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 La Cascade des Damnés

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Belhys

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MessageSujet: La Cascade des Damnés   Ven 5 Sep 2008 - 9:14

S'extirpant sans peine à l'obscurité de son domaine parallèle en prenant garde de ne pas refermer trop vite le portail derrière elle afin de laisser la chance à Belgarath d'en sortir à son tour, Belhys mit pied en ces lieux à l'atmosphère mystique et inquiétante. Ils étaient arrivés exactement là où elle avait voulu se rendre, ce qui la rassura quelque peu concernant la voie que prenait sa guérison. En prévision elle s'était d'ailleurs déjà injecté un sérum composé de différents venins qui à doses très restreintes et dosés de manière extrêmement méticuleuse, accéléraient la régénération cellulaire, et qui par conséquent contribueraient à sa convalescence...

Devant ses brillants yeux incarnats, s'étendait la partie frontalière entre la sixième et la septième prison, un lieu de damnation éternelle pour les âmes en peine... Une ruisselante cascade était visible non loin, chutant de plusieurs mètres entre deux immenses rochers et formant une interminable étendue d'un liquide carmin... du sang humain. La Veuve Noire avait entendu de multiples histoires à propos de cet endroit. Des fables pour la plupart, mais dont certaines étaient apparemment vraies. Cette prison était vouée aux Violents, ces humains qui de leur vivant avaient commis de pêchés graves en ôtant la vie.
S'approchant du Lac Sanglant, la Vampiresse regardait le liquide carmin avec attention et intérêt, comme pour s'assurer que les racontars disaient vrai. Seulement elle ne pouvait en douter bien longtemps, car l'odeur forte et enivrante qui lui parvenait était très nette, bien qu'elle ne la trouve pas désagréable au fond. Habituée depuis si longtemps à assister aux plus grandes atrocités, aux plus horribles aberrations que l'esprit tortueux puisse concevoir, la jeune femme n'était guère impressionnée par ce spectacle. On pourrait probablement croire que c'était plutôt une curiosité malsaine qui la poussait à explorer ainsi les Enfers, pour découvrir ses sombres mystères et apprendre ses secrets enfouis... Peut être cherchait elle quelle part où elle pourrait parler de "chez soi", même si intérieurement elle n'y croyait pas une seule seconde.

La vérité en fait était toute autre. Cet endroit n'avait pas été du tout choisi au hasard parmi tant d'autres. La sixième prison... Le châtiment désigné pour les meurtriers... Ceux là même dont le sang nourrissait cette cascade qui se déversait continuellement, comme leurs supplices qui n'avaient pas de fin. A condition de maintenir le silence, L'Empoisonneuse pouvait distinguer d'innombrables cris désespérés, symbole des sévices que les malheureux enduraient inlassablement. Les trois centaures les poursuivaient impitoyablement, les criblant de flèches qui les transperçaient, les dardant de manière précise et infatigable. Ils ne pouvaient connaître une seconde mort, pas plus qu'ils ne pouvaient s'enfuir bien loin... par contre rien ne leur épargnait les affres de la vive douleur.

C'était ici, parmi ces condamnés à la torture éternelle que la Belle Galitienne aurait du passer tous ces siècles... Payant enfin le prix de l'honneur de sa petite soeur ainsi que le privilège d'avoir lavé son nom. Malheureusement pour rétablir la Justice et lui rendre ce qu'elle méritait de droit, ce que d'infâmes bouffons de cour lui avaient dérobé, l'Enchanteresse avait du recourir à l'illégalité, remettant chaque chose à sa place de ses mains... Devenant ainsi une meurtrière, une simple criminelle régicide. Pourtant malgré la perfection de son méfait, elle avait décidé de ne pas continuer dans un monde où sa soeur n'était plus. La spectre avait décida alors d'entreprendre son ultime crime: se suicider. Elle ne choisit pas le moins douloureux et doux des moyens au contraire... Ce serait trop facile de succomber à cause d'une chute d'une tour ou de se laisser noyer dans des douves infectes... Elle goûta donc au même poison dont elle avait usé pour en finir avec sa victime. La violence du cyanure l'avait déjà poussée dans ceux qui devraient être ses derniers spasmes lorsqu'Hadès lui proposa le pacte qui l'avait amenée là où elle se tenait à présent.

Immergée dans ses pensées, le teint cireux, Belhys se maintenant silencieuse, imaginant instantanément son corps sculptural en proie aux missiles. Mais en regardant les alentours, en glissant ainsi sa main dans la mare pour s'assurer de la réalité de son existence, elle ne pouvait éviter de penser qu'elle aurait pu errer en cet endroit pour l'éternité, subissant de multiples morts successives sans jamais trouver le repos. Ce sang aurait pu être le sien... aurait du être le sien. Son expression était mélancolique, comme si elle était perdue en elle-même. Mais finalement elle s'adressa à Belgarath, avec la neutralité et l'ironie habituelles:


- Je croyais t'avoir pourtant dit que je n'avais besoin de personne pour jouer les mères poule... Pourquoi es tu venu avec moi?

Elle n'était pas d'humeur à jouer sur les mots et mettre le Sorcier dans l'embarras... pas maintenant. Était ce la vision de ce qui aurait du être son avenir qui la rendait si amère? Pourquoi avait elle l'impression cette infinie tristesse dans sa propre voix...?
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Ven 5 Sep 2008 - 10:40

La cascade...


Alors nous y arrivâmes enfin, l'endroit où ma téléportation combiné à celle de Belhys nous avait mené. J'avais laissé la veuve noire prendre les devant et m'emmener où elle le souhaitait, et lorsqu'enfin je revi les enfers, je reconnu l'endroit, j'étais déjà venu ici, une fois, il y a plusieurs siècles, lorsque je la cherchait ELLE, la cascade de sang qui mène à la septième prison, un lac de poix bouillonant où meurt ceux qui avaient été des assassins encore et encore. Je ne l'avais aps trouvé là... et pourtant, elle aurait été si bien, ho oui, elle aurait été si bien au pied du sympadus des enfers... au pied de l'arme de vie des enfers. Le seul dan tout les enfers à être resté à jamais vivant par le cosmos et la volonté d'Hadès.

Je l'avais imaginée, se reposant pour l'éternité, faisant même partit de cet arbre, de cette étincelle de vie. Mais encore une fois, je ne l'avais pas trouvée... et pourtant, j'avais tellement espéré... Mais désormais, bin que je la cherche toujours, de siècle en siècle, d'année en année, de mois en mois, de semaines en semaines, de jour en jours, d'heures en heures, de minutes en minutes, de secondes en secondes... mon espoir disparaissait et je devenais un epu plus un mort du monde des enfers, mais toujours attaché à sa Seigneurie Hadès sama, ainsi je n'avais pas rejoins les damnés du lac de sang... car après tout j'étais un meutrier, le meurtrier de centaines de soldats sur le champ de bataille, mais aussi le meurtrier de celle que j'avais aimé le plus au monde... maudite épée, maudite vie, maudite mort...

Alors que mes pensées s'entre choquaient, mon cosmos augmentait, il augmentait dans le noir et la désolation. Mes yeux viraient au rouge, mais alors qu mon regard aprcourait l'endroit, je vis Belhys, là écoutant le silence des lieux et les cris des morts qui s'y trouvaient, un son que je trouvais des plus agréables, ces maudits humains, jes les haïssaient tant...

Je regardai quelques instant Belhys, sans vraiment qu'elle s'en rend compte, quoique... peut être, la veuve noire, que faisait elle aux enfers... pourquoi Hadès sama l'avait appelé à ses côtés? Après tout je ne savais rien ou presque de sa vie, comme elle ne savait rien ou presque de la mienne. En Asgard, je lui avais promis de répondre à ses interrogations, j'avais donné ma parole, mais rien que de repenser à tout cela mon mal de crâne (qui s'était estompé en quittant le Palais de notre Seigneurie) revenait peu à peu. Belhys me troublait, elle 'lavait toujours fait, mais pas pour les même raisons que les autres hommes.

Oui, c'était indégniablement une belle femme, une magnifique femme même, mais cela importait peu à mes yeux, ce qui m'importait c'était ce qu'elle faisait vibrer autour d'elle, son cosmos, ses émotions. L'espace de qulques instants je me pris à espionner ses vibrtions cosmique en fermant les yeux et en me concentrant. Mais mapuissance totale n'était pas encore revenue. C'est alors que sur ma poitrine, je sentis un poid que je n'avais pas ressentis depuis bien longtemps... quoi? Mais pourquoi...??? Lorsque je portai ma main entre mes deux pectoraux, sous le plastron de mon armure, je sentais un médaillon, d'environ 10 cm de diamètre, alors je l'explorai de mes doigts, en décrivant chacune des courbes et lrosque je me rendis compte de ce que s'était je me figea net... comment?! Comment cet bjet avait pu revenir autour de mon cou alros que me spouvoirs n'étaient pas encore revenus totalement?? C'était donc cela, je ne pouvais pas encore m'en servir, mais je compris, je compris que bientôt mon pouvoir serait totalement revenu...

J'ôtai ma main de sous mon plastron, lorsque je regardai à nouveau Belhys avec son air mélancolique habituel, elle me parla...

- Je croyais t'avoir pourtant dit que je n'avais besoin de personne pour jouer les mères poule... Pourquoi es tu venu avec moi?

A cette expression j'esquissai un sourire, je ne jouais pas les mères poules, mais sa voix, si triste... oui, bien sur... Je réouvris alors mes yeux qui étaient redevenus vert émeraude et ne bougeai pas, en me tournant vers le sympadus, tout en haut de la cascade... mon regard était plongé dans ses feuilles et son écorce, dans ses fruits plein de vie... je répondis à Belhys, tout en continuant de regarder cet arbre de vie...

"Pourquoi je suis venu? Oui... pourquoi... je n'aime pas répondre aux questions direct et je sais que ce n'est pas non plus ton habitude de les poser ainsi. Mais comment pourrais tu comprendre? Comment pourrait tu comprendre le pourquoi... et après tout qu'importe pourquoi, je suis là, c'est tout, tu devra faire avec, je n'ai pas l'intention de m'en aller, et si tu veux réellement que je m'en aille, alors tu devra t'opposer à moi et me battre lors d'un combat. Belhys, ne cherche pas à savoir pourquoi, ne cherche pas à comprendre pourquoi j'agis de tel ou tel manière..."

Je m'arrêta quelques instant et regardai mon interlocutrice à nouveau, je leva ma main droit à hauteur de mon plastron, la voix et le ton sur lequel je venais de parler à Belhys était le ton d'un homme perdu, perdu dans le passé, dans un monde duquel il n'arrivait pas à se sortir, duquel, il ne voulait pas partir... de ma main droite je fis jaillir une flamme, une simple flammèche, noire comme l'ébène et dans ma main gauche je concentra quelque cristaux de glace noire qui restaient en suspension dans ma paume. Je combina mes deux mans et alors que toute chse semblait impossible, lorsque je les rouvrit après les avoir comprimés, un diamant de glace mauve avec en son sein une flamme noire vivante... il était de totue beauté, et pourtant... je le jeta dans la cascade juste derrière moi. Alors je repris la parole...

"Je suis capable de créer ce que l'imagination des simples hommes n'est pas en mesure de concevoir, je peux construire chaque chose à l'aide de mon pouvoir, je peux endormir toute vie à jamais avec le parfum de ma fleur, le parfum de l'Alraune. Belhys, j'ai parcouru la terre pendant plus de trente années de mon vivant, et je parcours les enfers depuis siècles à présent. Je suis sans âge, l'un des plus vieux serviteur de sa majesté Hadès et je n'ai jamais réussis à créer la vie aux enfers... nous sommes condamnés à la mort. Même nous les spectre de son éternelle majesté. Pourquoi t'es tu mise au service de sa majestée Belhys, pourquoi as tu choisis de faire régner la mort sur le monde?"

Je n'attendis pas sa réponse, mon ton était calme et doux, mes yeux brillaient calmement comme une lueure au sein du monde des ténèbres, mais pourtant j'étais certaiement celui de spectres qui avait le moins de vie en lui, mon coeur avait cessé de battre, mon corps était plus froid que le cocytus, tout comme mon cosmos. Seuls mes yeux, mes deux yeux émeraude faisait de moi un homme vivant... les yeux... le reflet de l'âme... Je lui désigna alors le sympadus...

"Vois tu cette arbre en haut de la cascade? Sais tu ce que c'est? Probablemet oui, le sympadus, l'arbre de vie des enfers. Mais dis moi Belhys... dis moi, de quelles couelurs est il? de quel couleur sont ses feuilles, ses fruits, son écorce?"

L'arbre, comme le reste des enfers, avait de nombreuses et différentes couleurs, mais je ne le voyait pas, depuis ma mort, les siècles ont passés et je ne distingue plus les couleurs, tout est noir, blanc ou rouge sang... je ne voyais rien d'autre, aucune couleur de la vie...
Je fis un léger sourire à Belhys et murmura...

"J'ai toujours voulu le savoir... comme toi tu veux savir pourquoi je t'ai suivis... tout simplement parceque je n'aime pas que les choses se répètent. Mais dis moi Belhys pourquoi es tu... triste?"

Je m'assis alors sur une des pierres en bas de la cascade, trempant mes pieds dans le sang des morts qui s'écoulait là... le sang de tout lesmorts des enfers...
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Belhys

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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Lun 8 Sep 2008 - 12:18

C'était déroutant pour la veuve noire à l'ouïe fine de devoir entendre tous ces cris de désespoir, comme une myriade de requiems qui lui parvenaient sans cesse aux oreilles. La tristesse qui s'en dégageait était effrayante, une sorte de résignation à leur sort et de souffrance incommensurable que personne qui ne l'avait déjà ressentie ne pouvait comprendre complètement. Elle attendait que Belgarath réponde enfin à sa question abrupte, ce qui n'était pas habituel certes, mais il fallait considérer que maintenant qu'ils étaient seuls pour une fois, ils pourraient parler franchement sans faire de détours, car personne ne viendrait les déranger ici en cet endroit désert, si ce n'est bien évidemment par les morts qui ne constituaient aucune menace. Ses yeux écarlates balayaient l'horizon, enregistrant mentalement chaque détail dans sa mémoire si exercée. Elle sentait que désormais cet endroit prendrait une importance particulière pour elle, car les lieux se montraient propices à la réflexion et l'isolement.

"Pourquoi je suis venu? Oui... pourquoi... je n'aime pas répondre aux questions directes et je sais que ce n'est pas non plus ton habitude de les poser ainsi. Mais comment pourrais tu comprendre? Comment pourrait tu comprendre le pourquoi... et après tout qu'importe pourquoi, je suis là, c'est tout, tu devra faire avec, je n'ai pas l'intention de m'en aller, et si tu veux réellement que je m'en aille, alors tu devra t'opposer à moi et me battre lors d'un combat. Belhys, ne cherche pas à savoir pourquoi, ne cherche pas à comprendre pourquoi j'agis de telle ou telle manière..."

Elle aurait du s'y attendre, elle n'aurait non seulement aucune explication mais en plus il lui parlait avec arrogance... Les hommes ne changeraient donc jamais. Cette auto-suffisance lui faisait horreur, surtout qu'il se permettait d'imposer sa présence avec la plus grande naturalité, pour après invoquer des raisons personnelles. La menace sous-jacente à ses propos l'irrita de plus belle, car il était persuadé qu'elle le craignait tout juste parce qu'elle essayait de comprendre ce qui le poussait à vouloir l'aider alors qu'elle ne lui avait rien demandé. Elle s'en fichait de savoir pourquoi il était devenu aussi froid et fermé, car elle même ne comptait pas s'épancher sur le sujet pour l'instant. Belhys avait l'impression de s'être engagée sur un champ miné sans avoir rien fait pour ça, et ne put s'empêcher de froncer un sourcil, ironique. Pourtant le ton employé contredisait la dureté des paroles, ce qui lui fit entrevoir la même amertume qui l'accompagnait.

- Je croyais que tu avais compris que les menaces glissent sur moi comme le vent... C'est inutile. Quant à tes raisons, je les respecte... Mais je ne t'ai pas demandé de me raconter la raison de ta présence aux Enfers, simplement j'aimerais comprendre pourquoi tu me suis. Je pense que c'est légitime, et cela même toi peux le comprendre. Je n'ai pas l'habitude d'être accompagnée...

L'impression d'en avoir trop dit l'assaillit, mais quoi qu'il en soit le mal était fait... Elle avait déjà exprimé le fond de sa pensée en toute sincérité. De son vivant elle n'avait jamais eu pour compagnie que celle de sa soeur et celles d'autres femmes, mais même ces dernières elle les avait fuies comme la peste, étant une solitaire née et préférant se réfugier dans son monde intérieur, dans sa coquille protectrice ou seule sa petite frangine était tolérée. Ici dans le Monde Souterrain elle avait parfois du côtoyer différents Spectres, mais jamais aucune collaboration n'avait duré aussi longtemps que la présente avec l'Alraune. Il avait été le seul à qui elle ait permis un minimum de proximité morale, bien que celle ci soit relative et augmentée par les circonstances de guerre.
Aux bruits particuliers et l'odeur de magie, L'Empoisonneuse se tourna vers son interlocuteur et contempla le tour de passe-passe, petits événements ponctuels qui devenaient habituels. Un superbe bijou en forme de larme apparut dans sa main, mais n'y resta guère longtemps car il le jeta au loin, le laissant couler près de la cascade. Son geste était plus intrigant que bizarre, car depuis certaines épreuves elle avait rapidement réalisé que les choses matérielles n'avaient pour lui aucune importance. Était ce pour cela qu'il lui avait offert ce bijou qui trônait toujours autour de son cou délicat, pour lui prouver qu'elle était aussi futile que tout ce qui pouvait s'acheter ou se matérialiser? Ses conclusions furent brusquement interrompues par l'Alraune qui se parlait plus à lui même qu'il ne s'adressait vraiment à Belhys.


"Je suis capable de créer ce que l'imagination des simples hommes n'est pas en mesure de concevoir, je peux construire chaque chose à l'aide de mon pouvoir, je peux endormir toute vie à jamais avec le parfum de ma fleur, le parfum de l'Alraune. Belhys, j'ai parcouru la terre pendant plus de trente années de mon vivant, et je parcours les enfers depuis siècles à présent. Je suis sans âge, l'un des plus vieux serviteur de sa majesté Hadès et je n'ai jamais réussis à créer la vie aux enfers... nous sommes condamnés à la mort. Même nous les spectre de son éternelle majesté. Pourquoi t'es tu mise au service de sa majesté Belhys, pourquoi as tu choisis de faire régner la mort sur le monde?"

Guère surprise par le contenu de sa tirade, la jeune femme ne broncha même pas en ce qui concerna la déclaration de ses pouvoirs particuliers. Chaque spectre détenait une puissance qui lui était particulière, et elle avait bien conscience de l'intensité de la Magie de Belgarath. De son côté elle gardait pour elle sa sombre maîtrise des poisons, l'art de faire mourir dans le plus doux des sommeils comme par une lente agonie aux douleurs inimaginables... La capacité de manipuler n'importe quel poison et d'en produire n'importe quel antidote... Tout comme la résistance aux conditions difficiles et l'endurance de la Veuve Noire. Enfin il est vrai qu'il soulevait là une vraie question, à laquelle elle n'avait pas de réponse particulière.

Rien ne pouvait expliquer ce choix du Sombre Monarque, celui qui était l'être le plus riche parmi les deux mondes confondus... A ses yeux elle n'avait à cette époque aucune pré-disposition pour mener un quelconque combat. Elle n'aimait pas rester oisive il est vrai, mener ce train-train de vie en compagnie de l'ennuyeuse cour royale ne l'avait jamais vraiment intéressée. Sa carrure avait toujours été ferme et athlétique, mais dans un monde indubitablement contrôlé par les hommes, elle n'avait aucun moyen si ce n'est la ruse traîtresse pour mener ses projets à bien. Peut être était ce parce qu'elle avait ce désespoir, cette rage de vivre et cette volonté de vaincre malgré tous les obstacles... Elle ne saurait jamais pourquoi elle avait été élue parmi tant d'autres, elle qui n'avait jamais été croyante et encore moins pieuse, n'étant pas fidèle à une quelconque religion ou autre croyance de cet acabit. Comment à son époque aurait elle pu croire à des entités invisibles qui jamais ne s'étaient montrées miséricordieuses à son égard? Comment croire seulement à leur existence?

