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 Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]

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MessageSujet: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 15:35

Geralt de Riv
Guerrier divin d’Alpha
Geralt de Riv, Saga du Sorceleur
Une guerre juste ? C’est contradictoire.

  ¤ Je soutiendrai Odin
  ¤ Je suis principalement solitaire, taciturne, et froid d’apparence, mais ce n’est qu’apparence.
  ¤ Mes origines trouvent leur source en Asgard
  ¤ Vous ne savez rien de mon âge
¤ Je considère mes amis, mes frères d’armes, Thor, Odin, Lénore.
¤ Je ne considère pas les êtres cruels, sadiques, lâches ou abusant de leur pouvoir.
  ¤ Je suis lié à Lénore, guerrier divin de Zeta Prime et Althéa, étoile céleste du vampire

 

La personnalité et le caractère de Geralt sont comme une eau profonde, tranquilles, mais dotés d’une puissance insoupçonnable.
Il est par nature un solitaire et un paria, avec un sang-froid impitoyable le rendant extrêmement dangereux lorsqu'il est provoqué, mais malgré son apparence froide et taciturne, ceux le connaissant bien diront que derrière cette carapace émotionnelle se trouve un ami farouchement loyal et un homme de bonne compagnie capable autant de pourfendre ses ennemis que de donner des conseils judicieux.
Plutôt habile pour désamorcer des situations difficiles, c’est un homme qui préfère voir tout le monde rentrer chez lui que de tirer son épée.
Son expérience extraordinaire combinée à une vie incroyablement longue pour un humain a cependant fait de lui un homme las, exprimant le plus souvent de manière voilée son mépris et ses insultes à ceux qu'il considère comme cruels ou stupides.
Psychologie


 

Royaume d’Asgard, abbaye en ruines au nord de Wizima, fin aout 1740

Scrutant avec attention la course de Sol au firmament, Geralt de Riv s’affaire au sommet d’un clocher en ruine. Dans son dos, il sent la rage et la frustration du noble enchainé qui attend lui aussi son heure.

Au début bien arrogant, quelques minutes en compagnie du célèbre loup blanc lui ont délié la langue au-delà de toutes espérances, la strige avait était créé par une malédiction, qui l'aurait cru au premier coup d’œil sur cette affaire, une affaire qui l'avait amené bien plus loin qu'il ne l'aurait crus au premier abords

***********

Royaume d’Asgard, Auberge des 7 saphirs, début aout 1740

Tout avait commencé il y a de cela une vingtaine de jours par la découverte d'une offre d'emploi placée sur le panneau d’affichage situé à proximité de l'auberge des 7 saphirs d’Odin.

Un nouveau monstre avait fait son apparition près de la ville de Wizima, située au sud du royaume d’Asgard. La forte récompense associée à la détresse des employeurs avait séduit Geralt et celui-ci, après avoir arraché l’affiche, avait porté ses pas vers cette nouvelle aventure.

Le voyage n’avait pas été de tout repos, car bêtes sauvages et tempête de neige étaient monnaie courante en ces terres aussi belles que mortelles, et à peine arrivé sur place, rien qu’aux visages que lui présentaient les habitants, le sorceleur compris qu’il n’aurait pas la tâche facile. Des mines apeurées, des visages se tournant sur son passage mais évitant tout regard direct. Geralt connaissait bien ce genre d’attitude, ce n’était pas la première fois qu’il la voyait.

*Hum... Les gens du coin n'aiment pas les étrangers ont dirait. Ça va être dur d'obtenir de l'aide...*

« Halte-là étranger ! »

Une voix autoritaire s’éleva dans son dos, un garde bedonnant s’était levé de son tabouret, et avec deux de ses amis, s’approcha du sorceleur, la main sur la garde de son épée.

« Je ne vous connais pas, je ne vous aie jamais vu ici. Qui êtes-vous, et qu’est-ce qui vous amène à Wizima ? »

Le visage encore dissimulé par sa capuche épaisse le protégeant du froid et de la pluie, Geralt pivota lentement sur lui-même, faisant passer la bride de son cheval d’une main à l’autre avant d’ôter lentement l’épais tissu renforcé de cuir clouté qui le dissimulait encore.

A la vue de ses cheveux blancs et surtout de ses yeux jaunes aux pupilles verticales, résolument inhumains, les gardes eurent un mouvement de recul, et d’instinct, leurs mains allèrent rencontrer la poignée de leur épée.

« Geralt de Riv, sorceleur. Je viens pour la strige. »

Visiblement, les gardes de la cité connaissait ce nom, et à leur expression, on ne pouvait savoir s’ils étaient soulagés ou si au contraire, l’arrivé du sorceleur ne faisait qu’ajouter d’avantage de problème à leur vie déjà difficile.

« Que pouvez-vous me dire sur elle ? »

Ne comptant pas s’éterniser avec le comité d’accueil, Geralt, en professionnel qu’il était, se met déjà en quête d’information. Nombre de monstre ont déjà croisés son chemin, et bien que ce fût toujours pour eux une rencontre mortelle, il sait aussi que la préparation reste une arme à ne pas sous-estimer.

« Fort peu de chose en vérité. Elle vient la nuit dans la ville, et tue tous ceux qu’elle croise avant de soudainement s’enfuir un peu avant l’aube. Sa piste se perd plus au nord dans les rochers. Pour plus de renseignement, allez voir le Jarl Foltest dans sa demeure, le grand bâtiment au toit doré dans le quartier des marchands, et aussi le capitaine des gardes Demaven. En ce moment, il doit être avec les nouvelles recrues à la caserne. Eux sauront vous en apprendre d’avantage.

Très bien, j’irais. Merci mon brave. »


Tirant alors sur la bride de son cheval, le célèbre loup blanc l’entendit doucement hennir et le suivre dans la boue d’un crachin durant depuis maintenant plusieurs heures.

« Bon sang mes bottes sont trempées ! Encore un trou paumé... Qu'il y ait en plus des noyeurs dans les parages ne m'étonnerait qu'à moitié. »

A première vue, cette aventure promettait d’être compliquée, mais Geralt en avait vu d’autre, aussi, rajustant son sac de toile dans son dos, il suivit les panneaux d’indications jusqu’aux quartiers des marchands.

Après avoir traversé les quartiers populaires et les taudis de Wizima, repérant déjà quelques échoppes intéressantes dont une taverne des plus prometteuses, Geralt franchissait enfin les larges portes du quartier des marchands, s’amusant toujours de la manière qu’avaient les humains de séparer les riches des pauvres comme s’ils devaient se craindre mutuellement.

Devant régulièrement répondre aux questions incessantes des gardes patrouillant dans la cité et bombant le torse en l’absence de la strige, le sorceleur récupérait peu à peu quelques informations sur la cité, sur les environs, sur les plantes et les monstres du coin. Tout ce qui pourrait lui être utile dans sa quête et qui convenablement utilisé lui assurerait la victoire.

*Des fruits de balisse et des racines de mandragores dans les prairies aux abords de la ville, de l’aloès de loup et de la petite ciguë dans les marais et des champignons vitriocybe dans les égouts… Une sacrée promenade en perspective.*

Bien avant de devenir un sorceleur, un tueur de monstre professionnel, un monstre inhumain et fruit de la perversion de Loki d’après certains, Geralt avait toujours eut d’étranges capacités faisant de lui un tueur né. Réflexes foudroyants, force surhumaine, capacités régénératrices au moins dix fois supérieure à celles des humains normaux, faculté à voir dans le noir et encore bien d’autre dons étranges, allant du don divin au maléfice selon la personne, l’enfant nommé Geralt avait très tôt été envoyé à Kaer Morhen, l’école de sorceleur du loup, auprès de ses semblables, ceux qui comme lui provoquaient autour d’eux autant d’admiration que de crainte.

Ce fut là-bas qu’on lui apprit à se battre, à concocter des élixirs, à endurer la faim, le froid, la douleur, le sommeil et à manifester son étrange pouvoir sous la forme de jet de flamme ou de cercle paralysant. Au fil des années que durèrent son entrainement, il découvrit le plein potentiel du pouvoir qui courait dans ses veines, un pouvoir encore sans nom, mais qui avec les bons élixirs et les bonnes incantations s'embrasait pour rendre Geralt invincible.

Tout cela remontait maintenant à bien des années, et depuis tant de choses s’étaient passées. Tant d’amis rencontrés puis perdus, tant de chemins parcourus dans un sens et dans l’autre, tant de blessures constellant à présent ce corps d’acier que l’âge semblait épargner...

Il était dit que l’âge n’affectait pas les sorceleur, et en vérité aucun sorceleur n’était jamais mort de vieillesse, ce qui augmentait encore la force de cette légende, mais si un œil extérieur s’attardait sur le visage de Geralt et faisait fi tant de ses yeux inhumains que de l’imposante cicatrice indélébile laissée par la lame enchantée d’un elfe noir, l’ancienneté du sorceleur lui sauterait aux yeux.

Cependant, même le plus sage et le plus perspicace des mortels aurait été incapable de lui donner un âge véritable, surtout que dans ces contrées demeurées hors du temps, où les Hommes vivaient encore comme leurs ancêtres et où le visage et le corps étaient rapidement marqués par l’effort et la dureté d’une vie condamnée au froid et à la force implacable d’une nature demeurée sauvage.

Asgard... Une terre isolée du reste du monde, une terre vivant quasi en autarcie, une terre où les Hommes avaient dut apprendre à survivre envers et contre tout, ce qui, avec la force des choses, avait fait comprendre à Geralt que la vie n’était pas un droit, ni même un devoir, mais un privilège, un privilège arraché de force à un monde indifférent, un monde qui ne savait rien à son sujet et qui s’en moquait bien, un monde qui un jour où l’autre finirait dans les flammes et la glace du Ragnarok, un jour que Geralt espérait ne jamais voir arriver.

Levant les yeux au ciel comme pour blâmer d’un regard les dieux lui imposant cette petite pluie des plus pénétrantes, Geralt, trempée et boueux, afficha malgré tout un sourire ambigu. Cette terre avait beau être dure et sans pitié, c’était sa terre, et il l’aimait, à sa façon.

Fouillant de sa main libre dans les poches de son épaisse veste de cuir cloutée renforcée de pièce de métal, Geralt en tira une petite gourde de fer usée par l'usage et aujourd'hui remplie de vodka pas tout à fait légale. Faisant sauter le bouchon avec ses dents, Geralt en avala alors une gorgée avant d’en reprendre quelque unes, mâchant au passage les frelons qu’elle contenait.

*Waaaaaaaaaaaaah… Faut admettre, c’est plutôt une boisson d’Homme…*

« Hic ! »

*Il faudra que je pense à demander où se trouve le bordel.*

Oui… Geralt aimait Asgard, à sa façon.

Arrivant alors enfin aux portes de l'immense demeure du jarl Foltest, Geralt confia la bride de son destrier aux serviteurs qui venaient le rencontrer après qu’il se soit fait annoncer. Visiblement sa réputation le précédait, et à la différence des gens d’ici, le jarl semblait des plus impatients de le rencontrer.

« Prenez grand soin des peaux, elles valent plus d’une vie de travail. »

Jetant un dernier regard aux peaux d’animaux que son cheval transportait sur son dos, Geralt flatta l’encolure de son compagnon à quatre pattes avant de suivre l’un des hommes de main de Foltest au sein des couloirs et des escaliers de la maison ressemblant d'avantage à un palais qu'à une bicoque jusqu'à tomber, avachis sur de luxueux fauteuils, tout un petit groupe de guerrier en armure comprenant aussi bien des humains que des elfes et des nains.

*Des mercenaires, expérimentés, et bien équipés.*

Observant tout ce que son champ de vision lui permettait, Geralt savait que c’était parfois dans les petits détails que l’on pouvait trouver la solution à un épineux problème, aussi lorsqu’il vit les épées, les haches et les armures fraîchement forgées de cette petite compagnie de mercenaire, Geralt compris qu’il ne serait surement pas seul sur cette affaire.

*Hum… Foltest leur aurait-il fait une avance sur salaire ? Ou bien les a-t-il engagé comme garde du corps ?*

« Hey mais… Ce serait pas… Par ma baaaaaaaaaaaaaarbe ! Geralt de Riv ! Ce bon vieux Geralt, ici à Wizima ! »

N’ayant pas le temps d'esquiver l'importun le stoppant net dans son chemin vers le jarl, Geralt se fit alors rejoindre rapidement par un des mercenaires qui en plus d’être un nain, se trouvait être une des connaissances du sorceleur qui retrouva alors le sourire.

