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Sam 26 Fév 2011 - 12:27

L'es premières réponses qu'ébaucha la Veuve Noire ne réussirent qu'à faire naitre un sourire en coin passager sur les lèvres d'Alessio. Tout était fait pour tourner autour du pot. Non pas qu'elle cherche ses mots, plutôt qu'elle semble elle-même douter de leur véracité. Le Griffon était un être recelant des vices à ne plus savoir qu'en faire, une boite de Pandore charnelle, incarnée. Mais on devait reconnaître qu'il avait en sa possession d'excellents talents d'observation et d'analyse. Aussi, les subtiles variations dans l'attitude de sa semblable n'étaient pas passés inaperçus. Du moins pas de son point de vue. La cause en était indéfinissable pour l'heure mais il ne désespérait pas de finir par mettre la main dessus. En tous les cas, la belle n'était pas dans son état normal et il était de toute évidence le mieux placé pour s'en rendre compte. Or, ce tête à tête était l'occasion rêvée d'en apprendre plus : il n'hésiterait pas à exploiter le filon si le fil de la conversation menait à l'amener à proximité. Mais avant, des sujets plus importants avaient à être mis sur le tapis.

« La vermine me fait horreur, et ça ne va pas en s'arrangeant quand elle croit que ça va s'arranger si elle se cache hors de ma vue. Je n'ai pas pour habitude de retourner chaque coquillage des fonds marins quand je suis en quête d'une proie. Mais il semblerait que ces chers Atlantes ont cru bon de nous ralentir en désertant leur place forte avant même notre arrivée. Si la peur donne des ailes, nous pouvons en conclure que nous venons d'en finir avec un fameux banc de poissons volants. »

D'urant la suite de son discours, il ne l'interrompit à aucun moment. Aussi respectable qu'il ait pu être de son vivant, le romain avait profité de son passage dans l'au-delà pour sombrer dans une douce folie qui n'avait eu de cesse de le pervertir. Ce jusqu'au résultat que tout un chacun aux Enfers pouvait constater à ce jour. Mais ce n'était pas ce qui lui ferait oublier ses formules de politesse, et ce encore moins en présence d'une dame. Tout particulièrement celle-ci, qui lui était chère. Depuis leur toute première rencontre, il avait éprouvé un intérêt spécifique à son égard qui avait cru à chaque croisée des chemins. Très récemment, son attention s'était faite plus insistante en raison de ces étranges sensations qui le parcouraient à son approche. C'était difficilement descriptible. À la fois terriblement familier, comme gravé à même sa peau, mais aussi on ne peut plus étranger et singulier. Un phénomène dont il avait été incapable de cerner toute la portée qui ne se manifestait qu'aux côtés de Belhys. Nulle autre entité ne réussissait à le déclarer. Ce qui ne pouvait que signifier que c'était un cas isolé.

E'n un sens, c'était rassurant de pouvoir se dire qu'il ne risquait pas d'en souffrir une fois sur le champ de bataille, ce qui aurait pu jouer en sa défaveur. D'un autre, le problème n'en restait pas moins épineux et préoccupant. Sans doute avait-elle en sa possession les réponses dont il manquait. Rien ne pouvait le certifier mais si c'était effectivement la personne en elle-même la source de ce fléau, quelques explications ne seraient pas de refus. Tant sur son exacte nature que sur la raison qui l'avait poussée à le soumettre à ses charmes de la sorte. Car c'était bien de cela qu'il était question, même si le Juge en personne n'en avait pas idée. Meurtri par le sentimentalisme avant que la Mort ne daigne venir le prendre, il en avait reclus chaque souvenir dans les plus obscurs recoins de sa mémoire pour que son subconscient soit seul à en faire le deuil. Au point d'oublier ce que pouvait faire d'éprouver de pareilles émotions, ce qui justifiait son présent désappointement. Le tout était de savoir si les réponses apportées seraient celles qui convenaient. Il ne tenait qu'à sa congénère de continuer à se jouer de lui au moyen de ce sortilège qui l'avait fait prisonnier avant son départ pour le front.

U'ne silhouette entachée voulut s'extraire de la fange écarlate où son jugement l'avait condamnée à ramper pour l'éternité. Ses sourcils se froncèrent et l'ancien légionnaire leva une main inquisitrice dans les airs. Plus que tendue vers cette forme confuse, elle semblait chercher une utilisation précise de son cosmos, plus habile que la norme. En un instant, une kyrielle de fils acérés fusèrent de ses doigts pour venir enlacer chaque membre de ce corps brisé et souillé d'un magma bouillonnant d'hémoglobine. Un claquement de doigts plus tard, il n'était plus question d'humain mais uniquement de débris de macchabée, chaque fragment allant s'échouer sur cette surface uniforme pour mieux s'y enfoncer à tout jamais. Quiconque s'essaierait à voir en eux une porte de sortie de cet enfer connaîtrait le même sort, si ce n'est pire. Ce premier contact avec les âmes autochtones n'était qu'un échauffement et sa cruauté n'avait pas eu à loisir de s'y faire entendre. Ce qui ne saurait tarder puisqu'il était très loin d'en avoir fini. Ne pouvant prendre l'une de ses subordonnées pour cible, il n'avait plus qu'à se contenter de ces écoeurants damnés.

L'a vigueur que ces derniers mettaient à tenter d'offrir la délivrance à leurs corps rompus faisait peine à voir. Un oeil extérieur s'attardant sur ce pathétique tableau n'y aurait vu qu'un marionnettiste céleste maniant les pantins désarticulés qu'étaient ces cadavres. Qu'ils soient déjà morts une fois n'empêchait en rien ce geste futile d'être le dernier de cette vie de châtiments permanents. Une image flagrante pour Alessio, même s'il était infiniment mieux placé que tous pour percevoir cela sous cette forme. Tous ici n'étaient que des pêcheurs et c'était à eux, spectres, qu'il revenait de les tourmenter. Même si pour y passer leur colère, les moyens utilisés par les deux intrus en ce domaine était d'une rare virulence. À contrario de sa partenaire pour cette séance de torture, le Juge prenait grand soin de n'être touché par aucune des éclaboussures vermeilles que provoquaient les défunts en regagnant ces flots cuivrés dans un bruit mat.

A'u vu de son inexpérience, toute méthode était bonne pour parfaire la maîtrise qu'il avait de ses fils et ces cibles étaient plus coopérantes que la plupart. Il n'y avait donc pas de raison qu'il se salisse les mains alors qu'en plus de se conformer davantage à ses habitudes, l'usage de liens peaufinait ses pouvoirs qui en avaient encore et toujours grand besoin. Satisfait de cette première prestation, le manipulateur ne se fit pas prier pour rappeler son arme de prédilection après avoir longuement évalué son tranchant à l'aide de cette expérimentation. L'avantage de tels lieux était que les proies potentielles étaient légions et qu'il pouvait parfaire sa technique de combat sans relâche car jamais ce lac ne serait à court d'habitants. Depuis la nuit de temps, ceux qui le méritaient étaient confinés sous sa surface et ce n'était pas près de changer : autant dire que nombre d'hommes reposaient en ses abysses au ferreux parfum. Cette odeur le grisait car son ancienneté semblait l'avoir mélangé à une légère nuance poussiéreuse, sans réel changement. Caractéristique des champs de bataille les plus sanglants où s'étendaient à perte de vue des charniers que les charognards attendaient de pouvoir venir ronger une fois que tous auraient, à bout de forces, cessé de croiser un fer usé jusqu'à la corde. Une époque révolue...

« Je pourrais en dire autant, et vous pouvez, je pense. Il est rare désormais que quiconque trouve grâce à mes yeux et vous faites partie de ces élus. Nos congénères sont si peu divertissants... Comment voulez-vous que j'exerce mes talents si personne ne mérite d'en faire l'objet ? Ce serait une perte de temps et d'énergie de me concentrer sur la plupart d'entre eux. Fort heureusement, avec des trésors de patience, on peut rencontrer quelques... Exceptions. Et comme vous le dites si bien, je ne suis pas tout à fait... Comme les autres. »

S'on regard s'était posée sur elle, sa plastique attirante, son visage aux traits fascinants. Tout en elle suscitait une curiosité dévorante en lui, qui n'était pas sans rappeler celle éprouvée de son vivant alors qu'il entamait un ouvrage de grande qualité. Ce n'était pas chose courante en cette ère mais c'était assez pour qu'il puisse se faire une idée de la sensation procurée. Et c'était exactement cela. Elle était un livre captivant, un de ces récits si immersifs que vous perdez toute notion de réalité et d'imaginaire en vous y plongeant : l'un de ces contes occultes qu'on ne peut parcourir que dans d'antiques grimoires et autres écrits de l'ancien temps. Alessio gratta passivement son gant du pouce tout en le remettant correctement en place et réduisit sensiblement la distance qui le séparait de son interlocutrice de quelques pas, déplorant en silence les souillures venues maculée cette tenue qui semblait la mettre un peu plus en valeur à ses yeux à chaque mètre franchi.

« Disons qu'il y a quelques détails que j'aimerais... Comment dire... »

L'étonnement qui marqua son visage en voyant sa fleur réapparaitre fit suite à un sourire en coin que la Veuve Noire ne vit qu'une fraction de seconde, puisqu'il était dans son dos à la suivante. Son bras gauche encercla la taille de l'assassine de son bras gauche, la conviant à venir s'adosser à son torse qui semblait ne demander que cela. Ses lèvres se perdirent non loin du cou désirable qui avait ainsi pris place non loin, tandis que sa dextre s'affairait à aller quérir la main détrempée de son hôtesse. Un geste minutieux suffit à mouvoir son poignet en direction du visage d'éphèbe qu'arborait le Griffon malgré le poids des années pour mieux prendre en bouche cette cime digitale colorée d'un rouge macabre qu'il eut tôt fait de goûter. Ses papilles frémirent d'indignation. Piètre qualité que celle de ce sang, qui sans doute avait trop mariné depuis tous ces millénaires. Les regrets qui le nimbaient venaient en rehausser quelque peu la robe, mais ce n'était pas un grand crû, loin s'en faut. Dès qu'il en eut fini, ses doigts se glissèrent entre ceux de l'arachnide. Son attitude ne démontrait point de courroux, mais peut-être cette touche d'audace allait-elle changer la donne...

« ...Mettre en lumière ? »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Sam 26 Fév 2011 - 16:14

Si l’Empoisonneuse ne manifestait pas une cohérence et une logique à toute épreuve en ce moment, elle avait au moins la décence de ne pas prétendre le contraire ni de faire preuve de mépris. Elle pourrait et à vrai dire elle n’était pas connue pour son sens de la justice lorsqu’elle connaissait pareille fureur, cependant on ne sait trop comment elle était parvenue à garder un ultime contrôle, qui tenait à trois fois rien. Par ailleurs il ne fallait pas être un génie pour comprendre l’étendue de la résolution qui brillait dans les yeux du Griffon. Il était de ceux qui luttaient jusqu’à obtenir ce qu’ils désiraient… ou qui mourraient en essayant. C’était un bon point supplémentaire pour lui. De plus il débordait d’ambition, il était submergé d’une envie si grande et dévorante qu’elle pouvait presque la toucher. La Sanguine sourit d’amusement, écoutant ses paroles sans paraître plus étonnée que ça. Elle comprenait fort bien sa frustration, puisqu’elle n’avait pas non plus pu se mettre un vrai combat sous la dent lors de son expédition en Olympe. Seules les amazones et les autres enfants d’Arès avaient défendu leur honneur quitte à y laisser la vie, ce qui lui avait laissé un arrière goût amer d’inachevé lors de son retour aux Enfers. Ce fut donc avec empathie qu’elle accueillit ses dires et lui répondit finalement, étranglant une jolie jeune damnée à mains nues.

- Oui je vois que vous avez eu autant de résistance au Royaume sous marin que nous n’en avons eu sur le mont sacré. Ce fut un massacre sans nom mais surtout une balade touristique dont je me souviendrai longtemps. Même les Anges ont eu plus de dignité dans la mort que les dieux eux-mêmes. Ils ont tous disparu lors de l’heure de vérité, et même feu Zeus, prétendu Souverain de cette bande de pleutres, est mort de la plus pitoyable des façons, en capitulant et rampant devant nous. La fin d’une ère aurait du connaître plus honorable que cela… et si je n’avais pas déjà été une athée convaincue en entamant la montée de l’Olympe, je le serais devenue sans nul doute possible. Enfin je suppose qu’il est inutile de regretter le sang déjà versé. D’autres victimes finiront bien par se… dévouer.

La rage était telle que ses phrases étaient souvent ponctuées par des nouveaux assassinats, se reproduisant encore et encore comme si cela ne devait pas avoir de fin. Les pieds nus de la Veuve Noire étaient désormais maculés de rouge, bien qu’elle ne semble pas s’en inquiéter outre mesure. Elle était venue ici pour ça, et elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait rentrer sans se salir les mains. Habituellement elle était aussi de ceux qui préfèrent régler les choses sans devoir s’imprégner de son crime, mais cette fois ci la violence avait le dessus, très largement. Ses traits eux-mêmes avaient changé petit à petit, demeurant toujours aussi fins et dignes d’une poupée de porcelaine avec quelque chose de plus. Une profondeur presque démoniaque sévissait dans ses prunelles aussi ensorcelantes que les vaguelettes du Lac qui s’étendait à perte de vue. Ses crocs quand à eux avaient atteint une longueur toute vampirique, bien qu’elle n’ait effectivement pas les gênes de cette race. Les habitudes oui sûrement, mais pas les gênes.
Voyant que finalement le Juge avait décidé de laisser tomber ses petits jeux de manipulation sanguine pour s’atteler également à ce crime gratuit et sans pitié, Belhys sourit sans se cacher. C’était un rictus qui aurait pu congeler le sang d’un vivant tellement il était carnassier au sens le plus primitif du terme, et ce n’en était que plus terrifiant venu de la part d’une femme dont la beauté défiait les plus égocentriques des déesses du panthéon. La demoiselle dévisagea Alessio de ses prunelles perçantes, tout en maintenant sobrement le bout de son talon sur la tête d’un malheureux qui implorait les dieux de lui pardonner ses crimes. Elle l’ignora totalement et pressa encore plus fort, le faisant hurler de douleur. Elle n’aimait pas être interrompue. Qu’ils crient lui étaient indifférent, mais qu’ils osent l’interrompre alors qu’elle allait parler, il n’en était pas question. Elle apprécia le savoir faire en la matière du marionnettiste, et le lui fait allégrement savoir.

- Je vois que vous vous êtes ravisé concernant mon offre. Je suis ravie de voir que vous y prenez autant de plaisir que moi. J’ai toujours trouvé les escapades en solitaire un peu tristes sans une bonne compagnie pour les égayer. Pas vous ?

Elle donna un coup de pied dans le visage du défunt qui croupissait sous son pied pour l’éloigner, puis tourna son visage vers une jeune adolescente à la chevelure blonde qui s’approchait comme si Belhys venait de lui promettre l’accès à l’Elysion. Ses yeux étaient infiniment bleus et innocents, et elle était d’une beauté légèrement étiolée mais toujours présente. Elle avait du être plus que ravissante de son vivant… et à en juger par l’état intact de son corps, elle venait de mourir très récemment. La Veuve Noire la gratifia d’un sourire à en faire fondre un iceberg, à la fois accueillant et empli de promesses tout en lui tendant la main. La pauvre blondine s’approcha péniblement, plus timide qu’hésitante… Pour finalement être enveloppée par les bras fins mais à la terrible étreinte de la spectresse. Ses crocs se plongèrent alors dans sa nuque afin de s’y repaître avec une soif qui en donnait le tournis. Pourtant quelque chose de sensuel et presque hypnotisant se dégageait de la scène, qui aurait certainement fait une myriade d’hommes se proposer pour prendre le relais de la victime qu’elle avait choisie. Quelques instants suffirent à faire taire les bruits mouillés de succion, et enfin Belhys libéra la jeune fille qu’elle déposa avec une infinie délicatesse à ses pieds. Cette dernière avait une expression d’extase sur son visage innocent, comme si elle venait de toucher à la fois au plaisir ultime et à la libération.
Lorsque la Galicienne leva les yeux vers l’étoile de la Noblesse, elle se léchait encore les lèvres, quelques gouttes de sang perlant à leur commissure. Pas de gâchis quand on trouvait un si grand cru, c’était la règle… Elle sourit, dégageant maintenant elle aussi cette odeur cuivrée et entêtante de sang. Mais celui-ci était différent, il était bien plus frais. Pas autant que celui d’un être vivant, mais c’était le mieux que l’on puisse trouver au Royaume Souterrain, ce qui n’était pas peu dire. Néanmoins si elle se délectait encore de la chaude sensation de bien être procurée par son hors d’œuvre, Belhys n’avait de cesse de réfléchir à ce qu’il lui avait dit. Elle se demandait elle-même pourquoi elle s’était mise en tête de jouer avec lui. Probablement pour le goût du défi, mais pas seulement. Par envie égocentrique qu’il satisfasse tous ses désirs ? En partie. Parce qu’il lui plaisait ? Oui mais… Pourquoi ? Ayant une pensée fugace pour celui qui avait subi le sort de la déesse Aphrodite en même temps qu’elle, elle fronça les sourcils, contrariée. Pourquoi y pensait-elle, pourquoi avait-elle des saleté de scrupules ? Avant qu’elle ne puisse y trouver un semblant de réponse, elle le sentir approcher, les sens en alerte. Elle inspira profondément, le cœur battant à tout rompre. Elle jouait à un jeu dangereux, et elle le savait.

- Vous avez une drôle de manière d’étudier les détails qui vous préoccupent, mon très cher ami. Pas déplaisante… mais pour le moins particulière. Mais dites-moi quels sont ces détails qui vous titillent tant ?

La jeune femme referma sa main autour de la fleur de sable et celle-ci disparut comme par enchantement, prenant place dans ses cheveux de jais avec lesquels elle contrastait d’une manière presque surnaturelle mais sans friser le mauvais goût pour autant. Incapable de lever les yeux vers son faciès étant donné qu’il avait le nez dans son cou, la Veuve Noire se contenta de se laisser aller, prenant place contre son torse comme si là avait toujours été sa place. Son corps à la peau de soie trouva celui du dandy sans rechigner, investi d’une chaleur que seul un humain pouvait posséder. Et de fait pour le meilleur et pour le pire elle avait une part d’elle-même qui le demeurerait à jamais… prisonnière de sa condition d’être ni vivant ni mort. Laissant sa dextre blessée et toujours entourée des quelques fils soyeux se perdre dans la nuque du gandin, elle emmêla ses doigts fins à sa chevelure sombre. Leurs lèvres se touchèrent alors, poussées par une audace sans nom qu’elle lui aurait cru possible sans totalement y croire. Néanmoins ce n’était pas sa peur qu’elle voulait… C’était son attention et sa proximité. Cela pouvait toujours servir, en plus de lui apporter quelques autres… avantages non négligeables.
Sans rougir ni se laisser aller à une vulgarité qui n’était pas dans sa nature elle partagea la saveur délicieuse qu’elle avait encore sur la langue. Si il était au moins amateur de ce genre de saveurs, il saurait reconnaître à quel point elle savait bien choisir. Dans le doute, elle ne priva pas de goûter à la tempête qu’elle avait elle-même semé en lui. Telle la pomme de discorde entre sa mélomanie et les restes de ses émotions humaines, bien que bien enfouies, Belhys se plaisait à lui faire découvrir une partie de lui-même qu’il préférait ignorer. Pas de chance, ce n’en était que plus intéressant encore s’il se débattait. Elle recula finalement son visage et sourit. Ceci était une bonne vengeance envers Perséphone, ce qui ne rajoutait qu’une raison supplémentaire à la liste des raisons qui la poussaient à agir de la sorte. Enhardie par les événements et à moitié portée par l’adrénaline procurée par la douceâtre boisson dont elle s’était repue, l’ancienne courtisane se recula légèrement pour le regarder dans les yeux. Sa voix était un murmure à son oreille, aussi ensorcelante que du velours et pourtant sincère.

- Est-ce donc si désagréable de ressentir une attirance, aussi inoffensive soit-elle ?
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Alessio
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Lun 28 Fév 2011 - 5:48

Les repères sacrifiés sur l'autel de sa désillusion reprenaient place, lentement mais sûrement. Et c'était uniquement grâce à elle et au tour pendable joué en le prenant pour cible au moyen de l'un de ses envoûtements. La réminiscence ne s'était pas faite attendre dès le moment où leurs lèvres étaient entrées en contact. Un indicible sursaut avait secoué sa silhouette cuirassée une seconde durant pour mieux s'estomper alors que l'effleurement se muait en tendre baiser. C'était une pulsion que tout deux partageaient, aussi ne chercha-t-il pas à y donner un sens. Pas tout de suite du moins. Le goût de ses lèvres était celui du danger. Sans qu'il ne sache pourquoi, il le compara automatiquement à un compromis entre une liqueur idyllique et un poison mortel. Un divin nectar pouvant le rendre éphémère et le rendre éternel. Quelles que puissent en être les conséquences, Alessio ne regretta pas son geste et alla même jusqu'à parcourir ses lèvres de la langue une fois que leurs visages commencèrent à s'écarter pour ne pas en perdre une miette. Les pans de souvenirs destitués étaient autant de pierres apportées à l'édifice de sa mémoire et leur surnombre l'incitait à ne pas s'en préoccuper. Ses gestes et ses pensées étaient approximatifs.