Certes elle avait eu tort sur ce point, les Dieux existaient bel et bien... Mais en effet il ne fallait s'attendre à aucune gratitude de leur part, même ceux que l'on servait... Ils étaient bien trop concentrés sur leurs propres jeux d'intérêts pour s'occuper des simples mortels. Qu'importe. A présent elle avait une occupation, une cause pour laquelle se battre même si elle n'était pas personnelle. Au moins elle servait celui qui pour une raison ou pour une autre - quelle qu'elle soit - l'avait choisie, ce qui au moins à défaut de faire d'elle quelqu'un d'épanoui, avait le mérite de la distraire et de la faire évoluer pour devenir toujours plus endurcie et plus redoutable.
S'asseyant sur un rocher qui bordait le Lac Sanguin, elle trempa à son tour ses pieds à la blancheur laiteuse dans ses eaux, le regard au loin. Lorsqu'elle lui répondit, sa tête était trop prise par diverses autres tâches que celle de donner une réponse politiquement correcte:


- J'ai également sillonné les Enfers depuis des siècles... Je peux affirmer sans me tromper que tu as vécu à une époque encore plus lointaine que moi, mais je pense qu'après 500 ans d'ennui, quelques siècles n'y changeront plus rien... La mort est depuis trop longtemps notre compagne que pour que nous puissions tout juste l'ignorer. En réalité c'est Hadès qui m'a proposé ce pacte et non l'inverse... Il m'a tout simplement accordé une autre vie et j'ai accepté de le servir en échange. Je ne suis en réalité jamais décédée... Même si je te rassure, j'ai connu les douleurs d'une mort violente mieux que quiconque. Et qu'en est il de toi?

Elle gardait sur ses traits sombres l'introspectivité que lui avait causée cette question pointilleuse. Elle désirait toutefois en connaître davantage sur ce personnage aussi solitaire qu'elle, afin de glaner des informations qui lui permettraient de mieux le comprendre. De son côté elle avait tâché que sa réponse n'en dévoile pas trop sans pourtant lui mentir... Il ne méritait pas ce manque de respect, mais en dévoiler de trop reviendrait à s'exposer à de trop grands dangers, des périls qu'elle n'était pas prête à affronter. La brise légère faisait onduler les voiles de zibeline qui ornaient sa parure, la Demoiselle ne s'encombrant pas de son surplis pour le moment, car elle n'en voyait pas l'utilité. Ses yeux fixaient le sang carmin comme si elle s'y noyait, filant parfois à l'horizon sans vraie destination.

"Vois tu cette arbre en haut de la cascade? Sais tu ce que c'est? Probablement oui, le sympadus, l'arbre de vie des enfers. Mais dis moi Belhys... dis moi, de quelles couleurs est il? de quel couleur sont ses feuilles, ses fruits, son écorce?"

L'existence de cet arbre la rendait encore plus amère. Il lui semblait crevant pour les yeux qu'il était une sorte de personnification d'Hadès en ces lieux... La sangsue qui se nourrissait des souffrances des mortels pour exister et qui l'exploitait afin d'en tirer la puissance. Non elle n'avait aucune dévotion envers le Dieu, c'était quelque chose de tout à fait clair à ses yeux... Elle avait uniquement une sorte de dette car cette nouvelle vie lui était due malgré tout, mais inévitablement la vision qu'elle en avait s'en retrouvait déformée. Tout comme apparemment l'était la vue de Belgarath qui lui posait une question visiblement anodine, mais qui semblait dissimuler une profondeur insoupçonnée. L'arbre de vie du plus sombre ébène semblait aussi la regarder de sa hauteur sanguine, comme la narguant irrémédiablement pour sa bassesse.

- J'en ai entendu parler, effectivement. Son tronc et ses feuilles sont noires comme les ténèbres elles-mêmes, tandis que ses fleurs sont du blanc le plus immaculé. Un vrai paradoxe de vie et mort en cet endroit maudit... Pourquoi cette question?

Aucune moquerie dans cette question, pas plus que de la méfiance... Seulement beaucoup d'incompréhension et de curiosité... Les pouvoir de l'arbre lui conféraient ils des couleurs différentes selon l'observateur? Du moins à cette distance sa vue perçante ne distinguait rien de plus que ce qu'elle lui avait décrit rapidement, de son style lapidaire et précis. Son regard se promenait toujours de droite à gauche, gardant l'Alraune dans son champ de vision, malgré son air distrait.

"J'ai toujours voulu le savoir... comme toi tu veux savoir pourquoi je t'ai suivis... tout simplement parce que je n'aime pas que les choses se répètent. Mais dis moi Belhys pourquoi es tu... triste?"

Ne pas laisser les choses se répéter? Mais de quoi parlait il... Belhys avait la fâcheuse impression d'être en décalage par rapport au présent... Comme si on avait oublié de lui mentionner quelque chose de très important. Cela la frustrait énormément mais elle savait bien qu'elle ne pouvait rien faire activement pour que les choses changent... Et cette manière qu'il avait de s'enquérir sur sa "tristesse" étaient assez particulière, car il dérogeait ouvertement à la règle tacite qui stipulait qu'il leur fallait un minimum de distance entre eux. Autant la distance physique ne dérangeait pas la Veuve Noire, autant cette certaine frontière psychologique était nécessaire pour elle. Elle ne devait pas s'engager d'une quelque manière que ce soit dans ce domaine, ce serait trop périlleux... Mais il en soulevait de bonnes questions... Auxquelles elle n'avait absolument aucune réponse. Cette tristesse elle l'avait toujours eue, toujours transportée en elle depuis son plus jeune âge, lorsqu'elle perdit sa mère de manière violente et que la sévérité et la froideur prit toute la place dans sa vie et son coeur.

- Quelles choses? Je ne comprends pas pourquoi toute cette soudaine volonté de protection... Quant à moi je ne suis pas "triste", c'est juste qu'il s'agit de mon état normal, bien qu'il puisse ne pas plaire...

Incapable de dire quoi que ce soit d'autre, l'Étoile céleste du Poison regardait l'ex prêtre d'Hadès tremper ses pieds dans la mare, comme on prend plaisir à ressentir un plaisir simple au quotidien... Cette discussion était fructueuse mais également bizarre... Elle n'aurait pas cru qu'il aurait accepté aussi facilement de bavarder et s'écarter momentanément de ses fonctions... Bien que par moments elle ait tout juste envie de l'étrangler pour son arrogance. Mais une chose était sûre, la seule chose qui lui ferait plaisir, la seule chose qui puisse un peu égayer les choses pour le moment... c'était de comprendre qui était cette Anïa avec qui il l'avait confondue, ce qui aurait pu en d'autres circonstances lui coûter la vie...

- Pourrais je savoir qui est cette Anïa pour qui tu m'as prise pendant ton délire en Asgard? Je n'aime pas poser des questions aussi personnelles, mais c'est toi même qui m'as promis de le dévoiler en dédommagement...

Ses mains plongées dans le sang, celles-ci devenaient à moitié poisseuses et laissaient le liquide maudit filer entre ses doigts fins et agiles, les colorant de rouge vif... Elle avait déjà fait couler tant de sang... La mort administrée au départ par besoin était devenue ensuite une simple routine au même titre que manger ou dormir... Presque aussi naturelle que respirer. Ici la Faucheuse était le lot du quotidien, indissociable de leur permanence aux Enfers... Et même si elle avait droit à cette nouvelle opportunité, rien ne pouvait calmer la colère intérieure qui l'avait animée depuis l'assassinat de la seule personne qu'elle eut aimée, la seule qui l'accepte pour ce qu'elle était... D'où à présent la rancune envers l'espèce humaine toute entière, et vers les mâles en particulier. Jamais elle ne pourrait connaître l'Amour, seule émotion qui serait peut être capable d'apaiser cette rage inextinguible... ce vide énorme dans sa poitrine. Mais elle n'en voulait pas,... Elle n'en avait pas besoin. Son masque de neutralité remis en place, elle semblait toujours aussi absente, immergée dans les profondeurs sanguinolentes de cette mare sans fin.
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Lun 29 Sep 2008 - 21:31

Voilà bien longtemps que Belhys avait répondu à certaine de mes interrogations, longtemps, trop longtemps peut être, je ne savais pas, j’avais perdu toute notion de temps, je regardais sans rien faire d’autre le simpadus des enfers, cet arbre intriguant et fantasmatique, cette arbre de vie au milieu du monde des morts. Elle me répondit en premier …

« Je croyais que tu avais compris que les menaces glissent sur moi comme le vent... C'est inutile. Quant à tes raisons, je les respecte... Mais je ne t'ai pas demandé de me raconter la raison de ta présence aux Enfers, simplement j'aimerais comprendre pourquoi tu me suis. Je pense que c'est légitime, et cela même toi, tu peux le comprendre. Je n'ai pas l'habitude d'être accompagnée... »

Des menaces ? Où donc l’avais je menacée ? Je savais que Belhys était sensible à tout cela, oui je savais que j’étais plus puissant qu’elle, mais après tout, c’était normal, j’étais aux enfers et j’arpentais le monde depuis de bien plus nombreux siècles qu’elle. Je la regardais, calmement, mon regard se détacha du simpadus infernal pour me tourner vers celui de Belhys, la belle veuve noire ne portait pas son surplis, je venais de le remarquer, son corps était mis en valeur par ses nombreux atouts et ses vêtements, mais tout comme les menaces glissaient sur elle, la beauté des choses et des êtres glissaient sur moi. Ma voix lui répondait, mon ton redevenait plus grave et sur de lui et pourtant… je ne l’étais pas, depuis bien longtemps…

« Suis-je vraiment là Belhys ? Je ne cherche pas à te faire douter, mais je doute, mon corps est mort depuis des siècles, mon cœur ne bat plus, mon sang ne circule plus, seule mon âme maintient cette chaire en place. Je ne suis qu’une âme Belhys… serais je un fantôme ayant pour mission de te suivre jusqu’à la fin ? Pourquoi je te suis ? Parce qu’il le faut, je te l’ai dis, je viens d’un passé plus lointain que le tien, tu connais un futur que je ne connais pas, mais j’ai vu le passé comme tu ne pouvais le voir et je sais que je dois être avec toi. »

Elle éprouva également la volonté de plonger ses mains dans le sang de la cascade, en quelque sorte une sorte d’exutoire, laver une partie de nos crimes ? Demander le pardon ? Ce n’était pas notre genre, même Belhys qui était moins démonstrative que moi dans les actions violentes, préférant une mort par le poison alors que j’aimais les morts violentes faisant souffrir le martyr à mes victimes comme je l’avais vécu, par le passé…

« J'ai également sillonné les Enfers depuis des siècles... Je peux affirmer sans me tromper que tu as vécu à une époque encore plus lointaine que moi, mais je pense qu'après 500 ans d'ennui, quelques siècles n'y changeront plus rien... La mort est depuis trop longtemps notre compagne que pour que nous puissions tout juste l'ignorer. En réalité c'est Hadès qui m'a proposé ce pacte et non l'inverse... Il m'a tout simplement accordé une autre vie et j'ai accepté de le servir en échange. Je ne suis en réalité jamais décédée... Même si je te rassure, j'ai connu les douleurs d'une mort violente mieux que quiconque. Et qu'en est-il de toi? »

Belhys ne savait pas réellement ce qu’elle venait de dire… sillonné les enfers ? Non… impossible avait-elle retourné chaque pierre de chacune des prisons infernales, de chaque recoin, tel que je l’avais fais ? Cela m’amusait finalement, j’esquissais un léger sourire, une mort violente… oui, mais connaissait-elle la mort après la mort, ce sentiment de vide intérieur, ce manque… ? Et ces voix, ces maudites voix dans la tête qui viennent et reviennent sans cesse vous accuser, vous condamner, vous reprocher… Toutes ces demandes à l’aide pour lesquelles vous n’avez rien à faire et qui pourtant sont là. Je ne regrettais aucun de mes gestes, aucun de mes crimes alors pourquoi ces voix ? Pourquoi ces cris, ces larmes, ces pleurs me donnaient par moment le même nom… celui d’Anïa ? Je regardais dans la direction de Belhys, le sang, elle le regardait couler comme quelque chose qui l’obnubilait. C’était vrai qu’il y avait quelque chose d’impressionnant, même pour moi, dans cette cascade. Je fixais à nouveau le simpadus avant de tourner à nouveau mon regard vers Belhys et lui répondis d’une voix claire et calme. Mais quelque chose disait que j’étais perdu dans mes pensées, dans mon monde…

« Je ne vois plus le futur depuis ma mort Belhys, je vis dans le passé et je le sais, et on me le rappelle assez régulièrement, plus rien ne changera pour moi désormais, mon futur est mon passé, je ne vis plus aucun moment. Le fait que tu ne sois pas morte t’apporte un grand avantage par rapport à moi, c’est que ton cœur et ton âme ne sont pas froids, bien qu’ils puissent paraitre le contraire. Si notre Seigneur et maître t’a proposé ce pacte c’est qu’il attend quelque chose de toi, moi-même j’ignore quoi, peut être est ce d’une importance capitale ou une chose qui peut nous paraitre infime, mais nous ne le saurons que lorsque tu l’auras accomplie, moi-même je n’en sais pas plus que cela soit pour toi ou pour moi. Ce qu’il en est de moi… j’ai demandé à notre Seigneurie de me faire revivre, quelques heures, en échange je lui offrais ma servitude éternelle, voilà tout ce que tu as besoin de savoir, j’ai fais ce que j’avais à faire grâce à sa majesté, ainsi ma mort et mon âme lui appartiennent, à jamais, même après que ma tache soit accomplie. Ainsi il a été conclu »

Puis Belhys regarda l’arbre alors que je venais de lui demander comment il était, de quel couleur, de sa réponse, allait dépendre beaucoup de choses… le simpadus, je le trouvais magique, comme moi, avait elle décider que son repos éternel serait à cet endroit ?

« J'en ai entendu parler, effectivement. Son tronc et ses feuilles sont noires comme les ténèbres elles-mêmes, tandis que ses fleurs sont du blanc le plus immaculé. Un vrai paradoxe de vie et mort en cet endroit maudit... Pourquoi cette question? »

A sa réponse me regard quitta le simpadus, noir et blanc… non, elle n’aurait pas aimé, elle n’aimait pas le noir, ni le blanc d’ailleurs, ce qu’elle aimait c’était la lumière, un monde baigné de lumière et de couleurs, plus différentes les unes que les autres, plus brillantes, plus belles, plus vivantes les unes que les autres…

Alors je levais mes yeux vers le ciel, certainement un réflexe de mon ancienne vie qui avait la vie dure, car le ciel des enfers ne menait à rien d’autre, sinon au désespoir…

*ho Anïa pardonne moi… pardonne moi de ne pas t’avoir trouvé, pardonne moi de t’avoir entrainé dans ma chute, pardonne moi de t’avoir aimé… j’espère que tu vas bien là où tu te trouves, et j’espère surtout que tu ne me vois pas, que tu ne vois pas ce que je suis devenu*

Mais malgré ces pensées tristes de toutes choses, ces pensées qui auraient put faire s’effondrer le plus humain de tous les colosses, rien ne se trahissait sur mon visage, non absolument rien, hormis une douce mélancolie qui animait perpétuellement mon âme, alors je répondis à Belhys, sur une voix normale et calme, une voix grave et dénuée de tout, en lui désignant de mon index gauche, mes yeux qui la regardaient…

« Ma vue Belhys, je suis mort, et les morts ne voient plus le monde de la même façon. Je vais te livrer un secret Belhys, je ne vois pas les couleurs, je ne vois pas le monde. Je ne suis pas aveugle, non, mais aucune des couleurs que j’ai connues lorsque j’étais humain ne s’engouffre à nouveau dans mes pupilles. Je te vois, je vois le monde, mais les couleurs ne sont pour moi qu’un vague souvenir… hormis… une seule… le rouge, tout ce qui m’entoure est teinté de rouge comme le sang. De la plus claire des eaux en passant par la plus blanche des neiges, pour cela, tout n’est que concept à mes yeux car tout est rouge, tout est sang… »

Je balayais alors le visage de Belhys et lui esquissais un sourire…

« Tu dois avoir un beau visage, tu devais faire tomber beaucoup d’hommes de ton vivant et je sais que dans ta mort tu continues à user de ton charme et de ta séduction. Ne t’inquiète pas, je sais que tu n’es pas une succube et je ne te compare pas à elles, tu es bien différente de Morrigan et même de celle qui lui a succédé. Elle n’a pas le talent de Morrigan soit dit en passant, mais elle arrivera à servir sa majesté, j’en suis sur, les hommes sont bien trop bêtes pour voir autre chose que de la chair offerte dans les belles femmes. L’esprit, voilà la seule chose qui compte… mais toi, tu as quelque chose en plus de ton esprit, tu es quelqu’un de bien Belhys, oui, tu sers extrêmement bien l’ombre que nous sommes. Oui, tu as un beau visage… dommage qu’il ne soit que rouge… elle avait quelque chose comme toi, une chose que l’on ne peut effacer. Comme ce collier autour de ton cou, tu es aussi résistante que lui, oui Belhys… je ne l’ai pas oublié, je n’oublie aucun des cadeaux que je fais car c’est pour moi le gage de beaucoup de choses. Je peux créer ce que je souhaite et les choses matérielles ne sont que peu à mes yeux, mais lorsqu’elles ne sont plus entre mes mains, lorsque je les ai offertes alors, tout comme leur porteur, elles sont sous ma protection. »

En cette tirade je venais d’apprendre beaucoup de choses à Belhys, mais également poser beaucoup de questions, j’étais en proie à une mélancolie intense, mais pourtant mon cœur ne ressentait rien, non, seule mon âme était en proie à cela, mais mon visage était dur et restait dur, inflexible, comme au premier jour que Belhys m’avait vu, mes mots étaient en total contraste avec mon visage et mon allure, éternellement noble et digne. Autant Kyrian faisait de moi quelqu’un d’insouciant et je n’appréciais pas tellement cela, même si j’oubliais un instant mon lourd passé. Avec Belhys, c’était différent, nous étions deux êtres torturés par nos passés respectifs et quelque part, sans nous en parler l’un l’autre, nous nous comprenions, et même si nos dires étaient ceux de personnes qui ne désiraient pas être ensemble, quelque part cela nous calmait, cela nous faisait réfléchir sur l’autre plutôt que sur nous même, une sorte d’évasion de nos esprits et même pour moi qui parlais de moi cela m’apaisait, enfin, quelque peu…

« Quelles choses? Je ne comprends pas pourquoi toute cette soudaine volonté de protection... Quant à moi je ne suis pas "triste", c'est juste qu'il s'agit de mon état normal, bien qu'il puisse ne pas plaire... »


Mes pieds trempaient dans le sang qui coulait au pied de la cascade, sur mon surplis, mais je ne voulais pas salir ce cadeau d’Hadès qui recouvrait mon corps, ainsi je me remis debout sur la pierre où je me trouvais et je concentrais mon cosmos et claquais des doigts, alors le lac de sang fit un petit tourbillon au niveau de mes pieds et son niveau baissa, je pus me rasseoir convenablement sans que mon surplis que je trouvais de toute beauté ne sois plus souillé du sang des morts. Je me tournais alors vers Belhys…

« Certaines choses, des choses du passé, des choses de mon monde, des choses qui tournent, encore et encore comme ce tourbillon, aspirant vers le fond le dessus le ramenant dans le vortex du passé. Tu parles de soudaine volonté de protection… que t’ai-je promis en Asgard ? Je t’ai dis que tu pouvais compter sur moi, que je serai là. Il fut une fois… non… oublie cela. Tu dis que tu n’es pas triste, Belhys chacun des spectres de sa majesté a une tristesse en son cœur, le manifestant chacun à sa façon, Kyrian, par exemple, le phénix noir, il le cache dans l’humour et la joie, tu le caches sous ton voile et moi… hum… moi… oublie moi. Belhys… certaines personnes sont plus tristes que d’autres, je l’admets, mais n’y a-t-il aucune joie qui pourrait tirer de ton visage un sourire ? »
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Lun 29 Sep 2008 - 21:31

Alors que je posais cette phrase, les voix revenaient dans ma tête, je pris alors une cigarette et l’allumais, et les voix se calmèrent une nouvelle fois je regardais Belhys…

« Je suis désolé, ça calme tout ce que j’ai dans ma tête. Tu sais, quand on réfléchit trop ça fume, pour moi, ça se voit à l’extérieur »

Je lui esquissais un sourire, un vrai sourire comme je n’en avais pas esquissé depuis longtemps, la plaisanterie n’était pas mon fort et je n’en avais jamais fais avec Belhys, mais après tout, pourquoi pas, ce n’était pas à son encontre mais à la mienne, afin de masquer toutes ces voix dans ma tête.