« Zoltan ! Quelle bonne surprise. Alors, toujours sur les routes ? Et ce mariage dont tu m’avais parlé ? Toi qui voulait te caser, fonder une famille et tout ça ?

Boaaaaaaaaaaaaarf, m’en parle pas. Tout est parti en eau de boudin… »


Comprenant sur le champ que le lieu comme la situation ne se prêtait pas à une telle discussion, Geralt changea vite de sujet.

« On reparlera de ça devant une chope. Là je dois aller m’entretenir avec le jarl Foltest, mais après cela…

Le jarl Foltest ? Oh toi je sais ce que tu viens faire ici, c’est la strige c’est ça ? »


Le sorceleur savait qu’il serait inutile de nier, mais il savait aussi que si Zoltan était son concurrent sur cette affaire, il lui faudrait être prudent dans ses dires. Le métier n’accordait aucun pardon, et parfois la mort ne venait pas des griffes des ennemis, mais bien de la lame d’un confrère jaloux.

« On ne peut rien te cacher, dois-je te compter également parmi ceux que cette récompense à fait venir ici ?

Holà non, pas moi ni les gars de la bande à Yorveth. Nous on est là pour jouer aux petits soldats. Figure-toi que Foltest nous a engagé pour protéger la cité, contre la strige d’une part, mais aussi contre ces foutus aventuriers venant foutre leur merdier dans les tavernes. Et le mieux, c’est qu’on est payé comme des rois, on a même eut droit à une avance sur salaire regarde-moi ça ! »


Montrant alors sa hache de bataille toute neuve à Geralt, le mercenaire nain ne pouvait pas s’empêcher de lui expliquer en détail les runes d’enchantement la parcourant et la rendant tranchante comme un rasoir.

« Une vraie beauté n’est-ce pas ? Faite à Mahakam et importée fraîchement chez le forgeron du coin juste avant qu’on arrive. Une aubaine pas vraie ? Avec ça je vais en faire sauter des têtes c’est moi qui te le dis. »

Riant aux éclats devant son acquisition, Zoltan parlait et parlait sans s’arrêter, tout content d’avoir retrouvé son vieil ami et d’avoir cette nouvelle hache.

« Tu m’en diras tant. Tu n’aurais pas pu te la payer à moins de te mettre au régime sec pendant des années, autrement dit jamais. Le jarl de cette cité doit être vraiment très riche.

Un des hommes les plus riches d’Asgard. Il chie de l’or d’après ce qu’on raconte, alors on a pas hésité. J’imagine sa tête en voyant la facture. »


Repartant dans un fou rire tonitruant faisant presque trembler les murs, Geralt sentait cette bonne humeur l’atteindre, lui faisant oublier tant la boue sur ses bottes que sa veste trempée.

« C’est bon de te revoir Zoltan. Si tu es libre, après mon entretient avec le Jarl, on pourra aller se rincer le gosier à la taverne, j’en ai vu une justement dans les taudis, elle…

La taverne de l’ours poilu ! Tu parles que je viens oui ! Et les gars aussi viendront, pas vrai les gars ? »


Un tonnerre d’exclamation suivit la question rhétorique de Zoltan, et s’excusant tant bien que mal de devoir quitter cette sympathique assemblée fort bruyante, Geralt put enfin rejoindre le serviteur de Foltest.

Les rires et les cris de joie retentissaient encore dans le dos de Geralt alors qu’il pénétra enfin dans la pièce où le maître des lieux l’attendait.

Assez grande, mais fonctionnelle, emplie de divers objets précieux allant des livres anciens aux reproductions pour le moins phalliques trônant sur une étagère, c’est dans une espèce de cabinet des mystères que Geralt pénétra, encore souriant de sa rencontre imprévue avec Zoltan.

« Aaaaaaaaaaaaaaaaah, le voilà… Geralt de Riv, le loup blanc en personne dans mon humble demeure. C’est un plaisir et un honneur sorceleur. »

Allant à sa rencontre, un homme d’âge mur et richement vêtu s’empara des mains du sorceleur avant de les serrer chaleureusement.

« Je suis le jarl Foltest, votre hôte et votre serviteur. Sachez d’abords que je vous suis extrêmement reconnaissant d'avoir accepté de vous occuper de notre… petit problème. J'ose espérer que vous agirez avec efficacité et discrétion. Voyez-vous Wizima est connu pour être l’une des plus grandes villes marchande d’Asgard, aussi nous tenons à éviter que le scandale ne s’ébruite plus que de raison. »

Geralt compris alors pourquoi l’affiche ne mentionnait que fort peu de détail et demandait simplement de contacter le Jarl de la cité pour plus de renseignements.

« Je peux compter sur votre discrétion n’est-ce pas ? »

La question ne se posait pas pour Geralt, il n’avait pas fait le voyage depuis la frontière sud pour semer le désordre ou pour faire du tort à la cité ou à son jarl, il était un tueur de monstre, pas un politicien.

« Vous pouvez compter sur moi jarl Foltest.

Merveilleux ! Merveilleux, vraiment. Je compte sur vous pour régler ce problème au plus vite. Déjà trop des nôtres ont été mis en pièce ou vidé de leur sang par cette créature maudite... Une strige, ici en Asgard, vous vous rendez compte ? Nous ne sommes pas équipé pour affronter un tel monstre, et elle échappe à nos tentatives de pièges les plus élaborées, elle fuit les hommes comme si elle savait devoir les craindre, et pourtant elle n’épargne ni les femmes ni les enfants ni les vieillards. Elle frappe la nuit, quand la brume la dissimule, et disparaît peu avant l’aube, ne laissant que des cadavres derrière elle, et une piste qui se termine dans les rochers situés plus au nord.

Il va me falloir quelques informations la concernant, comme par exemple la liste de ses victimes, peut être les choisie-t-elle. Il me faudra aussi une carte détaillée de la région, en particulier de ce qui se trouve plus au nord car à l’aube, elle doit rejoindre sa tanière pour dormir…

Je vais vous fournir tout cela, mais très honnêtement, je ne pense pas que les victimes aient le moindre lien entre elles. Issues de familles et de classe différentes, elles ne se fréquentaient pas, ou peu selon les cas, je pense que vous faites fausse route. Selon moi cette bête attaque au hasard tout ce qui croise son chemin la nuit, voilà pourquoi j’ai instauré le couvre-feu et engagé ces… mercenaires, que vous avez dut croiser en venant ici. »


La manière dont Foltest avait parlé de Zoltan montrait bien qu’il n’avait pas encore digéré les frais supplémentaires de ses nouvelles recrues.

« Une sage décision, cette compagnie est renommée, vos gens seront en sécurité avec leur lames.

Je l’espère, vu ce qu’ils m’ont coûtés, ils ont intérêt à protéger cette ville comme la vertu d’une princesse où ils auront affaire à moi. »


Refrénant un sourire qui naissait sur ses lèvres, Geralt songeait à nouveau à Zoltan et sa hache runique de bataille, et au prix exorbitant, presque indécent qu’elle avait dû coûter.

« Mais assez parlé d’eux, revenons à ce monstre. »

Tirant alors de son étagère un long rouleau de parchemin, Foltest le déroula sur sa table de travail avant d’en fixer les extrémités par quatre figurines représentant des trolls et autres monstres de cette partie du monde.

« Voici une carte Wizima et de ses proches alentours… Nous sommes ici, dans ma demeure qui sert aussi d’hôtel de ville, et voici l’endroit approximatif où nous avons perdu la trace de la strige. »

Observant avec soin les détails de la carte, Geralt notait la position des différentes zones tout en écoutant les dires du jarl.

« C’est à bien 3 lieues d’ici et il pleut. La piste aura disparue. A quelle fréquence attaque-t-elle ?

Au début, seulement une fois par mois, mais depuis quelques temps… Elle vient plusieurs fois par semaine…

A quand remonte sa dernière attaque ?

Il y a deux nuits, une malheureuse qui s’en revenait de chez sa grand-mère chez qui elle était allée porter du beurre et une galette… La pauvre enfant… Et c’est arrivé si près d’ici.

Je vois. Où la strige a-t-elle attaqué ses victimes ? Vous avez les emplacements exacts ?

Euuuuuuuuuuuuh, oui bien sûr, tout est noté… Là, dans cette copie du registre des gardes de la cité. »


Tendant alors un nouvel ouvrage à Geralt, Foltest fut alors sollicité par l’arrivée d’un nouveau personnage singulièrement vêtu étant donné le climat régnant au-dehors et dont le chapeau à plume faisait désormais bien triste figure.

Ne portant pas plus attention au dialogue quelque peu enflammé qu’avait les deux hommes à quelque distance de lui, Geralt commença à noter sur la carte l’emplacement des victimes, sentant que quelque chose allait en ressortir.

Son instinct, ce petit quelque chose en plus qui avait toujours fait de lui l’un des meilleurs de sa profession. Son instinct qui en ce moment lui disait que quelque chose n’allait pas dans cette affaire.

Les striges étaient extraordinairement rares dans cette partie du monde, elles n’aimaient pas le climat d’Asgard, et le sang de ses habitants n’était pas réputé pour être le plus doux. De plus, Une strige ordinaire n’attaquait que les enfants dont elle suçait le sang, celle-là s’en prenait aussi bien aux enfants qu'aux femmes et aux vieillards dont elle déchiquetait seulement les corps d'après le registre des gardes.

Oui, résolument, quelque chose n’allait pas avec cette strige.

« Excusez-moi. J’étais retenue pour une petite affaire. »

Foltest s’en revenait de son entretien avec l’homme au chapeau à plume, passablement énervé et l’air perdu.

« Ca avait l’air plutôt sérieux. Tout va bien ?

Oh oui, oui… Ne vous en préoccupez pas, ce ne sont que des histoires de bonnes femmes. Lorsque vous aurez réglé le problème de la strige, tout rentrera dans l’ordre.

Pourrais-je savoir la nature de ces histoires de bonnes femmes ?

Allons allons, loup blanc… Un professionnel comme vous doit savoir que la peur rend les gens idiots et superstitieux. Surtout quand certains en profitent pour rependre calomnie et pensées révolutionnaires pour leur propres intérêts.

Des superstitions et des pensées révolutionnaires ? De quoi parlez-vous ? »


Cessant alors sur le champ son marquage de la carte, Geralt se redressa et fixa intensément le Jarl qui regrettait à présent d’en avoir autant dit.

« Dites-moi tout Foltest, ou je ne pourrais pas vous aider. »


Ne sachant plus comment réagir, Foltest semblait peser le pour et le contre de sa situation. Visiblement il n’avait aucune envie d’aborder ces sujets avec Geralt, mais il ne pouvait pas non plus s’attirer la méfiance ou la colère du sorceleur, il avait besoin de lui, et cela, Geralt le savait.

« Alors ? »

Affichant une attitude résolument lasse et contrarié, Geralt poussait le jarl dans ses derniers retranchements, juste avant que celui-ci ne cède.

« Très bien, très bien, très bien… Je vais vous le dire. Il s’agit de rumeurs concernant une soi-disant malédiction qui pèserait sur moi à cause de soupçons de corruption et d’hérésie. Dans la rue on m’accuse d’avoir renié Odhinn le Sage et d’avoir conclu des pactes avec d’autres dieux du sud pour obtenir pouvoir et fortune, la disparition de ma fille il y a quelques mois et maintenant la strige, serait la punition que les dieux m’auraient infligé, et certains parlent désormais ouvertement de me renverser.

Ca ne tient pas debout, la strige ne s’en prends pas à vous mais à la populace, quant aux malédictions des dieux, elles ne prennent pas la forme de monstre vivant loin au sud, dans la lointaine Grèce.

Allez le leur dire à eux, moi je sais que je suis innocent…

Eux ? Qui sont-ils ?

Ha ! Si seulement je le savais. Ce sont des rats, des cafards. Ils se nourrissent de la peur de la populace et veulent me voir renoncer à la charge de la cité pour leur profils, et qui sait si ma fortune ne les attire pas également.

L’homme au chapeau emplumé, il en fait partie ?