Ce flux émotionnel à l'arrêt depuis des siècles s'était remis en branle, pour le meilleur comme pour le pire. C'en était la responsable. Assumerait-elle sa faute ? C'était tant un mal qu'un bien. Cette partie de son passé avait été scellée en son subconscient par ses propres soins et elle venait de profiter de sa faiblesse pour se saisir de la clé et en ouvrir le cadenas. La boîte de Pandore n'était maintenant plus entrebâillée mais grande ouverte. Et ne pouvant se ruer sur le monde, son contenu se contenterait d'infester ce corps qui se voulait réceptacle. Fort de ce retour aux sources, il pourrait tout aussi bien devenir plus humain que n'en apprendre que plus sur le comportement de l'espèce. Ce qui serait préjudiciable pour tout un chacun puisque ses manigances n'en seraient que plus adroites et perfides. Belhys n'avait pas idée de tout ce qu'elle venait de réveiller et le temps qu'elle l'appréhende, il serait trop tard. Lui-même n'en revenait pas d'être si facilement influençable.

Mais ce n'était au fond pas si désagréable, et que ce soit elle atténuait son ressentiment à ce sujet. Elle était spéciale, il l'avait ressenti dès la première fois. Les rencontres suivante n'avaient fait que renforcer cette conviction et cet échange équivoque n'était pas pour le contredire. Au contraire, c'en était la preuve, l'apothéose. Et c'était pour cette seule et unique raison qu'il lui avait laissé le droit de frôler un tabou du bout des doigts, celui-là même que ses dernières paroles avaient en ligne de mire. Galvanisé par ce baiser empli d'énigmes, il la retint contre son corps afin de le lui rendre. Il lui avait laissé l'initiative mais il n'était pas non plus question de lui offrir une longueur d'avance. De plus, avoir des dettes n'était pas dans ses habitudes et il les épongeait donc de ce langoureux remboursement qui ne semblait pas déplaire. Le goût qu'elle lui avait offert était un inestimable présent : quoi de plus logique que de lui rendre la pareille en lui laissant quelques indices sur sa vulnérabilité et l'ampleur que pouvait prendre son talent pour la manipulation. Et il n'était pas question ci que de celle faites à la force de ses fils...

« Inoffensive ? Je ne suis pas sûr que tout le monde soit de cet avis. Tout comme je doute, sauf votre respect, que ma manière de chercher des réponses ne soit pas à votre convenance. Bien sûr, je peux me tromper... »

Mais ce n'était pas le cas. Il en serait le premier informé.

Sans le savoir, il venait de mettre le doigt sur le nœud du problème. Il n'avait pas idée de la relation qui liait la Veuve Noire à Hadès mais n'en était pas moins fermement persuadé qu'il n'était pas le premier à souffrir de cette attirance inopinée. Une présomption. Peut-être était-ce anodin mais d'avoir ses perceptions à fleur de peau ne pouvait que lui faire penser tout le contraire. Quoi qu'il en soit, il ne doutait pas qu'à moins de vouloir en faire un jouet pour son bon plaisir afin de se divertir à son aide, elle l'informerait si cet égarement pouvait être préjudiciable. Ce n'était pas une certitude, mais il le pensait sincèrement. Il avait la sensation de la connaître tant et si peu à la fois. De ne connaître d'elle que des masques aux lèvres ourlées d'un sourire malicieux tout en devinant son vrai visage derrière ce rempart de facétie. Impossible de distinguer le vrai du faux sans son aide, mais encore fallait-il qu'elle consente à la lui accorder, ce qui n'était pas gagné d'avance.

« La plupart des nôtres ne méritent que mon dédain, tout au plus mon mépris. Mais ne dit-on pas que les plus belles fleurs sont celles qui surgissent des endroits les plus sales et les plus imprévisibles ? Les personnes à pouvoir susciter mon intérêt ici se comptent sur les doigts d'une main mutilée. C'est un bien mince bouquet. Fort heureusement, les senteurs qui se dégagent de certaines d'entre elles compensent sans peine cette avarie... »

Ses doigts allèrent jouer dans la chevelure de son interlocutrice, ajustant l'angle de la rose des sables qui venait d'y élire domicile selon son bon vouloir. Une preuve à conviction de sa faiblesse d'autrefois. Il aurait pu s'offusquer qu'elle s'évertue à lui mettre sous le nez mais n'en fit rien, préférant de très loin en rire et négliger cette possible intention. La partie de lui qui avait endossé le surplis du Djinn était morte. Tuée de ses mains. Étranglée par la poigne implacable d'Alessio, Juge des Enfers, Spectre du Griffon de l'Étoile Céleste de la Valeur. Un titre ronflant qui lui allait à ravir. En outre, qu'elle tienne à porter un évidence un cadeau qu'il lui avait fait avec ses maigres moyens était une touchante attention. La raison en importait peu, mais peut-être n'en arrivait-il à ce mode de pensée idéaliste qu'à cause du sortilège s'activant à anesthésier ses sens pour en faire un docile soupirant. Un amoureux transi – ce n'était maintenant plus à prouver. En soi, Belhys aurait tout aussi bien s'abstenir d'exercer une quelconque emprise sur son esprit. Tôt ou tard, il aurait fini par en arriver aux mêmes conclusions. Elle n'avait fait qu'accélérer ses déductions et ôter toute inhibition pour précipiter un résultat qui, il fallait l'avouer, était plus qu'à son goût.

« Je suis las de ces victoires sans saveur. La mort est déjà d'un ennui sans bornes. N'est-il donc personne capable de nous tenir tête et de ne pas nous faire regretter de nous être déplacés pour leur faire payer leur outrecuidance ? J'en doute fort. Je n'ai qu'un souhait, qu'ils nous détestent plutôt qu'ils ne nous craignent, et que leur témérité leur fasse commettre l'irréparable. Qu'ils cessent de se retrancher derrière cette paix mensongère. De l'audace, que diable ! »

Sa sénestre descendit alors le long de sa nuque pour finalement parcourir son échine derrière le cuir noir de ses gants. Une lente caresse. Quoi de plus approprié pour tout ce que la belle avait de félin en elle, malgré son lien évident avec les octopodes. Une fois la paume au creux de ses reins, il l'en retira pour mieux porter la main à ses lèvres et coincer l'accessoire de cuir de ses dents afin d'en libérer sa main. Cette chair d'une pâleur presque fantomatique aurait fait froid dans le dos à n'importe quel être de son vivant, mais était tout ce qu'il y a de plus naturelle ici-bas. Et aussi claire soit-elle, elle n'était encore que bien peu de choses à côté de celle de Belhys, qui ne faisait que lui donner un aspect faussement diaphane. Un piège de plus à son arsenal déjà vaste, devinait le Griffon, alors que son index replié s'empressait de soulever son menton. Leurs fronts se joignirent sans heurt alors que le saphir de ses prunelles se noyait dans celles de cette tendre amante. Quelques pas de sa part résonnèrent dans l'enceinte de la prison, produisant un écho régulier. Sa main se leva avec une lenteur mesurée et aussitôt, une nuée de filins quittèrent ses doigts pour se tendre de toutes parts. Les parois étaient éloignées mais ce n'était pas un souci pour qui pouvait étendre ses entraves à volonté et leur donner la forme qui corresponde le mieux à ses besoins.

Nombre de complaintes se firent entendre alors que ces liens plongeaient dans la masse vermeille pour en tirer les craintifs détenus qui ne purent alors plus que s'élever dans les airs. Les corps décharnés des âmes en peine n'était pas beaux à voir mais la superbe de sa réalisation compensait les outrages du temps. Son travail n'était guère plus qu'une toile. Non pas une peinture, mais une prison arachnéenne d'où les captifs ne pouvaient plus s'arracher, prisonniers. Tout mouvement n'aurait fait que les réduire prématurément à néant pour la seconde fois, n'en laissant que cendres et cris d'angoisse. Bientôt, la pâleur de ses fils ne fut plus qu'un souvenir au fur et à mesure qu'elle se teintait d'écarlate, les membres lacérés des défunts venant rougir cet indéfectible cordage qui serait en définitive leur dernière demeure car toutes les prières et toutes les suppliques ne seraient pas une monnaie d'échange suffisante pour les délivrer de cette funeste prison. Ce n'était qu'un linceul, témoin silencieux de toutes ces atrocités...

« Veuillez accepter ce modeste présent. »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Lun 28 Fév 2011 - 23:38

Dans la vie comme dans la mort, chaque acte a un prix. Belhys savait que cela était une évidence à laquelle personne ne peut échapper, qu’il soit mortel ou immortel. En était-elle réellement consciente ? Oui, sans doute. Regrettait-elle ce qui c’était passé suite à son jeu avec le Griffon ? Probablement pas. Elle n’était pas novice en la matière et savait pertinemment que de nombreuses réactions étaient possibles une fois qu’une de ses cibles était exposée à ses charmes. Qu’ils soient uniquement physiques, plutôt centrés sur les narcotiques et leurs effets, ou bien les deux… ce n’était qu’un détail de méthodes pour un même résultat. Alessio était différent, elle l’avait déjà dit, et continuait de le penser sincèrement. Ce qui le rendait aussi intéressant à ses yeux ? Probablement la complexité de son personnage, et cet air glacial et hautain de celui qui est persuadé d’être à l’abri… alors qu’une énorme fissure est exposée aux regards les plus acérés. Il exerçait sur elle la même fascination qu’une proie redoutable exerçait sur une chasseuse expérimentée, il lui suscitait le même frisson d’adrénaline qu’une abîme sans fin suscite chez un funambule particulièrement audacieux. Il exhalait la mort et une noirceur infinie, mais quelque part ces derniers n’étaient plus du tout effrayants pour Belhys depuis longtemps déjà. Justement elle adorait le confort procuré par cette puissance grisante et les sensations inexplicables procurées par le danger. Elle était elle-même forgée de ces attraits, cette essence même qui attirait tant et tant d’hommes mais aussi de femmes dans ses toiles.

Sa proximité physique s’accumulant en ce moment avec la proximité morale qu’ils avaient déjà acquise de manière latente lors des dernières fois où ils s’étaient croisés, Belhys sentait qu’elle pourrait comprendre de mieux en mieux cet être redoutable et pourtant si jeune. Sentant le trouble certain de ce dernier sans pour autant pouvoir en déterminer l’exacte origine, la demoiselle lui sourit en découvrant ses crocs dans un geste si fluide que l’on devinait aisément qu’elle avait l’habitude de gérer leur présence. La boîte de Pandore qu’elle venait d’ouvrir contenait certainement de nombreuses réjouissances, autant qu’elle ne libérerait un monstre encore plus redoutable. Mais au final il devait y avoir quelque chose de plus que seulement des vieux fantômes et une capacité de ressentir le plaisir et la douleur de manière complète. De la même manière que Pandore avait donné naissance à l’Espoir lorsqu’elle avait libéré tous les maux de la Terre, elle se plaisait à croire qu’il devait y avoir quelque chose qui valait les risques qu’elle avait pris. Savait-elle ce qu’elle recherchait ou non, telle était la question à laquelle elle seule pourrait répondre. Partagerait-elle ce qu’elle savait à ce sujet, ce n’était pas certain, loin de là…

Ses doigts se mêlèrent à ceux du Manipulateur comme si c’était tout ce qu’il y a de plus naturel. Elle avait accepté de le laisser approcher bien plus qu’un bon nombre d’hommes depuis des siècles… ou du moins avec l’intention de le laisser en vie après sa téméraire initiative. Il est vrai qu’il avait ce courage frisant le suicide qui faisait de lui quelqu’un d’imprévisible et capable de tout. C’était un bon point à ses yeux et elle partageait cette façon de faire. Cependant si il avait été capable d’une ascension fulgurante en puissance tout comme en rang, il manquait de savoir faire et d’expérience… une chose que seule l’exercice de ses fonctions avec assiduité pourrait lui procurer. Par ailleurs il était aussi enclin à une certaine fragilité, car son cosmos était encore relativement faible pour un Juge. Il aurait besoin d’un certain soutien politique s’il ne tenait pas à choir de son piédestal en triple vitesse. Les Enfers étaient une jungle souterraine où seul le plus fort et le plus rusé survit… et il n’allait pas tarder à le découvrir à ses propres dépens. Elle le sentait, elle le flairait, c’était dans l’air. Elle lui était supérieure en termes d’énergie. Si un combat devait s’engager à l’heure actuelle, il y avait fort à parier que ce serait serré… mais elle partirait avec un léger avantage. Cela devait être vexant pour quelqu’un comme lui qui ne tenait pas à se laisser marcher sur les pieds. Elle imagina comment il pourrait s’en tirer si jamais il ne s’entendait pas avec Belgarath et sourit énigmatiquement. Ils ne s’entendraient pas, elle en était certaine. Et une guerre ouverte ferait rage quoi qu’il arrive, qu’ils soient de rang égal ou non. Qui soutiendrait-elle ? Le choix était plus incertain qu’il n’y paraissait. Prenant la parole pour finalement réagir à ce qu’il lui disait, elle avait une impression mitigée, bien que sa fragilité (réelle ou factice ?) ne l’appelle comme le soleil incite une fleur à s’ouvrir.

- Qu’importe donc l’avis de ce « tout le monde » ? Ce qui importe ici c’est le nous, et je pense que qu’importe ce que j’ai pu faire, vous aviez déjà au fond de vous l’envie dévorante qui vous a poussé à me toucher de si près. Mais bien sûr je peux me tromper…

Répondit-elle sur le même ton, pour le taquiner. Ce n’était pas qu’elle essaye de se décharger des responsabilités qui allaient de pair avec son acte, seulement elle connaissait assez l’étendue de ses capacités pour savoir que l’effet obtenu était largement plus concluant qu’il n’aurait du l’être. Ce qui était censé développer une attirance et un besoin de sa présence c’était fait bien plus intense… Alors de deux choses l’une : soit elle avait largement sous-estimé l’étendue de ses pouvoirs en la matière, soit Alessio avait déjà les prémices de cette attraction en lui et il les avait refoulés pour des raisons qu’elle ignorait. D’après le peu d’informations qu’elle possédait et surtout en se basant sur les différentes réactions qu’elle lui avait connues jusque là, elle penchait plutôt pour la seconde solution. Ce qu’elle voulait dire c’est qu’il ne pourrait pas lui faire porter le chapeau toute seule, car jusqu’à preuve du contraire ils étaient aussi « coupables » l’un que l’autre. Cependant il y avait quelque chose qu’il fallait qu’elle lui dise… pour le bien de leur survie à tous les deux. Son corps maudit portait en lui une autre âme distincte de la sienne, et elle espérait vraiment que jamais elles ne s’unissent en une seule entité. Perséphone, damnée soit-elle… Elle baissa ses yeux sur le torse de son interlocuteur, comme si elle pouvait voir au travers.

- J’ignore si je peux être vraiment assimilée à l’une de ces fleurs naissant au bord du précipice… Néanmoins il y a quelque chose qu’il faut que je vous dise. Peu de personnes sont au courant mais je pense que vous avez le droit de savoir quels risques vous êtes en train de prendre. Perséphone fille de Déméter et épouse de notre Monarque a refait surface… et elle m’a choisie pour accueillir son esprit. Je n’ai jamais demandé rien de tel. Je n’en ai jamais voulu.

Elle avait de nombreuses raisons d’en vouloir à la Déesse, et non seulement le fait qu’elle ait pris le contrôle de manière totale et abrupte. Le fait qu’elle ait pris le dessus pour faire illusion devant les saints n’était qu’une goutte de l’océan… Une lourde goutte, mais pas ce qui faisait déborder le vase. Mais par où pouvait-elle bien commencer ses doléances ? Par le fait que la déesse qu’elle avait originellement juré de protéger ait disparu alors qu’elle était aux portes de la mort, ou bien par le fait que cette dernière ait le droit et la place incontestable qu’elle n’aurait jamais ? Hadès était son époux, et jamais Belhys ne pourrait prétendre à une telle chose. Elles avaient beau être dans le même corps, la galicienne ne pouvait le vivre autrement que comme un viol de son esprit, dans une sensation insupportable de ne jamais être en paix. Partager son enveloppe charnelle avec celle qu’elle avait tant enviée ce n’était pas supportable… elle préférait encore largement les quelques fois où elle avait pu la narguer et la prendre de haut comme il avait été le cas lorsqu’Aphrodite les avait ensorcelés. Jurant intérieurement, elle leva les yeux vers le Griffon. Il n’y avait pas besoin d’en dire plus, il comprendrait sûrement la portée de ses paroles. Mais comprendrait-il à quel point tout ceci la bouleversait ? Il y avait fort à parier que non seulement il ne le comprendrait pas, mais il n’en aurait rien à faire, ce qu’elle pouvait fort bien comprendre. Elle ne rougirait pas ni ne se déroberait à la vérité, elle ne pourrait pas la cacher bien longtemps, même si elle le voulait de toute façon. Et puis mentir ne lui apporterait rien si ce n’est gagner un temps minimal… tout en s’attirant les foudres du juge, à juste titre. Les jeux étaient faits. Il ne restait donc plus qu’à savoir s’il était assez effronté et courageux pour continuer à aller de l’avant malgré ce que cela signifiait.
Sentant les mains du marionnettiste sur ses cheveux, elle ferma les paupières un instant, ignorant également les cris des âmes en peine qui les entouraient. Elle avait dressé une barrière de cosmos qui les empêcherait de les toucher tant et aussi longtemps qu’elle l’aurait décidé. Il n’était pas question qu’ils soient interrompus. Elle fit mine de ne pas entendre les malheureux dont les corps s’incendiaient une fois qu’ils touchaient ce mur protecteur.

- C’est donc de la haine que vous recherchez afin de subvenir à vos pulsions de tortionnaire ? Le défi qui précède l’écrasement d’un insecte sous votre semelle… ? Que feriez-vous alors si celui qui s’interpose entre vous et ce que vous désirez le plus au monde est largement plus puissant que vous ?

Elle était curieuse de la réponse et en même temps elle la craignait, car selon son contenu son comportement risquait d’être radicalement différent à l’avenir. Elle était certes dans une colère noire contre son alter-ego et était prête à beaucoup de choses pour la faire souffrir tout comme elle la faisait souffrir, mais trahir Hadès n’en faisait pas partie. Elle avait encore au fond d’elle cette petite flamme brûlante et tenace qui refusait de s’éteindre malgré tous ses efforts… et en cela Alessio pourrait peut être l’aider, ou du moins elle l’espérait. Peut être parviendrait-il à la libérer de ce fléau de la même façon que quelque part elle l’avait aidé à retrouver le vrai lui-même… Quitte à créer un monstre.
Frissonnant lorsque la main du romain effleura ses dorsales, la Veuve Noire le regarda faire avec un brin d’admiration dans ses prunelles carmin. Il était indéniable qu’il avait des méthodes très classieuses lorsqu’il s’agissait d’utiliser les fils imperceptibles et subtils qui étaient l’apanage de son surplis. Belle et efficace manière de mettre une fin à tous les scepticismes. Sa propre dextre saine se reposa sur son cœur après avoir tracé d’invisibles sillons le long de son ventre et de son torse. Pourtant il fallait y voir bien plus que le toucher d’une femme ou l’invitation à la débauche. Tout cela était bien trop vulgaire pour quelqu’un comme elle. De fait c’était plus un contact évanescent qui était semblable à une reconnaissance du corps masculin, comme si elle s’essayait à découvrir ce qu’il y avait au-delà de l’apparence extérieure du Bellâtre. Et puis sentir ses pulsations était réconfortant, d’autant plus qu’elle pourrait les accélérer à souhait en lui faisant ingérer un poison muni de béta-accélérateurs.

Toutefois pour l’instant elle n’en fit rien et se contenta de contempler silencieusement la pâleur presque maladive de la peau de son compagnon du moment. Il était d’un teint blafard, presque aussi laiteux que le sien… si ce n’est que la blancheur de la demoiselle n’était pas du tout causée par une mort quelconque. Elle avait toujours eu cette teinte depuis sa naissance, et ce malgré le fait que le climat soit plutôt chaud dans son pays d’origine. Même en ce siècle reculé elle avait fait verdir de jalousie ses contemporaines puisqu’elle n’avait jamais eu besoin de se préserver excessivement du soleil pour avoir une peau sans aucune tâche. Un détail qui avait une importance toute relative, si ce n’est qu’elle devait être le seul être vivant du royaume, hormis l’Arbre des Enfers.
C’était donc une chaleur de vraie femme qu’Alessio pouvait ressentir, ce qui n’avait rien à faire avec un quelconque sortilège qui de toute façon n’aurait pas pu simuler une chose pareille. Prenant donc le gant duquel il s’était débarrassé entre ses mains, Belhys entreprit de jouer avec ce dernier pour passer le temps… tout du moins jusqu’à ce qu’elle puisse contempler l’étendue de l’œuvre dont il lui faisait cadeau. Amusée et en même temps admirative devant ce qu’il pouvait faire, elle prit ses mains dans les siennes avant de comprendre ce qui lui arrivait. Alors de ses propres doigts apparurent des fils argentés, bien visibles eux, qui s’enroulèrent autour de ceux produits par le Griffon. Les renforçant alors par la solidité des toiles arachnéennes, ils créèrent à eux deux ce qui pourrait aisément être un tourment adjugé aux pêcheurs pénitents. L’œuvre d’art enfantée par les deux plus grands manipulateurs infernaux était rutilante de simplicité et pourtant d’une efficience à en faire froid dans le dos. Les cris ne tardèrent pas à retentir, comme répondant à l’appel émis par leurs fils. Une mélodie macabre à souhait envahit la sixième prison, se transformant presque en un chant funèbre auquel ces âmes eurent le privilège de participer. Souriant d’un air pensif et mélancolique, l’hispanique était fière de ce qu’ils venaient d’accomplir. Prenant plaisir à contempler le résultat de leurs efforts communs, elle sentait sa colère retomber. Retomber était bel et bien le mot, puisqu’elle ne risquait pas de disparaître de sitôt. Pas avant que sa revanche n’ait vu le jour.

- Que ce présent vous soit en partie rétribué… du moins il devrait l’être si cela vous a plu autant qu’à moi.