« Ça ne te dérange pas ? Nous sommes en plein air et il n’y a pas de vent, ou très peu, je sais que c’est dérangeant pour certains, les autres peu m’importe, mais toi, c’est différent, ça a toujours été différent. Après tout, tu lui as toujours ressemblée… »

Je concentrai alors mon cosmos et une bulle d’air m’entourait, ou plutôt entourait chacun de mes nuages de fumées pour les emmener au loin, n’importunant pas ce lieu de paix.

« Pourrai-je savoir qui est cette Anïa pour qui tu m'as prise pendant ton délire en Asgard? Je n'aime pas poser des questions aussi personnelles, mais c'est toi même qui m'as promis de le dévoiler en dédommagement... »

A cette phrase, au son de la voix de Belhys je m’arrêtais net… entendre le nom d’Anïa de la voix d’une autre personne que moi, c’était… non impossible, qu’est ce que cela provoquait en moi… mon cosmos, il augmentait, les quatre boules de cosmos m’entourant habituellement ressortirent et se matérialisèrent de nouveau. Mais mon visage restait toujours figé, éternellement figé. Je n’entendais plus rien, je ne voyais plus rien, seul le nom d’Anïa se répercutait sans cesse dans mon esprit par la voix de Belhys. Mais un je ne sais quoi, comme une lueur qui se fit dans mon âme qui retint au dernier moment mon cosmos alors ma voix qui habituellement était si douce et grave se mua en une énorme voix caverneuse qui résonna dans toute la cascade…

« Assez !!! »

J’avais hurlé ce mot et alors toute la cascade qui s’était mise à bouillonner, le simpadus à trembler, et le lac à s’évaporer par ma magie et ma chaleur, mais lorsque j’hurlais tout ce calmais et je revins à mon état normal en quelques secondes, ma magie se remettant à l’intérieur de mon corps. Je regardais Belhys, mon regard était redevenu normal, et je fis comme si rien ne s’était passé, je lui tendis seulement ma canne, pressant le pommeau de cette dernière sur la paume de la veuve noire…

« Viens avec moi »

Je nous téléportais non loin de là, jusqu’en haut de la cascade qui s’était calmée, au pied du simpadus, l’arbre était immense, il était là depuis que les enfers avaient été créés, après lui, j’étais l’être le plus vieux des enfers. Je parcourus son tronc de ma main, c’était le seul avec qui le contact aux enfers m’était aisé, il était comme moi, nous avions vieilli ensemble lui et moi, depuis mon arrivée aux enfers. Je le parcourrai de toutes parts pour finalement me tourner vers Belhys…

« C’est le seul être plus vieux que moi aux enfers, les Dieux mis à part, bien entendu, je l’ai toujours connu et je pense qu’il persistera après moi, lorsque ma tache sera accomplie, lorsque mon âme sera entièrement à Hadès. Sais-tu ce que représentent ces fruits ? Je vais te donner un indice, ils sont 108. C’est un arbre différent de tous ici, même d’Hadès, car il est la vie en ce lieu, mais Anïa ne l’aurait pas aimé, non, pas du tout, comme toi tu ne l’aimes pas. »

J’esquissais un sourire, je venais de prononcer le nom d’Anïa de mon plein grès à Belhys, j’avais rangé ma canne à ma ceinture, je n’avais que mon surplis sur moi, plus de manteau, plus de cape, plus rien, mais mon casque n’était pas sur ma tête, mes cheveux bruns pouvant se détendre sur le mauve du surplis.

« Elle n’aurait pas aimé, que je te parle d’elle dans cette tenue… »

Alors sur mon surplis se mit une toge blanche, d’une blancheur immaculée avec à ma taille une ceinture de corde noire où était ma canne, mon surplis avait disparu sous cette toge mais pourtant on ne pouvait le voir, et je ne l’avais pas retiré pour autant, encore une illusion de ma part, si bien que le corps que Belhys pouvait deviner sous cette large toge n’était pas réellement le mien, je n’avais pas de corps propre, en tout cas, pas tant que je porterais mon surplis… mais pourquoi ai je cette sensation qu’il devient trop petit pour moi ? Mon pouvoir… il augmente plus qu’à l’habitude, pourquoi, que m’arrive t il encore ? Est-ce toi Anïa ? Toi qui me fais subir cette épreuve ? Ou est ce vous, Hadès sama ? Belhys ? Non, impossible, ce n’est pas elle, elle n’a pas assez de pouvoir pour cela… mais alors qui ? Et ce médaillon sous mon surplis, autour de mon cou qui est apparu… ai je à nouveau le pouvoir de m’en servir ? Comme autrefois ? Je m’assis au pied de l’arbre, en m’appuyant sur ma canne, et laissa cette dernière entre mes jambes, appuyant mes deux mains sur le pommeau… mon regard porta alors vers Belhys, avec un petit sourire en coin, et un petit rire, comme si elle avait réussi à me coincer, qu’elle avait gagné et que je devais payer le gage du jeu auquel nous nous étions livrés…

« C’est vrai… je te l’avais promis… je suis un homme d’honneur et je ne reviendrais pas sur ma parole. Asgard m’a changé Belhys et quelque part, toi aussi, tu as été la première à retoucher mon corps depuis que je suis mort et cela a réveillé en moi des souvenirs enfouis depuis très longtemps. Tu n’as jamais connu l’amour Belhys, n’est ce pas ? Je le vois dans tes yeux depuis que nous nous sommes rencontrés… moi j’ai la chance de l’avoir connu, alors que j’étais humain, mais parfois j’aurais aimé ne pas l’avoir connu… j’aurais préféré mourir seul. Tu voulais savoir qui est Anïa… c’est… c’était… ma femme. »

Voilà, elle voulait savoir qui était Anïa, je venais de lui répondre, sans plus de détail, elle ne m’avait pas demandé de lui raconter ma vie, et de toute façon je ne lui aurais pas dit, elle voulait des réponses, elle devrait poser des questions, ce qu’elle déteste certainement autant que moi, nous étions à un jeu partout, j’avais gagné cette deuxième manche. Mais le ton que j’avais employé était quelque peu mélancolique, mais mon expression, toujours aussi noire, toujours aussi neutre, toujours aussi « Belgarath ». Mais ma puissance augmentait, de manière croissante et permanente, non agressive, mais toujours perceptive par Belhys…
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Ven 3 Oct 2008 - 19:19

Les mains assassines et pourtant si délicates enfouies dans cette mare funeste dessinaient d'invisibles arabesques, tandis que les quelques voiles la protégeant des courants d'air étaient légèrement agités, découvrant momentanément le corps bien fait mis en valeur par des vêtements sensuels et quelques perles dans les cheveux. Ce n'était guère une parure de reine ni même le panache coutumier chez les Demoiselles qui comme elle étaient de ferventes amantes de la séduction... seulement des atours habituels dans les teintes sombres qui étaient loin de la vulgarité.
Semblant la tête ailleurs, emmenée loin par les nombreuses pensées qui effleuraient continuellement son esprit, Belhys était immergée dans les profondeurs de cette étendue sanguine. Son âme torturée méritait cette damnation éternelle, elle le savait. Pourtant le destin en avait décidé autrement en la rendant à la vie en cette amère existence qui l'amenait à suivre le ténébreux souverain sans aucune conviction réelle. Pourquoi continuait-elle? Pourquoi poursuivait-elle cette vie de meurtre et de vice au lieu de mettre fin à cette errance séculaire? Sa soeur n'était plus. Elle avait perdu son seul ancrage avec le monde réel, son seul espoir, son seul élément moteur qui était également sa seule raison de vivre.

Plus jamais elle ne pourrait ébouriffer les cheveux d'Inès, contemplant le sempiternel sourire espiègle qui dansait sans cesse sur ses lèvres de jeune fille dans la fleur de l'âge. Plus jamais elle ne jetterait de regard réprobateur lorsqu'elle dirait une plaisanterie inadéquate pour femme qui côtoyait la cour royale. Désormais elle irait sur ce chemin aux abscons sentiers sans elle pour éclairer ses pas. Telle une Ombre privée de son image originelle, Belhys n'avait plus de raison d'exister. Pourtant à présent elle continuait sans trop savoir pourquoi... Belgarath avait sans le vouloir apporté un petit quelque chose de différent à sa morne routine. Une présence masculine peut être, difficile à dire avec certitude. Mais ce qui était certain c'était qu'elle avait subtilement mais irrémédiablement changé. Elle demeurait toujours aussi froide et naturellement hostile envers le sexe opposé, l'Excentrique demeurant le seul mâle qu'elle semblait tolérer. Cependant elle ne saurait trop dire pourquoi, l'Alraune titillait sa curiosité, l'intriguant au plus haut point. Elle savait pertinemment qu'il était déjà mort, mais à le regarder on jurerait qu'il était bien plus vivant qu'elle. Lui qui parvenait à encore agir en être humain, avec ses habituelles colères et sa froideur apparente alors que derrière ce corps aux apparences presque banales une âme martyrisée se débattait violemment. Ses yeux émeraude démontraient l'ampleur des sentiments bouillonnants qui l'habitaient... A travers la mort il vivait toujours d'une certaine manière tandis qu'elle, huit fois centenaire n'en demeurait pas moins aussi vide que la plus vulgaire des carcasses.


« Suis-je vraiment là Belhys ? Je ne cherche pas à te faire douter, mais je doute, mon corps est mort depuis des siècles, mon cœur ne bat plus, mon sang ne circule plus, seule mon âme maintient cette chaire en place. Je ne suis qu’une âme Belhys… serais je un fantôme ayant pour mission de te suivre jusqu’à la fin ? Pourquoi je te suis ? Parce qu’il le faut, je te l’ai dis, je viens d’un passé plus lointain que le tien, tu connais un futur que je ne connais pas, mais j’ai vu le passé comme tu ne pouvais le voir et je sais que je dois être avec toi. »

Sa réplique rompit le silence d'airain, dans un ton qu'elle ne lui connaissait pas encore et qui d'ailleurs ne sonnait pas des plus convaincants. C'était une question, ou plutôt des questions personnelles et pour le moins complexes... D'autre part il lui disait qu'il sentait que sa place était à ses côtés sans pouvoir le moins du monde expliquer la raison de manière rationnelle. Ils avaient effectivement connu différentes époques, des véritables mondes distincts. Mais quoi qu'il arrive même si les contrées et les contextes historiques différaient, l'Humanité elle demeurait toujours la même. Chacun d'eux avait ses blessures, des cicatrices aussi persistantes que l'encre de Chine, causées par leurs contemporains ainsi que leurs mésaventures respectives, du temps de leurs vivants. Sa voix sonna quelque peu rauque lorsqu'elle lui répondit enfin, non sans auparavant mesurer chacun de ses mots:

- Aussi longtemps que tu posséderas ton âme, alors oui tu seras là. A quoi bon avoir un corps qui est comparable à chacun des mortels si de toute façon ton âme corrompue n'est plus? Crois tu vraiment que je vaille mieux...?

Non. Elle qui avait conservé son corps inchangé, n'ayant pas pris une unique ride depuis son pacte avec Hadès ne pouvait prétendre vivre au sens propre. Un coeur battant régulièrement ne lui était d'aucune utilité sans un souffle pour l'animer. Elle savait que cette enveloppe charnelle était désertée, comme un pauvre pantin désarticulé accroché à de longues ficelles sans personne pour les faire bouger. Par ailleurs ce genre de paroles dans la bouche de Belgarath était en fait inédit et troublant. Ce n'était pas commun qu'il avoue être attaché à quelqu'un, de quelque manière que ce soit... Et si cela devait arriver un jour, elle n'aurait vraiment pas imaginé que ce soit à elle. Certes leurs personnalités très différentes se regroupaient sur certains points mais la Sulfureuse avait tellement l'habitude de toujours aller seule et d'être indépendante que tout cela la dépassait largement. En réalité elle n'avait jamais senti qu'elle était nécessaire à quiconque, pas même sa soeur dont le bien aimé occupait la place d'Indispensable.

De puis ce soir fatidique ou elle tua l'homme le plus influent du royaume, le détenteur de la couronne lui même, elle avait changé indubitablement. Elle avait eu le "privilège" de renaître, ou dans son cas particulier de continuer à vivre, menant une quête tellement difficile et abstraite. Non elle ne cherchait pas un objet, pas plus qu'elle ne pourrait rejoindre sa consanguine qui coulait des jours heureux en Elysion. Non... Belhys avait sillonné les Enfers de bout en bout, observant les différentes prisons et les supplices qui leur étaient inévitablement associés dans le but de comprendre la raison de sa présence sur les lieux, non en tant que repentir mais en tant que Spectre d'Hadès. Jamais elle ne pourrait comprendre le choix du Ravisseur de Perséphone, sûrement parce que c'était bien au delà de son entendement. Elle cherchait tout simplement la raison pour laquelle elle avait préféré la vie à la mort, alors que sa mission envers sa soeur avait été remplie avec succès. Bien sûr elle ne savait pas ce qu'était la mort lorsque l'on n'inspire plus... mais elle connaissait une autre mort, probablement bien pire... la mort dans la vie. Ce vide incommensurable et béant, plus profond que n'importe quelle abîme. Seule subsistait cette obscurité vaine et creuse quand elle se sondait elle-même... C'était presque angoissant de regarder en soi et de ne rien trouver... juste le Néant.
Peu lui importait le nombre de crimes et de meurtres qui avaient suivi, cela ne faisait aucune différence. Elle n'avait toujours aucune aspiration si ce n'est peut être de vivre chaque jour comme le dernier... une bien mince affaire qui après tout ne menait nulle part.


« Je ne vois plus le futur depuis ma mort Belhys, je vis dans le passé et je le sais, et on me le rappelle assez régulièrement, plus rien ne changera pour moi désormais, mon futur est mon passé, je ne vis plus aucun moment. Le fait que tu ne sois pas morte t’apporte un grand avantage par rapport à moi, c’est que ton cœur et ton âme ne sont pas froids, bien qu’ils puissent paraître le contraire. Si notre Seigneur et maître t’a proposé ce pacte c’est qu’il attend quelque chose de toi, moi-même j’ignore quoi, peut être est ce d’une importance capitale ou une chose qui peut nous paraître infime, mais nous ne le saurons que lorsque tu l’auras accomplie, moi-même je n’en sais pas plus que cela soit pour toi ou pour moi. Ce qu’il en est de moi… j’ai demandé à notre Seigneurie de me faire revivre, quelques heures, en échange je lui offrais ma servitude éternelle, voilà tout ce que tu as besoin de savoir, j’ai fais ce que j’avais à faire grâce à sa majesté, ainsi ma mort et mon âme lui appartiennent, à jamais, même après que ma tache soit accomplie. Ainsi il a été conclu »

Les mains baignées de sang, l'Empoisonneuse se demandait si au final c'était là sa motivation... le sang. Mais sa conscience lui criait que ce n'était pas ça, ça devait être plus compliqué et plus douloureux. Écoutant la longue tirade du Sorcier, elle ferma les yeux un instant pour s'impregner des voix des suppliciés, écoutant les suppliques désespérées. Croyait-il vraiment que son coeur et son âme n'étaient pas ce qu'ils semblaient? Cela la fit presque rire ironiquement. Le premier était glaciaire, plus gelé que n'importe quel iceberg,... Oui elle avait bien de l'affection pour une personne subsistant aux enfers,... en la personne d'Agapée. Belhys la considérait comme une soeur et il est vrai que sa candide blondeur n'était pas sans rappeler celle d'Inès.
Ce sentiment sincère ne lui empêchait tout de même pas de voir la réalité, et de se rendre compte que toute sorte d'Amour profond lui était visiblement interdit. Longtemps lors de sa vie humaine elle avait essayé de vouer un vrai pincement au coeur pour les hommes, tenté de trouver la personne faite à sa mesure... Mais chaque fois seule la fourberie et la lâcheté lui avait fait face, ce qui la détourna irrémédiablement de cette utopie. Vivant uniquement pour protéger sa benjamine elle n'eut jamais de vie propre, étant toujours un pâle réflexe de l'image aveuglément lumineuse et pure de cette dernière. Mais enfin ses lèvres se décidèrent à se mouvoir, articulant quelques phrases:


- Mon coeur n'a jamais vécu ... et mon âme encore moins. Je suis déjà morte sans l'être, ce qui j'en suis sûre... n'a rien à envier à la mort proprement dite. Toi au contraire, malgré ce corps qui n'est qu'un instrument, tu ressens les choses avec toute leur force et tu réagis tout aussi impétueusement. J'en suis incapable... Je l'ai toujours été.

Elle n'ajouta rien de plus concernant son pacte avec Pluton car elle estimait que le plus important avait été dit. Elle se contenta d'acquiescer silencieusement comme approuvant la justification qui s'avérait satisfaisante. Il suffisait d'écouter parler l'Alraune pour comprendre que le respect qu'il démontrait envers n'était pas feint. Pour une raison inconnue il était dévoué à ce Monarque, mais cette conviction profonde en était impressionnante.
Ayant déjà décrit sa vision de l'arbre de Vie, la Galitienne laissa son regard glisser vers son interlocuteur, l'observant de ses prunelles rougeâtres alors qu'étrangement celui-ci contemplait le ciel comme s'il prononçait une prière intérieure. Pendant quelques brefs instants son expression changea comme en s'adoucissant, pour rapidement reprendre sa retenue habituelle et sa neutralité, quelque peu teinte de mélancolie parfois.


« Ma vue Belhys, je suis mort, et les morts ne voient plus le monde de la même façon. Je vais te livrer un secret Belhys, je ne vois pas les couleurs, je ne vois pas le monde. Je ne suis pas aveugle, non, mais aucune des couleurs que j’ai connues lorsque j’étais humain ne s’engouffre à nouveau dans mes pupilles. Je te vois, je vois le monde, mais les couleurs ne sont pour moi qu’un vague souvenir… hormis… une seule… le rouge, tout ce qui m’entoure est teinté de rouge comme le sang. De la plus claire des eaux en passant par la plus blanche des neiges, pour cela, tout n’est que concept à mes yeux car tout est rouge, tout est sang… »

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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Ven 3 Oct 2008 - 19:25

Encore un étrange confession, une preuve de confiance qu'elle nota dans un coin de sa mémoire, comme un précieux souvenir. Ainsi pour lui tout était coloré de sang, cette unique couleur qui devait lui monter à la tête comme la plus fourbe des ivresses. Elle réalisa à quel point ce devait être limitant, comme ce simple châtiment devait être lourd à porter, comme cela devait gâcher le plaisir de simplement regarder les paysages et les décors...
Ayant alors une soudaine idée, Belhys se tourna vers lui, résolue. Elle avait eu à son tour envie de lui faire un cadeau, en remerciement de s'être livré ou peut être pour ne pas lui avoir failli jusque là. Alors, voulant lui expliquer son idée de manière à le faire accepter, elle lui murmura:


- Si tu permets j'aimerais à mon tour te faire partager mon pouvoir, le faisant agir dans ton bénéfice. Bien sûr ce ne sera pas grand chose,... Et ce qui est dans mes cordes est plus apte à faire le mal que le bien. Seulement même si je n'ai pas le potentiel infini de ta magie, j'aimerais te faire un cadeau qui selon ton choix peut durer quelques minutes ou l'éternité... Comme tu le sais sans doute, je possède la science sur tous les poisons et tous les antidotes existants. Je sais qu'en te donnant un certain produit, tu pourras retrouver ta vue d'antan. Selon ton choix je te l'administrerai en une quantité différente, ce qui régulera la longueur du processus. Bien sûr je me doute que tu seras tenté de refuser, mais j'aimerais que tu acceptes au moins temporairement... afin de voir mon visage tel qu'il est réellement... de regarder cet arbre de Vie tout comme je le vois...