Ce bouffon prétentieux de Maravel ? Il ne pourrait même pas s’occuper d’une livraison de choux, alors conspirer contre moi… que Thor le foudroie sur place et que Hell se régale de ses os. »


Geralt compris alors qu’il avait mis les pieds dans un véritable nid de vipère. La situation apparaissait bien plus complexe qu’une bête et simple chasse au monstre ordinaire.

*Haaaaaaaaaaaaa, qu’il est loin le temps où il suffisait d’aller d’un point A à un point B pour y tuer un monstre, puis simplement revenir encaisser la récompense… Les temps ont bien changés.*

« Dites-moi, y a-t-il des témoins de l’attaque de la strige ? Est-ce que quelqu’un la vue de ses yeux ?

Oui bien sûr, deux gardes et le capitaine Demaven l’ont aperçus et en ont tiré un portrait.

Etes-vous sûr qu’il s’agit bien d’une strige ? Les striges ne viennent pas d’ordinaire si loin dans le nord, et elles ne s’en prennent qu’aux enfants, la vôtre est différente.

Et bien je… Je dois dire que je ne sais pas moi-même s’il s’agit oui ou non d’une strige, mais les érudits de la ville ont épluché leurs ouvrages pendant des jours avant de donner un nom à cette créature…

Avez-vous un de ces portraits ici ? »


S’en allant alors fouiller dans les tiroirs de son bureau, Foltest semblait inquiet des déclarations du sorceleur, était-il possible que la bête soit tout autre chose que ce qu'on lui avait annoncé ?

Pendant ce temps, Geralt, marquant d’un point rouge sur la carte de la ville chaque lieu où la créature avait frappée, commençait à entrevoir la complexité de l’affaire au fur et à mesure qu’il s’approchait de la fin de la liste.

« Voici. »

Prenant le dessin que lui tendant le jarl de Wizima, Geralt imprima durablement la forme de la créature avant de rendre le papier à Foltest.

« C’est bien une strige. Ce corps à demi-oiseau à demi femme et ces ailes ne trompent pas. Mais alors pourquoi agit-elle si différemment ?

On dirait que ça vous surprends presque.

Je n’ai jamais rencontré ce comportement chez une strige auparavant. Quoi que ce soit, c’est nouveau, et ça se rapproche. »


Achevant de placer le dernier point rouge sur la carte, Geralt commença à les relier les uns aux autres avec un morceau de fusain, puis se releva et dévoila alors une immense étoile à cinq branches contenues dans un cercle et elle-même contenant un autre cercle.

« Il manque encore deux point pour que cette forme soit complète. Un ici, et un… »

Geralt pointa alors l’emplacement de la maison du jarl sur la carte.

« Ici. »

Foltest semblait ne pas en croire ses yeux, et pourtant, avec les points placés sur la carte et reliés entre eux, la vérité était bien là.

« Deux attaques… Quoi que souhaite cette créature, il lui reste seulement deux attaques à faire avant qu’elle n’ait achevé son dessein.

Que… Qu’allons-nous faire maintenant ?

Pas de panique, nous savons maintenant où elle attaquera, et nous savons aussi qu’elle n’agit pas au hasard. Ces victimes n’ont pas d’importance pour elle, mais pas le lieu où elle les tues. Elle cherche à bâtir une sorte de pentacle, et je sais que j’ai déjà vu ce symbole ailleurs, sur d’antiques parchemins parlant d’autres contrées, d’autres dieux. Ce symbole est celui de l’un d’entre eux, et si ce que j’ai lu est vrai, alors cela ne présage rien de bon… »



A suivre (histoire trop longue pour tenir en un post)

Histoire (première partie)

 


Dernière édition par Geralt de Riv le Lun 24 Aoû 2015 - 15:19, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 15:39


Ayant quitté la compagnie du jarl et de son agréable demeure bien sèche, Geralt de Riv, une petite avance sur salaire en poche, une lettre de sauf conduit et le ventre creux, alla trouver son cheval aux écuries, et après avoir vérifié que rien ne lui manquait, le laissa sur place, bien à l’abris avant de s’en aller trouver un endroit où passer la nuit, de préférence un endroit où il serait lui aussi à l’aise, et au chaud.

*Maudite pluie, elle ne cessera donc jamais ?*

Replaçant sa capuche sur son visage déjà humide, Geralt s’en alla du quartier des marchands, non sans un certain regret après avoir vu le panneau d’une sympathique maison close de haut rang, sans doute réservée à la haute société.

L’envie d’aller y dilapider son or nouvellement acquis effleura l’esprit du sorceleur, mais il savait qu’après coup, il regretterait le manque d’ingrédient et d’équipement que cet or aurait pu lui payer.

C’est donc avec un certain pincement au cœur que le sorceleur franchis les portes du quartier des marchands, retrouvant la puanteur rance du quartier du temple, là où la plèbe de Wizima survivait au jour le jour, s’entraidant les uns les autres dans la boue et les effluves du marché au poisson.

*Par Wotan, quelle puanteur…*

La nuit approchait, les poissons encore sur les étals devaient avoir passés la journée à prendre la pluie, bientôt ils feraient le régal des chiens errants et des rats, qui eux même feraient le régal des miséreux des taudis, là où se rendait justement le sorceleur, avide de découvrir cette taverne à laquelle Zoltan avait réagi si favorablement.

Pataugeant à nouveau dans la fange, resserrant l’épais sac de toile qu’il portait dans son dos, Geralt faisait fi des regards à la fois curieux et inquisiteur des malfrats et autres gredins le scrutant des allées boueuses.

La taverne était toute proche, et Geralt avait la gorge sèche. Il n’avait pas du tout envie de déclencher une bagarre, aussi pressa-t-il le pas.

A présent toute une petite bande de coupe-jarret se regroupait derrière le sorceleur, sans doute intéressé par le contenu de son imposant sac de toile. Geralt accéléra encore le pas, mais bientôt des ruelles situées devant lui, de nouveaux individus jaillirent et se placèrent sur son chemin, le piège était à présent refermé.

« Ils n'apprendront donc jamais… »

S’arrêtant net, le sorceleur lâcha un soupire de frustration tandis que pas à pas, la bande de voleur des rues s’approchait de lui, leur rire grossier et leur regard mauvais lui arrachèrent un sourire.

*Tant pis pour eux.*

Tirant alors d’un coup sec sur les sangles de son sac de toile, le fond de celui-ci s’ouvrit alors pour en révéler l’extrémité de deux fourreaux que la chute du sac-trompe-l’oeil dévoila entièrement.

Rien que deux épées dans un faux sac de toile, de quoi passer plus inaperçus, pas toujours une bonne idée dans ce genre d’endroit.

A la vue des épées, la petite communauté autour du sorceleur changea net d’expression, ils n’avaient pas affaire à un simple passant, perdu et apeuré, mais à un de ces mercenaires, sans doute entraîné, et qui plus est bien armés tandis qu’eux n’avait que des gourdins et quelques dagues de piètres factures.

La pluie ruisselait alors des gouttières crevées et des toits pentus des maisons délabrées adjacentes, donnant à la scène un son régulier et hypnotique tandis que pendant quelques secondes à peine, aucun des bandits n’esquissa le moindre geste, pesant le pour et le contre de ce larcin dont les règles venaient de changer du tout au tout.

« Vous laissez pas impressionner les gars ! C’est que de la gueule ! »

Geralt venait de trouver le leader de la bande apparemment. Une petite frappe armée d’un bâton clouté sans rien de particulier. Un voyou de ruelles comme on en voyait des tas de par le monde.

S’approchant alors du chef de la bande, celui-ci fit un pas en arrière, laissant les deux acolytes l’entourant se mettre entre le sorceleur et lui.

« Aard. »

Un simple murmure du sorceleur, et de sa main jaillit alors un puissant souffle magique qui propulsa les deux compères sur leur chef avec fracas. Le crasseux trio allant s’écraser contre le mur situé derrière eux, Geralt jeta un œil au reste du groupe, encore médusé par ce qu’ils venaient de voir. Visiblement cette fois s’en était trop pour eux.

« Un sorcier !

Un putain de Jotun !

Barrons-nous vite, je veux pas crever pour si peu ! »


Aussitôt dit, aussitôt fait. La petite troupe s’éparpilla aux quatre vents encore plus vite qu’elle s’était rassemblée.

S’en retournant alors vers le trio désormais sonné, vautré dans la boue, Geralt attrapa au col le chef de la bande avant de le soulever à la seule force de ses bras.

Les pieds du voleur ne touchant plus terre, ces jambes gigotaient en tous sens, et sur son visage pouvait désormais se lire les premiers signes d’une peur primaire et incontrôlable.

« Dis-moi toi… »

La voix du sorceleur était calme et posée, presque trop polie étant donné la situation.

« La taverne de l’ours poilu. »

Son plus beau sourire sur le visage, les yeux du voleur fixaient désormais les yeux inhumains du sorceleur, convaincu d’être tombé sur Fenrir lui-même.

« C’est… c’est à trois rue d’ici… Sur votre gauche… vous pouvez pas la manquer… Me mangez pas par pitié. »

Une odeur rance s’échappa alors des braies du voleur. Geralt le laissa alors tomber sans autre forme de procès, et ramassant son faux-sac de toile, se remit en route.

« Que je ne te revois plus. »

Le bandit avait dit vrai, et malgré son pantalon trempé, il avait su indiquer le bon chemin vers la taverne au sorceleur.

Après une petite minute passée à replacer sur ses épées leur protection autant que leur camouflage, le sorceleur faillit se prendre la porte de la taverne en pleine figure alors qu’un homme complètement saoul en sortait, braillant et beuglant, une bouteille de vodka encore à moitié pleine à la main, rejoins bientôt par trois de ses amis, tous aussi éméchés que lui.

« Ça à l’air animé là-dedans. »

Pénétrant alors enfin dans la chaleur doucereuse de la taverne de l’ours poilu, la première chose qui accueillit Geralt, fut l’odeur forte de la vodka aux herbes, spécialité de la région, et boisson fortement réputée en Asgard, au même titre que l’hydromel de Soden et la bière brune de Mahakam.

Il en fallait pour tous les goûts.

Conservant encore pour le moment sa capuche sur son visage, le sorceleur balaya la taverne du regard, notant toutes les différentes activités qu’il pourrait faire en plus de boire cette nuit.

A une table, des joueurs de poker au dé échangeaient entre eux quelques pièces d’or au gré de la chance, à une autre table des adeptes du bras de fer s’usaient les coudes sur une table vraisemblablement habituée à recevoir leur poignet contre elle, et enfin, dans un coin de la salle, une bande de lutteur à main nue se donnaient de généreux bourre-pifs contre monnaies sonnantes et trébuchantes pour le vainqueur, de quoi combiner à la fois plaisir et rétribution matérielle, pour peu que l’on sorte vainqueur, et entier, de ces combats où presque tous les coups étaient permis…

« Ça promet d’être une bonne soirée… »

Le sourire aux lèvres, évitant d’écraser le vieux chien endormis à ses pieds sur le parquet en bois, Geralt fis un signe de la main à la serveuse déjà fort occupé qui s’approcha de lui, une petite mine fatiguée, mais avec le sourire de celle connaissant son métier.

« Bonsoir monsieur, qu’est-ce que ce sera pour vous ? »

Sa voix, chantante et légère, donna des envies au sorceleur.

« Profiter encore un peu de votre compagnie ?

Hooooooooooooooo, vil flatteur, ce ne sont pas des manières.

Veuillez me pardonner, devant votre beauté, j’en ai oublié tout le reste.

Hiiiiiiihihihihi. Vous on peut dire que vous savez trousser un compliment.

Et si on passait derrière, on y serait plus à l’aise.

Oh ça certainement pas, mon mari me battrait s’il l’apprenait.

Le jeu en vaut peut-être la chandelle…

On voit que vous ne le connaissez pas, c’est qu’il est pas le dernier quand il s’agit de cogner vous voyez ?

Oui, je vois très bien… Alors ce sera une pinte de vodka aux herbes avec du fromage et du pain… Oh et dites-moi, avez-vous vu un petit groupe de mercenaire dans les parages ? Un nain du nom de Zoltan est avec eux.

Oui, ils passent tous les soirs après leur ronde. Ils seront surement là d'ici trois, quatre heures.

Merci.