Son regard énigmatique se perdit au loin, se tournant finalement vers la Guidecca. L’appréhension montait.
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Alessio
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 2 Mar 2011 - 10:44

Tisseur moins doué qu'elle, il n'en était pas moins parvenu à un résultat satisfaisant. Sa précision avait encore à être travaillée pour bien faire, de même que sa rapidité d'exécution, mais on pouvait tout de même en dire qu'il partait sur de bonnes bases. Assez paressé. Maintenant que ce don lui avait été remis, apprendre à s'en servir était la moindre des choses, d'autant plus en sachant qu'il s'agissait du meilleur moyen mis à sa disposition pour se faire respecter. La mise en pratique actuelle était néanmoins autrement plus créative. L'élaboration de ce projet artisanal en était la quintessence, et sa vue ne sembla pas déplaire à l'empoisonneuse se tenant à ses côtés. Ce prototype ne fit que gagner en beauté quand cette dernière décida d'apporter sa pierre à l'édifice. Les supplications lancinantes des condamnés évoluaient en fonction de chacun de leurs gestes, tant et si bien qu'il y avait matière à se demander là s'ils n'avaient pas donné le jour à un instrument à cordes d'un nouveau genre. La mélopée lugubre à laquelle chaque frémissement donnait naissance une fois de plus prêtait à le croire, et s'imaginer grand compositeur n'était pas une perspective si déplaisante. L'espace d'une seconde, il s'imagina vêtu du même costume qui se retranchait derrière son apparat d'obsidienne, ses doigts cherchant avec adresse la prochaine touche qui consacrerait son récital.

La science de la musique était une subtilité qu'il avait toujours jalousée à ceux la possédant et dont il aurait pris grand plaisir à s'emparer si cela avait été dans ses cordes, et c'était alors le cas de le dire puisque lyre et harpe étaient les accessoires les plus courants à son époque. Mais à l'évidence, s'en tenir à la mélomanie sans pouvoir aller plus loin. Soit. Depuis son passage de vie à trépas avant d'aller en sens contraire, ses activités s'étaient renouvelées. Et si la perte était grande, ses acquisitions l'étaient assez pour en compenser l'absence. Et puis, si les mélodies les plus harmonieuses avaient le pouvoir de donner des ailes à la pensée et de faire vibrer un cœur, on ne pouvait à coup sûr pas garder intacte cette formulation pour quelqu'un dont les palpitations s'étaient tues depuis une éternité. Nul ne saurait toucher ce qui a déjà la froideur de la glace dans son linceul mortuaire tant l'étreinte de la mort l'en préserve de son bouclier funeste. Et pourtant. Alors qu'il se pensait imperméable à toutes sortes de sentiments humains pour avoir renié l'ancestral écrin charnel quitté au point d'orgue d'une pathétique tragédie, sa compagne prenait un malin plaisir à nager à contre-courant. Qui était-elle pour contester cette logique ? Quelle était la nature du pouvoir en sa possession pour pouvoir nier la réalité en gommant un fait indiscutable ?

Les questionnements pouvaient être tournés de nombreuses manières mais ce n'était pas ce qui l'aiderait à obtenir les réponses tant convoitées. L'insoluble problème demeurait et ce n'était pas aujourd'hui que ses doigts, aussi adroits soient-ils comme pouvait alors le découvrir la demoiselle, réussiraient à en démêler les nœuds. Nœuds dont cette chevelure d'ébène à l'enivrante odeur était d'ailleurs dépourvue, comme il avait pu en faire le constat à son contact. Tout en elle semblait être fait pour établir un traquenard, tendre un piège à loup dont les dents auraient préalablement été enduites d'un poison nommé fascination. Nul doute qu'il était d'ores et déjà infecté et que le venin faisait son office. Il était sous son joug, et n'arrivait même pas à en avoir pleinement conscience, ne pouvant toujours point s'informer sur la nature de cet émoi. Sa perdition était en route et aucun moyen n'était à sa portée pour l'arrêter. Très bientôt, le marionnettiste ne serait qu'un pantin baigné dans une onde aquatique issue de ses sentiments contraires, teintées d'un écœurant mélange d'humanité et de monstruosité.

« Qui sait. Je crains de ne pouvoir vous répondre, ce serait détériorer le charme qui règne, à mon humble avis. Et, même si je pense que ce sentiment est partagé, je crois bon de vous dire que je n'en ai pas envie. »


Tel une pièce à deux faces, il entrait en conflit avec lui-même de ne pouvoir trancher et ne faisait que s'enfoncer un peu plus dans les méandres de ces eaux troubles où il n'avait pas la capacité de naviguer. Le navire de son âme était en passe d'échouer tant la houle de sa dissension mentale prenait une insupportable ampleur. Mais cette douce frénésie était une folie naissante dont il se drapait volontiers tant cette amante avait su le cerner et, en partie du moins, le domestiquer. Elle était loin de tout connaître de lui mais en savait déjà plus long que qui que ce soit d'autre au sein des limbes, et c'était plus qu'il n'en faut pour sublimer l'intérêt déjà éminent qu'il lui portait avant que ce changement ne s'opère. Néanmoins, il n'en oubliait pas sa prudence et la paranoïa qui l'agrémentait, d'autant plus qu'elle était elle aussi en grande partie une énigme de son point de vue. Les mots de la beauté fatale vrillèrent ses tympans, véritable fausse note venue saborder la cacophonie discordante de ses songes embrumés.

Un éclair de lucidité passa dans les noires abysses de son regard, qui ne retrouva toute sa clarté que pour mieux s'assombrir. Risquer de se mettre en désaccord avec Hadès était loin d'être sa première préoccupation, mais elle n'avait pas tort : cette relation naissante devait être gardée sous silence, sans quoi de fâcheux incidents pourrait bien venir entacher cette intimité fragile. Ses lèvres se pincèrent en signe d'agacement tandis qu'un claquement sec signalait la remise en place de son gant restant, le second étant laissé à sa semblable en guise d'offrande de piètre valeur. Puisque cet artifice était à sa convenance, il ne voyait aucun inconvénient à lui abandonner, sachant qu'en reconstituer ne demanderait qu'un semblant de concentration. Restaurer les pans déchirés de sa tenue était l'un des premiers rudiments qu'il s'était efforcé de retenir afin de pouvoir reprendre son aspect initial au terme d'un duel un peu trop violent. Il n'était pas question que ses fonctions affectent son aspect.

Même s'il pouvait paraître risible aux yeux de beaucoup de ses semblables d'avoir pareil souci de son allure, à commencer par les rustres, ce n'était pas ce qui l'empêcherait d'y prêter spécifiquement une attention que chaque instant. Et si cela devait donner naissance à des quolibets, c'était tant mieux : cela ne ferait que lui donner une excuse trop longtemps attendue pour mettre à mal les langues de vipère en plus de s'exercer au moyen de la punition apportée. Cela ne pouvait donc qu'être bénéfique. Un soupir précéda sa réplique.

« Effectivement, ce serait dommageable que notre cher monarque ait vent de cette... Liaison. C'est pourquoi je pense de bon aloi de l'entretenir loin de son regard, ce qui risque de ne pas être de tout repos puisque son regard doit porter sur l'ensemble de notre territoire. Mais je ne doute pas qu'à deux, nous puissions concevoir une solution pour parer à ce problème de taille, et plus vite nous nous y emploierons, mieux ce sera. Fort heureusement, je n'ai pas de scrupules à me mettre dans cette situation délicate, ce qui allège l'équation de quelques-unes de ses données. Serait-ce être dirigiste d'agir en pensant que c'est aussi votre cas ? »

L'ombre d'un sourire ourla ses lèvres, éphémère. Rêve ou réalité ? Qui sait. Les secrets dont il s'était tissé un manteau hermétique à toute curiosité étaient un parfait rempart à de tels doutes et tendaient même à les mettre à vif. Tout compte fait, ce n'était peut-être pas aussi dérangeant qu'il avait bien voulu le croire de prime abord. Au contraire, c'était même une épice de plus venue souligner le piment de leurs rapports dont l'ambiguïté gagnait des strates de plus en plus hautes à chaque seconde passant. L'ardeur qui les consumait était attisée par le vent du silence qui allait pour eux devenir un impératif dans les temps à venir. Leurs mains aux doigts joints venaient de créer un soupçon de paradis occulte dans cette place forte infernale et il ne tiendrait qu'à eux de le cultiver tout en le préservant des regards indiscrets. Tout cela allait être on ne peut plus stimulant et donnait une motivation renouvelée au Juge des Enfers, alors qu'il n'était que lassitude et dégoût à son retour du sanctuaire sous-marin.

Si le revirement causé par cette entrevue ne s'opérait pas sans son lot d'ennuis, cet état de faits était une compensation plus que savoureuse à côté de laquelle le sacrifice était plus que négligeable. Sa joue frôla plus qu'elle ne toucha celle de son amante alors qu'un sursaut de l'épaule la débarrassait de sa chevelure, devenue sensiblement plus encombrante depuis les récents événements. Ainsi, la tendre chair de son cou était à découvert, laissant à portée de crocs une artère battante qui semblait n'attendre que de voir la Veuve Noire l'honorer d'un coup de dent afin de sceller ces penchants en les ciselant dans son épiderme pour toute l'éternité qu'il lui restait à vivre avant que ne résonnent au loin les trompettes de l'absolution.

« Je ne me fais pas de souci pour ça. Je pense que vous avez déjà pu constater par vous-même que j'étais plein de ressource, et sans fausse modestie je pense pouvoir dire que vous n'en avez encore rien vu. Tout comme toute cette seconde vie ne vous suffirait pas à déceler tout ce qui peut m'exalter, même si je ne doute pas de votre bonne volonté... »

Et sur ces derniers mots, ses lèvres se refermèrent sur le lobe d'oreille de l'assassine...
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Ervael
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 2 Mar 2011 - 20:40

Post PNJ : Mesaana

Mesaana poussa une sorte de reniflement à demi-étouffé sous sa vaste cape noire. Malgré son nouvel état, il était agréable de fouler le sol de nouveau. Elle était restée des siècles en latence, mais consciente de tout ce qui se passait, avant que le seigneur des ténèbres ne décide que l'heure était venue qu'elle entre de nouveau en scène. Elle n'avait pas eu l'honneur d'être réveillée par lui, mais par Ishamaêl, celui qui avait été désigné pour être leur meneur. Après avoir vérifié que son état était bon, les premiers ordres avaient été clairs : les Enfers étaient troublés de tous les côtés de diverses manières, ils devaient se répartir et observer.

Le shadow avança, se mouvant dans les ombres jusqu'à arriver, sur un endroit en hauteur, au lieu à surveiller. Ses cibles étaient en contre-bas : la haute dame des Enfers ou son hôte le spectre de la Veuve noire et le Juge du Griffon. Immobile dans l'ombre, elle resta à les regarder, impossible à être remarquée, comme elle le fut toujours durant son existence. Ce qu'elle vit et entendit attira toute son attention, plus qu'elle ne 'était. Dans son machiavélisme et son esprit manipulateur elle s'avança pour être bien vue.

Ce qu'elle aperçu ensuite fut assez explicite. Des corps se rapprochant, une mains caressant des cheveux, des lèvres proches d'une oreille. Tout était clair.

*Juge du Griffon et spectre de la Veuve Noire, vous êtes dans mes filets* se dit-elle.

Allait-elle les trahir ? Peut-être bien...ou non. La manipulatrice pourrait les faire chanter comme elle le désirait afin que cela serve les Enfers et le seigneur. A moins qu'elle ne tisse ses filets pour mieux les piéger et les révéler au grand jour. Deux manipulations tout à fait tentantes. Mesaana était revenue aux affaires.

*Oups j'ai fait glisser un caillou du haut de mon perchoir* se dit-elle après avoir bien poussé le caillou.

Le caillou dégringola jusqu'en bas dans un petit bruit. S'assurant que les deux fauteurs l'avaient bien vu et elle se glissa dans l'ombre pour disparaître. L'avenir dirait si elle se manifesterait devant et eux...


Spoiler:
 


Dernière édition par Hadès le Lun 2 Mai 2011 - 11:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Sam 12 Mar 2011 - 14:01

S’il est vrai que des différences évidentes d’idéologie et de méthode séparaient le Juge et la Veuve Noire le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils parvenaient à trouver d’autres atomes crochus ailleurs. Il ne s’agissait pas uniquement de la capacité semblable à tisser une toile capable d’envelopper l’ennemi… bien que l’un utilise la terreur et l’autre la volupté. Tout cela était devenu secondaire face à cette nouvelle complicité qui s’était installée. Qui pourrait décrire ce qui venait de les réunir plus efficacement encore que cette œuvre engendrée en commun ? La voix du Serpentin l’arracha à ses divagations aussi sûrement qu’une ancre jetée à la mer stopperait tout déplacement d’une lourde embarcation. De fait il gardait cette même subtilité qui était sienne tout en répondant à sa façon, quelque part dans les détours de ses gestes et de sa respiration. Il n’y avait pas besoin de verbaliser ce qui ne pouvait l’être, il avait raison : cela ne ferait que rompre un charme qui leur était cher à tous les deux pour des raisons sensiblement différentes. Cependant son absence de réponse la dispensait par la même occasion de devoir à son tour apporter un point de vue plus abrupte… Ce qui n’était pas un mal à ses yeux au contraire. La situation avait tout pour lui plaire, et même cette étincelle procurée par le fruit défendu l’amusait énormément… Peut être même plus que cela ne l’aurait du.

Tenant toujours le gant qu’il n’avait pas réclamé dans l’une de ses mains, elle était sincèrement prise entre deux feux : celui de la séduction qui était pour elle une seconde nature, et ce sentiment tenace d’être en train de faire quelque chose qui était inadéquat. Néanmoins au fond d’elle-même elle n’avait pas l’ombre d’un seul regret car ce qu’elle faisait avait un sens, ce n’était pas un geste inconsidéré qui n’avait pour autre but que d’irriter Hadès, bien que dire que cette intention lui était totalement étrangère serait mentir. Et puis après tout pouvait-il décemment lui reprocher de céder sous le poids d’un fléau qui n’était pas sensé reposer sur ses épaules ? Il était trop Juste pour ignorer les raisons de ses actes, ou du moins c’est ce qu’elle espérait.
Alessio était-il prétentieux et fantaisiste de croire que la Galicienne était prête à assumer les conséquences des actes dernièrement perpétrés même si cela impliquait recevoir le châtiment qui allait de pair avec son écart ? Pas le moins du monde. Belhys était trop calculatrice et trop réaliste pour ignorer la portée de ses choix. Mais quand l’on n’a plus rien à perdre que peut-on encore craindre ? De ses peurs il ne restait pas grand-chose, étant donné que le pire qui pourrait survenir serait qu’elle perde le contrôle d’elle-même, ce qu’elle considérait ne plus détenir totalement de toute façon, par la faute de Proserpine. Et bien qu’un sombre pressentiment lui dicte que les ennuis n’allaient sûrement pas tarder, elle ne se déroba pas à l’étreinte du Griffon.

« Comme vous l’avez certainement déjà compris, je ne suis pas de ceux qui ébauchent un seul geste sans l’avoir au préalable désiré. Tout mot quand bien même il peut être spontané n’en est pas moins lourd de sens. Mes intentions n’ont rien de mauvais à votre égard, mais vous savez tout comme moi que jouer avec le feu comporte ses dangers. Il ne dépend que de vous de vous écarter du danger… ou de continuer de vous réchauffer. Serez-vous tenté de voler trop haut vous aussi ? N’oubliez jamais que le poison qui vous conduit à la plénitude est aussi celui qui peut vous dévorer… »

Elle approcha son faciès de la nuque du Romain, sentant le parfum qui émanait de sa peau sans même en approcher son nez. Cette senteur sucrée la fit saliver d’avance, car elle sut que son sang devait être aussi réconfortant et délicieux que le reste de sa personne. Toutefois le geste qu’il ébaucha la laissa surprise. Il était en train de succomber volontairement et de son propre chef à la décadence qui risquait de le détruire. Cela ne dépendait plus que de lui de s’offrir le plus grand plaisir ou la plus grande douleur… Mais quelque chose lui disait que chez lui les deux étaient intimement liés. Un rictus prédateur se dessina sur ses lèvres pourpres, tandis que ses yeux se délectaient par avance de la veine battant si fort dans sa nuque. Le repas n’était pas encore consumé et consommé qu’elle s’en satisfaisait déjà. Des prémices bien prometteurs pour une suite qui, elle l’espérait, le serait encore davantage. Les paroles qui résonnèrent à ses orillons la firent sourire et la sensation de douces lippes sur sa peau délicate lui confirma ce qu’elle savait déjà. Elle avait en définitive bien fait d’agir comme elle l’avait fait. Pour elle. Pour Lui. Pour eux.

Elle prit une profonde inspiration, amusée de la situation mais ne pouvant pas se résoudre à décliner pareille invitation, aussi muette soit-elle. Il savait ce qu’il encourait et pourtant il se sacrifiait sur l’autel d’une gourmandise sans limites. Libre à lui de s’offrir ce plaisir coupable. A son tour elle referma ses lèvres contre son cou, le soutenant par la taille et la nuque car elle ne savait que trop bien que ses jambes allaient probablement se dérober. Ses crocs acérés percèrent la peau avec une facilité déconcertante, pénétrant la chair avec une douleur poignante mais fugace. L’instant de souffrance s’éclipsa assez vite pour être accompagné par un bonheur intense à nul autre pareil. L’impression pour tous les deux de faire à nouveau partie des vivants, le sentiment ineffable d’avoir à présent accès à quelque chose qui leur était auparavant inaccessible et dont ils n’imaginaient même pas l’existence. Dans cette étreinte mortelle tous deux avaient conscience de chacun de leurs muscles, de chacun de leurs battements de cœur. Belhys pouvait d’ailleurs sentir le rythme de sa victime consentante s'accélérer au fur et à mesure que le sang était goulument aspiré, lui procurant des sensations qu’il devait penser éteintes à jamais en son for intérieur. Lui qui avait ressenti une dépendance inexplicable envers la Veuve Noire venait d’avoir une dose massive d’adrénaline, comme un toxicomane qui double sa dose pour rechercher le réconfort.
Dans ce silence uniquement occupé par les cris des damnés qu’ils avaient occis et les quelques discrets bruits causés par la succion, il semblait planer un parfum vibrant. L’illusion et la réalité s’emmêlaient d’une drôle de façon, ce qui ne rendait pas leur distinction plus facile. Quiconque observait cette scène de l’extérieur aurait juré que la demoiselle était en train de vider le Marionnettiste de son sang afin de mettre fin à ses jours, ce qui n’était que partiellement faux. Si elle n’avait pas l’intention de le tuer, la vérité c’est qu’elle s’était un peu laissée aller à ses pulsions et à sa faim dévorante. Se séparant à regret de ce corps encore chaud à cause leur proximité, elle recula son visage afin de mieux contempler l’expression de sa victime. Avait-il ressenti la même chose ? Elle brûlait de le lui demander mais n’osa pas briser le silence la première.

Un bruit l’empêcha de parler et lui fit alors prendre une décision aussi rapide que sans hésitations. Pour toute réaction aux quelques rochers qui tombèrent, Belhys se redressa légèrement, son corps un je ne sais quoi plus tendu. Ses yeux se levèrent vers le Shadow qui les observait et le transpercèrent, sans pour autant qu’elle en témoigne plus d’émotion. Une goutte de sang coula sur la commissure de ses lèvres, telle une preuve de sa cruauté… Mais là encore elle n’en fut pas troublée. Remerciant la fortune d’avoir disposé Alessio de dos à cette scène, elle profita pour en couvrir la vraie situation autant que possible même si elle ne se faisait pas d’illusions concernant les conséquences de cette irruption. Elle se doutait bien que cela arriverait bien assez tôt de toute façon. Le soutenant pour ne pas qu’il tombe, elle s’adressa à lui par télépathie.

~Prenez tout le temps de vous remettre et surtout ne vous retournez pas. Agissez normalement…~

Il était inutile de lui en dire plus de toute façon étant donnée la quantité de sang qu’elle venait de lui prendre, il devrait se sentir assez patraque pendant quelques minutes. Rien de bien méchant et rien qui mettrait sa deuxième vie en danger. Juste le contre coup de ce qui venait de se passer… Demain il ne lui resterait plus qu’un souvenir lui prouvant qu’il n’avait pas rêvé… Deux charmants petits trous au niveau de la jugulaire. Lui souriant d’un air énigmatique et carnassier à la fois, elle vit le Shadow disparaître dans l’ombre. Elle se jura silencieusement de lui faire payer… Car il n’était pas question qu’un être aussi insignifiant ruine ce pourquoi elle œuvrait avec autant de conviction et d’application.
Se rendant alors compte qu’elle avait donné un ordre à un juge, elle faillit rire de l’ironie de la situation. Que ne lui arriverait-il pas désormais ? Après avoir écopé d’un sortilège d’Aphrodite et de devenir le réceptacle vivant d’une Déesse, tout lui semblait désormais possible… Tout et son contraire. Particulièrement si c’était désagréable pour elle. Ces garces de Parques devaient sûrement rire de là où elles se planquaient. Qu’elles pourrissent donc et se coupent dans leur tapisserie maudite. Elle reparla à voix haute une fois qu’ils furent seuls, et parla sans détours de leur délicate position.

« Un Shadow nous a surpris. Il est possible qu’il rapporte ce qu’il a vu… ou il est possible qu’il se taise. Quoi qu’il en soit cela précipite les choses et cela me forcera à prendre les devants pour empêcher le pire. Dans tous les cas il vaut mieux que vous me laissiez faire si nous voulons vivre assez longtemps pour nous revoir. En attendant… êtes vous déçu ?»