Bien entendu elle craignait que son orgueil ne le fasse décliner son offre, mais au final c'était surtout une manifestation de sa confiance en lui,... confiance si rare et précieuse qu'elle avait encore du mal à croire qu'elle se la permettait. La Veuve Noire contempla son sourire, quelque peu sceptique par rapport à sa propre initiative. C'était bien la première fois qu'elle se servait de ses capacités toucher le système nerveux avec ses venins... Même si au fond elle était certaine de parvenir au résultat escompté. C'était juste qu'habituellement c'était une arme létale et non un atout utilisé à bon escient...

« Tu dois avoir un beau visage, tu devais faire tomber beaucoup d’hommes de ton vivant et je sais que dans ta mort tu continues à user de ton charme et de ta séduction. Ne t’inquiète pas, je sais que tu n’es pas une succube et je ne te compare pas à elles, tu es bien différente de Morrigan et même de celle qui lui a succédé. Elle n’a pas le talent de Morrigan soit dit en passant, mais elle arrivera à servir sa majesté, j’en suis sur, les hommes sont bien trop bêtes pour voir autre chose que de la chair offerte dans les belles femmes. L’esprit, voilà la seule chose qui compte… mais toi, tu as quelque chose en plus de ton esprit, tu es quelqu’un de bien Belhys, oui, tu sers extrêmement bien l’ombre que nous sommes. Oui, tu as un beau visage… dommage qu’il ne soit que rouge… elle avait quelque chose comme toi, une chose que l’on ne peut effacer. Comme ce collier autour de ton cou, tu es aussi résistante que lui, oui Belhys… je ne l’ai pas oublié, je n’oublie aucun des cadeaux que je fais car c’est pour moi le gage de beaucoup de choses. Je peux créer ce que je souhaite et les choses matérielles ne sont que peu à mes yeux, mais lorsqu’elles ne sont plus entre mes mains, lorsque je les ai offertes alors, tout comme leur porteur, elles sont sous ma protection. »

Elle faillit sourire à ces remarques qu'elle ne prenait pas vraiment pour des compliments, même si sa nature lointaine de la vanité en était quelque peu intriguée. Quelqu'un de bien? Hum cela lui semblait paradoxal de la qualifier de la sorte quoi qu'il soit clair que le terme n'était pas censé être péjoratif. "Elle"? Encore cette Anïa? En quoi lui ressemblait elle donc? Était ce là la seule raison pour laquelle il la suivait? C'était si compliqué... mais la Spectre n'avait aucune envie d'être l'ombre de cette femme mystérieuse.
Il lui parlait de ce magnifique bijou qu'elle portait toujours autour de son cou, les pierres demeurant intactes malgré les traces de sang qui les entachaient. Son épaule lui faisait toujours mal au delà du fait que la douleur s'estompe doucement. Cette séquelle qui subsistait depuis son combat en Asgard était encore visible et elle n'aimait pas se présenter sous ce jour peu glorieux, mais étant donné la présence insistante de Belgarath, on ne peut pas vraiment dire qu'elle ait le choix... Le voir ainsi clamer que son présent matériel n'avait pas été anodin tout comme il désirait la protéger ... C'était pour la jeune femme un fait peu ordinaire, la laissant confuse. Peu habituée à gérer les sentiments tout comme ces démonstrations diverses, de près ou de loin, elle ne savait absolument pas quoi dire. Passant sa main sur l'épaule blessée, elle constata que l'hémorragie avait cessé et se permit une mine plus apaisée même si intérieurement son cerveau était en effervescence.


- C'est pour cela même que j'aimerais que tu prennes ce que j'ai décidé de t'offrir, afin que tu puisses réellement me voir au moins une fois, ce qui te permettra sûrement de défaire tes doutes, afin de savoir si oui ou non nous nous ressemblons elle et moi. Ce sera également le gage de beaucoup de choses me concernant, car tu sais maintenant qu'aucun de mes gestes n'est le fruit du hasard. Je sais que je suis maladroite dans ma manière de m'exprimer néanmoins le discours n'a jamais été mon fort... Je suis une femme d'actes, pas de paroles.

L'Arachnéenne attendit sa réponse, finissant par assister à encore un tour de passe-passe, ajoutant celui-ci à la liste déjà longue à laquelle elle avait pu prendre part de manière indirecte. Pourtant cela l'amusait plus qu'autre chose, car les quelques lubies qui prenaient l'Alraune avaient au moins le mérite de briser la routine. Pourtant une voix qui lui parla était tout ce qu'il y a de plus sérieuse:

« Certaines choses, des choses du passé, des choses de mon monde, des choses qui tournent, encore et encore comme ce tourbillon, aspirant vers le fond le dessus le ramenant dans le vortex du passé. Tu parles de soudaine volonté de protection… que t’ai-je promis en Asgard ? Je t’ai dis que tu pouvais compter sur moi, que je serai là. Il fut une fois… non… oublie cela. Tu dis que tu n’es pas triste, Belhys chacun des spectres de sa majesté a une tristesse en son cœur, le manifestant chacun à sa façon, Kyrian, par exemple, le phénix noir, il le cache dans l’humour et la joie, tu le caches sous ton voile et moi… hum… moi… oublie moi. Belhys… certaines personnes sont plus tristes que d’autres, je l’admets, mais n’y a-t-il aucune joie qui pourrait tirer de ton visage un sourire ? »

Le grec l'intriguait de plus en plus. Il réaffirmait sa solidarité et sa fidélité en tant que frère d'armes mais d'autre part il semblait se brider à la dernière minute alors même qu'il était sur le point de se confier. Et puis cette histoire de tristesse dont il parlait ... Oh non elle ne la dissimulait pas sous ses voiles... Cette douleur était simplement enfouie bien au fond de son coeur, dans les tréfonds glaciaires de ce qu'elle avait été jadis. Belhys possédait ce sentiment évidemment... Mais elle ne se voyait pas comme quelqu'un de triste. C'était un état d'esprit qui avait été enterré avec la dépouille d'Inès, lorsqu'elle avait du faire le deuil de sa soeur innocente fauchée sous ses yeux lors d'une sommaire exécution qu'elle n'avait pas pu empêcher.

- Pourquoi t'empêches tu de poursuivre ton idée, te rattrapant in extremis? As tu peur de trop m'en dire? Concernant ma tristesse disons qu'elle est trop enfouie en moi, si profondément qu'elle s'est distillée partout en ce qui me constitue. Cependant le plus lourd des fardeaux vient de la perte d'êtres chers, les personnes que nous avons aimé plus que nous mêmes et dont pourtant nous sommes séparés à jamais.

Elle venait d'avouer indirectement la perte de sa soeur, non une perte momentanée mais bien définitive, puisque celle-ci siègeait en Elysion tandis que Belhys n'y aurait jamais accès. Quoi qu'il en soit c'était consolant de savoir qu'au moins elle vivrait cette existence en paix... Elle le méritait. S'asseyant donc sur une pierre non loin elle trempa ses pieds dans la mare, immergeant sa peau dans le liquide étonnamment froid. Mais la dernière question qu'il lui avait posée lui trottait encore dans la tête... Qu'est ce qui pourrait la faire sourire?

- J'ignore ce qui pourrait me faire rire... Cela fait tellement longtemps...

Regardant au loin, l'air perdu, la Veuve Noire constata qu'étrangement Belgarath fumait. Elle ne se souvenait pas de l'avoir vu faire cela avant, elle en était sûre. C'était assez bizarre, il semblerait qu'il ait contracté ce vice pendant son absence; son errance dans les territoires nordiques...

« Je suis désolé, ça calme tout ce que j’ai dans ma tête. Tu sais, quand on réfléchit trop ça fume, pour moi, ça se voit à l’extérieur »

Cela ne la fit pas sourire, mais ce ne fut vraiment pas loin. Ses traits s'adoucirent considérablement, ses lèvres se permettant un demi sourire sincère qui s'élargit à la vue de l'expression du Magicien. C'était bien la première fois qu'il était aussi détendu, la première fois qu'ils partageaient un moment comme celui là. C'était agréable de le voir ainsi, ce qui lui rappelait également que malgré ses manières un peu brusques, il n'en demeurait pas moins un bel homme.

- Si je devais faire comme toi chaque fois que je réfléchis de trop, je passerais certainement l'éternité avec une cigarette en bouche...

L'humour n'était pas sa spécialité, mais après tout pourquoi pas... Et puis elle avait surtout annoncé une vérité. Justement elle était constamment tiraillée par ces réflexions poussées et complexes, sur à peu près tout ce qui l'entourait... Toujours assise, légèrement penchée en avant, les cheveux ébène agités par la brise discrète elle entendit:

« Ça ne te dérange pas ? Nous sommes en plein air et il n’y a pas de vent, ou très peu, je sais que c’est dérangeant pour certains, les autres peu m’importe, mais toi, c’est différent, ça a toujours été différent. Après tout, tu lui as toujours ressemblée… »

- Non cela ne me dérange pas, quand bien même nous serions dans un pièce fermée...

Encore une fois, il la comparait à cette femme. C'était quelque peu frustrant car elle ne savait pas comment elle était et de plus elle aurait aimé être jugée différente, appréciée pour elle même et non pour ses traits communs avec quelqu'un d'autre. Attendant qu'il éclaircisse enfin le mystère autour d'Anïa, Belhys soupira légèrement. C'était prévisible qu'il perde encore la tête, comme lorsqu'il avait failli l'étrangler quand elle l'avait touché. Depuis ils avaient évité le contact physique au possible, en un accord tacite que pourtant elle brûlait parfois de dépasser, ne fusse que par curiosité et goût du danger. Elle put voir la manifestation de son cosmos mais ses traits infiniment durs et crispés ne démontrèrent aucune peur.

« Assez !!! »

Pendant quelques secondes les manifestations surnaturelles se multiplièrent, mais la Séductrice ne pipa mot, attendant patiemment que passe la tourmente. Statique et le fixant toujours de manière insistante, Belhys entendit:

« Viens avec moi »

Se levant avec peine à cause des plaies et saisissant finalement le pommeau tendu elle accepta de l'accompagner, levant la main de manière posée. Instantanément ils furent transportés vers les hauteurs de la cascade, près du sympadus. Voir l'Alraune aussi à l'aise et touchant l'arbre avec respect et vénération mais aussi un certain plaisir mal dissimulé était vraiment inhabituel, lui qui évitait le contact par dessus tout. Belhys se contenta de le regarder faire, observant l'arbre de haut en bas, le redécouvrant de plus près cette fois.

« C’est le seul être plus vieux que moi aux enfers, les Dieux mis à part, bien entendu, je l’ai toujours connu et je pense qu’il persistera après moi, lorsque ma tache sera accomplie, lorsque mon âme sera entièrement à Hadès. Sais-tu ce que représentent ces fruits ? Je vais te donner un indice, ils sont 108. C’est un arbre différent de tous ici, même d’Hadès, car il est la vie en ce lieu, mais Anïa ne l’aurait pas aimé, non, pas du tout, comme toi tu ne l’aimes pas. »

- Chacun des fruits représente l'un des spectres, également au nombre de 108. Mais la seule chose intéressante en lui selon moi est le paradoxe qu'il représente... La seule Vie aux enfers, la noirceur du tronc et la blancheur intouchable des fruits. Tout comme une certaine vie découle de la mort. C'est grâce à cette lui que les spectres existent... Grâce à lui que nous sommes ce que nous sommes... Mais effectivement c'est tout ce qui m'y lie, je ne l'aime pas plus qu'une autre partie des enfers... En réalité cette prison ou nous sommes a bien plus d'importance pour moi. Non pas que je sois à la recherche d'une quelconque absolution, seulement si je n'avais pas accepté de devenir la main armée d'Hadès, c'est ici que j'aurais du passer l'éternité, jusqu'au jugement dernier... Dans cette forêt là bas... d'où percent tous ces cris continus. J'aime passer du temps ici malgré l'ambiance sordidement macabre, car cela me rappelle qui je suis.

Elle lui avait fait un signe de tête pour désigner un bosquet au loin, peuplé d'arbres étranges, noueux et épineux. Elle s'était gardée de lui expliquer l'histoire des lieux, estimant qu'il devait certainement la connaître. Cette partie de la prison était réservée aux mortels qui avaient pêché en reniant leur corps, s'ôtant la vie... transformés en arbres après la sentence d'un des trois juges, ils étaient condamnés à être mangés quotidiennement par les harpies pour le restant de leurs jours, ce qui leur provoquait des douleurs inexprimables par les mots. Plus jamais ils ne retrouveraient le corps qu'ils avaient incarné de leur vivant, telle était le châtiment qui leur était échu...
Belhys ne craignait aucunement de devoir payer le prix de ses actes... mais la sobre noirceur de cet endroit était assez apaisante ne fusse que parce qu'elle se sentait plus à sa place.


« Elle n’aurait pas aimé, que je te parle d’elle dans cette tenue… »

Sous les yeux scrutateurs et surprise de l'Assassine, Belgarath s'assit contre l'écorce, vêtu d'une toge au style héllénique qu'elle n'aurait jamais imaginé lui voir, mais qui pourtant lui allait plutôt bien. C'est comme s'il l'avait portée depuis toujours à en juger par l'aisance avec laquelle il se mouvait. D'ailleurs c'était peut être bien le cas... Quoi qu'il en soit elle tendit le bras pour effleurer les branches les plus basses, sentant la rugosité des feuilles sous ses doigts. Cela faisait bizarre de toucher un autre être vivant, qui contrairement à la plupart ne protestait pas à ce contact.Pourtant elle pouvait à nouveau sentir qu'elle était observée... Se tournant alors à demi pour écouter ce qu'il avait à lui dire. Elle sentait une certaine solennité, comme si quelque chose d'important se profilait à l'horizon.
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Ven 3 Oct 2008 - 19:26

« C’est vrai… je te l’avais promis… je suis un homme d’honneur et je ne reviendrais pas sur ma parole. Asgard m’a changé Belhys et quelque part, toi aussi, tu as été la première à retoucher mon corps depuis que je suis mort et cela a réveillé en moi des souvenirs enfouis depuis très longtemps. Tu n’as jamais connu l’amour Belhys, n’est ce pas ? Je le vois dans tes yeux depuis que nous nous sommes rencontrés… moi j’ai la chance de l’avoir connu, alors que j’étais humain, mais parfois j’aurais aimé ne pas l’avoir connu… j’aurais préféré mourir seul. Tu voulais savoir qui est Anïa… c’est… c’était… ma femme. »

Était-ce si évident qu'elle n'avait jamais connu l'Amour? Peut être que cela crevait les yeux pour quelqu'un qui avait senti son coeur battre en unisson avec un être cher, lorsque quelqu'un avait en cette personne toute sa raison d'être, sa force et sa faiblesse. Pourtant cette fois elle devait reconnaître qu'il avait répondu à sa question sans détours,... Si l'étonnement s'en reflétait assurément sur son visage, elle n'en gardait pas moins un calme olympien même si les mots du Brun se répétaient en son for intérieur comme en un interminable écho. Qu'était-ce l'Amour? Qu'était donc cette chose si extraordinaire et abominable qui avait causé la perdition de sa soeur et indirectement, sa propre déchéance? C'était ironique d'en être arrivée là par Amour, mais qui n'était même pas le sien...
Se laissant glisser doucement pour s'asseoir, adossée au sympadus, Belhys était près de son interlocuteur sans toutefois oser le toucher. Elle ne le forcerait plus à cela ne fusse que par respect de sa décision. Enlaçant ses genoux pliés contre sa poitrine à l'aide de ses bras elle réfléchissait à ce qu'elle pourrait bien lui répondre, le regard perdu au loin, fixant le vide. La Belle ne démontrait pas la moindre crainte malgré le cosmos du Bellâtre qui allait croissant. Elle savait que quoi qu'il arrive, et ce bien que sa puissance soit légèrement inférieure à celle de l'Alraune, celui-ci ne lui ferait pas du mal de manière consciente. Cela dit même si elle était curieuse de savoir pourquoi il agissait de la sorte, elle ne dit rien à ce sujet, lui répondant néanmoins d'un ton absent:


- Non je ne l'ai jamais connu. Je l'ai vu de mes yeux et contemplé ses dégâts que j'ai du réparer de mon mieux, mais jamais je n'ai senti le feu consumer mes veines de la manière que tu as pu le sentir et le sens probablement encore. Quoi qu'il en soit je pense que tu as une chance inouïe, car ce sentiment précieux illumine encore tes pupilles, il brûle en toi et te fait avancer. Tu possèdes un élément moteur qui même s'il a peut être faibli, est toujours présent. Ne laisse pas cette flamme s'éteindre, Belgarath. Car c'est elle qui fait de toi l'Homme que tu es... Cette personne dure mais battante, austère mais pleine de richesse intérieure qui surpasse tout ce que je ne pourrai jamais fournir. Non je n'ai jamais Aimé... Et regarde ce que je suis devenue... Un corps sans âme, aussi vide et froid que le plus putride des cadavres.

Son ton mélancolique était empli de regrets et surtout d'une insondable tristesse. Elle s'en mordit presque la langue pour en avoir tant dit, mais au final elle soupira doucement, priant pour que Belgarath n'ait pas la très mauvaise idée de manifester de pitié à son égard. Ce serait inacceptable pour son orgueil, trop dur à supporter. C'est pourquoi concernant la compagne de Magicien elle ajouta, plus calme cette fois:

- Au sujet d'Anïa, je sais que tu n'es pas friand de confidences, cela dit je m'y intéresse et j'écouterai toute précision que tu désires y ajouter. En outre si tu préfères garder le secret entier, je me limiterai à le respecter.

Elle avait sincèrement envie d'en apprendre plus, mais la bienséance voulait qu'elle le laisse en décider. Cette complicité toute nouvelle était d'une certaine forme agréable, mais Belhys ne se risquait pas à la compromettre à cause d'une simple indiscrétion... Quant à savoir comment définir cette singulière relation qui se mettait en place avec son binôme, ce serait pour plus tard... Mais de toute façon elle devrait mener cette discussion jusqu'au bout... advienne que pourra.
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Jeu 23 Oct 2008 - 13:38

Cette conversation avait un but que même moi j’ignorais encore et pourtant, oui pourtant la discussion que j’avais avec celle qui maîtrise les poisons et la mort avait quelque chose de fascinant, d’envoutant même, mais je savais que ce n’était pas juste de mon côté, elle aussi ressentait la même chose. Après tout, quoi de plus fascinant que la magie elle-même, la pure magie… mais Anïa l’avait toujours détesté et elle m’avait fait juré que jusqu’à ma mort je ne réutiliserai plus ma magie, je l’avait écouté et depuis le jour où elle s’était donné la mort jusqu’au jour où une lame s’était plantée entre mes omoplates je n’avais pas réutilisé la magie, mais cette dernière était mon souffle de vie aux enfers, une triste ironie pour quelqu’un qui, comme moi, n’avait toujours vécu que pour et par la mort, moi de mon vivant prêtre d’Hadès et de ma mort, son éternel et plus proche serviteur. Ma dévotion envers mon seigneur et maître était sans faille, Belhys le savait, elle le savait peut être aussi bien que Morrigan, lorsque cette dernière était encore en vie, car seul le seigneur noir pourrait me dire où se trouve Anïa, j’en était convaincu, l’Elysion était la seule partie des enfers que je n’avais pas encore fouillé, et que jamais je ne pourrai fouiller car seuls les Dieux y avaient accès et hormis l’autorisation du seigneur des morts, la seule chose qui me permettrait d’aller à Elysion était de devenir aussi puissant qu’un Dieu, d’obtenir assez de cosmos et de force pour égaler les Dieux, mais cela j’en étais encore loin, même de mon vivant je n’aurais jamais imaginé qu’une telle puissance était possible…

- Aussi longtemps que tu posséderas ton âme, alors oui tu seras là. A quoi bon avoir un corps qui est comparable à chacun des mortels si de toute façon ton âme corrompue n'est plus? Crois tu vraiment que je vaille mieux...?