Je vous apporte votre commande. »


Geralt n’aimait pas ceux qui frappaient leur femmes, encore moins ceux qui le faisait bien. Sa réputation n’était plus à faire de ce côté là non plus, le sorceleur aimait les femmes, toutes les femmes, qu’elles soient ou non riches, qu’elles soient ou non célèbres ; pour lui, la beauté et la grâce d’un membre du beau sexe le réjouissait partout où il la voyait…

« Alors connard, on fait du gringue à Laguertha ? »

Une espèce de gros malabars au torse nu s’était approché du sorceleur à peine la serveuse l’avait quitté, visiblement peu satisfait de la manière dont Geralt lui avait parlé.

« La serveuse ? Elle s’appelle Laguertha ? Joli nom en plus d’un joli minois. Et toi tu es ?

On m’appelle Numa le puissant, et j’aime pas les pines d’huitres comme toi qui dérange notre serveuse… Oh, tu me regardes quand je te parle ? »


Tirant alors la capuche du sorceleur, le dénommé Numa dévoila tant ses cheveux blancs que son regard inhumain, ce qui lui arracha une mou de surprise.

« Tiens tiens… Qu’est-ce que nous avons là ? T’es quoi au fait blanchette ? Un sorcier ? Un elfe ? Un foutu mutant ?

Geralt de Riv, sorceleur. »


L’expression de Numa changea du tout au tout lorsqu’il entendit se nom, un sourire de défi apparut sur son visage.

« Voyez vous ça… le célèbre loup blanc, ici dans notre bonne vieille Wizima. On dit que tu es aussi rapide avec tes poings que tu l’es pour tringler les pucelles sorceleur, tu nous fais voir ? »

Donnant un coup de pied dans les barreaux du tabouret de Geralt, Numa cherchait visiblement la bagarre.

« Hum…

Alors blanchette, tu te bas ou quoi ?

Corsons un peu la partie, parions.

Hohooooooooooooo, tu vas perdre plus que tes dents ce soir alors. Combien ?

Pourquoi pas... Deux-cents orins ? »


Une telle somme avait de quoi faire rêver tous les soiffards de la taverne, aussi en un instant, l’ensemble des habitués comme des curieux se retournèrent pour regarder la réaction de Numa.

« Je vais pouvoir m’en envoyer des pintes avec tout cet or.

Assez causé. Fait voir ce que tu sais faire à part aboyer. »


Se levant de table, un sourire ravis sur les lèvres, le sorceleur suivit Numa, son avance sur salaire à la main, avant de la déposer sur un tonneau tout proche.

« Ta mise Numa, à moins que tu n’ais de l’eau dans les veines ?

Pas la peine de déranger le patron pour si peu, tu ne verras mon or que si tu me bas, et vu que je vais te massacrer, tu ne le verras jamais. »


Se mettant alors en garde, Numa montra par son attitude et sa posture qu’il était un boxeur expérimenté. Sa garde était parfaite et ses muscles solides, et qui plus est, il était sobre.

« Que la fête commence. »

Décrochant alors un fulgurant direct en plein visage de son adversaire, Geralt senti le nez de Numa se briser au contact de son gant de cuir clouté. Quand on disait que les bagarres de taverne étaient sans règles, en fait ce n’était pas tout à fait exact, les armes et les sorts étaient interdit, mais les gants n’étaient pas considéré comme des armes…

« Bouarfffff… »

Reculant de trois pas, le visage ensanglanté, Numa, déstabilisé par la vitesse et la force prodigieuse de son adversaire, tenta un crochet du droit lancé à l’aveuglette droit devant lui, une tentative de boxeur expérimenté, qui se heurta au bras gauche de Geralt, déjà profondément enfoncé dans la garde de son adversaire pris au dépourvus.

Un nouveau coup de poing du sorceleur, et deux des cotes de Numa cédèrent en un bruit d’os brisé.

Avec une précision et une puissance surhumaine, le sorceleur affaiblissait son adversaire en même temps qu’il attaquait sa résistance. Pour Geralt, les mouvements du lutteur, aussi expert qu’il fut, étaient lents et prévisibles. C’était presque trop facile, ça l’avait toujours été. Une information apparaissait à son champ de vision, il lui semblait qu’il disposait de deux à trois secondes pour y réagir…

Un nouveau crochet du gauche de Numa plus tard, le sorceleur se pencha, esquivant ainsi le coup avant de décrocher un formidable coup de pied chassé dans le plexus solaire de son adversaire qui s’écroula, le souffle coupé.

Un dernier coup de pied lancé en plein visage, et Numa s’écroula, KO.

En tout et pour tout, le combat avait dut durer à peine plus de cinq secondes, de quoi laisser l’assistance quelque peu frustrée, ce qui ne les empêcha pas, la surprise passée, d’acclamer le vainqueur et d’aider Numa à se relever.

« Thor me foudroie ! Jamais vu un coup de poing plus rapide !

C’est bien un sorceleur, sont invincibles ces gars-là j’te l’dit. S’ils étaient plus nombreux, on gagnerait le Ragnarok en moins d’une journée. »


Le regard de Geralt s’assombrit alors à la mention du crépuscule des dieux, ce jour maudit où d’après les légendes, la terre disparaîtrait dans les flammes et où tous mourraient, cette fois pour de bon.

Geralt avait beau être née pour se battre, né pour tuer, il ne désirait ni n’aimait la guerre. Il aspirait à une vie prospère et à la joie, choses parfaitement incompatibles avec un monde à feu et à sang.

Oh il n’était pas un saint, il n’était pas un héros, il était simplement lui-même, un sorceleur faisant son bout de chemin dans un monde où tout lui semblait plus gris que partagé dichotomiquement entre le noir et le blanc.

Allant se rasseoir à sa table, désormais entouré d’une bande d'admirateur le haranguant de questions et lui offrant à boire, Geralt remarqua alors dans un coin de l’auberge une personne que ni la bagarre, ni le poker, ni le bras de fer ne semblait intéresser, et chose plus singulière encore, qui n’avait pas porté sa corne à ses lèvres depuis bien 10 secondes.

A sa silhouette fine et à ses formes, Geralt reconnu immédiatement une femme, une très belle femme qui plus est, dont l’ample chevelure blonde rappelait au sorceleur ces magnifiques couchés de soleil qu’il était seuls à admirer tandis qu’il parcourait les routes d’Asgard.

Un profond sentiment de nostalgie envahit alors le sorceleur alors que le patron du bar s’approchait de lui, une bourse pleine à la main.

« Avec les compliments de la maison sorceleur, et tous mes remerciements.

Vos remerciements ? Pourquoi ?

Disons que je connais votre réputation, et que lorsque vous avez défié notre champion local, et bien j’ai parié en conséquence, parié gros si vous voyez ce que je veux dire… »


Un clin d’œil plus tard, le tavernier s’en retourna à son comptoir, chantant allègrement une chanson grivoise parlant d’une ribaude et d’un prince fort bien membré qui passait par là.

*Pour un orin, la ribaude se peeeeeeeeeeeeeeenche, on voit son cul et ses cuisses blaaaaaaaaaaaaaaaanches…*

Et voilà que Geralt aussi se mettait à chanter intérieurement l'entraînante chanson qui bientôt rencontra un écho des plus favorables au sein des clients de la taverne qui se mirent tous à la chanter. Tous, sauf une.

Empochant ses gains tout en quittant sa table pour rejoindre celle de la mystérieuse et superbe jeune femme, Geralt se remit les cheveux en place, et affichant son plus beau sourire, s’adressa à la jeune femme.

« Je peux me joindre à vous ? »

Les yeux bleu-vert de la jeune femme lui mirent le sang en ébullition. Durant ses voyages, il avait eu l’occasion d’approcher nombre de beautés, qu’elles soient humaines ou non, et à cette instant, il aurait pu jurer avoir trouvé la plus belle de toutes.

« Je vous en prie, messire Geralt de Riv. »

Et sa voix… Sa voix aussi était un ravissement. La soirée s’annonçait décidément de plus en plus intéressante.

« Vous me connaissez ? Pardonnez-moi, mais si je vous avais déjà rencontré, je me souviendrais de vous. Comment oublier votre visage.

Je vous connais de réputation seulement. Mais j’en oublie mes bonnes manières. Je m’appelle Sigrid.

Sigrid, la magicienne ? Je vous connais de réputation également. Mais les rumeurs sur votre beauté sont bien en deçà de la vérité. Si je l’avais su plus tôt, j’aurais cherché à vous rencontrer bien avant ce soir. »


Les joues de Sigrid se teintèrent de rouge. Visiblement elle adorait qu’on la flatte ainsi.

« Vous me flattez.

J’espère bien que vous êtes flatté, je m’y emplois très dur. »


La serveuse apporta alors à Geralt une assiette de fromage et de pain ainsi qu’une belle bouteille de vodka aux herbes.

« Cadeau de la maison. Grâce à vous nous avons encaissé un joli pactole, considérez cela comme un remerciement. »

La chanson grivoise touchant alors à son terme, un autre poivrot en débuta une nouvelle qui à son tour, rencontra un franc succès. Cette fois, le thème était l’alcool…

*Un godet, deux godets, trois godets puis quatre. Continu, continu jusqu’à finir à quatre pattes...*

« Hurm hurm. Mais dites-moi, qu’est-ce qui amène une magicienne de Gimlé aussi loin dans le nord ? Le climat plus agréable ? »

La pluie battant à la fenêtre toute proche soulignait toute l’ironie des propos du sorceleur. Au fond, il savait déjà ce qui pouvait amener la blonde magicienne à Wizima.

« Je suis ici pour les mêmes raisons que vous sorceleur. La strige.

Et la récompense j’imagine ?

Aucunement. Je ne mange pas de ce pain-là, je suis ici car des forces puissantes sont à l’œuvre, des forces avec lesquelles il ne vaut mieux pas plaisanter.

Aaaaaaaaaaaah… C’est donc une mission. Mais qui vous a été donné par qui ? Que je sache, il n’y a toujours aucune prêtresse au palais d’Odhinn.

Cela veut-il dire que les dieux sont absents ? »


Sigrid venait de marquer un point, en plus d’avoir répondu à la question du sorceleur.

« Si je vous le demandais, m’aiderait vous à vaincre cette malédiction ? »

Le mot utilisé par Geralt fit réagir Sigrid. Apparemment elle n’avait pas imaginé qu’il soit allé aussi loin tout seul.

« Comment savez-vous qu’il s’agit d’une malédiction ?

Les attaques de la strige, elles forment un pentacle dans la ville et ses environs, le symbole du dieu grecs des enfers. Et puis, entre nous, les striges n’attaquent pas les adultes, à moins d’y être contrainte. »


Un sourire d’intérêt naquit sur les lèvres de la magicienne, sous ses airs de brutale machine à tuer, Geralt cachait un esprit vif, et cela lui plaisait.

« Vous en savez déjà long, mais savez-vous qui a lancé la malédiction ?

Sans doute les mêmes personnes soufflant aux oreilles de la populace des mots de rébellion à l’encontre du Jarl Foltest. Si Foltest renonce à son pouvoir sur la ville, ils empocheront le pactole et peut être plus encore.

Oui, l’argent n’est pas leur seule motivation, ils auraient pu l’acquérir sans l’aide d’une strige, leur but doit forcément être différent, et lié à la destitution du Jarl.

Le pouvoir peut-être, le contrôle de la cité, et du commerce qui y transite.

Cela leur conviendrait peut-être, mais s’ils ont vraiment eu recours à la puissance des dieux grecs, je crains que leurs ambitions soient bien plus importantes. Les dieux grecs n’ont jamais tolérés l’existence de notre royaume, et durant des siècles, nous fumes leur champ de bataille. Maintenant nous sommes en paix, nous avons réussi à les bannir de nos frontières. Cette indépendance que nous avons gagnée au prix de nombreuses vies, il nous faut la préserver à tout prix.

La paix dont vous parlez ne saurait durer éternellement, et Asgard n’a pas la force de lutter seule contre l’ensemble du panthéon grecs réunit. Leur dieu sont trop nombreux, et leur armées respectives trop puissantes…

C’est pourquoi il nous faut des alliés parmi eux. C’est pour ça que nous conservons nos frontières ouvertes.

Qui dit alliance dit concession, et qui dit concession dit sacrifice.

Etes-vous toujours aussi catégorique ?