Bien sûr elle en était revenue au plus intéressant, à savoir ce qui venait de se passer…
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Angel Heart
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Lun 21 Mar 2011 - 22:08

Camille était "revenu" aux Enfers, ces pas "le" dirigèrent naturellement vers le lac de sang. Effet de nostalgie sans doute, c'était le lieu le plus important pour "lui", là où il avait passé le plus de temps avec celle qui avait perturbé son esprit, qui l'avait ébranlé de tout son être, celle qui avait ouvert une fissure dans le coeur noir de la spectre de la Bête, celle qui l'avait poussé à partir des Enfers quelques temps. Tout celà appartenait au passé, le spectre du Benhou avait disparu. "Le Sphinx" avait gagné, Séraphyne n'était plu, et pourtant cette victoire avait un gout amer, la défaite aurait peut être mieux valu...
Un sourire cruel vint au lèvre de la jeune femme, sa victoire finalement avait un gout exquis. Revenir en ces lieux l'avaient déstabilisé légèrement mais c'était pour mieux se rendre compte que la Cruauté n'avait été qu'un passe temps, certes dangereux, mais une fois finis, il n'y avait plus lieu d'y revenir. Le musicien était de retour, et il fallait rattraper son absence, une musique ténébreuse allait semer la terreur parmis les vivants. Un bonheur exquis.


Camille arpentait le Lac de Sang en direction de la prison suivante, quand celle-ci aperçu une spectre. La sphinx décida de s'approcher d'elle pour connaître les derniers évènements. De plus près, Camille reconnu Belhys. Elles ne s'étaient que brièvement vu pourtant Camille s'en souvenait assez bien, car la Veuve noir portait apparemment plutôt bien son nom et cela avait attisé une certaine envie de jouer au "harpiste" et comme toute bonne spectresse, le danger était plus que présent, une véritable Succube. Toutefois, l'araignée semblait plus majestueuse que jamais, portant un regard vague en direction du Lac. Etrangement, malgré que Belhys fut aussi resplendissante que jamais, Camille n'avait pas envie de jouer avec elle, du moins pour l'instant, cela ne l'inquiéta pas outre mesure. Désormais à quelques pas de celle qui flirtait avec le Dieu de la Mort en Olympe, Camille s'assit sur un rocher nonchalamment, son surplis ne gênant nullement, ses cheveux était attaché de manière complexe, les empêchant de voguer au gré des vents infernaux.Quelques notes de son instrument convenant au regard de la belle sortirent des cordes.

"Ainsi, il arrive à la Veuve Noire d'être mélancolique. Ou serait-ce le fruit de mon imagination? Toutefois, vous me semblez bien différente de notre rencontre en Olympe."

Camille fixa intensément Belhys, et soudain d'un sourire satisfait montrant que son jugement ne l'avait pas trompé.

"Oui, plus femme et encore plus dangereuse qu'avant, une fleur aussi enivrante que mortelle...Enfin, je doute que vous vous souvenez de moi, je suis Camille, spectre Céleste du Sphinx. Cela fait un moment que je suis parti d'ici, pouvez-vous me renseigner sur les derniers évènements ou dois-je pour cela voir ailleurs, à moins qu'un prix me soit exigé."

Finalement, le danger était une chose que Camille appréciait particulièrement. C'était folie de suggérer un prix pour service rendu à la Veuve Noire. Nul ne pouvait imaginer quelle idée pouvait traverser le cerveau d'une araignée mangeuse d'homme. La vue d'un peu de sang séché sur son visage pouvait montrer à quel genre de jeux se donnait Belhys. L'idée de la voir malade car celle-ci avait bu un peu de sang de femmes pouvait être agréable mais rien ne disait que La Veuve Noire n'appréciait pas le sang féminin et le Sphinx n'avait pas envie que son secret soit révélé car nul doute que celle ci savait faire la différence. En "gentleman, il" tendit un mouchoir d'un blanc immaculé à la jeune femme.

"Tenez, vous avez encore un peu de sang sur votre visage. Votre déjeuné semble frais, au moins je n'aurais pas à jouer la nourriture."
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mar 22 Mar 2011 - 18:29

Les Parques se jouaient d’elle, et à l’heure qu’il est elles devaient être submergées par un fou rire à l’idée des derniers tours qu’elles lui avaient joué. Foutues garces. Belhys avait serré le poing en faisant le point de cette absurde et ironique situation, lorsque finalement elle s’était ravisée. Elle ne devait pas faiblir… Elle ne pouvait pas faiblir. Ce n’était pas une option viable, pour aussi complexe et désespérée que soit sa position. Si la fin devait venir elle la regarderait en face, si jamais elle devait à nouveau choir dans les ténèbres qui avaient failli l’engloutir quelques siècles auparavant, elle ne fuirait pas.
S’étant éloignée du juge du Griffon pour réfléchir à ce qu’elle ferait dans les temps à venir elle s’était laissée aller à contempler l’étendue rougeâtre et bouillonnante qui s’agitait sans cesse… Comme quelqu’un qui contemple la mer pour s’apaiser. Le sang qu’elle avait versé en si grandes quantités avait maculé le sol poussiéreux, mais ruisselait paresseusement vers le lac, comme si il répondait à un appel silencieux et imperceptible pour tout être vivant. Soudain un autre cosmos se montra, et comme par réflexe Belhys se retourna en sa direction. Elle était trop aux aguets pour ignorer une présence qu’elle connaissait à peine en ces lieux. Reconnaissant finalement le spectre de la Bête, elle se contenta de le saluer d’un signe de tête. Il avait un instrument entre les mains, ce qui n’était pas étonnant étant donné son surplis, bien que ce soit la première fois qu’elle le voie avec lui. Elle se rappela alors des circonstances de leur dernière rencontre et fronça légèrement les sourcils. D’une manière ou d’une autre Camille semblait choisir des drôles de moments pour apparaître face à elle. Comme un oiseau de mauvaise augure, bien que la dernière fois il ait seulement vu ce que ses yeux ont voulu voir. Projetant son cosmos vers lui, elle le fit danser autour de lui comme si elle s’imprégnait de son odeur, comme si elle cherchait à faire connaissance d’une manière assez particulière et animale. Alors elle le sentit : Il était vivant lui aussi.

« Nous ne sommes pas très différents des humains vous et moi. Pas dans nos idéaux évidemment, mais dans notre nature. Vous n’êtes pas plus mort que moi. »

Elle avait dit cela comme s’il s’agissait d’une évidence et en vérité elle n’avait même pas pour but de le vexer ou l’injurier. Cela ne lui plaisait pas non plus d’avoir un quelconque point commun avec la race humaine, puisqu’elle les trouvait passablement pitoyables. Ils avaient des ressources dans leur désespoir, et pourtant ils n’étaient pas capables de s’en servir à bon escient. Ils n’étaient que des marionnettes dépourvues de fils qui s’évertuaient à croire qu’ils avaient tous les droits. L’appel de la Terre résonna en elle, encore plus fort et profond maintenant qu’elle et Perséphone n’étaient plus qu’un. Elle entendait la douleur de la planète jusque dans ses entrailles… Comme un requiem sans fin qui ressemblait étrangement à une plainte. Son regard se voila et ses prunelles se mirent à reluire comme deux joyaux. Lorsque Camille continua de parler, elle lui offrit un rictus carnassier. Mieux que rien par les temps qui couraient. Ses crocs acérés et luisants se montrèrent sans qu’elle ne le fasse exprès.

« Je vous remercie de votre flatteuse description… Et pour vous répondre, je me souviens de vous. Je n’aurais pu oublier même si je l’avais voulu. Les Spectres dignes d’intérêt ce font de plus en plus rares, alors je ne peux qu’être satisfaite de rencontrer des autres combattants que je puisse considérer comme mes semblables. »

Elle prit une pause et dévisagea Camille intensément. Il y avait chez lui quelque chose de différent, sans pour autant qu’elle ne sache dire ce dont il s’agissait. Et puis il dégageait une odeur à nulle autre pareille… une senteur capable de lui embrumer les sens déjà fortement engagés sur la pente dangereuse : La peur. Quelque chose l’effrayait et pourtant elle était presque certaine que ce n’était pas vraiment sa personne qu’il craignait. C’était pour le moins étrange, cependant son esprit déjà fortement embrouillé n’était pas vraiment en état de parvenir à des conclusions plus satisfaisantes. La Galicienne répondit donc assez simplement.

« Pour l’instant je ne vois encore rien à vous demander, cependant il est possible que cela vienne tôt ou tard. A vous de voir si vous êtes suffisamment aventurier pour l’accepter ou non. Pour vous répondre je suppose que je suis assez limitée. En effet je sais seulement que les Enfers ont été temporairement désertés car notre Sombre Monarque a continué à étendre à travers le monde les ténèbres qui sont les nôtres. Après avoir déchu son benjamin olympien, il est parti en guerre contre le prétentieux Poséidon, seigneur des océans. Je n’ai pas eu l’occasion de revoir sa majesté depuis, mais je sens son cosmos brûler en notre royaume à nouveau. Par conséquent j’en déduis que tout s’est passé comme prévu. » Elle haussa les épaules, comme si c’était une évidence. « Mais et vous dites moi… qu’avez-vous fait pendant tout ce temps ? »

La Veuve Noire entreprit de l’interroger alors qu’elle baissa pensivement le regard vers le carnage alentours, notamment le corps magnifique et innocent d’une défunte qui gisait là, allongée sur le sol avec un sourire de bonheur sur les lèvres malgré son teint pâle. Elle n’était pas morte depuis longtemps et ses joues en étaient encore aussi rosies que celles d’un vivant. Les traits de Belhys se détendirent quelques peu alors qu’elle la regardait d’une manière possessive et presque protectrice. Si Camille avait vu ce qu’elle lui avait fait il n’aurait probablement pas cet air calme et presque insouciant…
Le voyant tendre un mouchoir immaculé, elle eut un air surpris. Il était rare que personnes qui voyaient d’aussi près le fruit de ses carnages continuent de s’adonner à ce genre de gestes subtils. Elle acquiesça et sourit, avant de finalement prendre le bout de tissu entre ses doigts délicats. Elle ne devait pas avoir une apparence très flatteuse ainsi parée d’une robe sanguinolente et les lèvres barbouillées des restes de son repas. Ne s’étant pas forcément penchée sur ces détails jusque là, néanmoins cela ne semblait pas l’ennuyer plus que ça maintenant. S’essuyant délicatement les joues, elle apprécia la courtoise attention mais ne put s’empêcher de lui retourner la taquinerie d’une voix légèrement rauque.

« Je vous remercie.
En outre aucun repas ne pourra jamais totalement apaiser ma faim. Par conséquent me fréquenter comporte toujours un danger. Un danger plus ou moins grand dépendant de la manière dont l’on me considère et de mon humeur. Toutefois je dois dire que pour quelqu’un qui est conscient du péril, vous semblez bien calme. »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Jeu 24 Mar 2011 - 15:13

A l'approche de Camille, Belhys se retourna assez vivement, la Veuve Noire semblait anxieuses mais à la vue du Sphinx, la jeune femme se ressaisit. Son haussement de sourcil n'échappa pas "au Musicien", apparemment son apparition était suspecte ou du moins, elle tombait mal. La première fois que Belhys avait vu Camille, c'était aux Enfers, mais sous un masque, rien de bien gênant pour l'araignée, peu de chance que la spectre s'en souvienne, toutefois la seconde fois était plus particulière. "Le spectre" se fichait de ce que faisait Belhys pendant son temps libre, et ne cherchait pas vraiment à interpréter ce qu'"il" avait vu. La jeune femme brune avait une apparence des plus délicieuses, et même en cet instant alors qu'elle était toute sanguinolente de son récent repas, l'immense majorité de la gente masculine se aurait été fascinée par cette succube, il n'était donc pas étonnant que le Dieu Thanatos eu des vus sur cette soldate, et dans ce cas, la pauvre n'avait pas vraiment son mot à dire si ce dernier faisait jouer la force. Cette fois-ci, en apparence Camille n'avait pas interrompu quelques choses d'important hormis peut être son moment de solitude. Un troisième spectre était présent dans les parages, invisible à leur regard, peut être cela avait-il un lien, mais cela importait peu la travesti.
Soudain, Belhys entoura de son cosmos Camille qui se laissa faire, ce n'était pas agressif, ni enivrant ou toute chose dangereuse. Le résultat fut assez surprenant pour "le maitre" de Cerbère, sa congénère avait pu déterminer qu'"il" n'était pas mort, qu'avait-elle vu d'autre? Il était trop tard pour s'en inquiéter, ce qui était fait était fait.
Étonnamment, Belhys se souvenait de "lui" et malgré leur courte entrevue, celle-ci l'avait trouvé digne d'intérêt, ce qui ne manqua pas d'amuser "le" harpiste. Son instinct lui permettait de jouer avec ces victimes, celui de la Veuve Noire semblait avoir d'autre fonction. La franchise pouvait avoir de drôle de conséquence, c'était pour cela que Camille en usait régulièrement, la mêlant souvent avec l'ironie et la manipulation. Cette fois-ci, ce n'était que pure vérité, quelque fut la réaction de la belle, elle était forcément intéressante.


"Vivant? Si on appelle la non perte de notre vie comme être vivant, alors nous le sommes. Mais je doute que vous et moi, nous le soyons intérieurement. Quand à mes idéaux, ils ne vont pas très loin, la fin de l'humanité suffira. Bien sur, cela m'inclus moi et tout les spectres et cela passe par la réussite de notre souverain. Je ne connais pas les vôtres, et vos éventuelles espérances néanmoins je ne vous pense pas assez naïve pour penser échapper à votre sort. La mort vous l'attendez sans doute avec envie. Spectre ou pas, cela ne nous offrira aucun avantage lors du jugement dernier. Alors suis-je toujours digne d'intérêt à vos yeux ou suis-je passé à fou?"

Belhys fixa Camille de manière assez insistante, comme si elle cherchait à percer une voile obscure, mais en toute évidence le spectre de la bête n'avait trop rien à craindre si besoin en était. En effet, La veuve noire arrêta assez vite son inspection visuelle, certainement trop préoccuper par autre chose pour se focaliser sur des détails qui n'avait aucun intérêt pour elle.
L'araignée donna les informations que souhaitaient "le Sphinx", ainsi Poseidon avait été chassé de son royaume. Une bonne chose, le Dieu des Océans était un rival pour la conquête de la Terre, et donc un obstacle pour la fin de l'humanité. Et ce n'était pas comme ci, le maîtres des flots étaient mort définitivement, il se réincarnerait plus tard comme tout être à l'essence Divine. L'essentiel était que leur souverain fut revenu sain et sauf, et victorieux. Après que le monde des Cieux fut devenu un lieu neutre, maintenant les Enfers régnaient aussi dans les mers. Tout avançaient dans le meilleur des mondes.
Comme s'y était attendu "le musicien", Belhys "lui" demanda ce qu'il avait fait pendant tout ce temps. La séductrice des femmes n'avait rien à cacher sur ce sujet, et c'était donc en toute franchise qu'elle lui répondit.

"Pour vous rendre service, tout dépendra de votre demande et si je suis enclin à y répondre positivement.
-Une phrase qui ne possédait aucun sous entendu, assez claire dit d'un ton neutre - Ce que j'ai fait? Pour tout vous dire, j'ai rencontré une personne assez particulière avec qui j'ai joué à un jeu assez dangereux. J'ai gagné, mais cela à tout de même mis en branle certaines de mes convictions. Je me suis éloigné des Enfers pour mieux me retrouver. J'ai fait un petit tour au Sanctuaire en tant que civil, mais on ne m'a laissé l'accès uniquement au temple du Bélier, je ne pourrais plus y retourner de cette manière, et je n'ai pas récupéré d'information intéressante. Cependant, il me reste une entrée, pas très sûre, et qui ne me permettra pas de ressortir facilement malgré leur stupidité."

Camille sortit le masque des chevalières, de ce qu'"il" avait pu voir. Elles étaient plutôt nombreuses, et on leur portait aucune attention particulière, toutefois à l'intérieur même du sanctuaire, c'était autre choses mais cela pouvait permettre de servir de messager.
Belhys baissa les yeux en direction d'un cadavre qui lui avait servit de repas. Une jeune femme qui avait été charmante avant de mourir, avec son teint cadavérique, elle conservait un certain charme avec son sourire sur les lèvres. Choses plutôt rare pour une morte, cela devait être un des tours de la spectresse. Ainsi donc, homme et femme pouvait être le jouet de cette pècheresse. D'ailleurs, celle-ci regardait cette chose comme une mère sur son enfant, ou plutôt comme une amante jalouse. Pour le Sphinx, la Veuve Noire était quelqu'un que l'on ne devait pas prendre à la légère, une personne que la Sphinx pouvait respecter, mais il était encore trop tôt pour juger ceci.
Le mouchoir tendu parus surprendre Belhys qui l'accepta tout de même. Ses gestes pour s'essuyer était délicat, une certaine noblesse s'en dégageait, un reste sans doute de son passé.

"Votre appétit est donc sans fin, cela est bon à savoir. Je penserais à vous mettre quelques femmes de côté. Vous les aimez comment? Et pourquoi devrais-je paniquer? Face à un prédateur, c'est souvent la pire des choses à faire, être conscient du danger ne suffit pas, connaître les limites est bien plus utile. Par exemple, si j'approche de ce cadavre d'un peu trop près, je suis quasiment sur de me faire mordre au vue de votre regard hummm protecteur. De plus, comme vous le soulignez, le danger varie de la manière dont on vous voit et dont vous nous voyez. Pour l'instant, je semble avoir un certain crédit. En ce qui vous concerne, il me semble encore trop tôt pour juger de votre valeur, je n'ai pas votre instinct, je juge sur le long terme toutefois mon avis actuel est plutôt positif."

Camille s'approcha de Belhys avec un regard malicieux, la distance les séparant n'était que de quelques centimètres. Impossible de parer une attaque à cette distance, "le Sphinx" pouvait se retrouver vider de son sang en quelques instants, sans trop pouvoir faire grand chose contre ça. Pourtant aucune peur ne se voyait dans ses yeux, au contraire une certaine assurance brillait dedans mais surtout un certain respect. Cela pouvait passer pour de la témérité, mais s'en était pas, camille était sur que la Belle ne lui sauterait pas dessus. Raison ou pas, "le spectre" allait le découvrir. En tout cas, l'odeur de son parfum, ou plutôt de ces parfums étaient très appréciable, et inutile d'imaginer que la plupart n'était pas dangereux, pour un spectre, cela devait être dangereux qu'au bout d'un temps, temps que Camille n'allait atteindre.

"Vous et moi sommes fait du même bois, même si je ne m'intéresse qu'aux femmes et que je ne bois pas le sang de mes victimes. Je ne tomberais pas dans vos filets, voila pourquoi je n'ai rien à craindre de vous. Et vous avez tout mon respect, ce qui veut dire que je ne dépasserait pas la ligne rouge."
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Ven 25 Mar 2011 - 20:53

La façon dont il lui répondit fut sans équivoques. Non seulement il était conscient que leur nature bien que « vivante » ne charriait pas énormément de vie à proprement parler, et de plus il lui confiait sur un plateau d’argent ses idéaux. C’était une chose rare, et ça l’était encore plus si l’on prenait en compte le fait que ces derniers soient aussi intéressants à ses yeux. En fait à quelques détails près et le fatalisme en moins, sa manière de voir les choses se rapprochait assez de la sienne et de celle de Belgarath. Amusant et assez rare pour être remarqué, ce qui toutefois n’était pas une mauvaise chose, au contraire. Pour une fois que quelqu’un comprenait leur besoin de ramener l’humanité à néant, elle se réjouissait intérieurement de rencontrer quelqu’un comme eux. Un peu comme un spécialiste qui sent qu’il pourra enfin parler boutique.

« Oh, bien sûr ne pas être mort ne veut paradoxalement pas dire que l’on vit encore. Lorsque l’on a vu trop de choses pour garder ses illusions cela devient impossible de garder cet espoir et cette obstination stupide que seuls les humains peuvent garder. On est finalement prisonniers d’un état entre-deux qui n’est pas forcément plus ragaillardissant que celui de quelqu’un qui a vraiment rendu l’âme. Et puis si vous êtes fou parce que vous désirez la fin de ce cycle vicieux et destructeur que les humains ont causé, je suppose que je le suis tout autant que vous. Je ne désire rien de plus que leur fin, leur disparition accompagnée du châtiment qui leur incombe pour ce qu’ils ont fait pendant tout ce temps, en toute impunité. Il est temps que cela change. »

Il est vrai que la subtilité dans les pensées de Camille qui consistait à programmer voir désirer leur mort suite à la destruction de la race humaine ne lui avait pas échappée, toutefois elle se gardait bien d’en émettre un jugement. Bien qu’elle n’ait jamais envisagé les choses sous cet angle en fait son interlocuteur avait peut être raison. L’équité et la Justice se devaient d’être poussées jusqu’à l’extrême, car se sauvegarder après ce qu’ils avaient engendré serait une forme de lâcheté. Et puis après tout ne s’était-elle pas donné la mort après avoir commis un régicide de son vivant ? Oui, le moins qu’on puisse dire c’est que Belhys avait une idée claire de ce qu’impliquait respecter ses propres convictions par-dessus tout, même si cela impliquait le sacrifice. Pourtant quelque part au fond d’elle elle ne voulait pas mourir pour de bon. Elle ne voulait pas, ou plus, ressentir les peines qui l’attendaient pour l’éternité. Ses choix passés avaient des conséquences, mais ce n’était pas parce qu’elle en était consciente qu’elle trépignait d’impatience à l’idée de les subir.
Par ailleurs les paroles de Camille semblaient presque faire écho à ses propres réflexions secrètes, à ses propres questionnements profonds. Peut être ne parlaient-ils pas vraiment de la même chose, mais le fait est que leurs manières de le vivre se ressemblaient étrangement. Trop pour que cela soit une coïncidence. Etant envahie momentanément par des souvenirs d’Hadès et elle parcourant l’Olympe, elle ferma les yeux. La jeune femme refusait de lui faire voir sa douleur, d’une part parce que cela ne le regardait en rien, et d’autre part parce qu’elle n’était pas du genre à montrer ses faiblesses. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, il n’y avait pas de pitié dans son regard, mais tout de même quelque chose de fort… Quelque chose comme de l’empathie. Elle savait ce dont il parlait… Elle savait ce qu’étaient ces jeux dangereux où l’on y gagnait autant que l’on y perdait. Son ton sonna légèrement approbateur, elle appréciait l’initiative de la Bête.