Mon âme, la seule chose encore vivante en moi car elle seule dirigeait les mouvements de ce corps froid dans lequel elle était prisonnière, seul le vouloir et le verbe d’Hadès pourrait me libérer de ce corps et que ‘j’aille enfin me reposer, mais jamais je ne voudrai cela tant que je n’aurai pas retrouvé celle pour qui j’avais vécu, celle qui était morte pour moi, par moi, à cause de moi. Ce que j’avais vécu après ce jour n’était plus rien déjà, je n’étais déjà plus en vie lorsque celle avec je la partageais m’avait quitté pour un monde que moi-même encore aujourd’hui, je n’avais aucune idée… je répondis à Belhys d’une voix douce et calme, une voix neutre…

« Mon âme, est certes encore en vie dans ce corps mort. Mon corps est un fardeau, sans lui ma pleine puissance pourrait enfin s’exprimer. Belhys, nous nous connaissons depuis Asgard et c’est toi la première qui a voulu m’accompagné, nous sommes tous sous la coupe du destin écrit par les Dieux de l’Olympe, les Moires tissent encore et encore la vie de chacun jusqu’à ce qu’elle le coupe d’une façon négligé. Que tu vailles mieux ? Tu vaux mieux que bon nombre aux enfers, pourquoi… tout simplement parce que tu me supporte, et pour cela déjà, on devrait t’applaudir. »

J’esquissai un petit sourire, l’humour du phénix noir revenait par petite touches en moi et je trouvais cela intéressant. Belhys et Kyrian étaient les seuls encore en vie en qui j’avais confiance au sein du royaume infernal, certes j’avais encore énormément de mal à définir cette notion, mais c’était ainsi, je savais que Belhys me viendrait en aide comme je lui viendrai, mais jamais nous ne nous l’avouerions.

- Mon cœur n'a jamais vécu ... et mon âme encore moins. Je suis déjà morte sans l'être, ce qui j'en suis sûre... n'a rien à envier à la mort proprement dite. Toi au contraire, malgré ce corps qui n'est qu'un instrument, tu ressens les choses avec toute leur force et tu réagis tout aussi impétueusement. J'en suis incapable... Je l'ai toujours été.

Je riais en mon fort intérieur, la mort était une chose que personne ne pouvait imaginer tant qu’elle ne l’avait pas vécu, les sentiments, je les ressentais ? Non, ce n’étais que de vagues impressions, que des déclencheurs d’une ancienne vie…

« Belhys, si ton cœur est ton âme n’ont jamais vécu, alors ils ne demandent qu’à vivre, moi mon corps n’est pas encore décomposé grâce à la seule force de ma magie, de mon cosmos et de mon âme, lorsque je perdrai tout cela, alors je ne serait plus qu’un mort parmi les autres, et lorsque tu m’aura survécu, lorsque tu verra cela, tu te dira qu’il faut que tu vive. Mes réactions ne sont pas des sentiments Belhys, ce sont des bribes d’une ancienne vie, une vie oubliée, une vie perdue dans mon esprit qui me rappel à chaque instant qu’elle a existé. Je ne ressens les choses qu’avec une seule condition, une seule donnée dans l’équation. Si j’avais vraiment ces sentiments dont tu me parles, chacun de mes meurtres ne me seraient il pas insoutenable ? Je n’ai pas plus de sentiment que toi Belhys, j’ai juste plus… de vécu et mort en ces lieux, mais je suis insensible à la douleur, à la mort, au pardon »


Oui, depuis ce jour où j’ai appris à haïr les hommes qui me haïssaient, j’étais devenu un spectre de sa majesté Hadès, une ombre à son service et à qui il pouvait ordonner ce qu’il désirait… j’étais sous ses ordres, jusqu’à la fin des temps…

- Si tu permets j'aimerais à mon tour te faire partager mon pouvoir, le faisant agir dans ton bénéfice. Bien sûr ce ne sera pas grand chose,... Et ce qui est dans mes cordes est plus apte à faire le mal que le bien. Seulement même si je n'ai pas le potentiel infini de ta magie, j'aimerais te faire un cadeau qui selon ton choix peut durer quelques minutes ou l'éternité... Comme tu le sais sans doute, je possède la science sur tous les poisons et tous les antidotes existants. Je sais qu'en te donnant un certain produit, tu pourras retrouver ta vue d'antan. Selon ton choix je te l'administrerai en une quantité différente, ce qui régulera la longueur du processus. Bien sûr je me doute que tu seras tenté de refuser, mais j'aimerais que tu acceptes au moins temporairement... afin de voir mon visage tel qu'il est réellement... de regarder cet arbre de Vie tout comme je le vois...

Quelle était donc cette offre ? Depuis le jour où mon Anïa m’avait été prise on ne m’avait plus jamais fait pareil offre, hormis lorsque le Seigneur des morts me donna le pouvoir de la vengeance… je ne bougeais pas, je restais calme et serein et dit alors à Belhys d’une voix calme en regardant le ciel…

« Le monde est il plus beau en couleurs ? Depuis que je suis mort la couleur a-t-elle changé quelque chose au monde ? Y a-t-il moins de mort ? Moins de misère ? Moins de haine ? Moins de colère ? Moins d’humains ? Moins de meurtrier ? Moins de violeurs ? Moins d’assassins ? L’espèce humaine a-t-elle réellement changé depuis ma mort et ma perte de vision en couleur ? Je n’en suis pas sur Belhys, non vraiment pas. Mais ce que tu m’offre n’est pas un simple présent non ? »


Je me tus quelques instants et regarda dans la direction de l’Empoisonneuse des enfers en lui faisant un demi sourire, je claquai des doigts et fit apparaître une balance, sur l’un des plateaux je mis une réplique de la Terre, sur l’autre, je mis une réplique de mon surplis et je dis…

« Suis-je supérieur au monde ? Je n’en ai aucun doute, est ce que je mérite un tel honneur de ta part… je suis plus puissant que toi et plus âgé, je connais les enfers mieux que quiconque après les Dieux, je suis celui qui n’obéis qu’à sa majesté Hadès. Ainsi donc c’est à moi de t’enseigner et non l’inverse, cependant je sais autre chose, je sais que la confiance de quelqu’un ne peut se refuser lorsque l’on a également confiance en lui… »


La balance pencha vers mon surplis, signe pour Belhys que j’acceptais son offre, puis je pris la balance flottant devant moi entre mes mains et la transformai en un pilon et un mortier, je les tendis jusqu’à Belhys par l’intermédiaire de ma magie…

« Tu pourras y faire tout les mélange que tu le souhaite, je n’ai pas pour habitude de créer à l’aide de ma magie des choses qui ne dure pas si je souhaite qu’elles durent… ainsi en Asgard ma marque est toujours présente, tout comme mes yeux, si tu le peux réellement, retrouveront leur vue originelle pour le reste de mon temps aux enfers… j’ai encore des choses à voir Belhys… des visages… des arbres… des souvenirs… »


Je me tus, ce que je venais de dire témoignait de ma confiance pleine et entière en Belhys en espérant que jamais elle ne la trahirait car cela signerait pour elle son arrêt de mort, tout comme pour une partie des enfers que je réduirais à néant de part ma colère. Elle n’allait pas signer un pacte avec le diable, mais en faisant cela c’était pire, elle scellait un pacte de confiance… était elle prête à l’assumer ?

- C'est pour cela même que j'aimerais que tu prennes ce que j'ai décidé de t'offrir, afin que tu puisses réellement me voir au moins une fois, ce qui te permettra sûrement de défaire tes doutes, afin de savoir si oui ou non nous nous ressemblons elle et moi. Ce sera également le gage de beaucoup de choses me concernant, car tu sais maintenant qu'aucun de mes gestes n'est le fruit du hasard. Je sais que je suis maladroite dans ma manière de m'exprimer néanmoins le discours n'a jamais été mon fort... Je suis une femme d'actes, pas de paroles.

Hum… la maladresse, cela me fit esquisser un sourire, moi aussi, il fut une époque j’étais maladroit, lorsque j’étais intervenu pour LA sauver, usant pour la première fois de la magie pour tuer quelqu’un ; cela l’avait effrayé et je lui avais juré que plus jamais je ne me servirai de mon arme de mort, mais j’ai trouvé la mort et mon serment a été rompu, désormais ma seule magie me maintiens en vie. L’acte et non la parole ? Intéressant, voilà ce que j’aimais chez les gens, la parole ne me servais qu’à énervé mes adverses pour les déconcerter, ainsi je la saluai pour ce mot. J’avais déjà accepté son offre, je n’avais pas à me répéter, ainsi elle continua…

- Pourquoi t’empêches-tu de poursuivre ton idée, te rattrapant in extremis? As-tu peur de trop m'en dire? Concernant ma tristesse disons qu'elle est trop enfouie en moi, si profondément qu'elle s'est distillée partout en ce qui me constitue. Cependant le plus lourd des fardeaux vient de la perte d'êtres chers, les personnes que nous avons aimées plus que nous mêmes et dont pourtant nous sommes séparés à jamais.
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Jeu 23 Oct 2008 - 13:38

Je lui souris et lui répondit, elle était entrain de réfléchir sur la perte des êtres chers, mais voilà bien longtemps que j’y avais réfléchis…


« Nous ne les perdons jamais réellement, ils restent toujours quelque part, crois moi, l’esprit est le plus fort de tout et même sans âme et sans corps notre esprit est toujours vivant, nous sommes les plus à même de les retrouver, ici, au sein de l’un de ces enfers. Ne crois pas que les plus justes et les plus purs s’en vont en Elysion, ce n’est qu’illusion. Seuls les grands guerriers ont droit de sombrer dans le monde des rêves de Morpheus. Elysion ne possède aucun mort, Elysion est la Terre des Dieux et seuls les Dieux s’y trouvent, ainsi que leurs favoris. Elysion n’est pas le paradis des humains Belhys, il n’y a pas de paradis pour les humains… »


Je vis un sourire se mettre et se dessiner sur le visage de Belhys, et c’était un beau sourire, un beau et véritable sourire comme je n’en avais pas vu depuis bien longtemps... mais même si elle savait que je l’avais remarqué je ne lui dit rien, de peur de gâcher un moment comme celui-ci, si rare au niveau des enfers…


- Chacun des fruits représente l'un des spectres, également au nombre de 108. Mais la seule chose intéressante en lui selon moi est le paradoxe qu'il représente... La seule Vie aux enfers, la noirceur du tronc et la blancheur intouchable des fruits. Tout comme une certaine vie découle de la mort. C'est grâce à cette lui que les spectres existent... Grâce à lui que nous sommes ce que nous sommes... Mais effectivement c'est tout ce qui m'y lie, je ne l'aime pas plus qu'une autre partie des enfers... En réalité cette prison ou nous sommes à bien plus d'importance pour moi. Non pas que je sois à la recherche d'une quelconque absolution, seulement si je n'avais pas accepté de devenir la main armée d'Hadès, c'est ici que j'aurais du passer l'éternité, jusqu'au jugement dernier... Dans cette forêt là basse... d'où percent tous ces cris continus. J'aime passer du temps ici malgré l'ambiance sordidement macabre, car cela me rappelle qui je suis.

La forêt des suicidés, ainsi donc Belhys s’était donné la mort et elle était condamnée à être pendu pour l’éternité, souffrant éternellement en perdant son souffle tentant vainement de décrocher cette corde inviolable.

« Belhys, il est difficile de porter de telles accusations, prend garde, d’autre pourraient croire que tu ne sers notre seigneur que pour ne pas aller dans cette forêt. Je sais que ce n’est pas cela, mais cependant je ne crois pas que ta foi en notre seigneur bien aimé soit aussi inébranlable que la mienne, cependant je sais que tu ne nous trahiras pas. Je sais que tu ne me trahiras pas. Je ne me rappel pas qui je suis Belhys… je ne me rappel pas, qui j’étais. »


Ce n’était pas mélancolique, loin de là, juste un constat fait sur une voix douce et calme avec un ton neutre comme à mon habitude.

- Non je ne l'ai jamais connu. Je l'ai vu de mes yeux et contemplé ses dégâts que j'ai du réparer de mon mieux, mais jamais je n'ai senti le feu consumer mes veines de la manière que tu as pu le sentir et le sens probablement encore. Quoi qu'il en soit je pense que tu as une chance inouïe, car ce sentiment précieux illumine encore tes pupilles, il brûle en toi et te fait avancer. Tu possèdes un élément moteur qui même s'il a peut être faibli, est toujours présent. Ne laisse pas cette flamme s'éteindre, Belgarath. Car c'est elle qui fait de toi l'Homme que tu es... Cette personne dure mais battante, austère mais pleine de richesse intérieure qui surpasse tout ce que je ne pourrai jamais fournir. Non je n'ai jamais Aimé... Et regarde ce que je suis devenue... Un corps sans âme, aussi vide et froid que le plus putride des cadavres.



Je m’accroupis sur le sol et ramassa une feuille de l’arbre qui venait de tomber…

« Toutes les choses changent Belhys, l’arbre finira par mourir à jour et à la place se dressera une nouvelle chose. La destiné est maîtresse de chacun de nous, mais je me bats contre cette folle depuis ma mort, elle m’a prit tout ce que j’avais, je sers le Seigneur Hadès et je me plie à la destiné qu’il a écrite pour moi, mais la destiné des hommes n’est qu’une chimère. Ton destin humain n’est pas encore fini Belhys vu que tu n’es pas morte, ouvre toi à la vie et tu verras, tu pourras combattre ton destin et qui sait, peut être que l’amour viendra à toi, ou toi, osera tu aller vers l’amour ? »


Un drôle de discours dans la bouche de celui que l’on disait le plus cruel des enfers, mais j’avais eu une vie avant, mais encore mieux… j’avais eu une femme, ma femme que j’aimais éperdument…

« Belhys, tu m’as décrit presque de la même manière qu’elle l’avait fait il y a plusieurs milliers d’années maintenant, mais je vais te répondre comme je lui avais répondu… je ne suis pas quelqu’un de gentil Belhys, non, loin de là… tu ne me connais assez pour déduire cela. Ecoute moi, et souviens toi du massacre de la ville d’Eleusis… t’as t on déjà raconté cette histoire ? »

Je ne pouvais prendre en pitié Belhys, ce n’était ni mon genre ni ce qu’elle désirait, je la regardais et entendis ces dernières paroles…

- Au sujet d'Anïa, je sais que tu n'es pas friand de confidences, cela dit je m'y intéresse et j'écouterai toute précision que tu désires y ajouter. En outre si tu préfères garder le secret entier, je me limiterai à le respecter.


Je ne dis rien, je ne répondis rien, je sortis juste un petit médaillon du néant, un médaillon en or et je l’ouvris ce qui libéra une image d’une jeune femme, une image si belle et si parfaite que l’on aurait cru qu’elle était vivante…




Je ne dis rien d’autre, je regardai Belhys et j’attendais… Anïa était belle, très belle, avec les cheveux d'une blondeur parfaite et inégalée, les yeux pur et grandiose, et même moi en revoyant cette image que je n'avais pas vu depuis très longtemps, dans le creux de mon oeil se créa, une larme de sang...

Mais alors que je ne disais rien je sentis mon mal de crâne augmenter de plus en plus, j'avais de plus en plus mal, je pris une autre cigarette et l'alluma, cela calma une nouvelle fois le mal de tête, mais auparavant alors que les voix disparaissaient il y en avait toujours une ou deux alors je serai mon crane à l'aide de mon index et de mon pouce, serrant les dents, depuis bien longtemps je venais de me souvenir ce qu'étais, la douleur...[b]
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Sam 1 Nov 2008 - 4:50

C'était étrange de se retrouver ainsi en seul à seul, momentanément libres de toute contrainte liée aux ordres supérieurs ou même à tout ce qui les reliait au Seigneur Ténébreux... C'était comme n'être plus qu'un homme et une femme dans un moment d'intime complicité même si celle-ci était dépourvue de toute ambiguïté. Qu'étaient ils à présent l'un pour l'autre? Des compagnons d'armes? Des étrangers? Des "amis"? Ou peut-être un peu de tout cela à la fois... Dur de le savoir avec clarté, et de toute façon cela ne les aurait pas avancés en quoi que ce soit, au fond. Belhys pouvait juste être sûre que le lien qui les unissait, quel qu'il puisse bien être, s'intensifiait au fur et à mesure qu'ils apprenaient à se découvrir au fil du temps passé ensemble. Finalement elle entendit la réponse de Belgarath au sujet de son âme...

« Mon âme, est certes encore en vie dans ce corps mort. Mon corps est un fardeau, sans lui ma pleine puissance pourrait enfin s’exprimer. Belhys, nous nous connaissons depuis Asgard et c’est toi la première qui a voulu m’accompagner, nous sommes tous sous la coupe du destin écrit par les Dieux de l’Olympe, les Moires tissent encore et encore la vie de chacun jusqu’à ce qu’elle le coupe d’une façon négligé. Que tu vailles mieux ? Tu vaux mieux que bon nombre aux enfers, pourquoi… tout simplement parce que tu me supportes, et pour cela déjà, on devrait t’applaudir. »

Oui elle avait voulu l'accompagner lors de leur première rencontre, mais au final ce n'était pas à ce moment là un prétexte pour le suivre lui en particulier, juste une envie intrinsèque de tuer l'ennui par un minimum d'action. Mais qu'importaient les raisons maintenant? Il avait raison sur un point... Les Parques tissaient le fil du destin avec un curieux sens de l'humour, mais ces choses là les dépassaient largement. Il ne servait à rien de tenter de comprendre les raisons qui poussaient les divins à agir d'une manière ou d'une autre, l'Asssassine avait compris depuis un moment que c'était une manière idiote de perdre son temps.
Sa teinte d'humour était bienvenue malgré tout, car elle savait que cela ne lui ressemblait pas de faire des compliments, ce qui lui fit plaisir sans pour autant la faire changer d'avis quant à sa propre valeur qu'elle jugeait médiocre. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise le contraire, car après tout certes elle n'était pas le pire des cas que la Terre ait porté, mais elle n'était pas non plus un idéal ou une icône à suivre, loin de là. Ce fut donc d'une voix claire et calme qu'elle lui répondit:


- Oui les trois soeurs semblent avoir lié nos destinées pour l'instant... Je sais pas si c'est vraiment une bonne chose, mais ça ne me déplaît pas plus que ça. Et puis je ne vaux pas mieux, car trop de vice a corrompu l'enveloppe que tu vois, je ne suis plus une femme, je ne suis plus un être... je suis juste... Je ne sais même pas moi même... Mais peu importe, et après tout je pourrais dire de même, je ne suis pas particulièrement facile à vivre.

Malgré le regard profondément pensif, perdu dans l'immensité de l'horizon, un demi sourire était suspendu à ses lèvres. C'était bien la première fois qu'elle parvenait à discuter de choses aussi profondes avec un spectre, et elle pourrait certainement même dire avec qui que ce soit... De son vivant toutes ses opinions avaient été considérées comme des divagations féminines... et ce n'est qu'en tant qu'arcaniste que ses talents personnels avaient pu s'exprimer un minimum, bien que ce soit en secret. C'est pourquoi elle s'était appliquée en cet art plus qu'en toute autre chose, car c'était bien la seule occupation qui la distinguait de sa soeur qui n'avait aucune prédisposition pour l'ésotérisme. Pieuse et dévouée au Dieu chrétien, Inès ne s'était jamais intéressée à d'autres façons de penser, et n'aurait jamais supporté l'idée que son propre sang soit ce qu'ils appelaient une "hérétique". C'est pourquoi Belhys avait toujours été tenue par le secret que lui avait imposé sa mentor, ce qui lui permettait également de ne pas mettre sa soeur en danger, puisqu'elle ne pourrait rien apprendre aux autorités en cas d'interrogatoire. Depuis qu'elle avait perdu Eragone, cette femme qui lui avait appris à user de ses pouvoirs, elle n'avait plus jamais pu tenir une conversation digne de quelqu'un qui passait son temps libre en train de fureter dans les bibliothèques royales comme la plus vulgaire des voleuses. L'érudition n'était pas pour les femmes... et encore moins pour de simples courtisanes. Alors à présent retrouver des sujets aussi profonds et complexes lui était étrange, surtout que pour la première fois de sa vie, son interlocuteur était un homme.