Seulement quand il s’agit de politique. »


Un nouveau sourire plus tard, la blonde magicienne but un trait de sa boisson qui d’après l’odeur qu’elle émettait, ne pouvait être que de l’hydromel.

Geralt l’imita, et après une bonne lampée d’alcool, reposa sa bouteille, les yeux brillant.

« Sommes-nous d’accord ? M’aiderez-vous à biser cette malédiction ?

Je vous aiderez sorceleur, mais avant toute chose, il nous faut apprendre qui l’a lancée, et comment il s’y est pris. Alors et alors seulement nous pourrons agir.

Je crois que je sais où commencer à mener l’enquête. Chez le Jarl, j’ai rencontré un certain Maravel. Il saura peut-être quelque chose.

Maravel, le Jarl Maravel ?

C’est un Jarl lui aussi ?

Oui, le Jarl d’une châtellerie voisine, une châtellerie mineure en comparaison de Wizima. A ce qu’on dit, si sa cité est moins prospère que Wizima, Maravel y est pour beaucoup.

De la jalousie en plus de la soif de pouvoir et de richesse… Un cocktail explosif… On dirait qu’on tient là un beau suspect.

Il ne doit pas avoir agi seul. On le décrit comme un imbécile et un excentrique. S’il est l’instigateur de la malédiction frappant Wizima, il ne peut en être l’auteur.

Il doit avoir des complices, des mages ou des sorciers peut être. Il nous le dira quand nous le rencontrerons.

Je ne pense pas qu’il acceptera.

Qui dit que nous lui laisserons le choix ? Il réside pour le moment chez Foltest, alors disons demain, à la première heure ça vous va ?

C’est d’accord. »


Trinquant alors à leur accord, la conversation entre la magicienne et le sorceleur se poursuivait sur des sujets aussi divers que variés depuis maintenant quelques heures quand la porte de la taverne s’ouvrit avec fracas et qu’une joyeuse bande de mercenaires braillards et frigorifiés entra.

« De la bière Olaf ! Que je pisse à foison ! »

Pas de doute, c’était bien Zoltan qui s’en rentrait de patrouille, apparemment, la strige n’attaquerait pas cette nuit, mais ce n’était que partie remise, il manquait encore deux meurtres à son tableau de chasse.

« Déjà si tard, si tard qu’il en est même tôt j’imagine… Je n’ai pas vu le temps passer…

Moi non plus… Je vais y aller, il faut que je dorme un peu, mais avant, un bon bain. Je vous retrouve à l’aube devant la demeure du Jarl Foltest. »


S’en allant légèrement malgré la fatigue qui lui faisait plisser les yeux, Sigrid quitta la taverne et ce ne fut qu’alors seulement que Geralt retomba sur terre, furieux d’avoir totalement oublié de lui demander s’il pouvait l’accompagner chez elle.

« Geralt ! Espèce de vieux loup délavé ! Ramène ta trogne par là qu’on s’en jette un coup ensemble comme à l’époque ! Tu t’en souviens pas vrai ? La bataille de Brena, les armées des trolls et des elfes noir fondant sur les plaines d’Asgard depuis leur dimension maudites. On était à un contre dix, c’était la merde, ça crevait partout, toute ma compagnie qui passe à la moulinette, et sans toi… »

S’asseyant alors à la table de la compagnie de mercenaire, Geralt sentait ses regrets s’envoler aux dires du nain qui, après avoir vidé son godet cul-sec, reprit son récit de l’une des batailles les plus sanglante qu’eut à endurer Asgard.

« C’était la belle époque, tu t’en souviens ?

Drôle d’époque en vérité que tu me raconte là, et puis dans mes souvenirs, la bataille ne s’est pas exactement déroulé comme ça.

Oh la ferme, toutes les belles histoires méritent d’être enjolivées. Sans les sorceleur et les magiciens, on serait tous mort et aujourd’hui Asgard serait le territoire de ces bâtards d’elfe noir. Le soleil et la lune noire. Pfff... »


Crachant par terre au souvenir des bannières des elfes noirs, Zoltan vida de nouveau son godet d’une traite et s’essuya la barbe d’un revers de sa manche.

« Je me souviens qu’après la bataille, tu m’avais dit que tu voulais en finir avec cette vie, que tu voulais te ranger et fonder une famille. Cette naine, cette Briekening là, que s’est-il passé ?

Je veux pas en parler, c’est une triste histoire sans intérêt.

Il te faut encore un verre alors.

Bonne idée, la vodka est délicieusement glacée, et ça m’éclaircira les idées.

Mais dit moi Zoltan, pourquoi buvons-nous dans des tasses ? J’ai vu des bouteilles là-bas.

A problème sérieux, mesures rigoureuses. Les demi-mesures ne suffiront pas. »


Commandant alors à Olaf une tournée de bouteille, la compagnie ainsi que le sorceleur eurent tôt fait de les vider avant d’en commander de nouvelles.

« Alors, ce mariage ?

Boaaaaaaarf… Le vieux Briekenig ne voulait pas que sa fille épouse un nain sans situation, il a dit que la place d’un nain était à la mine, et pas à la guerre. Je lui ai dit que j’avais sauvé son cul graisseux au moins dix fois et… Hic… Buvons un coup, ce maudit hoquet ne passe pas.

Je sens… Je sens plus mes mains… hin hin.

Alors tu devrais arrêter Vernon, tu sais comment ça se termine quand tu es saoul.

Je… Je… Suis pas encore saoul… La preuve, je… Je sais que je suis ivre, donc je suis encore bien… pas vrai ? »


La conversation devenant trop complexe pour la joyeuse bande déjà passablement éméchée, celle ci décida qu'il valait mieux couper court à ce dialogue de saoul et vida encore une fois ses pintes avant de se resservir, ou du moins essaya...

« J… J’aaaaaa… J’arrive pas à… Savoir quelle pinte est la bonne… Y’en a trooooooooop.

Aaaaah… haha… Hahahahaha ! Qu’est-ce que je vous disais… Il… Il ne tient pas l’al… l’alcool.

Hic ! Comme… lors de cette mission avec leeeeeeeuh… Hic ! Marchand de mort blanche... Hic ! Vous vous souvenez ?

Ooooooh… ooooh je me sens pas bien…

Ouaaaaaiiiiiiiiiii, à dos de putain dans la rivièèèèèèèèèèèreuuuuh !

De quoi ?!

On…On avait… Hic ! Utilisez des tonneaux pour franchir la rivière… Hic ! Sans attirer l’attention. Grégore voulait les charger avec des putains au retour… Hahaaaaaaaaaaa…

Et ?

Beeeeeeeeeeeeen… Y’avait pas de putain sur l’autre rive en fait…

C’est dommage.

Comme tu dis Gora… Gero… Geralt ! A la tienne ! »


Visiblement très triste d’avoir ainsi évoqué ce souvenir, la compagnie ainsi que le sorceleur vidèrent ce qui restait de leurs bouteilles après avoir maintes et maintes fois essayé de remplir leurs pintes en vain.

« Vouuuuuus… Vous savez quoi ? Hic ! Je… Je veux plus vivre… Avec cet… Cet… Ca sur la conscience… Hic ! Je veux traverser la rivière aujourd’hui !

A dos de putain !

J’en suis !

Moi aussi !

Le dernier de l’autre côté eeeest… Est un… Hic… Uuuun troll des cavernes ! »


Laissant chacun bien trop de pièce d’or sur la table de l’auberge et titubant plus qu’ils ne marchaient, la compagnie et le célèbre loup blanc, complètement ivre, sortir de la taverne en riant, prenant alors la direction du bordel du quartier des marchands, bien décidé à mettre leur plan à exécution...

**********

Le cri strident d’un rat apeuré non loin de lui réveilla en sursaut le sorceleur qui bondit presque de sa paillasse.
Avec un épouvantable mal de crane, presque nu, et sans équipement, le sorceleur retrouvait peu à peu sa vue pour découvrir qu’il se trouvait à présent en cellule, et que le soleil était déjà dans le ciel, filtrant ses rayons au travers des meurtrières des cachots environnants.

« Hoooooooooooooo ma têêêêêêêêêêêêêête… »

Se massant le crane et les cheveux, cherchant à remettre de l’ordre dans ses pensées, Geralt se rendit rapidement compte qu’il n’avait aucune idée de la manière dont il avait fini en prison.

Fouillant de plus belle dans ses souvenirs embrumés, le sorceleur se remémorait péniblement la soirée de la veille jusqu’à sa rencontre avec Zoltan, puis ensuite tout devenait flou, à peu près au moment où sa seconde bouteille de vodka avait rendu sa dernière goutte.

Frissonnant alors d’être ainsi simplement vêtu de sa culotte, et passablement inquiet pour son équipement, Geralt se leva tant bien que mal et se dirigea vers les barreaux de sa cellule.

« Hoooééééééééééé ! Geôlier ! »

Au loin, du bout du couloir, des voix lui parvenaient, l'une d'elles devait être celle du geôlier à n'en pas douter.

« Geôliers ! Quelqu’un !

Roh la ferme le saoulard !

Reviens Joseph, t'as pas fini la partie !

Je reviens, vais juste voir ce qu'il veut. »


Le bruit d’un tabouret qui grinçait contre les pavés de pierre, le bruit de pas s’avançant vers lui… tout résonnait si fort dans ses oreilles déjà surhumainement sensibles.

« Qu’est-ce que tu veux ? Un autre verre peut être ? Hahahaha !

Moins fort… surtout ne crie pas, j’ai mal à la tête.

Je cris si je veux, ça t’apprendra à foutre le bordel dans les rues avec tes amis, comme si on avait besoin de ça en plus de ce monstre suceur de sang !

Par Odhinn, la strige… Maravel. Sigrid ! Dis-moi, quelle heure est-il ?

Est-ce que j’ai l’air d’une pendule à balancier ? Qu’est-ce que j’en sais moi, Au moins midi passé.

Oh nooooooooooooon… Elle va me tuer… »


S’adossant aux barreaux de la cage, Geralt s’y laissa glisser avant de s’assoir dans la paille.

« Et mes amis, où sont-ils ?

Dans les cellules d'à côté, toujours au pays des rêves. Tu devais avoir moins bu qu’eux, quoi que vu ce que tu as fait à Susie, j’en suis pas si sûr.

Susie ?

Susie la siffleuse, une vraie déesse au lit, elle a une telle technique lorsqu’elle te… »


Le geôlier semblait fort bien la connaitre, mais Geralt venait de remarquer qu’un tatouage représentant une femme nue chevauchant un tonneau sur une mer déchainée ornait à présent son torse

« Par tous les dieux… Qu’est-ce qui s’est passé, qu’est-ce que j’ai fait pour finir ici ?

Tu ne te souviens de rien ? Je sais pas comment tu fais. A ta place, je pourrais plus jamais me regarder dans un miroir.

Qu’est-ce que tu veux dire ?

Bon, alors d’après ce que nous a dit Olaf, vous avez quitté sa taverne vers 4 heures du matin pour vous diriger vers le bordel de Margot dans le quartier des marchands. Là vous avez déclenché une bagarre avec les autres clients, et après coup, avez réclamé des putains en sortant des fortunes de vos poches, t’as eu droit à la plus belle d’être elle car tu as allongé le plus.

Oh nooooooooooooon…

Et attends c’est pas encore le meilleur. Au lieu de faire comme tout le monde, vous les avez emmené à la rivière, et avez tenté de la traverser sur leur dos. T’as même essayé au moins trois fois il parait, Susie à faillit se noyer, heureusement qu’on est arrivé pour vous flanquer au trou avant qu’il y ait des morts. »


Ce n’était pas la première fois que Geralt se prenait une cuite, mais c’était bien la première fois que ça allait aussi loin, du moins d’après ce qu’il arrivait à se rappeler.

« Dis à Susie que je suis désolé… Il faut que je sorte maintenant, j’ai une tâche importante qui m’attends, ça concerne la strige.

Mouai mouai mouai mouai, a d’autre. T’as une caution à payer pour sortir de là, vous avez tous une caution à payer pour sortir d’ici, et vu ce que vous avez du claquer pour pouvoir tenter de noyer ces catins, je pense pas qu’il vous reste le moindre orin.

Où sont mes affaires ? Il y a une lettre de sauf conduit dans la poche interne de ma veste, signée de la main du jarl lui-même.

Et après ? Ça te donne le droit de foutre le feu à la ville, ou de tenter de noyer une catin ? Tu resteras ici jusqu’à ce que tu sois gracié, ou que l’on ait payé ta caution.