« Ainsi vous vous amusez d’eux juste sous leur nez. Cela doit être très enrichissant et aider à passer le temps. Je vous envie… je ne pense pas que j’aurais la patience nécessaire à supporter leurs petits jeux bien longtemps. Ils sont si lamentables que même jouer avec eux perd très vite de son intérêt. Ils ne résistent pas assez pour servir ne fusse que d’amuse-gueule. »

Oh oui elle parlait en connaissance de cause. Elle se souvenait encore de l’accueil qu’elle avait du réserver à la prêtresse d’Athéna ainsi qu’au gold saint de la Balance dont elle ne se souvenait presque plus du nom tellement il lui avait fait peu d’impression. A vrai dire il était plutôt difficile de prendre au sérieux un chevalier qui n’était même pas foutu de protéger sa prêtresse… l’abandonnant en terres infernales sans escorte. Quand bien même il n’avait pas été dans ses intentions de leur nuire physiquement, cela était impardonnable. Et elle espérait que les athéniens auraient au moins la décence de lui faire payer. Cependant quelque chose lui disait qu’ils n’en feraient rien. Leur discipline était bien trop laxiste pour qu’ils prennent des mesures qui étaient pourtant nécessaires. Jamais de la vie une scène pareille ne se serait déroulée parmi les rangs infernaux, ne fusse que parce que le coupable d’une telle bévue l’aurait certainement payé de sa vie. Ou peut être que le tribut serait encore pire… ce qui n’était que Justice.

« Concernant ma demande, je me garderai d’en faire une pour l’instant. Je n’ai jamais aimé faire les choses pour la forme, et puis je préfère largement lorsque mes semblables obtempèrent. Je garde la brusquerie pour ceux qui n’ont aucune grâce à mes yeux, j’espère que vous n’y voyez pas d’inconvénients. »

La Veuve Noire souriait sincèrement, ce qui donnait à ses traits un air presque angélique. Pour le moins troublant puisque ses mains étaient encore souillées d’un sang qui n’était pas le sien. Elle semblait vaguement amusée par les insinuations dans le détour de sa voix, probablement parce que ce n’était ni totalement la vérité, ni totalement une erreur. Belhys avait toujours été un être subtil et doté de nombreux mystères… Nombreux étaient ceux qui avaient tenté de les percer à jour et pourtant personne n’y était vraiment parvenu. L’ombre du défi dans les paroles du spectre la fit sourire à nouveau. Elle se sentait plus calme à présent, sans pour autant réussir à savoir si c’était du à cette conversation, au massacre, au repas, ou à tout cela à la fois. Elle arrivait désormais à tarir la source de sa révolte pour la concentrer un en point donné, ce qui à défaut de mieux lui donnerait plus de temps pour gérer la situation actuelle. C’était mieux que rien.

« Oui en effet, mais ce n’est probablement pas pour les raisons que vous croyez. Dans quelques heures cette demoiselle se relèvera, s’arrachant à la mort dans laquelle elle n’avait pas encore totalement sombré. Elle sera figée dans un état d’entre deux, comme nous le sommes tous deux. Je lui ai offert une nouvelle existence… Ce sera à elle de déterminer ce qu’elle en fera. Notre seigneur Hadès sera peut être en colère contre moi mais qu’importe. Je ne peux pas le fuir, pas plus que je ne peux échapper à ce qui m’attend. » Il y avait une certaine tristesse amère dans sa voix. « Vous avez raison de me tenir tête tout en sachant les risques encourus. J’approuve cette façon de faire. Peu ont assez d’audace pour ne pas ramper tout en ayant assez de jugeote pour ne pas me sous-estimer. »

Belhys lui voua une révérence aussi élégante que théâtrale avec un sourire qui lui était sincère. Elle n’irait pas jusqu’à lui faire confiance, cependant elle reconnaissait un égal lorsqu’elle en voyait un. Camille était suffisamment intelligent pour faire un bon interlocuteur, quand bien même elle pourrait l’écraser en termes de pure puissance. Il semblait si frêle malgré son cosmos intense qu’il serait terriblement facile de le broyer sous son poids. S’imaginant pendant un instant en train de drainer ce qu’il restait de sa vie grâce à ses crocs acérés, elle enfonça les ongles dans sa propre paume afin de chasser cette idée. La faim était comme une immense boule de neige qui ne faisait que grossir une fois qu’elle dévalait la pente. Une fois qu’elle y cédait il était encore plus difficile de retenir ses instincts primitifs. Ses ongles meurtrirent sa chair et rouvrirent les plaies de sa main déjà blessée. Le carcan de soie que lui avait créé le Griffon se teinta de rouge sans pour autant se défaire. L’odeur de sang frais remplit l’air de sa douceur métallique, lui enivrant à nouveau les sens.
Soutenant le regard de Camille lorsqu’il s’approcha, elle ne paraissait pas particulièrement stressée par sa présence. Si il voulait jouer avec le feu c’était son droit… mais qu’il ne vienne pas se plaindre des résultats potentiels, il ne les connaissait que trop bien. Pourtant ses mots, en partie justes lui arrachèrent un autre rictus plein d’espièglerie cette fois. Etait-il si sûr qu’il ne tomberait pas dans ses filets ? Quelle arrogance. S’en était presque une manière de la défier ouvertement, ce qui témoignait de son inconscience. Elle avait déjà décidé de mener à leur perte de nombreux hommes - et femmes - pour moins bien que ça. Sa désinvolture concernant son destin n’était pas un élément dissuasif, au contraire. Mais peut être voulait-il se donner la mort qu’il souhaitait à tout le genre humain… Passant le bout de ses doigts valides sur quelques mèches claires de ses cheveux, elle parla calmement, mais ne pouvant ni ne voulant dissimuler la faim dévorante qui lui tordait les entrailles.

« Tant d’assurance me rendrait presque encline à vous montrer ô combien vous avez tort. Je suppose que vous le savez, tout comme je le sais. Pourtant vous flirtez avec cette même ligne rouge sur laquelle vous dansez allègrement. Avez-vous donc envie que ce soit moi qui la franchisse ? »
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MessageSujet: post à déplacer   Lun 4 Avr 2011 - 23:07

* 5°prison*

Je marchai depuis un moment déjà quand je réalise une chose. Au fait, comment j'en suis arrivé à ce que Belgarath fasse de moi son messagé, alors que juste avant il a dit qu'il n'avait pas d'ordres à me donner. Je m'arrête, mais pourquoi je suis en train de lui servir d'émissaire. En plus il n'y a rien à gagner en échange. J'ai du chocolat en échange de mon silence, pas de ce message, je doute que ce message serve les objectifs du Seigneur Hadès, alors quel intérêt????
Pourquoi je me casserai la tête à trouvé quelqu'un que je ne connais pas alors que je ne sais même pas où je suis.

Ma vision se trouble, en plus j'ai faim, le combat contre Kyrian m'as pris pas mal de mes forces, je suis à plat, j'ai faim. Ah! à l'origine on avait arrêter le combat pour manger. Maudit truc, il nous a interrompue au mauvais moment, il serait arrivé quelques minutes plus tard, on serrai en train de manger ce délicieux chocolats …...ou..... alors peut être qu'on subirait encore la colère de Belgarath parce-qu'on lui aurait demandé à manger,... c'est impossible de prévoir ses réactions. Un soupir, ça m'avance pas beaucoup dans ma situation actuelle.

Bon, ça me coûte rien non plus de laisser un message, si ça permet de refaire apparaître le ''Maître'' au lieu de sa colère, c'est pas plus mal. C'est décidé, en cherchant à manger si je croise par hasard Belhys, je lui transmet le message. Je reprends alors la route.

De loin je vois un lac, je m'en approche jusqu'au bord pour constaté qu'il s'agissait d'un lac de sang. Je m'accroupis prêt du lac, en regardant cette jolie couleur rouge sang qui me fascine par bien des façons. Mais vu mon état, pour le moment là seule chose à laquelle je pense en voyant ce rouge, c'est à un coulis de framboise . Tellement fasciné par cette couleur que je n'avais pas prêté attention aux hurlements des damnés. C'est lorsque l'un deux rentre dans mon champs de vision et gâche mon repas intérieur de coulis de framboise que je prête attention à ses déchets. Esclave de leur impuissance, incapable de se relever de leur propre force. Il m'énerve.

Sans l'ombre d'une hésitation je lui décapite la tête avec mes griffes, ces choses inutiles, faibles, je me ferait un plaisirs de les décapiter tous. Mais le problème c'est que ça ne ferait que réveiller ma faim. Je soupir. Et ferme les yeux quelques instants, j'essaye d'oublier cette douleur dû aux brûlure de Kyrian qui ne se sont pas encore atténuer. Mais, en arrivant à mettre de côtés les piques de douleurs, je ressent un fort cosmos que je ne connais pas, je rouvre les yeux pour constater que de l'autre côtés du lac il y a deux personnes qui ont un sacré cosmos. C''est une chance de pouvoir savoir où je suis.

Je prend donc leur direction, je marche pas trop vite, je sais qu'il ont du me repérer, comme ça s'ils avaient une conversation privée, ils ont largement le temps de la finir, et surtout ça me permet de récupérer un peu de cosmos. L'avantage c'est que leur présence, par instinct, m'ont fait oublier la douleur, pour laisser place à des muscles prêt à réagir au moindre danger mortel.

Au final j'arrive prêt d'eux, je reste quand même à une bonne distance. Il y avait d'abord un spectre qui portait un instrument que je n'avais jamais vue. Puis l'autre présence ce trouve être une femme, une très belle femme. Mais quelque chose me dit qu'elle est aussi dangereuse qu'elle est belle. Les tâches de sang que je peux voir sur elle me le confirme.

Je m'arrête et m'apprête à parler quand je repense à la manière dont tous le monde c'est énervé la dernière fois que j'ai adressé la parole au Seigneur Hadès, je sais! il faut commencer par:
- Bonjour
Cette fois ci je l'ai pas oublié
- Est ce que par hasard vous savez où on est et ou est ce que j'atterris si je continu par là, en montrant une direction sur ma droite.

J'espère avoir été suffisamment respectueuse, j'ai trop faim pour entamer un autre combat, en parlent de manger, je regarde la femme tâché de sang puis les cadavres à ses pieds, je lui demande alors d'un ton enjoué :

- Vous avez goûté, alors! Est ce qu'ils avaient un goût de framboise, ou de fraise, ou peut être cassis, ou alors fruits rouge, étaient-ils bons, je me suis dit que si c'était de la framboise ce serait meilleur accompagné de gâteau aux chocolats, je comptais revenir avec plus tard. Pensez vous aussi qu'un coulis de framboise sur un gâteau au chocolat ce serait bon????

A ce moment je réalise que mon enthousiaste m'a fait oublié que je n'était pas censé parlé de nourriture. J'ai pas tenue longtemps. J'espère qu'elle n'est pas comme Belgarath.....
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Angel Heart
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Jeu 7 Avr 2011 - 0:32

Belhys semblait agréablement surpris par les paroles de Camille, cette dernière n'en fut pas moins aussi quand la Veuve Noire avoua à son tour qu'elle partageait les mêmes convictions. Bien que la disparition des spectres aussi n'étaient pas dans ces mots, cela n'était qu'un détail en fin de compte et nul ne pouvait dire ce que les destins allaient leur réservés hormis les Parques bien sur. Peut être que la dévoreuse d'hommes n'avait plus autant envie de mourir qu'auparavant si elle l'avait souhaité un jour, ce n'était que pure spéculation "du Sphinx" et ne l'intéressait guère. Après tout, cette Spectresse tendait à confirmer toute les promesses d'excellente guerrière du sombre Monarque, et cela était une chose bien plus importante et faisait d'elle une alliée éventuelle et une personne avec qui jouer était dangereux.

"Je ne m'étais pas trompé en vous disant tout cela, bien qu'agréablement surpris tout de même de trouver quelqu'un qui partage au moins l'essentiel de mes idéaux. Car je dois vous avouez l'immense majorité des spectres dont j'ai fait la rencontre ne m'ont laissé guère une bonne impression, et cela inclus un de nos chères juges..."


Camille ne fit aucune remarque quand Belhys ferma les yeux, il était évident qu'elle cherchait à "lui" cacher certaines choses; certainement personnelles; en intériorisant ces émotions. Cela pouvait être intéressant à sonder mais tendait vers une direction que ne souhaitait "le Spectre", découvrir plus en détail pouvait lui donner une mauvaise image, et lui coupait un certain attrait du jeu que "Le Sphinx" souhaitait. Découvrir un point faible de cette manière n'était pas amusant alors que continuer à longer la frontière sans jamais la dépasser était bien plus agréable. Avec l'avantage de conserver un respect mutuel.

"Enrichissant? Passer le temps? Oh non, ce ne l'était pas. Comme vous le dites, ils sont des plus ennuyants, l'hypocrisie est le maître mots la bas. Tous de bonnes âmes devant, mais derrière c'est une autre chanson, enfin je ne compte pas les naïfs et crédules qui sont en nombres la bas, je me demande s'il n'y a pas un démarcheur du Grand Pope qui va dans les villages chercher les idiots."

Passez du bon temps au sanctuaire voila une idée qui pouvait être intéressante mais seulement sous certaines conditions, comme tuer les chevaliers d'Athéna, mais ce qu'avait fait Camille était d'un ennui mortel. Si elle n'avait pas eu ce besoin de s'éloigner des Enfers à cause de Séraphyne, "le musicien" n'y serait pas allé sauf pour une mission officielle ce qui n'était pas le cas. Ce n'était pas cet endroit qui lui avait permis de se retrouver, ce n'était qu'une perte de temps mais c'était à tenter, des informations pouvaient toujours tomber sans que l'on s'y attende. Cette Irène avait fait exprès de lui laisser accès au temple que Camille ne voulait pas visiter. La Bête l'aurait bien tué pour cela, mais c'était le Chevalier d'Or du Lion donc un ennemi un poil trop puissant pour l'instant, "le spectre" n'avait pas l'arrogance que de nombreux spectres possédaient, se croyant plus puissant que tous. Certains de bas rangs se pensaient supérieur à l'élite Athénienne...finalement un démarcheur d'idiots de villages devait aussi se trouver en Enfers au grand regrets de Camille qui souffla à cette idée.

"Il n'y a aucun soucis. Je n'ai jamais dit que c'était maintenant ni que j'allais obtempérer. Mais je vous l'accorde, l'utilisation de la force n'est pas des plus glorieuses bien que canaliser comme il faut, elle a ces avantages mais rare sont les humains qui en font bon usage."

Belhys sourit, ce qui faisait un drôle de mélange entre son visage radieux et le sang qui la recouvrait. Une image que de nombreux peintre voudrait mettre sur toile mais malheureusement pour eux, le prix pour reproduire cette oeuvre parmis les oeuvres était très élevé mais nul doute que cette peinture aurait fait la représentation parfaite de Lilith. D'ailleurs, "le Sphinx" pensa que ces deux femmes devaient avoir de nombreux points communs, et pas les plus insignifiants ce qui était un compliment.
Les explications de la Veuve Noire sur le cadavre donnait lieux à quelques révélations, la première était que Camille s'était légèrement trompé sur ce qu'était Belhys, plutôt qu'une Succube, c'était une vampire puisqu'elle avait le pouvoir de transformer un être et de la ramener à la vie. Bien que l'Araignée fut vivante enfin d'après ces dires mais il n'y avait pas de raison de mentir, cela ne lui avait pas plus amener de sympathie. L'autre révélation avait bien plus d'importance, la Spectresse était liée d'une manière ou d'une autre à leur seigneur et maître, tous l'était mais pas au point d'avoir l'attention de Hadès. Une attention qui semblait l'accabler, comme si cette humaine avait un destin auquel elle voulait se soustraire, au point que celle ci laissa ces paroles lui échappés. "Le musicien" repensa au moment où Belhys ferma les yeux, une relation avec le tout puissant Hadès? Par respect, Camille laissa ces paroles mais ne put s'empêcher de froncer les sourcils quand la vampire mentionna le faite qu'elle ne pouvait pas s'échapper, montrant que ces mots ne lui avaient pas échappé.

"Je vois, vous êtes une vampire donc, vous la regardez non pas comme une amante mais comme une mère et une maîtresse, elle vous appartient."
-ces derniers mots furent prononcés comme une évidences- "Vous sous-estimer s'est être aveuglé, que se soit par sa bêtise ou par son arrogance. Votre apparence montre une femme forte, vous avez un charisme qui ne laisse aucun doute sur ce sujet. Mais cela ne suffit pas, vous avez quelques choses de spécial..." - la fin fut dite avec un amusement un peu provocateur

Belhys fit une révérence des plus théâtral, un geste plein de sensualité et de grâce mais exagéré. Camille prit le geste comme si La Veuve Noire "le" félicitait de lui tenir tête sans pour autant avoir la naïveté de ne pas voir le danger plus que présent. Et ce n'était pas le faite que l'Araignée planta ces ongles sur sa paume allait lui dire le contraire. Cette résistance devait attiser une faim qui se voulait éternel. L'odeur devait enivrer ces sens mais cela n'empêcha pas Camille d'approcher. Se fixant du regard l'un et l'autre, se défiant en quelques sortes, se respectant aussi. Les paroles de la musicienne amusa encore la belle qui passa sa main valide dans les cheveux "du spectre" mais la réponse donna lieu à un sourire plein de malice cette fois ci de Camille.

"Je le sais parfaitement que je joue avec une ligne très fine, mais cela m'amuse et je suis sur que c'est aussi votre cas. Toutefois, vous ne la franchirez pas pour deux raisons. Vos propres mots: "Je garde la brusquerie pour ceux qui n’ont aucune grâce à mes yeux", cela sonnerait comme une défaite pour vous. La deuxième raison est que cela ne m'apporterait rien. Vous avez été aveuglée par les miens, j'ai bien dit que je souhaitait mourir après la victoire de notre seigneur et maître mais cela n'est pas le cas encore et en tant que spectre, je renaitrais encore et encore , donc je n'irais pas à vous provoquer pour cela car c'est une perte de temps comme pour l'un comme pour l'autre. Si je dois succomber sous vos crocs que cela soit dû à ma chute dans vos filets."

Camille pris la main ensanglanté et l'examina, un carcan de soie avait été posé avec du cosmos.
"Cela tiendra mais vous devriez tout de même le changer assez rapidement, vous avez réouvert la plaie."


Un cosmos se fit sentir se dirigeant vers eux. Il n'était pas agressif mais la personne ne cherchait pas à se cacher. Au moins, cela laissait le temps à Camille et à Bélhys de prendre de la distance, ce qui n'était pas plus mal. Le Sphinx haussa les épaules et s'écarta de la jeune femme tranquillement.

"Le jeu est pour l'instant finis apparemment...à moins que cette personne nous permette de continuer, nous verrons bien."

Quand Krissou se présenta à eux, Camille ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Celle ci était une calamité ambulante, elle était perdu ce qui pour un spectre était impardonnable. Son enthousiasme sur la nourriture était affligeant de naïveté, autant celle de Belhys était dangereuse et dans un certain sens magnifique autant que celle de la nouvelle était infantile. Une ignorance totale doublé d'une simplicité incroyable. "Le spectre" se demanda même comment elle avait pu apprendre à parler tant sa bêtise semblait sans fin. Camille regarda dans un premier temps la Vampire avec un regard désabusé.

"J'en était sure, on a un démarcheur d'idiot nous aussi." -Le ton était affligé puis "il regarda Krissou- "Si tu vas à droite, tu te dirigeras vers ta propre mort, il parait que cela à bon gout. Tu veux essayer? Sinon, comme tu peux le voir à la couleur de ce lac, on est au Lac de Sang."

Camille n'éprouvait aucun respect pour Krissou, alors que "le Spectre de la Bête" vouvoyait Belhys, il tutoyait Krissou sans le moindre respect. L'ironie dans ces paroles étaient presque palpable, au moins le musicien prit la peine de lui donner les réponses sur le lieu et d'une certaine manière sur la direction. Ce n'était pas un mensonge bien que dit d'une manière moqueuse, la direction donnée par Krissou était des plus dangereuses, de par sa naïveté, elle se serait sans doute retrouver dans une posture délicate. Finalement "Le Sphinx" regretta d'avoir répondu même si c'était un spectre. Dans un geste désinvolte, "il" lança une pomme en l'air vers Krissou comme on le fait avec un os pour un chien, exactement ce que pensait Camille de Krissou: une gentille petite chienne qui réclamait un nonosse à ronger.

"Tiens, je m'étais mis de côté cette pomme, mais rien que de t'entendre parler de nourriture, je n'ai plus faim. Mange cinq fruits et légumes par jour pour ta santé."
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Dim 17 Avr 2011 - 4:51

[HRP: Désolé pour le post de m**** les enfants, mais j'arrive pas à faire mieux ce coup-ci.]