« Belhys, si ton cœur est ton âme n’ont jamais vécu, alors ils ne demandent qu’à vivre, moi mon corps n’est pas encore décomposé grâce à la seule force de ma magie, de mon cosmos et de mon âme, lorsque je perdrai tout cela, alors je ne serait plus qu’un mort parmi les autres, et lorsque tu m’auras survécu, lorsque tu verras cela, tu te diras qu’il faut que tu vives. Mes réactions ne sont pas des sentiments Belhys, ce sont des bribes d'une ancienne vie, une vie oubliée, une vie perdue dans mon esprit qui me rappelle à chaque instant qu’elle a existé. Je ne ressens les choses qu’avec une seule condition, une seule donnée dans l’équation. Si j’avais vraiment ces sentiments dont tu me parles, chacun de mes meurtres ne me seraient il pas insoutenable ? Je n’ai pas plus de sentiment que toi Belhys, j’ai juste plus… de vécu et mort en ces lieux, mais je suis insensible à la douleur, à la mort, au pardon. »

L'Empoisonneuse savait pertinemment qu'il ne servirait à rien de débattre infiniment sur un sujet aussi délicat et compliqué. Leurs conceptions de la vie et de la mort étaient passablement différentes, voir parfois opposées... Ils n'avaient pas le même vécu derrière eux, c'était une évidence. Mais malgré le fait que tous les deux soient endurcis à l'extrême, ils n'avaient pas été forgé dans le même alliage... Elle respectait sa façon de penser, mais ne la partageait pas. Il était imbibé de sensations et de sentiments, derrière la forteresse imprenable qui était forgée par sa dureté et sa magie... Et bien qu'il prétende qu'il s'agissait de simples bribes, Belhys sentait distinctement que c'était bien plus que ce qu'il croyait. C'était une richesse incalculable, pour quelqu'un qui comme elle pouvait perpétuer un sombre massacre sans en ressentir une seul remords que ce fut. Mais ce point là elle l'attribuait aux circonstances, qui dès le départ les avaient poussés à tuer pour survivre ou pour accomplir des desseins personnels, dont quelques vendettas... Elle se souvenait encore de chacune des vies qu'elle avait ôtées et seul Hadès devait savoir comme elles avaient été nombreuses... Des poignards s'abattant encore et encore... Tellement de venins coulant dans les gosiers... Sans parler du mortel baiser de la Veuve Noire.

« Le monde est il plus beau en couleurs ? Depuis que je suis mort la couleur a-t-elle changé quelque chose au monde ? Y a-t-il moins de mort ? Moins de misère ? Moins de haine ? Moins de colère ? Moins d’humains ? Moins de meurtrier ? Moins de violeurs ? Moins d’assassins ? L’espèce humaine a-t-elle réellement changé depuis ma mort et ma perte de vision en couleur ? Je n’en suis pas sur Belhys, non vraiment pas. Mais ce que tu m’offre n’est pas un simple présent non ? »

Une question aussi complexe ne pourrait certainement pas trouver une réponse satisfaisante avec facilité... Au fond est-ce que cela faisait la moindre différence? Ce n'était pas du tout aisé, mais Belhys avait la profonde conviction que oui. L'Humain l'avait déjà tellement déçue avec sa médiocrité, sa perfidie sans cesse renouvelée alors que l'on croyait qu'elle avait atteint son paroxysme, cette hypocrisie sans fin à laquelle elle avait été exposée bien plus longtemps qu'elle n'aurait pu le supporter. Que pouvait elle faire face à cette nature imprévisible de l'homme? Elle ne le jugeait pas foncièrement mauvais, mais il était évident qu'il se corrompait avec l'âge, plus vite encore s'il avait accès à l'argent et au pouvoir... De manière irrémédiable et définitive. Mais au delà de n'importe quelle attitude humaine, il y avait toujours quelque chose qui demeurait inchangée, résistant à toutes les pressions, gardant sa beauté au delà de toutes les tentatives vaines de la changer... la Nature.
La spectre avait longtemps cherché quelque chose de comparable, pour finir par se rendre compte qu'elle ne le trouverait jamais, ni dans ce monde ni dans l'autre... Rien n'était aussi beau que les choses simples que Gaïa leur offrait, les moments insaisissables mais à la pléthorique richesse qui étaient encore les seules choses capables de l'ébahir. Ce n'était donc pas pour qu'il contemple l'Humain qu'elle voulait lui offrir cela, mais bien tout simplement pour qu'il puisse tout contempler de la même manière qu'il l'avait fait dans le passé, qu'il puisse voir tout comme elle cet arbre qui le fascinait tant, qu'il puisse sentir sa texture mais en contemplant la profondeur de ses couleurs cette fois... Et puis aussi qu'il voit son visage sous son vrai jour, qu'il contemple la profondeur de ses yeux écarlates qui eux étaient bien de cette couleur sanguine qui obnubilait sa vue...


- Je veux que tu me voies comme je suis vraiment, avec toutes les couleurs qui vont avec, que tu voies au delà de cette couleur uniforme. Certes au fond cela ne changera rien à ce que tu penses déjà, mais c'est le présent que je veux t'offrir. Il ne sera pas visible pour les autres, mais l'essentiel c'est que toi tu puisses t'en souvenir encore longtemps... Car oui il s'agit plus que d'un présent, comme tu te doutes bien...

Elle n'était pas disposée à lui en dire davantage, car de toute manière il avait très bien compris le message qu'elle lui avait transmis à demi mots. A quoi bon lui dire alors ce qu'il savait déjà? A rien. Mais voilà que les tours de passe-passe recommençaient, cette fois-ci une balance apparaissant de nulle part sous les yeux de la Meurtrière. Sur les deux plateaux une représentation de la planète et de l'autre celle de l'Alraune... Elle laissa ses yeux filer vers le visage de Belgarath pour essayer de comprendre un minimum ce que cette miniature aux significations obscures voulait dire... mais elle fut rapidement éclairée par ses commentaires:

" Suis-je supérieur au monde ? Je n’en ai aucun doute, est ce que je mérite un tel honneur de ta part… je suis plus puissant que toi et plus âgé, je connais les enfers mieux que quiconque après les Dieux, je suis celui qui n’obéis qu’à sa majesté Hadès. Ainsi donc c’est à moi de t’enseigner et non l’inverse, cependant je sais autre chose, je sais que la confiance de quelqu’un ne peut se refuser lorsque l'on a également confiance en lui. "

Oui certes il était plus vieux... mais elle ne croyait pas que tout puisse se compter au nombres d'années de vie ou de mort... C'était bien plus compliqué que cela. Ils avaient simplement vécu des choses différentes et marquantes de plusieurs façons, leurs vies avaient été très différentes, et le but n'était pas de savoir qui avait vécu les choses les plus traumatisantes... Ils avaient bien mieux à faire... Elle ne supporterait pas qu'il parle de manière condescendante ou paternelle sous prétexte qu'il avait "plus d'expérience" ce qui d'ailleurs n'était vrai qu'en partie. Ils avaient tous les deux des choses à apprendre de l'autre et avec l'autre... C'était un échange équivalent, et même si son orgueil ne le reconnaissait pas, cela ne changeait rien à la réalité. Mais en tout cas sa dernière phrase la flatta, car c'était bien une des premières fois qu'ils parlaient de confiance en dehors des circonstances qui les avaient liés au départ, à savoir devoir être une équipe lors d'une mission. Mais alors elle vit la balance se déséquilibrer et se transformer en mortier et pilon, des outils reconnus de l'alchimie... Il acceptait donc son offre. Un sourire se dessina sur ses lèvres, mais elle ne les saisit pourtant pas. Elle n'en aurait pas besoin... Il serait inutile de disposer de tels instruments tandis qu'elle n'avait besoin que de son pouvoir et d'une seule matière première... Une denrée aussi rare que précieuse mais qui possédait toutes les vertus nécessaires à concocter cette potion tant désirée...


Dernière édition par Belhys le Dim 2 Nov 2008 - 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Sam 1 Nov 2008 - 4:58

- Je vois que tu as choisi d'accepter, et j'en suis heureuse. Cela dit même si c'est bien pensé de ta part, je n'ai guère besoin de tout cet attirail... J'ai tout ce qu'il me faut...

La Veuve Noire sourit alors de manière énigmatique, semblant se concentrer dans sa tâche. Malgré son assurance elle savait qu'elle n'avait pas le droit à l'erreur et le moindre écart de la perfection de la préparation pourrait être catastrophique, voir mortel. C'était une responsabilité qu'elle portait sur les épaules malgré tout, et qu'elle s'efforçait de garder bien présente dans son esprit afin de se rendre compte de l'importance de ses moindres gestes. Elle tendit simplement sa paume ouverte, le dos droit calé contre l'arbre de vie avant de fermer les yeux, tandis qu'une simple fiole apparut dans sa main, enveloppée d'une mince fumée violette. On avait à peine pu discerner les lèvres de Belhys bouger lorsqu'elle avait prononcé l'incantation dans un langage étrange, probablement inconnu...
La Belle respira profondément pour se couper du reste du monde, faisant le vide autour d'elle pour ne plus entendre les cris des damnés qui hurlaient avec les dernières forces du désespoir. Ainsi de sa main libre, elle ferma le poing avec force, déployant de quelques centimètres les longs ongles de l'Arachnéenne afin de les ficher dans sa propre peau, tels cinq petits couteaux. Son visage avait pourtant une expression tranquille, ne démontrant pas le moindre signe de douleur... Elle ne la sentait pas pour si peu, et puis de toute façon elle n'avait pas le temps d'y penser pendant ce processus délicat. Le sang coula alors assez fluidement, les gouttes étant prudemment recueillies dans le flacon avec zèle, afin de ne rien gâcher et ne pas se lacérer plus qu'il n'en fallait. Progressivemet le récipient fut ainsi empli jusqu'à sa moitié, moment auquel la Demoiselle retira sa main en jugeant que cette quantité était suffisante.

A ce moment elle se mit debout, les traits quelque peu austères par le sérieux de la situation tandis qu'elle tendit la main blessée vers les branches les plus basses de l'arbre de vie, afin d'en récolter un bout de branche. Cela était purement facultatif, mais c'était nécessaire afin de complètement couper le goût de sang qu'aurait la potion si elle en était dépourvue... Ainsi elle goûterait comme une simple effusion de plantes, avec les bienfaits reposants et revigorants du sapindus... Elle broya alors des fragments de la branche, pour finalement laisser déflagrer son cosmos autour d'elle alors que ses yeux écarlates regardaient fixement cette solution d'hémoglobine. Ses pupilles disparurent alors complètement pour virer dans leur totalité au noir, tandis que le déploiement de son énergie agitait ses longs cheveux ébène... Une onde violette traversait alors son bras en un mouvement descendant vers la fiole, s'enroulant autour de cette dernière comme une spirale colorée. Les lèvres de la Galitienne bougeaient comme pour prononcer des paroles inaudibles, parlant dans le langage arcanique qui lui était unique. Les vibrations pourpres entrèrent alors dans la petite bouteille pour enfin se mêler à l'ensemble de la solution. Cette dernière prit alors une couleur totalement transparente, comme s'il s'agissait simplement d'eau puisée à la plus claire des sources...
Alors seulement le cosmos de l'Assassine se calma jusqu'à revenir à nouveau à la normale, tandis que ses yeux reprenaient eux aussi leurs aspect naturel...


- Cela n'aura pas de goût désagréable... Tu auras l'impression de boire de l'eau, mais bois le tout d'une traite et les yeux fermés. Garde les ainsi pendant quelques secondes, et quand tu les re-ouvriras, tu devrais retrouver ta vue d'antan...

Alors sans plus un mot elle tendit le résultat en direction de Belgarath avec un demi sourire, prenant garde d'agripper l'extrémité du goulot afin qu'il ne soit pas obligé de toucher sa main si tel était son désir. On dirait bien qu'elle prenait des réflexes... Elle ne dit alors rien de plus car elle ne trouvait rien d'adéquat en cette situation, mais se limita à reprendre sa place assise contre le tronc, afin de se reposer de cet effort qui commençait à déjà lui donner mal à la tête... Elle manqua de pester contre ce symptôme qu'elle attribua à l'incantation même si en vérité ce n'était pas aussi simple...
Après tout elle attendait avec une certaine impatience de voir les impressions de l'Alraune lorsqu'il pourrait regarder tout avec leurs vraies couleurs... Elle n'avait pas peur que cela ne produise pas l'effet escompté, car l'opération s'était parfaitement déroulée, avec une précision de métronome et toutes les précautions nécessaires... Alors elle poursuivit la conversation laissée en suspens, au sujet de leurs proches.


« Nous ne les perdons jamais réellement, ils restent toujours quelque part, crois moi, l’esprit est le plus fort de tout et même sans âme et sans corps notre esprit est toujours vivant, nous sommes les plus à même de les retrouver, ici, au sein de l’un de ces enfers. Ne crois pas que les plus justes et les plus purs s’en vont en Elysion, ce n’est qu’illusion. Seuls les grands guerriers ont droit de sombrer dans le monde des rêves de Morpheus. Elysion ne possède aucun mort, Elysion est la Terre des Dieux et seuls les Dieux s’y trouvent, ainsi que leurs favoris. Elysion n’est pas le paradis des humains Belhys, il n’y a pas de paradis pour les humains… »

Ce n'était pas la première fois qu'elle pensait aux êtres chers qu'elle avait perdus, loin de là... Pas plus que ce ne serait la dernière non plus. Depuis tous ces siècles elle avait déjà pu analyser la question sur tous ses aspects, tous les points de vue et tous les angles possibles et imaginables... Et cette longue tirade sur ce qu'était le paradis ne lui apprit rien de nouveau, rien qu'elle ne sache pas depuis très longtemps... Mais en effet elle savait pertinemment ce qu'était l'Elysion ainsi que ceux qui pouvaient y séjourner. C'était donc en toute connaissance de cause qu'elle affirmait que sa soeur y coulait des jours heureux... Telle avait été la promesse de la Déesse... Et elle le sentait au fond d'elle que telle était la vérité. La plus humaine de toutes les déesses avait d'une quelque manière pu ouïr de l'histoire d'Inès... Et touchée par la réalité d'une jeune fille qui comme Perséphone avait été injustement offerte à une destinée ingrate, mais cette dernière n'ayant ni la nature divine ni même comme Cérès une mère aimante... Elle lui offrit une place privilégiée parmi les nymphes qui lui étaient chères... en Elysion. Depuis ce jour là la Galitienne respecta et traita avec encore plus de révérence la Nature, ce cadeau de Déméter auquel elle n'avait cesse de donner grâce chaque jour... C'est pourquoi plus qu'Hadès, elle était attachée à Perséphone son épouse, car non seulement elle lui faisait penser à son unique soeur, mais de plus elle se devait de la protéger lorsque celle ci était aux enfers, loin de sa tendre mère. Ce serait beaucoup trop long d'apporter une explication satisfaisante, mais elle lui dit simplement:

- C'est justement une Déesse qui l'y a faite entrer. Elle est sous sa protection et c'est pourquoi elle y séjourne aujourd'hui encore... et à jamais.

Elle n'avait pas envie d'en dire plus, car le sujet même si extrêmement ancien était toujours aussi délicat, autant que le jour même où elle avait du voir sa soeur se faire assassiner froidement sous ses yeux impuissants. Ensuite elle attendit sa réaction au sujet de ses confidences au sujet de cet endroit et de son suicide par le passé... Elle ne se fit pas tarder...

« Belhys, il est difficile de porter de telles accusations, prends garde, d’autres pourraient croire que tu ne sers notre seigneur que pour ne pas aller dans cette forêt. Je sais que ce n’est pas cela, mais cependant je ne crois pas que ta foi en notre seigneur bien aimé soit aussi inébranlable que la mienne, cependant je sais que tu ne nous trahiras pas. Je sais que tu ne me trahiras pas. Je ne me rappelle pas qui je suis Belhys… je ne me rappelle pas, qui j’étais. »

- Ce qu'ils peuvent penser ne me fait ni chaud ni froid. Je ne dois des comptes à personne, et encore moins à des gens qui suivent Hadès sans avoir de véritable raison pour le faire si ce n'est les ordres qu'on leur a donnés. Je ne critique pas ceux qui comme toi se battent pour ce en quoi ou en qui ils croient... mais je ne supporte pas les moutons qui se courent vers la potence sans même savoir pourquoi. A ce niveau là, ce n'est pas de l'auto persuasion, c'est juste de la pure bêtise.

Elle sourit ironiquement sans pouvoir s'en empêcher... Non sa croyance en Hadès n'était pas comparable à celle de son interlocuteur, pour la bonne et simple raison qu'elle n'en avait strictement aucune. Et puis les opinions extérieures de tous les autres spectres, au fond ses semblables... Ca lui était complètement égal et indifférent, elle s'en préoccupait autant que de la dernière pluie... ou son dernier meurtre. Ils pouvaient bien la juger comme bon leur semblait, le prix était le même... et elle ne cesserait pas de penser comme elle le faisait pour se fondre dans un moule qui par ailleurs la dégoûtait. Mais non ce n'est par pour autant qu'elle n'avait pas ses principes et sa loyauté... Même si elle n'avait pas de véritable conviction envers Hadès, elle en avait pour sa ligne de conduite et pour des valeurs qui lui étaient propres, l'empêchant de basculer totalement dans l'égoïsme pur et les décisions sans scrupules. Son regard se perdait au loin vers la forêt dont ils parlaient il y a peu, tandis que du coin de l'oeil elle le vit jouer avec une feuille qui gisait au sol:

« Toutes les choses changent Belhys, l’arbre finira par mourir à jour et à la place se dressera une nouvelle chose. La destinée est maîtresse de chacun de nous, mais je me bats contre cette folle depuis ma mort, elle m’a prit tout ce que j’avais, je sers le Seigneur Hadès et je me plie à la destinée qu’il a écrite pour moi, mais la destinée des hommes n’est qu’une chimère. Ton destin humain n’est pas encore fini Belhys vu que tu n’es pas morte, ouvre toi à la vie et tu verras, tu pourras combattre ton destin et qui sait, peut être que l’amour viendra à toi, ou toi, osera tu aller vers l’amour ? »

Que les Dieux les gardent... Cette conversation était étrangement comment pourrait-on dire... déjà vue? Belgarath défendait un point de vue bizarrement prévisible, lui tenant un discours quelque peu "bateau". Certes oui elle comprenait qu'il s'était battu contre le Destin depuis sa mort... Mais elle même n'avait plus de vie depuis trop longtemps. Belhys en arrivait à se demander si elle en avait même eu une un jour... Combattre elle le faisait depuis toujours, car c'était une des seules choses qui la maintienne encore debout... Mais aller vers l'Amour? Quel Amour?... Celui qui faisait les gens s'entretuer? Non... Certes elle ne doutait pas que ce sentiment existe réellement, mais elle ne doutait pas non plus que ce n'était pas fait pour elle. D'une certaine manière elle aurait aimé l'avoir connu au moins une fois pour savoir ce que c'est par davantage que les impressions et les analyses des sentiments des autres, mais d'un autre côté peut être que c'était justement son aubaine que de n'avoir jamais croisé sa route...

- Je crois en l'existence de l'Amour, mais je sais que ce n'est pas pour moi. Qui plus est s'il ne l'a pas été de l'époque de ma vie, il ne le sera pas maintenant dans cette seconde vie où tout n'est que guerre et désolation. Je voulais dire que tu as eu une chance rare, mais pour ma part je n'en veux pas.