Alors allez voir Foltest, il me graciera.

Comme si j’allais aller voir le jarl pour ta face de cul. Foltest est suffisamment occupé avec les plaintes des riverains des suites de vos exploits de ce matin. N’aggrave pas ta situation va. Toi et tes amis mercenaires allez passer quelques jours en cellule, puis lorsqu’il sera calmé, Foltest vous libèrera.

Non, non tu ne comprends pas, la strige n’a plus que deux morts à faire pour achever le pentacle, nous n’avons pas une seconde à perdre, il faut que je sorte d’ici tout de suite !

Continu à m’énerver, et je t’administre la peignée de ta vie ! Maintenant ferme là ! »


S’en retournant à sa table, le geôlier quitta la compagnie du sorceleur qui se laissa tomber contre sa paillasse. Il devait se rendre à l’évidence, il avait bien gaffé…

« Capitaine dans la place !

Garde à vous ! »


Relevant la tête, Geralt écouta l’entrée du capitaine des gardes dont il avait oublié le nom.

« Repos messieurs. Alors, comment se portent nos hôtes ?

Ils vont bien capitaine, l’un d’eux est déjà réveillé.

Le sorceleur ?

Oui capitaine.

Parfait, juste à l'heure. Passez-lui les fers, et amenez-le dans la salle d’interrogatoire… Oh et, virez-moi les autres dehors, à coup de pompe dans le fondement s’il le faut.

Mais enfin capitaine… !

Un problème pour obéir aux ordres, geôlier Joseph ?

Je…Non… Aucuns problèmes. A vos ordres capitaine. »


Un nouveau bruit de porte qui s’ouvrait et se refermait plus tard, Joseph s’en retournait vers Geralt, une paire de fers et un trousseau de clés à la main.

« Allez gros malin, tourne-toi qu’on en finisse et efface moi ce sourire en coin avant de te retrouver à me cirer les bottes avec ta gueule. »

Geralt savait qu’il serait vain de discuter, aussi obéit-il, pour le moment.

Se laissant conduire alors jusqu’à la salle d’interrogatoire où l’attendait le capitaine dont il avait retrouvé le nom parmi ses souvenirs de la veille, Geralt fut installé brutalement sur un bac de bois faisant face à une table.

La porte en face de lui s’ouvrit alors, et un homme en armure légère en sortit avant de s’assoir en face du sorceleur.

« Geralt de Riv…

Capitaine Demaven j’imagine.

Précisément.

Pourquoi cet entrevue ? »


Restant un instant muet, Demaven fit un signe de la tête au geôlier qui s’inclina avant de quitter la pièce en refermant la porte à clé derrière lui.

« Pour avoir le plaisir de te parler, seul à seul.

En général quand un homme me dit ça, c’est mauvais signe.

Cette fois tu n’as rien à craindre. Je suis de ton coté, pour autant que je puisse en juger. Je sais pourquoi tu es ici, et je ne ferai rien pour t’en empêcher, bien au contraire.

Alors rends moi mes affaires et libère-moi.

Et après  quoi ? Tu iras taper à la porte de la maison de Foltest et exigera de rencontrer Maravel pour le faire parler ? Comment crois-tu qu’il va réagir ? Que ses gardes et ceux du palais vont réagir ? Tu penses pouvoir tout régler avec ton épée ? »


Le sorceleur s’était attendu à tout, sauf à ça. Visiblement ce capitaine en savait long.

« Des espions à la taverne ?

Quelque chose comme ça oui. Nous avons des intérêts en commun, en particulier une certaine magicienne que nous surveillons depuis son arrivée ici.

Ce n’est sans doute pas pour sa beauté je suppose…

Tu supposes très bien. Ses semblables ne se déplacent pas sans raisons. C’est encore plus vrai maintenant que le royaume est aux mains des nobles de toutes sortes. Je ne vais pas t’apprendre le climat dans lequel nous vivons aujourd’hui, c’est une vraie poudrière. Il suffirait que l’équilibre bascule, que la balance des pouvoirs s’effondre, et le royaume sombrerait dans une guerre civile dont il ne se relèverait pas avant longtemps.

Je ne fais pas de politique.

Tu devrais, ça ne mange pas de pain, et tu fais partie de ce monde toi aussi, que tu le veuilles ou non.

Viens-en aux faits.

Cela fait un moment que nous soupçonnons une alliance de nobles sudistes de préparer un coup d’état à l’encontre du royaume. Ces derniers temps, de grandes quantités d’armes et de vivres ont traversées la frontière du sud. Des mercenaires venus des quatre coins du monde ont été aperçus ici, à Flotsam, à Pontar et à Eaux-troubles. Tout le sud est à présent miné. Si le complot contre Foltest aboutit, c’est tout le pays tout entier qui va exploser.

Mais bon sang comment un simple capitaine des gardes peut savoir tout cela ? Et qui es-tu en vérité ?

Tu n’as pas à le savoir. Tout ce que tu dois savoir pour le moment, c’est que ce que je te dis est la pure vérité, et qu’aujourd’hui, j’ai besoin de toi et de la magicienne pour sauver Asgard. »


Geralt était encore abasourdis par les dires de Demaven. Il n’était pas un simple capitaine, sans doute faisait-il parti d’un plus vaste réseau de personne d’influence et ayant accès aux plus hautes sphères d’Asgard, le genre d’alliés à qui on ne peut pas vraiment dire non.

*Dans quoi j’ai encore mis les pieds moi…*

« Que veux-tu que je fasse ?

Je sais de source sure que Maravel doit recevoir quelqu’un aujourd’hui même chez Foltest. Je veux que tu t’infiltre dans la propriété, et que tu te débrouille pour assister à cette entrevue. J’avais prévus d’envoyer un de mes hommes, mais tu conviendras mieux pour ce genre d’affaire je pense.

Quand a-t-elle lieu ?

Dans moins d’une heure. Il me faut ta réponse sur le champ. »


Geralt n’avait alors pas le luxe de réfléchir en profondeur à la situation, tout ce qu’il voyait pour le moment, c’était un moyen de sortir rapidement d’ici, et d’enquêter sur Maravel, aussi accepta-t-il la proposition de Demaven.

Récupérant alors ses vêtements de cuir cloutés ainsi que ses élixirs, le sorceleur s’enquit de son cheval et ses épées, ce à quoi Demaven lui répondit que le cheval était toujours aux écuries de la demeure de Foltest, et que pour cette mission, il n’avait pas besoin d’épées.

« Tache de rester discret, et ne te fait pas couler un bain de sang.

Donne-moi une cape d’invisibilité alors. »


Le sorceleur voulait en demander d’avantage au capitaine concernant la magicienne, mais durant tout le trajet à pied vers la maison du jarl, il n’en eut pas l’occasion tant le capitaine discutait sans arrêts avec ses hommes.

Arrivant au pied de la maison de Foltest, Demaven fit approcher le sorceleur et lui indiqua une rue longeant le mur droit de la demeure.

« Tu vois cette fenêtre au deuxième étage ? C’est là qu’est Maravel, avec son mystérieux invité venu du tout droit du sud. Ne me déçois pas sorceleur. »

Tendant un grappin muni d’un crochet au sorceleur, Demaven se chargerait de distraire les gardes patrouillant autour de la demeure, il ne restait plus à Geralt qu’à escalader la demeure, s’y faufiler sans se faire repérer, trouver un moyen d’assister à cette réunion toujours sans se faire repérer, et pour finir, de ressortir de la demeure pas vu pas prit... Une vraie partie de plaisir en somme.

Descendant alors le long de la ruelle, et vérifiant que nul ne pouvait le voir, le sorceleur mit alors en mouvement son grappin qu’il lança sur le toit doré de la demeure du jarl. Le bois de la charpente fit une solide attache au crochet, ce qui permit à Geralt de s’y hisser rapidement avant d’atteindre les combles.

*Bon... Ça se passe plutôt bien jusqu’ici, mais le plus dur reste à faire.*

Remontant alors la corde de son grappin pour que personne ne la remarque, Geralt avala alors un de ses élixirs, et la pénombre autour de lui devint lumineuse comme en plein jour. De plus, il entendrait désormais pendant une petite dizaine de minutes le moindre bruit à 20 mètres à la ronde, ce qui lui permettrait d’entendre approcher les gardes patrouillant dans les couloirs.

Ouvrant alors la trappe le menant au second étage, Geralt scruta le couloir de ses sens affinés à l’extrême et fut étonné de ne voir ni d’entendre le moindre bruit de pas à la ronde. Quelque chose n’allait pas visiblement.

Se réceptionnant sans un bruit sur le plancher, tel un félin, Geralt suivit alors les seules voix qu’il percevait dans les environs, et reconnu celle du jarl Maravel, conversant alors avec son invité à la voix oh combien féminine mais marquée d’un profond accent étranger.

« …Mais la présence d’un sorceleur ne faisait pas partie de nos plans. Il est suffisamment malin pour tout faire échouer.

Allons Maravel, un seul sorceleur, fusse le loup blanc, vous effraie-t-il à ce point ?

Bien sûr que j’ai peur de lui, et vous devriez en faire autant, si vous saviez la moitié de ce que je sais à son sujet, c’est un monstre, une véritable machine de guerre, il est…

Le fruit d’expériences ratées visant à créer une nouvelle races de guerriers en combinant des notions de science, d’alchimie et de cosmos, le tout dans un cadre de sélection des plus rigoureux, et sous la tutelle d’un entrainement militaire intensif. Rien de plus.

Et ça ne vous fait rien ?

Voyez-vous, Maravel, mon maître commande à la Mort et aux forces des Enfers, alors votre tueur patenté, je le défierais volontiers si jamais je croisais sa route. Peut-être apprendriez-vous alors à faire la différence entre une expérience et un produit fini. »


Geralt n’en croyait pas ses oreilles. Qui qu’était cet étranger qui savait tout ce qu’il y avait à savoir sur la création d’un sorceleur, secret aujourd’hui perdu ? Qui pouvait bien être cette femme ? Il fallait qu’il la voit.

Ne pouvant décemment pas passer par la porte, le sorceleur décida de faire le tour par la fenêtre. A travers les rideaux, il pourrait sans doute entrevoir ce mystérieux émissaire venu du sud.

« Mais assez parlé de lui, le moment de vérité est proche. Plus que deux victimes, et le pentacle sera complet. La totalité des habitants de Wizima seront alors sous votre contrôle, et fort d’une armée du plus de quarante-milles non-morts, vous pourrait aisément conquérir Asgard et vous faire couronner roi. Alors je suis sûr que vous n’oublierez pas votre promesse.

Vous aurez ce que vous avez demandez, si cela existe bien, et s’il se trouve bien où vous l’avez dit.

Soyez sans crainte. Mon maître n’a pas pour habitude de se tromper ou de commettre des erreurs.

Quand la strige frappera-t-elle ?

Ce soir. »


Se faufilant doucement dans la pièce voisine, sans faire un bruit, Geralt ouvrit délicatement la fenêtre et l’enjamba avant de s’agripper au relief décorant le bas de son encadrement. Pour la suite de sa mission, il devait atteindre la fenêtre située à côté de lui, aussi prit-il un solide appui, avant de bondir sur le côté pour se saisir du rebord de la fenêtre.

« Vous avez entendu ?

Hum ?

Un bruit dehors, venant de la fenêtre.

Sans doute un oiseau. Sans importance. De toute manière je n’ai plus de raison de rester ici. »


Se relevant lentement pour jeter un coup d’œil à l’étranger s’étant levé, Geralt découvrit un individu encore plus singulier que Maravel, intégralement vêtu d’une étrange armure bleu-nuit, et dont seuls les yeux brillants perçaient l’obscurité noyant son visage. Ce fut alors que Geralt sentit son médaillon de sorceleur s’affoler comme en présence d’un monstre lié à la magie.

*Quelle est cette impression malsaine qu’elle dégage  ?*

N’ayant jamais vu ni de choses semblables de sa vie, Geralt observait sans bouger l’étrange et inquiétant individu qui se drapait alors d’un long manteau à capuche le cachant entièrement, lui et son étrange armure.

« Je vous retrouverais le moment venu.

Personne ne risque de vous voir si vous sortez par la porte ?

Je ne sortirais pas par la porte, et l’étage est désert, j’y ai veillé.