« Un seul de nos juges? Je vous sens d'humeur généreuse aujourd'hui. »

Ces paroles étaient en fait à peine ironiques, car elle n'était pas sans savoir que les juges en place n'étaient pas des exemples à bien des égards. En fait Belhys était terriblement bien placée pour le savoir. Kazuki était toujours tiraillé par l'appel incessant du pouvoir, Rhadamante était aux abonnés absents alors qu'on avait besoin de lui et Alessio... Alessio était lui aussi un cas particulier à sa façon. Et Camille devait certainement le savoir, en tout cas concernant les deux premiers. Il était parmi l'un des vétérans, bien qu'il ne leur ait pas été donné de se croiser bien souvent. En vérité les spectres avec un minimum d'expérience comprenaient rapidement ce qu'il y avait à savoir, notamment parce qu'ils savaient que leurs places ne leur étaient jamais totalement garanties à moins qu'ils soient plus forts que leurs semblables. C'était en partie ce qui justifiait la force et la ténacité des armées infernales, et une énième raison pour laquelle ils ne pourraient jamais perdre face aux chevaliers d'Athéna.
Rouvrant les yeux comme pour s'arracher au maelström de pensées dans lequel elle risquait de s'engouffrer, la demoiselle dévisagea Camille une fois de plus, comme si elle le voyait sous un nouveau jour. En fait elle était admirative devant les initiatives qu'il avait pris pour surveiller les saints, notamment parce que cela devait exiger une patience infinie qu'elle même savait ne pas posséder. Qu'un spectre parvienne à ignorer les pulsions meurtrières naturelles que les athéniens lui suscitaient, cela forçait l'admiration! Un petit rire complice s'échappa d'entre ses lèvres comme un torrent bref et cristallin. Il y avait bien peu de choses capables de la faire sourire malgré ce qui la rongeait, mais dire quelques tristes vérités sur leurs ennemis en faisait partie qu'elle le veuille ou non.

« Oh ça ne m'étonnerait pas qu'il passe son temps à faire ça, effectivement. Après tout si les golds sont assez stupides pour laisser leur prêtresse à l'abandon en territoire hostile, il n'y a plus grand chose d'étonnant... »

Oh oui elle n'avait pas oublié la manière dont Dohko avait laissé la prêtresse Raphy sans défense et sans protection, pas plus qu'elle n'avait oublié l'expression profondément troublée qu'il avait après qu'elle lui ait rappelé qui elle était. Enfin elle... Perséphone plutôt. Mais n'était-ce pas la même chose à l'heure actuelle? Qu'importe... Car un bon nombre de choses étaient encore à faire si elle voulait avancer ses pions sur l'échiquier. Il n'était pas question d'accepter de rendre les armes sans combattre. Belhys ne l'avait jamais fait et ne compter pas commencer maintenant ! En outre les paroles assez aventurières du Spectre de la Bête étaient amusantes. Cela faisait bien longtemps que la Galicienne n'avait pas été qualifiée de tels sobriquets. Vampire, elle? Pas le moins du monde, du moins pas dans le sens habituel du terme. C'était fou à quel point certaines habitudes avaient perduré par delà les âges en ignorant les différentes croyances qui avaient vu le jour. Belhys haussa les épaules en guise de toute réponse. Il était libre de penser ce qui lui chantait.
Néanmoins malgré le cliché de la dénomination qu'il avait utilisée, Camille semblait comprendre plutôt bien ce que pouvait représenter le lien qu'elle venait de tisser. Assez en tout cas pour comprendre que s'interposer entre elles était le meilleur moyen de connaître enfin cette mort qu'il s'était efforcé de repousser jusque là. Il était plutôt avisé pour un spectre qui évitait de se mettre en avant, et de plus il utilisait des mots bien choisis, loin de se vouloir simplement flatteur. Un bon point de plus pour lui, étant donné que contrairement à beaucoup de ses semblables, elle n'avait aucun problème avec un égo sur-dimensionné. Heureusement que pour elle c'était différent, car certains n'étaient plus très surs de passer les hautes portes de la Guidecca...

« Voilà des paroles bien enchanteresses, bon monsieur. Vous êtes pas mal dans votre genre vous aussi. Probablement la bestialité dans laquelle nous nous retrouvons. »

C'était dur de définir au juste ce qui pouvait rassembler deux êtres comme Camille et Belhys, mais elle se plaisait à croire que leur subtilité, leur capacité à manipuler leurs semblables même dans l'ombre tout comme leur nature reliée aux instincts primitifs. Et puis ce petit jeu permanent, ce léger flirt entre défi et danger était des plus divertissants. Le Spectre de la Bête serait-il surpris lorsqu'il se rendrait compte que celle qu'il avait touchée de si près était aussi l'incarnation de la Déesse Perséphone? Peut être, ou peut être pas. Il était probablement encore plus perspicace et futé qu'il n'en avait l'air. Leur proximité ne faisait que le lui confirmer si doutes il y avait, et de fait plus elle côtoyait le musicien, plus elle était intriguée par qui il était vraiment, au delà de ce qu'il voulait bien montrer.
Ses cheveux étaient doux comme de la soie argentée, d'une couleur assez insolite pour attirer son attention. Il y avait de nombreux énergumènes aux Enfers, mais aucun d'entre eux ne lui ressemblait. Il avait un charme androgyne sans pour autant être qualifiable d'efféminé, une délicatesse fragile sans pour autant être caricaturale. C'était aussi agréable pour les yeux que pour le reste, ce qui n'était pas rien. D'un autre côté il avait aussi cette espèce d'assurance le faisant croire qu'elle ne lèverait pas le petit doigt sur lui. Une première erreur... Car si elle n'en avait pas envie en ce moment, il n'était aucunement garanti que cela durerait longtemps. Lorsqu'il prit sa main elle ne frémit pas pas plus qu'elle ne grimaça malgré la douleur. Les liens de soie n'étaient pas vraiment faits pour panser les plaies, ce qui au final n'avait pas vraiment d'importance. C'était le geste qui avait importé, et cela seul comptait à ses yeux. Peu inquiète aux paroles du harpiste tout comme par ses conseils avisés, elle sourit avec indifférence.

« Les plaies du corps ne sont rien en comparaison des plaies de l'esprit. Celles que même le cosmos ne guérit pas. »

Ses paroles avaient été involontairement mystérieuses, et on pourrait dire sans se tromper que suite à la pleine expression de sa colère, une sorte de tristesse résignée s'était emparée de la demoiselle. Anticipait-elle déjà la punition qui serait la sienne pour avoir bafoué toutes les règles que Perséphone avait essayé de lui imposer? Si elle devait payer, elle ne se déroberait pas. Néanmoins une résolution farouche l'empêcherait d'ébaucher ne fusse que l'ombre d'un regret, l'impression fugace de la culpabilité. La mélancolie regagnait du terrain plus sauvagement et rapidement qu'un feu dévorait une végétation in-touchée, et l'arrivée d'une autre spectre n'aida pas à ce qu'elle trouve enfin la paix. Le cosmos qu'elle avait senti lui était inconnu, ce qui lui certifia qu'elle n'avait jamais rencontré cette jeune femme auparavant. Pourtant quelques mots suffirent pour lui faire comprendre que le pêché de gourmandise devenait étrangement à la mode parmi les nouvelles recrues. L'espace d'un instant elle se prit à espérer que jamais Kyrian ne prenne cette mauvaise habitude...

Combattant cette sensation persistante, Belhys sourit au commentaire de Camille qui avait par ailleurs pris ses distances. Il n'avait pas tort sur un point: les nouveaux arrivants aux Enfers étaient d'une nature improbable et parfois même totalement loufoque. Entre Rico et ses enfantillages, Théandras et son caractère naïf, et maintenant cette lubie pour la nourriture de la part de cette spectre dont ils ignoraient jusqu'au nom. C'est donc paradoxalement avec une infinie patience que la Veuve Noire s'adressa à l'inconnue, avec une voix neutre mais ferme. Elle ne pèterait pas les plombs d'entrée de jeu, mais il ne lui faudrait pas grand chose...

« Quel est ton nom, jeune spectre du Lycaon? Je m'appelle Belhys, spectre la Veuve Noire de l'étoile céleste du Poison. »

Belhys avait évidemment reconnu ce surplis, qui avait été laissé de côté pendant de nombreuses années. Le dernier porteur semblait vraiment très loin... assez pour qu'elle ne se remémore pas son visage. Et puis si d'un côté cela lui faisait plaisir de trouver de nouveaux visages, de l'autre elle ne pouvait s'empêcher d'être sceptique quand aux choix du Sombre Monarque, quand bien même tout cela n'était pas (encore) de son ressort. Et puis Camille semblait avoir décidé de guider Krissou malgré son exaspération, ce qui à vrai dire arrangeait plutôt bien l'Empoisonneuse. Il valait mieux ne pas perdre de temps à donner des explications qui seraient probablement ignorées tant qu'elle n'aurait aucune nourriture à offrir à cette fille. Elle se contenta donc d'acquiescer pour confirmer les dires de son compagnon tandis qu'elle se défaisait du carcan de soie qui enveloppait sa main. Lorsqu'elle défit finalement l'amas de fils, ses derniers disparurent en une vapeur de cosmos qui la fit sourire malgré elle. Son ironie et ses moqueries bien méritées étaient plus mélodieuses à ses oreilles que n'importe laquelle de ses mélodies.

« Personnellement j'apprécie le goût du sang autant que n'importe quelle friandise, cependant je doute très fort que mon cas soit une généralité. En fait j'ai des goûts plutôt exotiques... Quoi qu'il en soit rien ne t'empêche d'essayer de boire ce sang si c'est ce que tu veux. Mais je te le déconseille, ce n'est que du sang des damnés et cela ne vaut pas grand chose en termes de saveur. »

L'Assassine haussa à nouveau les épaules comme si cela était une évidence. S'en était une à ses yeux après tout. En outre de nombreux autres soucis passaient bien avant les éventuelles interrogations gastronomiques de Krissou. De nombreux événements risquaient de précipiter ses plans en changeant le cours de son existence de façon irrémédiable, et on ne pouvait pas dire que la perspective de perdre le contrôle l'enchantait. Entre ses retrouvailles avec Macaria, sa complicité naissante avec Alessio et la confrontation imminente avec Hadès, il y avait de quoi en perdre la tête! Oh et il lui faudrait également s'assurer que Kyrian et l'autre abruti de Belgarath s'en étaient tirés de la guerre sainte. Décidée à en savoir plus et à gagner du temps pour des choses plus urgentes, elle interrogea le Lycaon.

« N'aurais tu pas rencontré le Phoenix Noir par hasard? C'est un petit gamin d'à peu près ton âge physiquement, qui fait toujours des bêtises et s'attire sans cesse des ennuis... Il s'appelle Kyrian. »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 20 Avr 2011 - 22:19

Le premier à répondre fut le spectre avec un drôle d'instrument:
_ "Si tu vas à droite, tu te dirigeras vers ta propre mort, il parait que cela à bon gout. Tu veux essayer? Sinon, comme tu peux le voir à la couleur de ce lac, on est au Lac de Sang.
Ben zut alors, moi qui voulait aller à droite, mais je tiens pas à jouer avec le feu, surtout que je l'ai vu, ou plutôt sentit, d'assez près récemment, suffisamment à mon goût.
En tout cas maintenant je sais où je suis, le lac du sang, au moins c'est facile à se souvenir. Puis il enchaîne en me lançant une pomme en disant qu'il faut manger cinq fruits et légumes par jour. Je la rattrape, puis avec un haussement d'épaule:
_ Pour moi, seul un idiot se limiterait à seulement cinq fruits et légumes, mais bon chacun ses goûts.
Puis, pourquoi il me donne une pomme, je ne le connais pas, peut être est-il d'une humeur généreuse. C'est bon à savoir s'il donne à manger à chaque fois qu'on le croise, mais je trouve ça encore plus louche. D'un côté je trouve ça encore plus effrayant que la colère d'un autre spectre. Décidément il y a vraiment beaucoup de spectre bizarre ici. Celui là en fait partit d'ailleurs, il rentre aussi dans la catégorie des suspect, même le ton qu'il utilise est un peu irritant...C'est décidé, je vais le classé dans la catégorie des spectres trop bizarre et à éviter le plus possible. Ou alors à trouver en cas de grave famine, un fruits c'est toujours mieux que rien.

Puis celle qui semble avoir bien mangé entama la conversation, elle commença par se présenter. C'est Belhys, pourquoi j'ai l'impression que ce nom me dit quelque chose, je me demande bien pourquoi, ma fois j'ai du l'entendre lors d'une conversation entre spectre chez Poséidon.
Elle réponds à ma question, un léger soupir de soulagement, pour une fois qu'on ne s'énerve pas quand on pause une question digne d'intérêts. En plus, ça veut dire que je n'ai pas encore contredit la ''leçon de Belgarath'', car il a dit d'arrêter de casser les oreilles des autres spectres avec la ''bouf'' or elle a pas l'air d'être embêté, donc j'ai j'ai pas encore enfreins la leçon. Je suis rassuré, il ne pourra rien dire.

- Je m'appelle Krissou, merci pour les renseignements , en m'adressant aux deux spectres.
Puis tout en m'approchant du lac je tranche ma pomme en deux, je trempe l'une des deux moitié puis la mange.
_ C'est vrai que le goût n'est pas terrible, quoique il peut rappeler quelques souvenirs, mais peut être qu'en sélectionnant mieux la source ça donnerait un meilleur goût, en regardant une jeune damné, celle là peut être, il faudra que je revienne un de ses quatre pour vérifier ça sans m'adresser à personne en particulier mais je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je mange le reste de ma pomme puis retourne face aux deux spectres.

Mais Belhys reprend en me demandant si je connais Kyrian. Ah!!!!!!! je me souviens, Belhys, c'est peut être elle la personne à qui je suis censé donner le caillou de Belgarath
_ Si je le connais, justement en parlant d'ennui Kyrian et moi avons été emmené par Belgarath à la cinquième prison, là où il y a les tombes en feu. Mais, si vous le cherchait, Kyrian n'y est plus, il a été convié lui et Belgarath auprès du Seigneur Hadès, ils doivent probablement être dans son palais. Par contre serait-il possible que vous connaissez suffisamment Belgarath pour qu'il veuille vous faire passer une message par un autre spectre comme moi. Parce que si c'est le cas, il se pourrait bien que j'ai un message pour vous de sa part. Par contre il ne m'a pas précisé du niveau de sa confidentialité, en lançant rapidement un regard à l'autre spectre, donc que je vous le dise maintenant ou que vous m'indiquait un endroit où vous retrouver plus tard, je vous laisse le soin de choisir.

J'ai de la chance d'être tombé sur Belhys sans avoir à la chercher, ça me permettra de poursuivre ma visite des enfers plus librement......
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Ven 22 Avr 2011 - 21:39

Camille trouva amusante la réponse de Belhys, il était clair que la Veuve Noire n'avait pas non plus une belle image des Juges. En faite, Camille n'en avait vu que deux, et aucun des deux ne méritaient le moindre respect. Leur manques de communication entre eux, leur égo mal placé, cette manière de foncer tête baissé, insulter les Athéniens alors qu'ils étaient venu négocier au sanctuaire, et encore tant d'autres reproches, tout cela montrait leur incompétence. Pourquoi Camille avait dit un seul juge alors qu'elle n'en pensait pas mieux du second. C'était simple, Rhadamanthe avait disparu depuis longtemps, "le musicien" ne considérait plus cet homme comme un spectre et encore moins comme un Juge, donc il n'en restait plus qu'un. De ce qu'avait pu voir "le Sphinx", il lui semblait évident que cette disparition n'était pas du à une mission secrète mais bel et bien à une désertion, et combien même c'était le cas, à son retour, son image allait juste être redorée et elle en avait bien besoin. Quand à Kazuki, sa puissance n'était que surpassé par sa bêtise suicidaire. Il était manipulable à souhait, et Hadès devait bien s'amuser à lui tirer ces ficelles de marionnette, mais il n'en restait pas moins quelqu'un de dangereux de par ces actes irréfléchis et son manque flagrant de self-contrôle, seul sa puissance était digne de louange.

"humeur Généreuse? Je considère juste que Rhadamanthe ne fait plus partie de nos armées, donc à quoi bon dire que c'est un juge incompétent quand ce dernier n'est même plus un spectre. Quand à l'autre, je vous laisse le soin de juger qui s'est, je n'ai pas envie de m'étendre d'avantage sur un tel idiot."

Les réactions de Belhys se faisait de plus en plus amical, mais Camille ne se laissait pas aveugler, même si cette magnifique et dangereuse femme avait de la sympathie pour "lui", cela ne l'empêcherait pas de "le" vider de son fluide vital si la Veuve Noire en avait la possibilité, "au Sphinx" de ne pas tomber dans la toile de l'araignée. Toutefois, c'était réciproque, si la tisseuse tombait dans la gueule du chien des Enfers, "Le Musicien" n'hésiterait pas à la manger toute crue, bien que dans un sens la balance du danger penchait plus de son côté que celle de la Belle, l'avantage d'une plus grande puissance. Et si respect, il y avait entre les deux, ce flirt avec le danger le dépassait.
Néanmoins, leurs sentiments envers les saints d'Athéna allait dans le même sens. Une non sympathie commune. L'évocation de la prêtresse d'Athéna fit sourire "le Spectre de la Bête", cette dernière avait une particularité amusante, et une menteuse de première catégorie, celle ci se faisait passer pour Athéna dans certaines circonstances et si certains savaient que Raphy ne l'était pas, bon nombre même parmis ces chevaliers ne l'étaient pas mais cela n'excusais en rien ce qu'avait fait le chevalier d'Or de la Balance, pourtant les golds possédaient une réputations dont ils étaient fier, celle de se battre pour la justice et de défendre les innocents et une prêtresse en est une jusqu'à preuve du contraire. Manque de confiance, hypocrisie, mensonge, et bien d'autre encore que ces braves gens n'assumaient pas et pourtant était leur quotidien.

"Oh, cette prêtresse! Vous voulez parler de cette Raphy, je suppose. C'est un exemple parfait, pour une raison que je n'ai pas réussi à découvrir, elle était la détentrice du cosmos d'Athéna, et l'était encore à mon départ du sanctuaire, mais ce qui est amusant c'est que bon nombre des sujets de la Déesse prenait cette humaine pour sa réincarnation même parmis les Chevaliers d'Or..."

La manière dont Camille voyait Belhys lui avait plus. C'était vrai que c'était sous forme de compliment, mais c'était surtout la réalité, cette spectre avait un quelque chose de dangereux, et beaucoup d'homme devaient tomber de leur piédestal à cause de cette dévoreuse, et pas seulement les hommes, les femmes aussi et peut être même bien plus efficacement que leurs congénères masculins. Si les hommes cèdent souvent les premiers au tentation de la chaire, ils le font étape par étape, alors que les femmes sont souvent plus dure car plus méfiante mais une fois cette barrière écroulée, l'immense majorité se laisse porter par le mirage de l'amour, et ceci, Camille l'avait constaté elle même. Pas une de ces victimes n'échappa à cette règle, une fois dans les bras d'Aphrodite, elles pouvaient réaliser les pires crimes pour un simple baiser "de lui", comme il était étonnant de voir comment une personne pouvait changer.
cela lui rappela une femme dont-il avait oublié le nom, d'ailleurs presque tout jusqu'à son visage aussi, seul lui restait un souvenir qui ne s'étendait qu'à une nuit. Cette victime avait recueilli des soldats blessés, dont certains gravement, pour les soigner, mais juste à la demande "du musicien" sans aucune justification de sa part, elle les avait assassinés pour le satisfaire, elle qui avait tout donner pour la vie, avait prise ses vie juste pour une personne, sa récompense était qu'ils s'unissent, récompense que la tueuse n'obtenu pas, "le Spectre" la laissa choir, pleurant de toute ses larmes, réalisant que ses crimes n'avait été qu'un jeu pour "l'homme" pour qui elle avait tout sacrifié, se suicida peu après. L'androgyne lui rendrait peut être un jour visite à l'arbre des pendus, pour se rappeler au combien ces crimes s'élevaient, les Enfers l'accueillerait avec joie à n'en pas douter, mais pour l'instant il en était un de ces soldats.


"Nous sommes assez bien placés pour le savoir, puisque nous sommes mort de l'intérieur et ce n'est pas pour rien."


Camille haussa les épaules pour signifier que l'un comme l'autre avait dépassé un stade où le coeur n'avait plus de chaleur, même s'il tentait de battre à nouveau, ces efforts étaient vains. Quelques furent par quoi étaient passé Belhys, cela ne devait pas être jolie à en juger par son expression de mélancolie, et ce par quoi était passé Camille était au moins aussi pénible, si ce n'était plus. Mais tout cela n'avait plus d'importance, avoir un but transcendait tout et il suffisait de se rappeler ses objectifs pour continuer d'avancer, il n'y avait aucune tristesse dans les yeux de la Bête, il y avait une détermination visible. La Veuve Noire n'avait pas besoin de voir ce genre d'expression pour savoir que tout deux avaient eu un passé douloureux, ses paroles suffisaient, ce qui était trop en sois mais il était amusant de constater que plus ils avançaient dans leur discussion plus l'araignée se livrait, ce qui lui donnait un côté touchant, cela sonnait comme une faiblesse mais cette faiblesse faisait partie de sa force, en effet on avait envie de la réconforter, et avant même que l'on s'aperçoive, on gisait au sol mourant. Ces confessions étaient sans doute vraies ou alors cette femme était l'actrice la plus doué qui eu existé mais avoir de la pitié pour elle, était stupide, cette femme était forte, nul la ferait plier pas même les Dieux.

"Qui t'as dit que tu devais te contenter que de ça? Tu vois cette belle femme, si tu veux devenir comme elle, tu devras faire un peu plus attention à ce que tu manges et non pas t’empiffrer de gâteaux et autres friandises."