« Belhys, tu m’as décrit presque de la même manière qu’elle l’avait fait il y a plusieurs milliers d’années maintenant, mais je vais te répondre comme je lui avais répondu… je ne suis pas quelqu’un de gentil Belhys, non, loin de là… tu ne me connais assez pour déduire cela. Écoute moi, et souviens toi du massacre de la ville d’Eleusis… t’as t on déjà raconté cette histoire ? »

La Spectre savait très bien que l'Alraune était d'une beauté aussi éclatante que dangereuse, qu'il possédait plusieurs facettes... Il lui était impossible d'oublier les manifestations de sa colère par le passé. Non qu'elle se les remémore avec crainte, mais simplement elle s'en souvenait comme des applications du côté plus sombre du Grec. Mais ce n'était pas parce qu'elle même était plus mesurée dans ses actes qu'elle était moins cruelle... au contraire on pourrait dire qu'au moins Belgarath était très direct, même si parfois il était extrême. Alors que pouvait on dire de ce côté vengeur de la Dame, cette volonté de régler ses comptes comme il fallait qu'importe le temps... Sa rancune était plus que tenace, elle était immortelle... Et son poing ne tremblait pas lorsqu'il il fallait lentement récolter les fruits de son ardent travail...

- Je sais que tu n'es pas totalement bon, mais ce serait mentir de dire que tu es complètement mauvais. Tu sais aussi bien que moi que l'homme mort ou vivant n'est pas aussi manichéen... Ce serait trop facile. J'en ai vaguement entendu parler en effet. Et toi connais tu l'histoire de la déchéance d'Afonso IV et le couronnement de l'Infante de Castro?

Elle lui expliquerait si il manifestait le désir de connaître des détails, puisque lui aussi lui livrait des pans de son histoire... Ce serait un échange équivalent, qui petit à petit leur permettait de se connaître de plus en plus au fur et à mesure du temps, ce qui elle devait l'avouer, ne lui déplaisait pas plus que ça. C'est pourquoi elle l'avait questionné au sujet d'Anïa, sans toutefois trop d'espoir qu'il dévoile quoi que ce soit. Pourtant à ses yeux se dévoila l'image d'une femme dans la fleur de l'âge, blonde comme si de l'or se mêlait à ses cheveux... Elle en fut passablement estomaquée car en effet elle comprenait déjà mieux les ressemblances partielles qui les liaient toutes les deux... mais surtout... elle y vit un visage très ressemblant à celui de sa soeur. Elle ne savait pas quoi dire, et déglutit péniblement tandis qu'elle vit l'émotion sur le visage du spectre de la magie. Il alluma alors une cigarette dans ce qui semblait une tentative de se calmer, tandis que la Taciturne soupirait de lassitude, d'un regard profondément triste. On aurait juré qu'elle venait de revoir le fantôme de celle qu'elle avait perdue... Elle venait de revoir le visage de sa soeur... Gardé au fond du médaillon d'un être millénaire... Comment est-ce que cela pouvait être possible? C'était son visage... la même étincelle dans le regard... A très peu de choses près c'était elle.
Elle porta la main à ses tempes, les massant des index dans un geste qui tentait d'apaiser ce foutu mal de tête qui se faisait de plus insistant... Ce n'était pas douloureux, seulement dérangeant à souhait alors même qu'elle discutait pour la première fois de choses aussi importantes... Pourquoi diable il fallait que ça arrive maintenant?? Mais même ce pourtant teigneux détail ne pouvait la détourner de l'image qu'elle avait vue et qui était restée gravée dans sa mémoire...
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Dim 9 Nov 2008 - 16:34

Voilà un petit moment que nous discutions seul à seul Belhys et moi, renforçant nos liens d’amitié, renforçant notre confiance mutuelle, je savais désormais que quoi qu’il arrive je lui viendrai en aide et que l’inverse était vrai, pourquoi ? Ce simple message implicite que jamais nous ne nous dévoilerions, car finalement elle et moi nous étions allié pour une cause qui allait bien au-delà de celle de sa majesté Hadès, une cause pour laquelle même une guerre ne pourrait faire qu’ils se sépareraient. Ce n’était pas de l’amour, non, j’aimais Anïa, je l’avais perdu mais à jamais elle fera bruler mon âme… peut être était ce cela qui avait fait que Belhys et moi nous nous étions entendu, il n’avait avait aucune ambigüité, rien de tout cela, non, mais après tout était ce réellement important ?

- Oui les trois sœurs semblent avoir lié nos destinées pour l'instant... Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne chose, mais ça ne me déplaît pas plus que ça. Et puis je ne vaux pas mieux, car trop de vice a corrompu l'enveloppe que tu vois, je ne suis plus une femme, je ne suis plus un être... je suis juste... Je ne sais même pas moi même... Mais peu importe, et après tout je pourrais dire de même, je ne suis pas particulièrement facile à vivre.

Pour l’instant… Belhys et moi savions implicitement que c’était pour bien plus longtemps que cela, mais jamais nous ne voudrions nous l’avouer. Notre discussion allait bien au-delà des choses, bien au-delà des simples discussions entre spectre sur comment tuer son adversaire qui m’ennuyaient la plupart du temps au plus au point et fatiguait mon esprit déjà si fatigué, exténué par le poids des âges et le poids de ces voix dans ma tête, ces maudites voix, résonnant toujours de plus en plus fort les unes avec les autres…


« Tu parles bien Belhys, même très bien, ton esprit est clair et ouvert. Notre collaboration est le fruit du destin, un destin qui a été tracé dans les âges pus anciens, une roue immuable tournant à jamais vers notre fin à tous, mon fil a été coupé, le Seigneur Hadès l’a renoué, tout du moins il a renoué mon âme. Tu dis ne pas être une femme, pourtant nombres de spectres ne voit pas cela à ton enveloppe. J’ai entendu nombre de mots sur toi, mais les plus beaux venaient de Morrigan, car elle seule savait lire dans les cœurs et les âmes. Facile à vivre ?... mais voyons Belhys, personne ne l’est, sauf au sein de l’empire infernal où la seule règle est d’être plus cruel les uns que les autres. Je suis certainement l’un des plus cruel, même si ma puissance n’arrive pas encore à sa plénitude, je sais qu’un jour je pourrai retrouver mon véritable pouvoir, et ce jour là, je l’emploierai pour faire plier le monde sous le sceau du Seigneur des ténèbres. Le seigneur sait qu’elle puissance je suis capable d’invoquer, il sait de quoi je suis capable… Mais avant de me connaître Belhys, croyais tu réellement que j’étais quelqu’un de facile à vivre ? Comment m’as-tu jugé la première fois que tu m’as vu ? Je souhaite que les humains payent et ils vont payer, oui ils vont payer pour ce qu’ils lui ont fait et alors, alors seulement lorsque chacun d’entre eux aura succombé à la magie destructrice… à ce moment je pourrais m’éteindre. Belhys je ne suis qu’un vieux fou qui divague, mais un vieux fou dont la puissance est hors du commun, Belhys qu’importe qui tu es… »


Cette phrase en suspend signifiait beaucoup de chose, car je me moquait bien de son physique et de qui elle était, car je savais, oui nous savions l’un de l’autre comment nous étions, je ne savais pas qui j’étais, elle le savait, elle ne savait pas qui elle était, je le savais…
J’étais un artiste de la mort, un ange déchu, nombreux étaient les noms que je portai mais mon action seule me définissait, Belhys avaient ôté des vies, j’en avais fauché par centaines, ,nous étions tout deux des morts qui prenaient des vies, nous n’avions d’autre choix que de nous repaitre de la longue mort des autres, les voir souffrir comme nous avions souffert les voir mourir comme nous étions mort, et ne pas être encore satisfait alors continuant sans cesse, moi pour faire partir les voix de ma tête, Belhys, pour se prouver qu’elle était quelqu’un, chacun d’entre nous avait un but différent mais finalement nous usions de méthodes à peu prêt similaire, ensemble nous peignons le monde de la couleur rouge sang de nos ennemis pour qu’enfin se reflète l’âme perdue de Belhys, l’amour volatilisé d’Anïa, ensemble, nous allions créer un monde de sang et de feu, un monde où les humain ne seraient que des trophées… je n’aimais pas la race humaine et je ne l’aimerais certainement jamais… c’étaient les grecs qui avaient tout déclenchés…

- Je veux que tu me voies comme je suis vraiment, avec toutes les couleurs qui vont avec, que tu voies au delà de cette couleur uniforme. Certes au fond cela ne changera rien à ce que tu penses déjà, mais c'est le présent que je veux t'offrir. Il ne sera pas visible pour les autres, mais l'essentiel c'est que toi tu puisses t'en souvenir encore longtemps... Car oui il s'agit plus que d'un présent, comme tu te doutes bien…
Je vois que tu as choisi d'accepter, et j'en suis heureuse. Cela dit même si c'est bien pensé de ta part, je n'ai guère besoin de tout cet attirail... J'ai tout ce qu'il me faut...


Un présent… un cadeau, mais alors… oui, c’était donc cela, Belhys sais tu dans quoi tu t’engage en faisant un présent à un meurtrier sanguinaire, à un spectre qui n’avait rien de plus cruel pour tuer que la magie qui donnait pourtant vie à chacune des chose que j’imaginais, ho pauvre Belhys allait tu comprendre qu’une amitié avec Belgarath te ferai courir à ta perte, comme elle l’avait fait pour Morrigan, pour Anïa, mais peut être était ce cela que tu cherchais ? Après tout tu avais bien faillit disparaître une fois après m’avoir accompagné… cherchais tu réellement un dernier compagnon pour t’aider à t’entrainer dans la mort. Car voilà une des raisons pour lesquelles je détestais que l’on me touche, j’étais aussi froid que la mort et mon âme bien que perdurant éternellement dans cette enveloppe charnelle se verrait être un signe aussi froid que la mort proférée par Thanatos en personne…
Mais alors Belhys laissa alors SA magie opérer, celle des sciences et des potions, occultant tout ce qui était autour d’elle, prenant de l’environnement comme si elle dissolvait la vie elle-même en une potion miraculeuse… les miracles… non la vie n’est pas faite de miracles ! Et j’apprendrais à ces stupides humains à ne pas jouer avec les lois de la nature ! La vie et la mort ne sont faites que d’une seule chose… la souffrance !
Le cosmos de Belhys augmenta de façon exponentielle, d’une façon que je n’avais encore jamais vu, sa puissance était impressionnante, mais je savais, oui je savais qu’en combat elle ne tiendra pas, mais cela je ne lui dirai pas, elle s’en rendra compte, ou je lui en ferai rependre compte en temps voulu…

- Cela n'aura pas de goût désagréable... Tu auras l'impression de boire de l'eau, mais bois le tout d'une traite et les yeux fermés. Garde les ainsi pendant quelques secondes, et quand tu les re-ouvriras, tu devrais retrouver ta vue d'antan...


Alors elle me tendit la potion, sachant pertinemment que je détestais le contact elle me le tendait d’une façon qui évitait tout contact, mais l’appréhension s’empara de mon être et alors je tendis la main vers la potion mais au lieu de la toucher, la potion s’en alla des mains de Belhys flottant dans les airs pour finalement atterrir dans mes mains

Je regardais longtemps cette potion et alors avant que je ne puisse l’ingérer j’entendis les paroles de Belhys, je ne lui avais pas dit merci… mais après tout quoi d’étonnant, je n’étais pas de ce genre là, je l’avais juste longuement regardé, une dernière fois en noir et blanc mêlé de rouge… était ce de l’appréhension de boire ce breuvage ? Non j’avais confiance en Belhys, mais avais peur ? Cette vision, c’était une partie de mon passé, mais moins véritable passé, celui d’avant l’Hadès, était en couleur…


- C'est justement une Déesse qui l'y a faite entrer. Elle est sous sa protection et c'est pourquoi elle y séjourne aujourd'hui encore... et à jamais.


Une Déesse ?... comment une Déesse pourrait se résoudre à sauver une mortelle ? C’était un acte indigne d’une telle divinité… non, impossible !?! Par les Dieux, cela était… arg., ce maudit mal de tête, toujours plus violent, toujours plus retentissant… je pris une autre cigarette, mais cela n’y faisais rien, il était toujours là, encore et toujours là… s’insinuant tel un poison au sein d’une plaie…


- Ce qu'ils peuvent penser ne me fait ni chaud ni froid. Je ne dois des comptes à personne, et encore moins à des gens qui suivent Hadès sans avoir de véritable raison pour le faire si ce n'est les ordres qu'on leur a donnés. Je ne critique pas ceux qui comme toi se battent pour ce en quoi ou en qui ils croient... mais je ne supporte pas les moutons qui se courent vers la potence sans même savoir pourquoi. A ce niveau là, ce n'est pas de l'auto persuasion, c'est juste de la pure bêtise.

Je lui souris, m’appuyant sur l’arbre de vie des enfers, toujours la fiole à la main, la cigarette dans l’autre, je sentais le mal de tête être de plus en plus fort sans ne pouvoir rien n’y faire, mais je luttais et je lui répondais…


« Belhys, si ta sœur a reçut la protection d’une Déesse méfis toi, car jamais les Dieux ne font quelque chose sans en attendre une autre en retour, il en fut de même pour Hadès et moi, mais servir le seigneur des ténèbres est un être que je vénérais déjà dans la vie, alors le servir dans la mort est un honneur plus qu’une contrainte. Belhys, tu es parfois naïve, tu en a peut être strictement rien à faire des autres, mais ce n’est pas le cas de tous. Je me moque aussi que l’on me juge, mais n’oublis pas, tes paroles sont tout le temps jugées par les autres, n’oublis pas Belhys, face aux autres spectres tu es jugés, ils choisiront ta faille et l’exploiteront, pour finalement pouvoir avoir els faveurs d’Hadès et devenir plus important que d’autre. Si tu choisis de ne pas te plier aux règles, ce sont les règles qui viennent te faire plier. Entre nous, peu m’importe les règles, et cela sera encore plus vraie lorsque j’aurais conquit mon ancienne puissance à ce moment je créerais mes propres règles, en attendant Belhys, n’oublis pas… j’ai déjà les faveurs d’Hadès et exploiter les autres n’est pas un passe temps amusant, mais pour d’autre, sa l’est… ne l’oubli pas Belhys, si tu veux vivre aux enfers, n’oublis pas que la mort y est maîtresse »


Je n’étais pas dans le moule des autres spectres, mais j’avais appris à jouer avec la glaise qui le composait, Belhys n’était pas encore assez sournoise pour cela, elle devait laisser échapper sa cruauté, car sa forteresse du cœur la conduisait irrémédiablement vers sa fin si elle ne maitrisait pas ce qu’elle refusait de s’avouer… des sentiments.

- Je crois en l'existence de l'Amour, mais je sais que ce n'est pas pour moi. Qui plus est s'il ne l'a pas été de l'époque de ma vie, il ne le sera pas maintenant dans cette seconde vie où tout n'est que guerre et désolation. Je voulais dire que tu as eu une chance rare, mais pour ma part je n'en veux pas.
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Dim 9 Nov 2008 - 16:35

Pauvre Belhys, savait elle réellement ce qu’elle disait ? non bien sur, car ceux qui n’ont pas connu l’amour ne peuvent pas réellement le définir, mais je ne pouvais la laisser divaguer de cette façon, alors je souleva la toge dans laquelle je me trouvais, libérant ainsi mon bras qui fut immédiatement et par une quelconque magie, recouvert de l’avant bras de mon surplis, ainsi donc cette toge n’était bien qu’une façade cachant ma réelle corpulence et ma réelle apparence… mais de ma main droite je pris mon avant bras gauche et en retira le surplis, laissant à Belhys la possibilité de voir pour la première une autre partie de mon corps que mon visage, mais cela n’avait de très extraordinaire, hormis peut être le cosmos froid, même glaciale et la noirceur de cette essence qui s’échappait de mon corps. Mon bras avait une teinte bleuté, comme les cadavres d’une morgue.
Dans ma main droite je fis apparaître une petite lame, une petit dague à la lame d’argent et d’un geste imprévisible que l’on ne pouvait retenir, je me tranchai les veine, laissant s’échapper alors un liquide rougeâtre tirant sur le noir mais dans lequel semblait être mêlé de l’or, des cristaux d’or qui n’étaient réalité que mon cosmos s’échappant dans mon sang, prouvant ainsi que mon corps mort ne vivait que grâce à ce cosmos et à ma magie. La petite dague disparue dans le néant pour laisser place à une petite éprouvette dans laquelle je laissa s’écouler le précieux liquide porté par ma magie et mon essence. Lorsqu’elle fut remplie de deux ou trois gouttes je la lâchai, restant en suspension dans l’air elle attendait que je la reprenne, ce que je fis après avoir passé ma main au dessus de mon poigné ce qui eu pour effet que ma peau se recompose aussitôt et que mon surplis revienne prendre sa place, je le dissimulai de nouveau par ma toge. La petite fiole dans les mains je le scellai et la laissa en suspension dans l’air, la laissant divaguer doucement vers les mains de Belhys… je laissai l’énigmatique fiole quelques instants dans les mains de la veuve noire sans dire mot, perdre ainsi un peu de sang n’avait pas grande importance sur ma santé. Puis je repris, ma voix s’égarant dans les méandres de la cascade au flot continu et porté par les lourdes racines du simpadus des enfers…

« Certaines choses changent Belhys, le monde est en perpétuellement changement, même moi qui ait trouvé la mort je vois le changement s’opérer autour de moi, tout ce que je vois changent, tout ce qui m’entoure redeviens néant. Et c’est alors que dans un soleil matinal qui vient bruler la chair du mort que je suis-je m’élève au dessus de tout autre pour finalement rependre sur terre le malheur et la souffrance, pour donner aux hommes ce qu’ils méritaient, le châtiment pour avoir oser s’en prendre à la Terre mère Gaïa, le châtiment pour avoir oser détruire celle que j’aimais. Le sang est une chose que personne ne peut ôter, même en combat, le sang souille quiconque veut le toucher, mais le sang est porteur de l’âme, il viendra aider ceux qui ne trouvent pas leur chemin, il viendra faire comprendre au monde que ce qui se cache réellement derrière tout, que leurs cauchemars les plus horrible, ne sont rien par rapport à la vérité qu’ils ignorent totalement ! Nous Belhys, nous sommes les porteurs de cet espoir pour la Terre mère, nous sommes la mort elle-même, envoyés d’Hadès. Mais aujourd’hui face à toi, la seule chose que je veux que tu comprennes, c’est que ce que tu tiens dans la main est porteur de lumière. Fais en ce qui te plaira, mais si tu l’utilise, n’oublis pas, tout ce que tu y verras ne sera que la vérité… »

Oui car ce sang portait une partie de mon âme, une aprtie de ce que Belhys avait perdu et mêlé à ma magie, cela ne pouvait échouer, un présent en retour du sien ? Non, juste un don, qu’elle pouvait accepter ou refuser. Elle n’aurait pas de pouvoirs comparable aux miens avec ce sang, car j’étais le seul à pouvoir user de la magie en ce monde de ténèbres, non, c’était juste un message d’espoir…


- Je sais que tu n'es pas totalement bon, mais ce serait mentir de dire que tu es complètement mauvais. Tu sais aussi bien que moi que l'homme mort ou vivant n'est pas aussi manichéen... Ce serait trop facile. J'en ai vaguement entendu parler en effet. Et toi connais tu l'histoire de la déchéance d'Afonso IV et le couronnement de l'Infante de Castro?