Vous les avez… ?

Endormis, et entassés quelques pièces plus loin. Notre affaire ne regarde que nous. »


Ouvrant la porte, l’étranger disparut dans le couloir et le médaillon du sorceleur cessa de trembler.

S’abaissant à nouveau avant de bondir légèrement à la fenêtre voisine, Geralt attendit un instant que les bruits de pas du jarl Maravel s’éloignent avant de remonter dans la chambre voisine.

Des questions plein la tête le sorceleur retourna à son grappin, l’impression dérangeante que tout s’était déroulé bien trop facilement, comme pour une rencontre arrangée.

Se laissant alors descendre le long de la corde, Geralt arriva sans encombre au sol où l’attendait Demaven et plus surprenant encore, la blonde magicienne Sigrid.

« Il t’en a fallu du temps. Personne ne t’a repéré au moins ?

Pas âme qui vive, l’étage entier a été vidé de ses pensionnaires à l’exception de Maravel et de son invité.

Tu l’as vu ?

Oui…

Et ? Dis-moi.

Je ne le connais pas, il n’est pas d’ici c’est sûr. A son armure, à son accent, à ses manières. Il connait les secrets des sorceleur et a parlé d’une armée de non-mort que Maravel contrôlerait à l’achèvement du pentacle autour de Wizima, une armée avec laquelle il se rendrait roi d’Asgard avant d’honorer sa part du marché. »


Tant Demaven que Sigrid demeurèrent un instant médusé par les révélations du sorceleur, cela remontait bien plus loin qu’ils l’avaient tous deux imaginé.

« La strige ne doit pas terminer ce pentacle sacrificiel, et Maravel doit être arrêté sur le champ.

Je m’occupe de ce traître, vous deux occupez-vous de la strige.

Elle ne viendra pas avant ce soir. Laisse-moi parler avec Maravel, il en sait beaucoup.

Tu m’excuseras, mais j’ai des hommes spécialisés dans les interrogatoires et qui…

Ne sont pas des sorceleurs. »


Geralt venait visiblement de marquer un point, car Demaven semblait peser le pour et le contre avant de se décider.

« Tu feras à la lettre ce que je te dirais de faire, c’est bien compris ?

Comme du cristal. »


Suivant alors le capitaine des gardes qui déjà donnait ses ordres à ses hommes quant à l’arrestation discrète du jarl Maravel, Geralt se tourna vers Sigrid et, assez gêné, commença à lui expliquer pourquoi il n’avait pas pu la rejoindre au lieu et à l’heure prévus.

« Je suis désolé…

Oh ne t’en fait pas pour ça, de toute façon après avoir dormis, j'ai réalisé que c'était une mauvaise idée et je t'ai cherché pour t'en parler, j'aurai du commencer par la prison, mais quand j'y suis allé, vous étiez tous déjà parti... Et puis le jour où les hommes d’Asgard arrêteront de boire, le Ragnarok n’aura plus qu’à arriver. »


Visiblement la magicienne semblait prendre la chose avec humour, ce qui soulageait le sorceleur au plus haut point. Il le savait, encourir la colère d’une magicienne n’était pas recommandable.

« Mais dis-moi, est-ce que tu saurais… effacer un tatouage ? »

A suivre (encore trop long pour tenir en deux posts)
Histoire (suite)


Dernière édition par Geralt de Riv le Lun 24 Aoû 2015 - 15:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 15:42


Allongé depuis maintenant deux heures sur un lit alors que Sigrid s’afférait sur son torse, le sorceleur grinçait quelque fois des dents tandis que la magicienne effaçait peu à peu le tatouage de mauvais gout qu’une bouteille de trop lui avait fait faire.

« Courage, c’est bientôt terminé.

Tant mieux, je commence à ne plus sentir mes jambes à force de rester là allonger à ne rien faire.

Tu t’inquiètes pour Demaven ?

C’est un grand garçon, et puis il a une compagnie avec lui. Maravel n’a qu’une poignée de garde, je pense qu’il s’en sortira.

Tu oublis son alliée aux yeux brillants. D’après tes dires, elle est surnaturelle, peut-être même plus que tu ne l’es toi-même.

Ça, ça reste à prouver. »


Prenant un air faussement féroce, le sorceleur arracha un sourire amusé à la magicienne qui se remis à l’ouvrage, frottant la torse constellé de cicatrices diverses et variées avec de la ponce trempée dans une concoction spéciale effaçant l’encre.

« Tu ne gémis même pas, j’imagine que ce qu’on dit sur les sorceleurs est vrai, vous ne sentez plus la douleur.

Nous la ressentons, mais on nous apprend très tôt à la refouler, désormais elle n’est guère plus qu’une illusion.

Et toutes ces cicatrices ? »


Les mains de la blonde magicienne s’attardèrent sur une profonde trace de morsure à l’épaule du sorceleur.

« Odhinn ne nous juge pas à nos médailles ou à notre réussite.

Tu fais cela pour Lui ?

Pas vraiment…

Alors pourquoi ? Pourquoi cette vie ? »


Un silence suivit la demande de la magicienne avant qu’elle ne reprenne son ouvrage.

« Désolé, tu n’as pas à me répondre…

Parce que je suis un sorceleur... C’est la seule vie que je peux avoir. »


Sigrid cessa de frotter en entendant cela, elle semblait vouloir réagir, mais la porte qui s’ouvrit soudainement l’en empêcha.

« Bon vous avez fini ? Parce que le capitaine vous fait mander.

Encore dix minutes.

Nous ne les avons pas, vous finirez une autre fois. »


Visiblement les instants privés de la magicienne et du sorceleur étaient terminés.

« Alors on arrive tout de suite. »

Après s’être rhabillé, et avoir enfin récupéré ses deux épées qu’il remit dans son dos, Geralt, suivit de Sigrid suivirent le garde de la cité jusqu’au cachot où les attendaient le capitaine Demaven et le Jarl Maravel.

« Tu as fait vite.

Il le fallait.

Comment tu as fait pour arrêter un Jarl sans provoquer un scandale ?

De la même manière qu’on arrête les espions étrangers, on les attire à l’écart, on leur met un sac sur la tête et on les jette dans une malle.

Subtile et en finesse… »


Jetant un œil au visage tuméfié de Maravel, Geralt compris que l’interrogatoire avait déjà commencé en leur absence.

« Doigt brisés, joues et arcades sourcilières ensanglantées… C’est ça que tes gars spécialisés font ?

Non, ça c’est juste pour me faire les nerfs. Mes hommes fourbissent encore leurs instruments.

Tu risques de le tuer.

Tu t’inquiètes pour ce traitre ? On connait notre métier sorceleur.

Je n’en doute pas, quoi que j’ignore encore de quel métier il s’agit. Bourreau de Wizima ? Inquisiteur du haut clergé d’Asgard ? Agent secret de la couronne d’ombre ? Peut-être les trois à la fois ?

Ne t’occupe pas de ces détails, regarde juste, et apprends, ça pourrait te servir pour plus tard. »


Se rasseyant en face du Jarl visiblement drogué, Demaven commença à lui poser une série de questions en lien avec la strige et son mystérieux associé. Geralt étudiait les réactions du Jarl qui redescendait de son petit nuage d’opium et reprenait peu à peu contact avec la réalité.

« Ça ne rime à rien, il n’a pas du tout peur de Demaven, et je crains qu’il ne survive pas longtemps à la torture, ta magie ne pourrait pas nous aider ?

Hélas non, je ne fais pas dans ce genre de magie, j’ai préféré me concentrer sur les soins et la protection.

Noble vision des choses. »


L’interrogatoire s’éternisait, et l’humeur de Demaven s’en faisait ressentir. Se relevant alors, furieux, il allait sortir de la pièce lorsque Geralt le saisit par le bras.

« Laisse-moi essayer, il n’a pas peur de toi, mais de moi oui.

Il ne te dira rien, il exige que tu quittes cette pièce depuis que tu y es rentré.

Justement, laisse-moi dix minutes avec lui. Si je n’arrive à rien, alors tu pourras faire venir tes experts. Dix minutes. »


A nouveau, Demaven analysa le pour et le contre, jetant tantôt un œil à Maravel, tantôt un œil sur le sorceleur.

« Je te donne cinq minutes, pas une seconde de plus.

Trop aimable. »


Sortant de la pénombre, ne perdant pas de temps, Geralt apparut à la lumière de la lanterne en face de Maravel qui à cette vision eut un mouvement de recul.

« Sortez-moi ça ! Éloignez-le de moi ! Arrière monstre !

Je suis ravi de vous revoir également. Nous allons pouvoir faire plus ample connaissance.

Je ne vous direz rien, aberration ! De toute façon vous arrivez trop tard, votre misérable et stérile existence va bientôt prendre fin, avec celle de tous mes ennemis. Bientôt tout sera terminé, et…

Et quoi ?

Vous verrez… Très bientôt.

Laissez-moi deviner. Le pentacle sera achevé, et ce sort que ton amie en armure noire et toi avez préparé s’activera, vous octroyant le contrôle de plus de 40000 non-morts avec laquelle vous conquerrez Asgard et deviendrez roi ? »


Les yeux de Maravel s’écarquillèrent de stupeur.

« Maudite créature ! Votre sorcellerie n’y changera rien ! Le plan est imparable, et la strige aura tôt fait d’accomplir mon grand dessein. J’ai déjà gagné, vous êtes juste trop idiot pour vous en rendre compte.

Savez-vous comment nous faisons pour lire dans les esprits d’autrui ? »


A nouveau Maravel ne sut pas comment réagir et resta muet.

« Nous insérons une partie de notre magie au cœur même de l’esprit de celui que nous désirons questionner. Bien sûr il y a des risques importants, voilà pourquoi nous utilisons généralement des mutagènes spéciaux pour modifier le métabolisme de la victime, afin qu’elle supporte mieux le traitement.

Des… Des mutagènes comme ceux qui ?

Oui, c’est plus ou moins les mêmes que ceux qui font de nous des sorceleurs. Bien sûr, fort peu d’humain survivent à leur ingestion, mais vous le saviez déjà n’est-ce pas ? A peine un sur dix il parait, mais je crois que pour ce que contient votre tête, on peut courir ce risque. »


Geralt se saisit alors d’une des fioles qu’il portait sur lui et doucement, porta ses doigts sur son ouverture.

« Non ! Non ! Tout mais pas ça ! Tuez-moi, tuez-moi mais ne me changez pas en monstre !

Ne vous en fait pas, il n’y a que peu de chance que vous surviviez de toute façon, par contre vous allez souffrir. Le violent changement de métabolisme entraine de nombreuses lésions internes des suites de l’accroissement musculaire brutal.

Non ! Vous ne me ferez pas boire ça maudit !

Qui a dit que vous aviez le choix ? Ce que contient votre tête m’intéresse au plus haut point, et avec ça, j’ai une chance de l’obtenir sans faire de vous un légume… Du moins, sans faire trop de dégât.

Sans… Faire trop de dégât ?

Disons que notre futur roi devra passer le reste de sa vie à se faire donner sa bouillie avec un bavoir autour du cou.

Nooooooooooooooooooon ! »


Geralt se levait à présent, faisant lentement le tour de la table, sa fiole ouverte à la main dégageant un puissant parfum à la fois acide et entêtant. Quoi que contenait cette fiole, ça empestait en n’engageait rien de bon.

« Non pitié ! Pour l’amour des dieux ne me faites pas ça !

Allons, allons, la vie d’un mutant n’est pas si mal, si l’on fait abstraction de la douleur, de l’infécondité, du rejet d’une énorme partie de la population, de…

Assez ! Je… Je vais parler, je vais parler ! Mais ne me changez pas en mutant ! »


S’arrêtant net à proximité de Maravel, Geralt parut réfléchir un instant avant qu’un grand sourire n’apparaisse sur son visage.

« Oh et puis non, j’ai vraiment envie de voir si vous allez survivre à ça, et puis rien ne me garantit que vous direz la vérité. »

Se saisissant du visage horrifié du jarl enchaîné, Geralt, un sourire plus sadique que jamais sur le visage, ouvrit la bouche de Maravel avant d’y approcher sa fiole.

« Hihiééééééééééééééééé ! Che chirais chouuuuuuuuuuuuu !

Pardon ? Vous pouvez répéter ? Je comprends rien à ce que vous dites...