Dans un premier temps, Belhys laissa Camille faire, et s'amusa de ces répliques tout en défaisant son pansement de soie, puis elle se présenta à son tour avec la patience d'une mère. Camille en était incapable, et c'était la Veuve Noire qui estimait que "le Sphinx" en avait le plus? Chacun avait la sienne propre apparemment. Aussi mortelle fut la tisseuse de Mort, elle avait l'instinct maternel. D'ailleurs, "le Sphinx" s’aperçut qu'"il" ne connaissait pas jusqu'à là le prénom de la Veuve Noire, comme quoi, cela avait peu d'importance. Pour vérifier les dires de la belle, Krissou s'éloigna quelques instant d'eux et plongea une moitié de pomme dans le Lac, et le résultat ne se fit pas attendre, elle n'appréciait pas le gout, mais au vu de son regard affamé envers une défunte, l'androgyne savait que la petite fille retenterait l'expérience plus tard avec un cadavre. Puis quand elle revint, écoutant la question de Belhys, Krissou tilta. Celle-ci avait un message à faire passer à une certaine personne d'un certain Belgarath. Cette petite était vraiment distraite, à l'évocation du nom de la Spectre, le Lycaon n'avait pas réagit, il avait fallu une autre source de stimulation pour lui rappeler, toutefois la petite ne lâcha pas son message comme ça, elle préféra s'assurer que Camille était autorisé à l'entendre. Cela donna une petite idée à la Sphinx.

"T'inquiète pas, je reviens dans cinq minutes, tu pourras délivrer ton message tranquillement. Mais avant, je vais te présenter un ami..."

Camille joua quelques notes de son instrument et soudain le sol se mit à trembler. Les cadavres qui se baignaient dans le lac se plaignirent encore plus pressentant le danger arriver malgré leur instinct presque nul. Des pas lourds s'approchèrent, puis un hurlement monstrueux se fit entendre. Cerbère apparut devant eux trois, immense chien des Enfers, ces trois têtes monstrueuse recrachant une haleine pestilentiel, se nourrissant de gâteaux au miel que lui apporte les défunts en plus des cadavres. D'ailleurs, celui-ci portait un immense fardeau et resta à distance.

"Voila, Cerbère, sa nourriture favorite, les gâteaux au miel. Premier spectre du Lycaon, c'était un spectre tout comme toi qui avait de le défaut de gourmandises. C'était même parait-il un roi, la légende veut qu'il est énervé Zeus, ce dernier le transforma ainsi pour le punir d'avoir été méchant, mais en réalité, il est devenu comme ça car il a trop mangé de gâteaux en tout genre."


Camille se doutait que Krissou n'allait pas "le" croire, c'était une enfant peut être naïve mais elle défendrait sa manière de manger bec et ongle, le but était de la perturber et de voir comment allait réagir Belhys. Si presque tout ce qu'avait dit le musicienne était faux bien qu'inspirer de la réalité, ce qui concernait la nourriture était vrai. Cerbère était un goinfre, et les gâteaux au miel et les cadavres ce qu'il mangeait régulièrement. "Le Spectre de la bête" allait récompenser Krissou de ne pas avoir révélé le message sans s'enquérir si elle pouvait le faire en sa présence, récompense qui allait donner foie à ses mensonges. "Il" parti rejoindre l'énorme animal à trois tête et ouvrit le paquet, celui-ci était remplit de gâteaux au miel. Camille en prit un énorme, faisant la taille de la jeune fille et le lança vers Krissou. Cerbère grogna mais le chien savait que la rébellion n'était pas une bonne chose. "Le Sphinx" cria pour se faire entendre, la distance obligeant à le faire.

"Tu as cinq minutes pour délivrer ton message et ceci est une récompense pour ne pas l'avoir révélé n'importe comment."
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Ven 29 Avr 2011 - 14:49

D’une façon ou d’une autre, et que ce soit leur intention ou non, Camille et Krissou avaient le mérite d’être des distractions qui détournaient la Veuve Noire de ses questionnements personnels. Quand bien même elle continuait de nourrir une méfiance certaine à leur égard, elle se devait d’avouer que leur présence était salutaire, bien qu’ils n’en aient sûrement pas conscience… et c’était bien mieux comme ça. Il valait mieux qu’ils ne pensent pas avoir une importance particulière à ses yeux, surtout car ce genre de privilèges était aussi rare que le nombre de fois où elle avait accordé son amitié depuis qu’elle était au service d’Hadès. De plus même comme ça elle avait connu les affres de la traîtrise suffisamment de fois pour qu’elle reste prudente sans devoir trop se forcer. Quoi qu’il en soit elle revint vite à la réalité en essayant de reprendre du poil de la Bête… sans jeu de mots.
Par ailleurs le débat philosophique, ou gastronomique, selon le point de vue ne l’intéressait pas plus que ça. Bien qu’elle apprécie les bons mets elle n’était pas une friande des énormes quantités qui semblaient fasciner le Lycaon. Il faudrait peut être qu’elle finisse par apprendre un jour qu’avoir le ventre plein de n’importe quoi ne pourrait jamais remplacer le plaisir de savourer un seul délicieux morceau d’un plat bien exécuté. Seulement en ce moment elle n’avait pas la patience de se lancer dans ce genre de longues discussions, d’autant plus qu’elle avait déjà donné en la matière avec Théandras. D’ailleurs les deux feraient probablement la paire… A supposer que Krissou n’ait pas une trop mauvaise influence sur la petite fille aux cheveux rosâtres. Néanmoins quand la spectre de la Punition mentionna la demoiselle qui gisait non loin, Belhys se raidit et se redressa de toute sa stature. Son cosmos se déploya alors totalement autour d’elle, telle une tempête prête à éclater. Elle se retint de perdre le contrôle in extremis, et eut même la bonté de prévenir Krissou d’où elle mettait les pattes.

« Ne t’avises même pas de t’en approcher si tu ne veux pas connaître une deuxième mort lente et particulièrement douloureuse. Cette âme m’appartient… Elle est à moi et je n’ai pas pour habitude de partager. Si tu veux du sang frais, fais comme tout le monde. Tu chasses une proie qui te plait, et tu te nourris. Mais ne tente même pas de marcher sur mes plates bandes. Jamais, ou ce sera la dernière fois que tu mangeras quoi que ce soit. »

Sa voix était glaciale mais tonitruante, non qu’elle parle fort… mais tout simplement parce que dans chacun de ses mots perçait une menace qu’il n’était pas bon du tout de prendre à la légère. Belhys avait joué la carte de la condescendance avec Krissou afin de ne pas envenimer la situation, cependant si cette dernière n’était pas fichue de savoir où étaient ses limites, alors l’Assassine se ferait un plaisir de le lui rappeler. Ce ne serait pas le premier spectre à se faire écraser comme un insecte par quelqu’un de plus fort… Surtout que les Lycaons n’étaient pas vraiment réputés pour leur subtilité. La piéger entre ses toiles serait un jeu d’enfants…
La Veuve Noire était en train de sérieusement étudier cette possibilité, lorsqu’enfin Krissou reprit en donnant enfin des informations qui étaient dignes d’intérêt. Alors finalement elle était passée entre les mains de Belgarath ? Pourquoi cet imbécile perdait-il du temps avec des jeunes spectres ? Etait-il à ce point en désir refoulé de paternité ?? Il avait décidément du temps à tuer… D’autre part le fait qu’ils aient été tous deux conviés par Hadès fit son expression se durcir considérablement. Il y avait anguille sous roche, et elle n’était pas petite elle en avait la certitude. Cela faisait des siècles qu’elle servait le Sombre Monarque et jamais elle ne s’était faite appeler en même temps qu’un de ses homologues. Cela voulait donc dire que d’étranges affaires se passaient en son absence ainsi qu’en celle de son Autre, Perséphone. Peu importe au fond ce dont il s’agissait, une seule chose était certaine : cela n'augurait rien de bon en ce qui la concernait.

« Pour répondre à ta question, oui j’ai le déplaisir de le connaître plutôt bien. Concernant le message, tu n’as qu’à utiliser la télépathie pour me le délivrer. »

Elle n’avait clairement pas assez confiance en Camille pour prendre des risques, surtout qu’en l’occurrence ce n’était guère nécessaire de prendre quelques précautions minimales. D’un autre côté comme elle se doutait que Krissou n’avait pas encore appris à se servir de la télépathie, elle prit la peine de lui donner quelques conseils basiques en lui parlant justement par le biais de l’esprit.

*Regarde-moi dans les yeux et pense à ce que tu veux me dire. Contente-toi de te concentrer et désirer très fort d’utiliser l’esprit pour me parler. Ça ne devrait pas être trop dur d’y arriver, ton cosmos t’aidera. Je t’écoute donc.*

Prenant donc le temps d’écouter le message de Krissou, Belhys lui donna le temps de s'exercer et revint à sa conversation avec le spectre de la Bête. Elle n’avait pas l’intention de passer sous silence ce qu’elle avait entendu, surtout que le peu qu’il lui dit n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Alors Raphy était la détentrice du cosmos d’Athéna… C’était donc en quelques sortes cette déesse même qu’elle avait accueilli à l’entrée des enfers en l’absence du Plutonien. Misère… Si elle avait su elle lui en aurait fait voir des vertes et des pas mûres au lieu d’être aussi conciliante. D’un autre côté elle aurait probablement été trop tentée de lui régler son compte et mettre fin à la résistance inutile et ridicule des saints. En outre elle avait senti la disparition de l’esprit de sa « demi sœur », ce qui signifiait que Raphy avait elle aussi disparu. Une bonne chose puisque c’était aussi cette gamine qui avait retourné le cerveau de Kyrian. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’au plus elle en apprenait sur cette misérable, au plus elle était satisfaite d’entendre qu’elle était morte. Une idée sadique lui traversa alors l’esprit et la fit sourire. Et si elle se mettait à chercher l’esprit damné de cette pitoyable créature ??

« Je comprends votre point de vue sur la question, seulement je sens que la Wyvern est à nouveau éveillée, bien que je sois incapable de savoir ce dont il s’agit. Je crains que mon trouble et ma colère ne m’empêchent de distinguer ce nouveau cosmos. D’ailleurs en parlant de cosmos, celui d’Athéna s’est évanoui, alors j’en déduis que Raphy a elle aussi connu la mort. Si Pallas avait juste changé d’hôte j’aurais continué de sentir sa présence. »

Belhys s’exprima avec calme et naturel, comme si le fait qu’une simple spectre puisse ressentir une telle chose était normal, ce qui n’était pas le cas. Disons seulement que Perséphone était liée aux autres dieux que cela lui plaise ou non, et de plus Belhys avait déjà eu l’occasion de rencontrer Raphy en personne à deux reprises, bien que cette dernière ait masqué son cosmos. Seulement au jeu du chat et de la souris dans lequel elles s’étaient lancées la Veuve Noire l’avait emporté haut la main, se présentant chaque fois sans que son identité n’en soit trahie. On ne pouvait pas en dire autant de l’ancienne prêtresse, qui plutôt naïve avait encore des leçons à prendre en la matière.
Quoi qu’il en soit Raphy n’était plus désormais… et ses soucis étaient tout autres. A l’heure actuelle il s’agissait de se débarrasser des problèmes fâcheux qui ternissaient ses pensées d’inquiétude, et puis recevoir ce satané message avant que le lycaon se fasse dévorer par Cerbère. Belhys ne cilla même pas à la vue de l'imposant gardien des enfers, peu surprise depuis qu’elle avait combattu à ses côtés. Se mettant donc sur le côté, à l’abri des trois gueules monstrueuses, la demoiselle lâcha un soupir à fendre l’âme. Elle claqua alors des doigts et fit apparaître une chaise à haut dossier en marbre, un siège qui au final ressemblait étrangement à un trône sans en être un. Elle n’était pas prétentieuse et ne le serait jamais… Prenant place sur ce dernier, elle s’était installée pour contempler la scène de la même façon qu’une impératrice ferait pour profiter du spectacle. Croisant les jambes d’une manière féminine et élégante, elle tendit la main et y fit apparaitre une autre sorte de gâteau de couloir foncée. Une énorme part de fondant au chocolat décoré de fraises se mit à flotter au dessus de sa paume, puis finalement Belhys la fit se déplacer dans les airs vers la jeune femme. C’était un présent de sa part, mais il y avait fort à parier que cela n’était ni gratuit, ni dénué de sens. Ses paroles le confirmèrent bien assez vite…

« Je t’offre ce morceau de gâteau en guise de motivation à ce duel. Dis toi seulement que celle qui a créé cette friandise peut en créer bien d’autres. Si tu réussis à écarter Cerbère et me délivrer mon message, je t’offre le reste du gâteau. Ha… voilà que les choses deviennent intéressantes. Bats-toi et fais moi honneur, Krissou ! » Elle rit sarcastiquement, à gorge déployée. Une cruauté certaine perçait d'entre ses mots.
« Maintenant que les bêtes sont nourries… que la fête commence, lâchez les chiens ! »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Lun 9 Mai 2011 - 21:48

Belhys réagis de manière très possessive, apparemment le damnés que j'avais repéré fessait déjà partie de ses proies. Après un haussement d'épaules.
- Je vois, j'en trouverais bien ailleurs de toute façon. Je n'ai pas l'intention de voler les proies des autres, je ne toucherai pas à vos damnés.
Puis elle parle de télépathie, je savais pas qu'on pouvait parler par télépathie. Plutôt pratique ce truc. Et j'entends la voix de Belhys dans ma tête, me disant de la regarder dans les yeux et de me concentrer avec l'aide mon cosmos pour lui transmettre son message.

Je ferme les yeux, mon cosmos était plutôt faible en ce moment, je me demande combien temps il faut pour récupérer ou alors peut être que j'ai trop faim, bon!je m'éloigne du sujet, il faut que je me remémore le message de Belgarath. Une fois fait je regarde Belhys :
'' le message est : il manque ce diamant autour de son cou. Je suis revenu de la guerre et j’aimerai… non… je souhaiterai la revoir, le plus rapidement possible. Voilà fin du message. En pensant au bon goût du chocolat de sa tablette. Oups j'espère que le chocolat n'est pas passé avec la télépathie aussi. Ma fois c'est trop tard de toute façon. Et je me demande si elle a bien eu le message. C'est vrai qu'elle discutait avec l'autre spectre à ce moment là. Bah!!! elle me le dira bien si elle ne la pas reçue.

Maintenant, c'est le spectre bizarre qui veut me présenter son ami? Hein!!!! pourquoi???? décidément je ne le comprends vraiment pas. Après quelques notes jouer, l'ami en question apparu. Et on va dire qu'il vaut le détour, c'est un gros gros chien, avec l'étrange particularité d'avoir trois têtes. Cool, j'adore les chiens, bon il y a des efforts à faire au niveau de l'haleine mais bon!!! Trop fasciné par le chien, je n'écoute plus du tout le spectre parler. Je me demande s'il y a beaucoup de chien comme ça aux enfers, ça va être amusant!!!! Puis tout à coup un énorme gâteau au miel apparue, le spectre me l'avais lancé en me disant que j'avais cinq minutes pour laisser mon message et que ce gâteau serait une récompense.

Une récompense de quoi??? Sinon c'est pas croyable un si gros gâteau, ca va être largement suffisant pour me rassasier. Mais peut être le chien en veux aussi. Zut, il y a trois têtes ça veut dire qu'il faudrait diviser en quatre si j'ai pas envie de me prendre la tête avec lui. Finalement c'est pas si cool que ça trois têtes, pour la bouf il faut tout tripler. C'est un sacré inconvénient ça.

Malgré l'odeur de Cerbère qui est plutôt …....disons imposante, je parviens à sentir la magnifique odeur de chocolat avec peut être un peu de fraise, je me retourne et localise l'origine de cette odeur. Cette fois ci, c'est Belhys qui me présente une part de gâteau. Décidément tout le monde a de quoi manger en enfers!!!!! Puis elle me dit que si je parviens à lui passer son message j'aurais plus de gâteau. Zut, autant pour moi, ça a pas marché la télépathie.
Et pourquoi veut elle que je combatte le chien, J'aime bien les chiens, elle m'aurait dit un humains ça aurait été avec plaisirs, mais le chien, c'est si mignon, bon l'odeur est un peu désagréable, mais j'ai connu pire, on si fait rapidement.
J'allais lui dire mais la suite de ces paroles réveillèrent un souvenir qui fallait surtout pas se rappeler, comme marqué au fers rouge :
-Maintenant que les bêtes sont nourries… que la fête commence, lâchez les chiens !

Je me fige, mes yeux prirent une couleur rouge sang, et mon cosmos, jusque la très faible, atteint un niveau que je n'avais encore jamais ressentit, même lorsque que j'avais combattu Kyrian ou que je m'était énervé avec Belgarath. C'est un niveau totalement différent, c'est la haine, de la pur haine, un déchaînement de cette soif de sang et de haine. TUER est la seule chose que mes muscles veulent faire. Toutes griffes dehors. Mon cosmos tout autour de moi est aussi tranchant que mes griffes.

Les paroles de Belhys était beaucoup trop proches de ces juges lors des tournoi, ma haine envers eux est si profonde, après tout alors que je n'étais qu'une simple humaine je les avais tous tuer. Ma vengeance faite, ma haine c'était transformé en simple désir de voir l'humanité disparaître, c'est pourquoi je suis au service du seigneur Hadès. Mais ces quelques mots m'ont replongé dans cette haine et cette soif de sang.

C'est mauvais, il faut que je parte maintenant, je ne contrôle plus rien du tout, mon cosmos se déchaînais toujours autour de moi, ce qui au passage avait réduit en miettes les gâteaux. Il ne faut pas que je m'attire encore des ennuis vis à vis des autres spectres. Et j'ai un problème urgent à régler. Le peu de lucidité qui mes reste m'as permis de ne pas avoir attaqué directement, mes muscles n'avait pas bougé d'un pouce. Le plus difficile maintenant c'est partir. Du calme, en me répétant c'est mots dans ma tête je parviens à prendre une inspiration :
''Je dois vous laisser''
Puis je m'en vais le plus rapidement possible.

* 8°prison *
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Kyrian
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mer 11 Mai 2011 - 6:30

Arrow 5ème Prison

Quelques minutes plus tard, j'arrive enfin dans la prison où coule le lac de sang. Le cosmos de Krissou flotte encore dans les airs et pourtant je ne la vois pas. Serais-je arrivé trop tard?? Bon sang pourquoi ais-je trop traîné pour me reposé?? J'ignore en plus où elle est partie mais je connais peut-être un moyen de le savoir.

Levant mon bras, je laisse mon phoenix noir s'y poser. Puis au creux de l'oreille, je lui murmure quelques mots et le regarde s'envoler dans le ciel des Enfers. Je lui ai demandé de partir à sa recherche et j'espère qu'il la trouvera. Le connaissant, il ne devrait pas y avoir de problèmes.

Attendant son retour et n'ayant pas d'autres choix que de rester ici, je m'approche des personnes présentes et affiche une mine radieuse en voyant Belhys. Cela faisait un moment que je ne l'avait plus vu et je me demandais justement si elle allait bien. De plus je pourrais en profiter pour faire passer le message de Belgarath. D'ailleurs j'espère que tout va bien pour lui où il se trouve!!


Je suis ravi de te revoir Belhys.

Je voudrais tant lui dire d'autres mais ce n'est pas la présence du Sphinx ou de Cerbère qui m'empêche d'en dire plus mais plutôt le changement que je sens chez Belhys. Physiquement elle n'a pas vraiment changée mais intérieurement si. C'est même plus puissant que chez Belgarath mais pas comme si elle détenait un surplis plus puissant. C'est autre chose!!

En tout cas et pour ne pas paraître mal élevé, je me tourne vers le Sphinx et le salue d'un geste de la tête. Il ne me semble pas l'avoir déjà rencontré si j'ai bonne mémoire.
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Angel Heart
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Lun 23 Mai 2011 - 23:16

Camille pu admirer la colère de Belhys, Krissou ayant convoité la petite protégée de la Veuve Noire. Le spectre de la punition avait d'ailleurs eu beaucoup de chance de n'avoir qu'une réprimande, certes des plus claires et qui donnait la juste mesure des conséquences si la petite fille désobéissait toutefois si cela avait été quelqu'un d'autre ou si son humeur avait été plus sombre, la parole aurait été rejointe par des actes physique, voir par un ultime baiser mortel. La ligne que voyait Camille, Krissou ne la voyait pas et risquait de la dépasser encore. Et encore, à en juger par le déferlement de cosmos la Tisseuse avait perdu le contrôle quelques instants, même la harpiste avait été en danger quelques instants. Une telle rage, une telle jalousie rendait aveugle. Bon nombre de personnes avaient succomber à une folie meurtrière pour différentes raisons tuant sans aucun discernement, l'immense majorité l'ayant regretté à leur réveil, mais cette femme n'allait pas ciller d'un cil au vue du massacre. Peut être un petit reproche à elle même, pour ensuite partir vaquer à ces occupations, oubliant son massacre. Question puissance, Belhys était la puissante mais elle était tout de même raisonnable, la musique de la harpe pouvait calmer ces pulsions, mais Krissou y aurait laissé sa vie.
Reprenant son sang froid et sa patience, la succube tentait d'enseigner la télépathie à la jeune enfant. Peine perdu estima "le jeune homme" qui nota tout de même le manque de confiance de la plantureuse femme, cela ne blessa pas la musicienne qui en souri car Belhys avait bien raison de ne pas lui faire confiance. Camille s'éloigna vers Cerbère et s'amusa de la réaction de Krissou à la vue du gâteau géant.