Je connaissais effectivement cette histoire, sans forcément me douter que Belhys était lié en quoi que se soit avec elle, ainsi donc je lui laissais le temps de m’expliquer sans dire quoi que ce soit, je lui fis un signe comme quoi elle pouvait continuer, j’avais entendu l’histoire, mais la raconté par une personne qui l’avait vécu et qui voulait se confier était quelque chose de bien mieux…

Belhys fut surprise de voir Anïa et moi, toujours aussi bouleversé, ainsi donc nous avions bon nombres de choses en commun, je repris alors le médaillon et l’image d’Anïa disparu, je me relevais alors doucement et le raccrochai autour de mon coup, puis je pris la fiole de Belhys et la mise à mes lèvres, en avalant el contenu doucement et d’une seule traite, effectivement cela n’avait pas mauvais gout… enfin si je me souvenais encore de ce qu’était le gout… je sentis alors le liquide couler dans mon corps, s’insinuant doucement à l’intérieur même de mon cosmos, mes globe protecteur apparaissant autour de moi, ma toge se calcinant avec l’effet de mon cosmos, laissant apparaître de nouveau mon surplis, pour qu’enfin je me mette à terre, me faisant plier un genou devant Belhys, et alors qu’enfin tout fut calmer lorsque mon cosmos se calma j’ouvrai les yeux, lentement et doucement ne voyant d’abord rien, le voile gris du monde des ténèbres s’ouvrit devant moi et m’aidant à me relever grâce à ma canne, je me mis en face de Belhys que je vis réellement pour la première fois, j’étais fatigué, il semblait qu’une autre chose venait de s’insinuer en moi en même temps que la potion de la veuve noire, ma vue revenait petit à petit et je murmurais en premier…

« Anïa… »

Mais alors je me rendis compte, le visage que j’avais en face de moi… ce n’était pas Anïa… j’étais exténué, les traits de mon visage étaient parcouru par la fatigue et le labeur, comme si le poids des âges venait de faire effet sur moi…

«Non, je connais ton visage, Belhys… tu lui ressemble tellement, tu n’es pas mauvaise Belhys… non, toi aussi tu mérite de connaître… la lumière… »

Ma voix était faible, entrecoupé, mais je voyais Belhys, elle était effectivement comme je me l’imaginais…

« Si tu es ainsi Belhys, j’avais raison, tu mérites de tout connaître, Belhys, ce monde de couleur lui aurait plus, veux tu m’accompagner ? Afin de rendre aux hommes ce qu’ils méritent et de rendre à la Terre sa beauté originelle ? »


Un compliment masqué, un remerciement voilé, voilà ce dont j’étais capable, mon mal de tête et ma fatigue ne me permettait pas autre chose, je n’arrêtais pas de fumer et pourtant cela n’apaisait plus les voix…
Mais c’est alors que j’entendis une voix dans ma tête, une voix qui s’éleva au dessus des autres…

~~ Belhys, Belgarath, C'est Kazuki, je voudrai vous confier une mission capitale pour notre monde. Je veux que vous vous rendiez au royaume de Poséidon, et que vous leur disiez, que nous avons trouvez comment éradiquer le fléau, et que pour cela, leur représentant divin doit se rendre seul, au temps des prêtresses. Car il est la seul personne pouvant supprimer ce mal. Vous devez absolument les convaincre de nous croire, mais le plus important, et que vous reveniez tout les deux sains et sauf. Je compte sur vous ! ~~

L’un des trois juge des enfers, il s’adressait à nous, damnation, ce n’était vraiment pas le moment… enfin je repris peu à peu des force faisant apparaître ma magie autour de moi, mes globes protecteurs ne cessant de tourner, je dis alors à Belhys…

« Tu as le temps de parler si tu le souhaite, après touche le pommeau de ma canne et partons, nos vies ne sont pas ici… »

Je lui tendis ma canne et attendis…
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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Jeu 13 Nov 2008 - 4:48

C'était étrange de se rendre compte que ce moment intime avait des allures de retrouvailles secrètes, d'entretien privé aux débouchés inconnus. Seuls les Dieux savaient ce qui pourrait bien en ressortir... Et puis ce mal de crâne persistant était pour le moins gênant, car c'était comme si Belhys était incapable de totalement se concentrer dans les paroles qui franchissaient la barrière de ses lèvres violacées.

« Tu parles bien Belhys, même très bien, ton esprit est clair et ouvert. Notre collaboration est le fruit du destin, un destin qui a été tracé dans les âges pus anciens, une roue immuable tournant à jamais vers notre fin à tous, mon fil a été coupé, le Seigneur Hadès l’a renoué, tout du moins il a renoué mon âme. Tu dis ne pas être une femme, pourtant nombres de spectres ne voit pas cela à ton enveloppe. J’ai entendu nombre de mots sur toi, mais les plus beaux venaient de Morrigan, car elle seule savait lire dans les cœurs et les âmes. Facile à vivre ?... mais voyons Belhys, personne ne l’est, sauf au sein de l’empire infernal où la seule règle est d’être plus cruel les uns que les autres. Je suis certainement l’un des plus cruel, même si ma puissance n’arrive pas encore à sa plénitude, je sais qu’un jour je pourrai retrouver mon véritable pouvoir, et ce jour là, je l’emploierai pour faire plier le monde sous le sceau du Seigneur des ténèbres. Le seigneur sait qu’elle puissance je suis capable d’invoquer, il sait de quoi je suis capable… Mais avant de me connaître Belhys, croyais tu réellement que j’étais quelqu’un de facile à vivre ? Comment m’as-tu jugé la première fois que tu m’as vu ? Je souhaite que les humains payent et ils vont payer, oui ils vont payer pour ce qu’ils lui ont fait et alors, alors seulement lorsque chacun d’entre eux aura succombé à la magie destructrice… à ce moment je pourrais m’éteindre. Belhys je ne suis qu’un vieux fou qui divague, mais un vieux fou dont la puissance est hors du commun, Belhys qu’importe qui tu es… »

C'était paradoxal de le voir prononcer d'aussi longues tirades, lui qui tout comme elle ne faisait pas partie des Spectres particulièrement joyeux ou loquaces, tout comme Kyrian ou Alto par exemple... Mais d'un autre côté c'était agréablement surprenant de l'entendre s'exprimer aussi longuement, avec tant de rhétorique et d'envie de se faire comprendre.
Son discours rappelait des êtres qui n'étaient plus,... Morrigan... Sa disparition semblait déjà tellement loin et pourtant une période relativement courte s'était écoulée. Elle lui avait parlé d'elle? Étrange... ce n'était pourtant pas dans son caractère de se confier concernant ses proches... Enfin quoi qu'il en soit cela ne changerait plus rien maintenant. Et puis elle ne partageait pas particulièrement cette envie de pouvoir... qui était quasi inexistante chez elle. Pourquoi rechercher quelque chose qui ne pourrait que la blaser encore davantage? Inutile... Et puis intérieurement elle avait l'impression de l'avoir déjà trop connu, même si en réalité de son vivant elle n'avait jamais vraiment été influente. Mais quelque chose en elle semblait vivre depuis tellement longtemps qu'elle ne pouvait réellement le déterminer. Cela dit d'une certaine manière elle partageait cette haine tenace pour l'espèce humaine, pour tous ces déchets qui habitaient Gaïa et gâchaient bêtement tout ce qui leur était offert. Mais d'un autre côté cela faisait un moment qu'elle ne prêtait plus la même attention aux divagations haineuses et égocentriques de Belgarath. Cela faisait partie du personnage et elle l'avait saisi depuis un moment déjà...


- Les apparences sont bien futiles, et ne démontrent en rien de la réalité... Hum... Je vois que tu possèdes un sentiment inébranlable et sans faille à l'égard de l'entièreté de la race humaine... tout comme moi à ma façon.

Cette envie, ce besoin de causer mort et par dessus cela de la souffrance, n'étaient pas une simple quête d'identité. Non. C'était comme une impression millénaire et profondément ancrée dans ce qu'elle était, comme une prédisposition inexplicable vers l'obscurité et sa myriade de sentiers peu recommandables. Elle ne pouvait pas trouver une justification, c'était juste comme si depuis la fin de sa vie terrestre elle avait entamé le processus d'un lent réveil progressif et qui n'était pas encore terminé. Et puis elle ne cherchait pas à connaître à nouveau cette mort qu'elle avait déjà cherchée dans le passé, c'était bien au delà de ça, bien plus complexe. Pour elle l'Alraune était bien plus qu'un simple spectre plutôt austère et cruel à souhait, plus qu'un autre guerrier d'Hadès aux obscures convictions ou un compagnon dans ce qui pourrait être une nouvelle déchéance. C'était simplement une des seules personnes qui ait été capable de l'approcher et de l'intéresser sans qu'elle ne s'en méfie outre mesure. Enfin du moins en partie. Le fait qu'il soit un homme n'arrangeait rien en soi, alors elle ne pouvait qu'en être plus surprise, sans toutefois savoir pourquoi cela était arrivé. Cela dit ce n'était pas non plus ce qui la préoccupait principalement en ce moment, car l'appréhension et la curiosité l'animaient concernant la réaction du Sorcier à cette décoction qui avait exigé tant de concentration.

Elle le vit adossé au sapindus, l'air toujours aussi pensif. A quoi pensait il donc en ce moment? Une cigarette à la main encore une fois... Pourquoi donc avait il développé ce vice si humain? Elle était quasi certaine que cela allait bien au delà de la simple sensation amenée par les effluves de nicotine. Enfin qui sait ce qui pouvait bien agiter cette tête pensante et hautement singulière? Elle ne le saurait le dire. Ce serait de toute façons inutile de lui poser la question car il ne lui répondrait pas... Mais le détail qui l'avait conduit à ne même pas tendre la main pour accepter la potion, le faisant user de la lévitation pour la saisir ne lui plut pas. Belhys prenait cela comme un certain affront, le Grec se refusant ainsi à daigner ne fusse que prendre le risque de la toucher, alors qu'elle avait même pensé à l'éviter.


« Belhys, si ta sœur a reçut la protection d’une Déesse méfies toi, car jamais les Dieux ne font quelque chose sans en attendre une autre en retour, il en fut de même pour Hadès et moi, mais servir le seigneur des ténèbres est un être que je vénérais déjà dans la vie, alors le servir dans la mort est un honneur plus qu’une contrainte. Belhys, tu es parfois naïve, tu en a peut être strictement rien à faire des autres, mais ce n’est pas le cas de tous. Je me moque aussi que l’on me juge, mais n’oublis pas, tes paroles sont tout le temps jugées par les autres, n’oublis pas Belhys, face aux autres spectres tu es jugés, ils choisiront ta faille et l’exploiteront, pour finalement pouvoir avoir les faveurs d’Hadès et devenir plus important que d’autre. Si tu choisis de ne pas te plier aux règles, ce sont les règles qui viennent te faire plier. Entre nous, peu m’importent les règles, et cela sera encore plus vrai lorsque j’aurais conquis mon ancienne puissance à ce moment je créerais mes propres règles, en attendant Belhys, n’oublie pas… j’ai déjà les faveurs d’Hadès et exploiter les autres n’est pas un passe temps amusant, mais pour d’autre, sa l’est… ne l’oublie pas Belhys, si tu veux vivre aux enfers, n’oublie pas que la mort y est maîtresse. »

- Je sais parfaitement tout cela. Tu ne crois quand même pas que je ne mesure pas les risques d'une pareille entreprise? Naïve moi?? Haha... Bien tenté. Je me plie aux règles lorsque cela m'est utile, rien de plus. Et puis pour user d'une faille, il faut encore que celle-ci existe. On n'exploite pas les sentiments de quelqu'un qui n'en a pas... Pas plus que qui que ce soit n'a le pouvoir de m'atteindre.

La Veuve Noire se crispa immédiatement, sa mâchoire se serrant visiblement. Le voir parler de manière aussi paternelle comme s'il s'adressait à un enfant était on ne peut plus exaspérant, voire vexant. Elle n'en avait que faire de ses conseils inutiles, de ses mises en garde futiles. Il parlait encore de ce qu'il ne connaissait pas, ce qui avait le rare don de l'agacer... Ce n'était tout juste pas acceptable d'être sous estimée de la sorte... Après tout depuis son retour d'Asgard elle avait refait une partie du retard qui la séparait de lui en termes de puissance. Elle comptait bien rattraper le reste dès que l'occasion se présenterait, ne fusse que pour qu'il soit obligé de reconnaître qu'elle lui était égale en tous points. Peut être que son ego avait besoin d'en prendre un coup pour qu'il cesse ce petit manège qui sait...
Mais avant qu'elle ne puisse continuer sa réplique de manière encore plus cinglante, elle le vit dévoiler une partie de son bras, entouré par cette aura sombre qui était la sienne, sa peau aussi pâlement bleutée qu'un cadavre pourrissant. Guère impressionnée elle ne cilla même pas, se demandant uniquement s'il s'agissait là de la réalité ou d'une illusion. Cela dit elle eut rapidement sa réponse lorsqu'elle le vit à son tour se lacérer pour recueillir son sang, étrange liquide à la couleur foncée et pourvu de dorures à l'origine inconnue. Ne bronchant pas elle l'observait toujours de manière on ne peut plus intriguée, ses sourcils froncés témoignant de cette dernière de façon inéquivoque. Finalement la petit récipient de verre flotta vers ses mains et elle le saisit quelque peu à contre coeur, se demandant pourquoi il voulait lui donner cela.


« Certaines choses changent Belhys, le monde est en perpétuellement changement, même moi qui ait trouvé la mort je vois le changement s’opérer autour de moi, tout ce que je vois change, tout ce qui m’entoure redeviens néant. Et c’est alors que dans un soleil matinal qui vient brûler la chair du mort que je suis-je m’élève au dessus de tout autre pour finalement répandre sur terre le malheur et la souffrance, pour donner aux hommes ce qu’ils méritaient, le châtiment pour avoir osé s’en prendre à la Terre mère Gaïa, le châtiment pour avoir oser détruire celle que j’aimais. Le sang est une chose que personne ne peut ôter, même en combat, le sang souille quiconque veut le toucher, mais le sang est porteur de l’âme, il viendra aider ceux qui ne trouvent pas leur chemin, il viendra faire comprendre au monde que ce qui se cache réellement derrière tout, que leurs cauchemars les plus horrible, ne sont rien par rapport à la vérité qu’ils ignorent totalement ! Nous Belhys, nous sommes les porteurs de cet espoir pour la Terre mère, nous sommes la mort elle-même, envoyés d’Hadès. Mais aujourd’hui face à toi, la seule chose que je veux que tu comprennes, c’est que ce que tu tiens dans la main est porteur de lumière. Fais en ce qui te plaira, mais si tu l’utilise, n’oublis pas, tout ce que tu y verras ne sera que la vérité… »

Elle avait toujours autant de mal à comprendre ce que signifiait cette fiole, malgré la longueur de cette réplique dont elle peinait à saisir le sens concret. Était il en train de délirer? Il n'avait pourtant pas encore bu sa potion, alors cela ne pouvait même pas être un effet secondaire. Peut être que le souvenir d'Anïa l'avait à nouveau troublé? Enfin autant poursuivre son explication sur son passé, même si elle ne comptait sûrement pas s'épancher longuement sur les détails, puisque de toute façon l'histoire était bien trop longue et remplie de subtilités.

- Ines de Castro... Cette reine aimée du peuple alors qu'elle fut couronnée posthumement par celui qui avait été son aimé... cette femme magnifique à la beauté qui n'avait rien à envier à celle d'Anïa... C'était mon unique soeur... Qui fut sommairement exécutée sans que je puisse rien faire. Je n'ai pu que nettoyer son nom en recourant à des moyens peu recommendables,... J'ai sacrifié tout ce que j'avais, mais j'ai réussi mon entreprise puisqu'elle séjourne en Elysion, sous la protection de Déméter. En échange je paye ce service aussi longtemps que j'existerai, mais je ne le regrette pas le moins du monde. Mais tu ne m'as même pas expliqué ton lien avec Eleusis et ce qui s'y est déroulé...

Se tenant debout pour avancer de quelques pas en avant, Belhys toujours pieds nus regardait au loin l'étendue sanguine de ce lac si spécial... Elle laissa un silence s'installer entre eux tout en se remémorant de quelques détails... L'expression désolée des gardes, l'angoisse prémonitoire de sa soeur, les nuages gris dans le ciel d'été, son cri de désespoir... Toutes ses choses qui s'étaient enchaînées dans un chaos imprévisible et qui défilaient chaque jour dans sa tête. Elle attendait qu'il veuille bien lui expliquer ces quelques pans de son passé, lorsqu'elle s'apperçut que Belgarath était sur le point de finalement ingurgiter le fruit de son travail. Sa toge avait complètement brûlé, l'Alraune semblant mettre genou à terre comme par signe de faiblesse... Mais elle savait qu'il serait malvenu de démontrer de l'inquiétude. Contrairement à lui elle avait un minimum de subtilité pour comprendre que son orgueil ne le supporterait pas.

«Anïa... Non, je connais ton visage, Belhys… tu lui ressemble tellement, tu n’es pas mauvaise Belhys… non, toi aussi tu mérite de connaître… la lumière… »

Elle ne put rien balbutier, mais elle en fut presque estomaquée, malgré son expression inévitablement neutre. Elle ne pouvait pas se donner le luxe de présenter la moindre faiblesse, quelle qu'elle soit... Mais ses paroles semblaient confuses... Ambigües... Connaître la lumière? Alors qu'ils vivaient tous les deux dans l'ombre la plus totale??? Mais qu'est ce qu'il racontait?!?

« Si tu es ainsi Belhys, j’avais raison, tu mérites de tout connaître, Belhys, ce monde de couleur lui aurait plus, veux tu m’accompagner ? Afin de rendre aux hommes ce qu’ils méritent et de rendre à la Terre sa beauté originelle ? »

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MessageSujet: Re: La Cascade des Damnés   Jeu 13 Nov 2008 - 4:48

Il semblait faible... Fatigué. Elle s'avança légèrement dans sa direction, gardant tout de même une bonne distance afin qu'il ne panique pas. Elle ne lui tendrait pas la main, ce n'était guère intéressant de toute façon, mais le voir vaciller n'était pas habituel... Et ses phrases... Elle ne pouvait tout simplement pas les prendre totalement au sérieux, même si elle ne s'expliquait pas la cause de ce qui semblait être un délire des plus curieux.

- Je suis désolée, mais je n'ai pas l'impression de saisir ce que tu me proposes, Belgarath. Qu'est ce que tu veux dire?

Il n'avait pas intérêt à esquiver une réponse claire et détaillée sur ce coup là, car c'était lui même qui avait de lui même lancé pareille tirade. Il était bien le seul à comprendre les raisons qui l'avaient poussé à le faire... Elle aurait aimé pouvoir répondre très simplement à tout cela par oui ou par non, mais elle ne se risquait pas à le faire tant qu'elle n'était pas certaine de tout comprendre...

~~ Belhys, Belgarath, C'est Kazuki, je voudrai vous confier une mission capitale pour notre monde. Je veux que vous vous rendiez au royaume de Poséidon, et que vous leur disiez, que nous avons trouvez comment éradiquer le fléau, et que pour cela, leur représentant divin doit se rendre seul, au temps des prêtresses. Car il est la seule personne pouvant supprimer ce mal. Vous devez absolument les convaincre de nous croire, mais le plus important, et que vous reveniez tout les deux sains et saufs. Je compte sur vous ! ~~

Un juge?!? Merde, merde et encore merde. Il fallait que ce soit maintenant... Toute cette histoire allait certainement lui couper la maigre chance d'obtenir quelques réponses. Mais elle aurait malgré tout du se douter que leur repos ne pouvait guère durer... Ce serait beaucoup trop beau pour être vrai. Une mission qui les envoyait au royaume du dieu des mers... Ce n'était pas la porte à côté... Et cela promettait de ne pas être de tout repos. Elle sourit ironiquement en se disant que la situation était paradoxale... Choisir Belgarath pour une mission diplomatique c'était pour le moins risible... Non qu'elle doute de son pouvoir... Mais par contre elle doutait de sa délicatesse et de son tact. Tout cela lui retomberait probablement sur les épaules, mais ce n'était pas plus mal pour une fois... Cela lui permettrait de démontrer de quoi elle était capable.

- Je pense que pour l'instant tout est dit... J'aimerais juste que tu m'apportes les quelques réponses manquantes et nous pourrons y aller... Nous avons des siècles devant nous pour dire tout ce qui nous plaira... Et pour rendre à Gaïa ce qui lui appartient. Mais après la neige il semblerait bien que l'océan nous attende. Une contrée de plus que nous visiterons ensemble. Espérons que nous en reviendrons tous deux. Allons donc... Belgarath.

Et sans plus de préambules, elle repensa un quart de seconde à l'urgence qu'elle avait décelé dans la voix du juge... Avant de subitement sourire sincèrement à son compagnon, et toucher la canne tendue.
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