Alors que Camille taquinait l'échine de Cerbère, une énergie noire vint de Krissou. Le Sphinx n'avait aucune crainte, mais cette sombre énergie était semblable à ce que dégageait Belhys et "lui" mais sans aucun contrôle. La crainte se lisait sur le visage du Lycaon, la petite fille naïve avait peur des ténèbres dans son coeur. C'était intéressant à savoir, suffisamment polie, elle pouvait faire un petit jouet mortel pour l'humanité. Nul doute que la gamine avait subit des traumatismes assez important. Voila pourquoi, cette enfant à l'apparence si douce et lumineuse était chez les spectres, mais pour l'heure, ces pulsions meurtrières étaient cachées sous une grande candeur. Si Krissou ne faisait pas de mauvaise rencontre, elle deviendrait une grande tueuse, toutefois un moralisateur Athénien pouvait lui mettre le grappin dessus avant. La regardant s'enfuir, Camille s'approcha de nouveau de Belhys.

"Ainsi, cette enfant a un côté semblable au notre, difficile à croire quand on la voie pour la première fois. Je ne sais pas ce que vous lui avez dit, mais cette sensation de haine était semblable à la notre, d'une manière totalement non maitrisé et instable, toutefois ces sentiments étaient facilement discernable pour nous."

Camille n'avait plus vraiment envie de jouer avec la petite spectre, bien que leur étant semblable, Krissou était un jouet déjà brisé. Bien sur, "Le Sphinx" s'amuserait un peu avec s'"il" la rencontrait de nouveau, mais cela s'arrêterait là, aucun tourment de particulier. Belhys était bien plus intéressante, et un des points faibles qu'avaient discerné la musicienne s'était confirmé, cette jalousie envers ces victimes pouvait être utilisé. Encore fallait-il trouver comment, mais l'art de l'improvisation était un des points forts de l'androgyne. la patience de la Veuve Noire avait été détruite quelques instants par Krissou lorsqu'elle s'était intéressé d'un peu trop près de la victime "vampirisé", la colère l'avait envahie et si cela n'avait pas été une enfant aussi simplette, il était facile d'imaginer l'avertissement aurait été bien plus violent physiquement, si ce n'était pas la mort de la personne. Cela n'avait pas duré longtemps, mais qu'importe le résultat était la.

"Vous ferez une bonne mère pour elle."

A peine que leurs hostilités avait repris qu'un jeune garçon d'une quinzaine d'année arriva à son tour. Celui ci avait l'air d'être ravie de revoir Belhys. C'était une taquinerie de la part de Camille pour la bonne mère, mais à en juger par l'air enchanté du chevalier noir, la Veuve Noir semblait l'avoir materné. Aucune illusion sur les raisons, ce n'était pas par bonté d'âme, mais sans doute, plus par désir de manipulation. Une autre différence entre les deux manipulatrices, Camille s'amusait et détruisait, alors que l'araignée semblait garder ces jouets. En tout cas, après avoir tenté d'enseigner la télépathie à Krissou,

"Oh, celui-ci a l'air d'avoir déjà fait de vous sa maman. Vous recueillez tout les jeunes spectres? C'est mignon."


Camille ne se présenta pas au jeune phénix noir, ce n'était pas à "lui" de le faire mais au nouveau arrivant. Toutefois, le jeune homme semblait maintenant déboussoler. Quelques choses l'intriguait en Belhys à voir son changement d'expression. Cela aussi pouvait être intéressant, la sphinx n'avait fait que croiser la belle, pas suffisamment longtemps pour remarquer des subtilités, ce n'était pas un changement de caractère, leur échange était trop bref, changement physique, "le musicien" n'avait rien vu de particulier à part ces mœurs particulières mais néanmoins fascinantes. Le jeune homme allait peut être lui donner un indice. Quelques choses de lier avec Thanatos? avec Hadès? Peut être, à plusieurs reprises Belhys avait laissé échapper certains indices, éventuellement une destinée trop lourde pour elle, qui savait mis à part elle? Les Dieux sans doutes, peut être quelques spectres triés sur le volet et encore.
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Ven 27 Mai 2011 - 16:50

Croire que Belhys nourrissait un lien avec chacun des nouveaux arrivants des enfers était totalement erroné, cependant la demoiselle se voyait mal donner des explications aux personnes présentes. Elle n’était pas à leur hauteur, elle n’était pas leur proche et encore moins leur amie. Elle n’était qu’une de leurs alliées, voilà tout. Seulement reconnaitre les bons potentiels parmi les jeunes recrues était devenu l’un de ses atouts, et son esprit visionnaire aimait à concevoir le tableau dans son entièreté. Jouer de son influence et de son statut de sempai était inévitable et autrement utile puisqu’en plus d’apporter quelque chose à ces derniers, elle s’assurait une position confortable, quand bien même elle n’était pas dévorée d’ambition. Toutes les provocations du monde n’y feraient rien, et aucune d’entre elles ne pouvait être assez acérée pour vraiment l’atteindre. C’était peut être pour ça qu’elle s’amusait de l’ignorance de Krissou qui au-delà de son manque d’expérience lui semblait bien étrange. De fait à peine Belhys eut-elle le temps de recevoir le message télépathique à propos d’un diamant, qu’elle se demandait ce que l’image d’un morceau de chocolat faisait dans cette communication. Bon d’accord la jeune fille avait réussi à appliquer ce qu’elle lui avait dit, malgré les quelques imperfections contenues dans sa méthode.

Néanmoins, maintenant confortablement installée dans ce haut siège improvisé elle fut aux premières loges pour assister à la perte de contrôle du Lycaon. Les raisons lui échappaient et à vrai dire elles ne l’intéressaient pas non plus. Même si son intention première n’était nullement de provoquer sa colère, ce n’était pas non plus comme si elle la craignait. Ceci dit la Veuve Noire savait aussi qu’il lui faudrait prendre un certain nombre de précautions afin de ne pas être prise au dépourvu. C’est pourquoi sans pour autant se lever de son siège elle avait fait disparaître le corps de la jeune fille vampirisée dans un halo sombre, son regard la suivant tandis qu’elle se volatilisait dans le sol. Nul doute qu’elle ne tenait pas à entendre encore une série de commentaires sur le sujet, pas plus qu’elle ne désirait risquer de devoir encore s’énerver à cause de ce qu’elle essayait de protéger. Il y avait bien trop de soucis tournant en rond dans son esprit pour qu’elle en rajoute encore plus. Que Krissou l’attaque et coure à une mort certaine lui importait peu, puisqu’au fond elle ne comptait pas à ses yeux. Cette fillette pourrait être un outil intéressant, tout au plus… Et puis maintenant qu’elle lui avait plus ou moins délivré le message envoyé par l’Alraune, qu’elle parte lui était égal. Elle répondit donc brièvement à Camille.

« Peut être est-ce mieux ainsi. Peut être que cela lui sera utile de faire connaissance avec les sentiments profonds qui sont dissimulés sous sa faim vorace et ses airs fringants de jeunesse. Comme beaucoup de novices, le Lycaon a besoin de découvrir ce qui se tapit en elle pour devenir plus forte. Ce n’est qu’une brève leçon, mais j’espère qu’elle sera en retirer l’essentiel. Oh et je ne suis ni ne serai la mère de cette jeune défunte. Je n’ai pas un désir d’enfanter aussi prononcé, sinon je l’aurais déjà assouvi depuis le temps. »

D’un autre côté la haine et l’envie de vengeance exhalées par chaque particule d’énergie de Krissou lui témoignaient de la puissance endormie en elle. Avec une telle vigueur elle pourrait certainement devenir une spectresse redoutable, pour peu qu’elle gagne en discipline et parvienne à mettre de côté son appétit démesuré. Quoi qu’il en soit son départ était à sa façon un soulagement, parce qu’elle ne se sentait pas de faire la morale à une gamine perdue qui n’était pas fichue d’apprendre ce pourquoi elle avait donné sa vie. La loi du plus fort était encore le meilleur filtre pour écarter les faibles et les hésitants… Déjà la galicienne réfléchissait à un autre moyen de se débarrasser des jeunes impudents ignorant tout de la hiérarchie lorsque ce fut une toute autre vision qui s’imposa à elle. Kyrian du phoenix noir… Enfin. Il semblait en pleine forme et quelque peu changé, d’une bonne façon pour une fois. Il semblait ragaillardi et remonté moralement aussi, ce qui lui faisait sincèrement plaisir. Elle en avait assez de voir son protégé se rabaisser sans cesse et culpabiliser de ses fautes passées. De plus il était clair que ce dernier recherchait le pardon de Belgarath, ce qui en plus d’être ardu était absurde. Un sourire sincère anima les traits tirés de l’Assassine, démontrant à quel point elle se moquait de l’ironie de Camille qui viendrait assurément, elle n’en doutait pas.

« Je suis également ravie de voir que tu t’en es tiré indemne de cette guerre sainte, Kyrian. Alors raconte-moi… Dis-moi à quel point la splendeur de notre Seigneur Hadès a dévoré les profondeurs marines. »

Belhys était avide de nouvelles, avide de nouveauté, curieuse de savoir si cette bataille avait été aussi épique que celle à laquelle elle avait participé sur le mont Olympe. Il est vrai que son intérêt pour la domination des enfers avait connu une grande évolution, surtout depuis qu’elle avait compris que cette réincarnation du Plutonien était enfin digne d’une divinité. Les précédents avaient défilé trop souvent, n’étant que des ersatz lamentables de celui qui lui avait offert une nouvelle existence. Par ailleurs la remarque de Camille lui fit froncer les sourcils et lui jeter un regard noir. Elle n’aimait pas qu’il pense la connaître assez pour prévoir ses réactions ou ses impressions. Qui était-il pour se juger assez fin pour la percer à jour. Allons allons... Il lui faudrait des siècles avant de comprendre au moins ses réactions. En fait on peut dire qu’elle était irritée que Krissou ne lui procure pas la distraction qu’elle avait convoitée, et qu’en plus de cela cette dernière se permette de ne même pas lui donner ce que Belgarath lui avait transmis. Enfin… au moins elle avait retrouvé Kyrian, ce qui était loin d’être négligeable. En outre elle sentait quelque chose de changé en lui, de la même façon qu’elle avait également changé au fur et à mesure du temps et des événements. Une seule hâte bouillonnait en elle : en savoir plus sur ce nouveau jeune homme qui renaissait de ses cendres une nouvelle fois. Par conséquent Belhys se leva, faisant disparaitre son trône qui s’infiltra dans son ombre, à même le sol. Alors elle s’approcha de Kyrian et posa une main sur sa tête, exactement comme une mère qui retrouve son fils. D’ailleurs elle se contenait de tâter ses épaules et son torse pour vérifier à quel point il avait grandi, physiquement mais mentalement aussi. Pourtant, ce fut à Camille qu’elle répondit en premier.

« Je ne recueille personne je n’ai pas pour ambition de monter un orphelinat, Sphinx. Et toi cher musicien… On dirait que tes yeux reflètent une certaine mélancolie cachée bien au fond. Se pourrait-il que quelqu’un te manque, une demoiselle peut être ?
D’un autre côté je suis juste fière de voir que certains de nos plus jeunes éléments deviennent responsables et s’écartent de la voie de l’insouciance. Il faut dire qu’il était grand temps, n’est ce pas Kyrian ? »


Son regard alterna entre l’un et l’autre de ses interlocuteurs, se demandant combien de personnes encore allaient défiler au lac de sang. L’Empoisonneuse aurait tout donné pour pouvoir retrouver sa tranquillité, et pourtant elle se retrouvait une nouvelle fois à mettre ses envies de côté pour le bien des enfers. Cela devenait une fâcheuse habitude, et le moins qu’on puisse dire c’est que sa « colocataire » Perséphone ne devait pas y être totalement étrangère. Mais qu’importe tant que cela rejoignait également ses intérêts. Pensant à cela un instant, Belhys leva les yeux et chercha la Guidecca des yeux. Des cosmos à tout va, des énergies anciennes et nouvelles… Dont plusieurs qui lui étaient étrangement familières, de manières différentes. Il y avait même des titans dans le royaume, visiblement encadrés par des spectres. Parfait, cela lui éviterait de se déplacer, car pour l’instant la seule chose qui retenait son attention… c’était son fils adoptif.

« Que diriez vous d'aller accueillir le mortel qui a fait irruption sur nos terres et de le malmener un peu, Camille? »
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Sam 28 Mai 2011 - 13:53

Je ne l'ai en effet jamais rencontré mais ce qui est sûr, c'est que nous risquons de ne pas nous entendre. Certes étant guerrier de l'armée de son Altesse, je fais n sorte de bien m'entendre avec mes confrères mais pour ce spectre ça va être dur. Surtout après ce qu'il a dit à Belhys.

Il y a encore peu de temps, j'aurais laissé mes sentiments prendre le dessus et lui aurait expliqué ma façon de penser mais ce n'est plus le cas maintenant. Je ne suis plus cet enfant fougueux qui frappe à la moindre réplique. De plus Belhys lui a répondu mieux que je ne l'aurais fait après s'être approché de moi et posé sa main sur ma tête.


Un fin sourire sur les lèvres, je croise le regard de Belhys et lui répond.

Tu as tout à fait raison. Tôt ou tard il faut que jeunesse se passe et que l'on passe à l'âge adulte bien que pour moi cela a prit un certain temps!! Mais maintenant l'enfant a laissé la place au jeune homme mûr et responsable.
Et sinon en ce qui concerne ce qui s'est passé au Sanctuaire de Poséidon. Je dois avouer que cela était assez monotone car il n'y avait que peu de résistance. Les piliers ont été détruits assez rapidement tout comme le temple.


Je vois bien dans son regard qu'elle désire savoir ce qu'il s'est passé dans les moindres détails mais la vérité est là. Il ne s'est presque rien passé!! Je dit bien presque car les quelques évènements qui se sont produits l'ont été par nous. Surtout moi et je dois avouer que je n'en suis pas fier!! C'est pour cela que je préfère me taire sur ses détails.

Il faut également que je n'oublies pas de lui dire le message de Belgarath mais il a bien précisé seulement si elle désirait le voir. Or ce n'est pas le cas!! Donc direction à la recherche de Krissou pour lui transmettre le message de sa mission. En espérant que mon phœnix l'ait repéré et vu qu'il n'est pas de retour, ce n'est pas le cas!!

En entendant la proposition de Belhys au Spectre du Sphinx, j'hausse un sourcil de surprise. Non pas que je suis contre ce qu'elle désire faire, les humains ne méritent pas de vivre, mais c'est le prénom qui me surprend. Camille est un prénom ayant une consonance féminine et c'est pourtant bien un homme qui se tient devant moi. Enfin qui suis-je pour donner mon avis sur cela? De plus je n'avais jamais quitté mon Arkansas natal alors je sais peu de chose sur ce qui ce fait et pas.

Et j'ai à faire ailleurs mais tant que mon oiseau n'est pas revenu, je ne sais où me diriger!! Toutefois je me concentre pour repérer sa présence mais rien à faire. J'ai confiance en lui et je sais qu'il ne va pas tarder. Repensant à ce qu'à dit Belhys au sujet du mortel, un sourire amusé s'affiche sur mes lèvres.

Je me demande bien qui est ce mortel et la raison qui l'a mené jusqu'au Royaume de Son Altesse. J'y serais bien allé seulement une affaire urgente m'attend.
Et enchanté de faire votre connaissance Camille du Sphinx, je suis Kyrian du Phœnix Noir.


Je le regarde quelques instants puis revient sur l'horizon.
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MessageSujet: Re: Quelques mots à se dire {Belhys}   Mar 31 Mai 2011 - 23:29

Camille remarqua que la réaction des plus étranges de Krissou avait fait réagir Belhys. La différence de puissance entre les deux étaient très importantes, en faveur de la délicieuse jeune femme, ainsi l'araignée conserva sa place sur son fauteuil n'étant pas réellement en danger, mais toutefois pris le soin de faire disparaître sa petite protégée vampirisé du loup déchainé. Le Lycaon était perdu dans une folie furieuse. Ce qu'avait fait la Veuve Noire pour avoir provoqué ceci était un mystère pour la musicienne mais nul doute que cela allait servir la belle pour manipuler l'enfant. Du moins, si cette situation avait été provoquée sciemment ou si cela n'avait pas été le cas, Belhys avait peut être noté le facteur déclenchant. De toute manière, cela n'avait peu d'importance pour Camille, jouer avec ces proies l'amusait, fut un temps, asseoir une certaine autorité aussi mais plus depuis qu'elle était spectre. Peut être était-ce une faiblesse face à Belhys qui semblait avoir quelques appuis même si la succube ne débordait pas d'ambition? En contre partie cette dernière semblait accabler par un destin avenir.

"Je ne pense pas qu'elle va en tirer une quelconque leçon pour l'instant, cette gamine n'est pas encore prête, j'irais jusqu'à dire qu'elle fuit ses sentiments les plus noirs. Malheureusement pour elle, plus le petit Lycaon les fuira et plus il sera engloutit par eux."

Quand à la réflexion sur le désir d'enfanté, Camille n'était pas du même avis. Pour La harpiste, l'envie de procréer de Belhys était important, en faite, son instinct maternel en était la parfaite illustration. Ce désir de protéger sa victime allait au delà de la simple possession de proie, la colère qui avait résulté du simple regard affamé de Krissou était celle d'une mère quoi qu'en pensait la concernée, une simple remontrance suffisant. Toutefois il était amusant de voir comment la belle s'occupait de Kyrian. C'était bien une mère qui admirait la manière dont son fils avait grandit, seul la réflexion du Sphinx vint troubler le tableau. Le Phénix noir semblait lui aussi ravi mais toutefois ne semblait déjà pas apprécier Camille qui n'avait rien fait pour. Laissant la petite maman et son enfant tranquille, même les tendres paroles de la vampire envers le jeune homme n'eut le droit à une quelconque ironie sans doute attendue.

"Vous ne comptez pas faire un orphelinat, et heureusement ce n'était que de la taquinerie mais que vous avez pris trop à coeur, toutefois contrairement à ce que vous m'avez dit, il y a un instant, votre désir d'enfanté est très fort. Seulement, vous n'avez pas trouvé encore d'homme à votre niveau ou qui vous soit supérieur...à moins que..."

Une lueur de malice brilla dans les yeux de Camille, le sous entendu était là, les blancs pour bien le marquer et Belhys allait le noter, Hadès était-i l'homme supérieur mais surtout une idée lui vint: Et si ce n'était pas un homme mais une femme qui la surpassait? La Veuve Noire, en voulant remettre à sa place "le Sphinx", avait commis une erreur pour "lui". Parler des yeux mélancoliques de Camille en lui demandant si la cause était une jeune femme montrait que l'araignée était perturbée car pour l'androgyne le sujet était clos sur la question de Séraphyne. Sa tristesse venait de son passé comme ceux de Belhys justement. Et l'ensemble, fit emboité une pièce du puzzle, la mélancolie qui était venue à de nombreuses reprises, principalement quand il fut question de Hadès. Une liaison entre les deux étaient possibles, mais si ce que la mythologie disait était vrai, le Dieu des Enfers n'allait pas de nouveau affronter la colère de Perséphone. Cela devait s'en rapprocher. Un destin qui semblait l'accabler se rajoutant à cette celle ci. Belhys allait elle se faire posséder par la Déesse et devenir la souveraine du royaume des morts? Ce n'était qu'hypothèse et la musicienne pouvait être à côté de la plaque mais l'idée était amusante. Imaginer qui de la Déesse ou de la sanguinolente jeune femme allait prendre le dessus. Même si paradoxalement, si confrontation pour la domination du corps de la spectre était bel et bien en jeu, Camille était pour Belhys, ne serait-ce pour continuer leur petite rivalité.

"Vous n'êtes pas totalement vous même, je ne vous connais que depuis peu mais je peux l'affirmer, votre instinct est supérieur au miens et pourtant vous commettez une grossière erreur à propos de mon regard. Je vous ai effectivement dit que mon absence était due à une jeune femme et que cela m'avait fait revivre quelques réminiscence du passé, mais je vous ai aussi dit que j'avais gagné, tout sentiment n'est qu'une petite flemme vacillante que la moindre brise fait disparaître. La tristesse que vous voyez actuellement dans mes yeux est la même qui se trouve dans les votre. Un passé douloureux qui a retiré tout véritable sentiment d'amour de notre coeur..."

Camille observait Belhys avec intérêt mais la véritable bombe n'avait pas été lâchée. Kyrian décrivit la bataille et la victoire peu reluisante sur le royaume de Poséidon. La faiblesse de ce royaume était surprenante estima Camille. La vampire affichait quelques pertes de patiences, signe que la Veuve Noire commençait à se lasser de tout ce monde. Il était peut être temps pour le Sphinx de partir, leur petit jeu était intéressant uniquement s'ils étaient tout deux en train de jouer. Le regard porter en direction de la Guidecca était vague, mais devait avoir une lourde signification, dur pour "le Harpiste" d'en trouver les significations. Puis, Belhys demanda "au Sphinx" d'aller accueillir un nouvel arrivant. Camille fronça les sourcils, c'était une façon élégante de lui demander de s'en aller, en plus clair elle voulait "le" chasser, son esprit d'opposition lui disait de rester mais une autre carte était dans sa main. Kyrian avait une autre mission que de délivrer le message apparemment et se présenta enfin. Pour cette fois, "le spectre" allait obtempérer.

"Kyrian, je suis Camille, spectre de Sphinx. Ne t'inquiète pas, je saurais m'occuper de cette personne. Belhys, notre rencontre fut des plus agréable."


Camille fit quelques pas puis s'arrêta et se retourna vers Belhys.

"Cela serait agréable si Perséphone venait à apparaître, c'est peut être cette personne, à moins qu'elle soit déjà parmis-nous..."

Ces paroles n'avaient qu'un seul but, montrer à Belhys qu'elle ne devait en aucun cas sous estimée Camille. Certes, "ce dernier" ne savait pas de quoi il en retournait exactement, mais c'était un avertissement suffisamment fort. Sans attendre, la moindre réaction de la concernée, "le Sphinx" disparut ne laissant que quelques notes sonné après son départ.
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Quelques mots à se dire {Belhys}

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