Che chirais chou, che chirais chouuuuuuuuuuuuu !

Vous chierez du chou ? Espèce de porc ! »


Approchant encore la fiole des lèvres tuméfiées du Jarl, Geralt fut alors saisit par l’épaule par Demaven, visiblement peu satisfait du traitement que le sorceleur réservait à son prisonnier.

« Je peux te parler une minute ? »

Reportant son attention sur Maravel, Geralt resserra sa poigne sur les mâchoires inférieures du Jarl et plongea ses yeux inhumains dans les siens pour y lire une terreur sans nom.

« Je reviens tout de suite. »

Relâchant Maravel, Geralt suivit Demaven à l’écart tout en rebouchant sa fiole dont l’odeur commençait à l’incommoder également.

« Mais enfin on peut savoir ce qui t’as pris !? Tu es complètement fou ou quoi ?! Tu m’explique à quoi nous servirait un cadavre ?!

Chuuuuuuuuuut. Du calme, continu à faire semblant de t’énerver contre moi pour donner le change. Cette fiole ne contient qu’un élixir annulant les effets de la gueule de bois, son odeur vient de son ingrédient principal, une plante des marais qui sent la viande pourrie.

Espèce de… Enfant de putain, quel bluffeur tu fais. Et maintenant ?

Maintenant tu prends la relève, tache d’en apprendre le maximum tant qu’il est terrorisé. Il nous faut savoir où ils gardent la strige et comment ils la contrôlent. »


Le sourire aux lèvres, Demaven s’en retourna auprès de Maravel qui n’avait pas quitté des yeux le sorceleur dont les yeux étincelant se voyaient encore dans la pénombre.

« J’ai réussi à l’arrêter cette fois, mais ça ne durera pas longtemps, il veut les informations que vous possédez et il ne croit pas un mot de vos paroles.

Je ne mentirais pas, je vous le jure sur mon âme !

Alors dites-moi où trouver la strige, et comment annuler cette malédiction, vite, avant qu’il ne revienne à la charge.

Vous… Vous ne pouvez pas le laisser faire ! Je suis un Jarl, par la grâce d’Odhinn et …

Et c’est un sorceleur, le loup blanc qui plus est, je ne suis qu’un capitaine des gardes. Je vous aime bien, mais je m’aime plus encore. C’est aussi simple que ça. La strige, et vite, pour votre âme. »


Le visage de Maravel se décomposa alors qu’il semblait réaliser que ses rêves de grandeurs s’écroulaient devant lui en cet instant.

« Dans la vieille abbaye au nord, dans la crypte, c’est là qu’elle se trouve durant la journée… Hé… Héhé… Héhéhéhéhéhé !

Qu’est-ce qui vous fait rire ?

Je ris au monstre que vous allez devoir tuer pour m’empêcher d’accomplir mes plans. Car voyez-vous, cette strige ne fut pas toujours ainsi. Il fut un temps où elle était la plus belle jeune femme de Wizima, la fille de Foltest, et à présent, c’est du glaive du sorceleur qu’elle devra être détruite pour lever la malédiction. Au moins j’aurai cette satisfaction !

Espèce d’ordure ! Dis-moi comment lever cette malédiction ! Où même les nécromanciens ne pourront te relever !

Je l’ignore… Hahahaha ! Je ne sais rien à ce sujet, c’est l’émissaire qui a lancé la malédiction, moi je ne sais rien. Vous ne pourrez rien apprendre de moi, et vous devrez la tuer ! Hahahahahahaha ! »


Un formidable crochet du droit plus tard, et Maravel expédié au pays des rêves, un bel œil au beurre-noir en cadeau, Demaven s’en retournait vers le sorceleur, le visage grave.

« C’est encore pire que ce que nous avions imaginé. Adda est innocente, mais sa vie de monstre doit prendre fin aujourd’hui… Sorceleur, je sais que ce que je te demande est atroce, mais pour la sauvegarde du royaume, tu dois le faire. »

Geralt avait beau être un tueur de monstre, il n’en demeurait pas moins pourvu d’un cœur, et du sens de la justice. S’il comprenait pourquoi la strige devait disparaitre, il refusait net qu’une enfant en paie le prix fort.

« Il doit y avoir un moyen de lever la malédiction. Un sort d’un tel niveau, il doit en rester des traces, forcément. Sigrid ?

Hum… c’est possible, mais où les trouver en si peu de temps ? Le rituel a pu être pratiqué n’importe où…

Il leur a fallu un endroit isolé, loin de tout, non loin de la première attaque de la strige.

L’abbaye !

Précisément.

Allons-y sans perdre un instant !

Allez-y d’abords, je dois me préparer.

Qu’est-ce que tu vas faire ?

J’ai une cueillette à faire. Amenez Maravel avec vous à l’abbaye, il nous sera utile. »


Adressant un dernier sourire à ses nouveaux amis, Geralt se mit alors en quête des nombreux ingrédients composant ce qui faisait la véritable puissance d’un sorceleur, ses précieux élixirs.

Mortels pour les humains normaux, indispensable aux tueurs de monstres, leur effet pouvaient varier de la régénération accélérée à l’empoisonnement du sang de celui qui l’ingérait, le rendant ainsi mortel pour tous suceur de sang y trempant les canines.

Leurs formules étaient rares, jalousement gardées, et même un sorceleur aussi ancien que le loup blanc ne pouvait se targuer d’en connaitre la totalité. L’alchimie qui les avait fait naître n’était pas le domaine du sorceleur, aussi en avait-il trouvé la plupart écrites sur d’anciens parchemins, et d’autres en expérimentant maladroitement, au prix de nombreux maux de ventre carabinés et parfois d’empoisonnements presque fatals.

La méthode empirique avait ses limites, et elle coûtait cher en ingrédient.

Récupérant tout d’abords les champignons vitriocybe des égouts, et après avoir massacré au moins une trentaine de noyeur, au point de ne même plus en collecter les ingrédients alchimiques qu’étaient leur cervelles et la cadavérine enduisant leur griffes, Geralt, après être allé récupérer son cheval, se dirigea vers les plaines où il savait trouver des fruits de balisse et racines de mandragores, très utiles à la concoction de l’élixir du loup et du lotiot doré.

Après y avoir occis une bonne dizaine de charognards en tout genre, comme des loups et des nekkers, Geralt s’en alla à présent vers les marais tout proches, se rapprochant toujours plus des ruines de l’abbaye.

Sauvages, boueux, et difficilement praticables tant l’érosion et les plantes avaient déformés les sentiers les parcourant, le sorceleur et son cheval devaient avancer pas à pas, tout en se frayant un chemin parmi les bloedzuigers venimeux et les kikimores peu chaleureux.

« Saletés ! »

Lançant alors un sort d’Igni, et mettant ainsi le feu à une petite dizaine de ces gros insectes gris, Geralt acheva ce qui restait du nid qu’il avait maladroitement réveillé en cherchant des aloès du loup et de la petite ciguë, et après avoir récupérez leur griffes et leur trachées, sortit enfin de ces marais puants, se jurant bien de revenir un jour y mettre le feu.

« Comment peut-on vivre dans un endroit pareil ! Ces briquetiers sont fous ! »

Bien content d’avoir également trouvé des fleurs de bident, très rares en cette saison, Geralt avait maintenant suffisamment d’ingrédient. Envoyant promener un noyadé qui passait par là d’un sort d’Aard bien placé, Geralt enfourcha rapidement son destrier, et le lançant à grand galop, se dirigea alors vers l’abbaye en ruine où l’attendaient Demaven et Sigrid.

*Le soleil se couchera dans moins de trois heures… Ça va être juste.*

**********

Royaume d’Asgard, abbaye en ruines au nord de Wizima, fin aout 1740

Mélangeant avec minutie les mesures précises de vitriol et de quebrith extraites respectivement de la cadavérine de noyeur et des griffes de kikimore, Geralt se concoctait avec soin un élixir de loup en ajoutant ces substances à la mouette blanche qu’il transportait avec lui. Certes de l’alcool nain aurait pu faire l’affaire, mais Geralt préférait le garder pur, pour sa consommation personnelle.

Scrutant toujours la course du soleil qui à présent disparaissait derrière les montagnes, Geralt savait que cet élixir serait le dernier qu’il pourrait préparer avant l’éveil de la strige située en contrebas, dans un des caveaux de la crypte.

« Qu’allez-vous faire de moi maintenant ? »

La voix de Maravel tira le sorceleur de sa préparation sans pour autant lui faire tourner la tête. Toute sa concentration devait être focalisée sur son élixir, sinon il serait raté.

« Qu’allez-vous faire de moi ?! »

Manquant de peu d’ajouter trop de vitriol dans la préparation, Geralt reposa enfin sa fiole sur le réchaud de poche qu’il transportait toujours avec lui et laissant la chaleur achever la préparation de son élixir, se retourna en direction du jarl.

« Vous ne me servez plus à rien. »

Geralt sortit alors une dague de son dos, et s’avança vers Maravel, le regard froid.

« Non ! Ne me tuez pas, je vous ai tout dit, je vous ai aidé ! »

Levant alors le Jarl, Geralt lui fit faire demi-tour avant de trancher ses liens.

« Hors de ma vue.

Mais… Que ?

Vous m’avez entendu, disparaissez, et que jamais plus je ne vous revois. »


N’en croyant pas ses oreilles, Maravel ne se le fit pas redire, et prenant ses jambes à son cou, s’enfuit en courant dans les escaliers qui le mènerait dans la cour en ruine de l’abbaye alors que le soleil disparaissait totalement à l’horizon.

« C’est l’heure. »

Retirant alors la fiole du réchaud, Geralt en avala le contenu bouillonnant et soudain l’ensemble de son système sanguin s’embrasa et transparut au travers de sa peau.

Démultipliant sa force et sa dextérité, l’élixir de loup le garderait en vie le temps qu’il accomplisse le plan que Demaven, Sigrid et lui avaient convenu en découvrant la crypte de la strige un peu plus tôt.

**********

Moins de deux heures auparavant.

Arrivant à l’abbaye à grand galop, le sorceleur tomba presque nez à nez avec les hommes de Demaven alors qu’il pénétrait dans la cour de l’abbaye en ruine.

« Hola hola, tout doux. »

Tirant la bride de son cheval, le sorceleur mit pieds à terre et confia son destrier à l’homme le plus proche.

« Où est Demaven ?

Avec la magicienne, dans la crypte, par là. »


Indiquant au sorceleur une arche de pierre qui semblait sur le point de s’effondrer à tous instants, le garde en armure légère s’éloigna avec le cheval de Geralt tandis que celui-ci s’engageait dans le court escalier devant l’amener à la crypte où reposait la strige.

Il régnait dans cette abbaye un parfum de sorcellerie, de mauvaise sorcellerie, très puissante, et très puante, cela même Geralt le savait. Au travers de l’odeur de la pierre morte et des moisissures rongeant la charpente en bois laissée à l’abandon, le sorceleur pouvait encore percevoir l’odeur inimitable du mucus de keyran ou du cerveau de bulvore. Ingrédients magiques extrêmement rares, et extrêmement difficiles à obtenir tant ces créatures étaient formidablement dangereuses.

*Qui que soit cet émissaire, il est soit très riche, soit très puissant… Soit les deux.*

Débouchant alors au cœur d’une salle où se trouvait une dizaine de caveaux plus ou moins éventrés, le sorceleur y trouva Sigrid et Demaven, penché sur un d’eux, un air stupéfié sur le visage.

« Vous en faites des têtes, qu’est-ce qui vous arrive ?

Chuuuuuuuuuuuuuuuuuut, moins fort. Approche sans faire de bruit. »


Apparemment ce caveau n’était pas vide, et étant donné les visages de la magicienne et du prétendu capitaine des gardes de Wizima, le sorceleur comprenait qu’il ne s’agissait pas d’un squelette décrépis.

S’approchant alors à pas de loup, le sorceleur écarquilla les yeux en découvrant allongé au sein de ce tombeau de pierre, une frêle et superbe jeune fille, le corps à moitié transformé en… quelque chose d’autre.

Ne parlant pas, un simple échange de regard avec ses amis suffit. C’était bien Adda.

Invitant alors Demaven et Sigrid à le rejoindre à l’écart, Geralt observait le cercle de transmutation tracé autour du caveau ainsi que la disposition des bougies.

« C’est un sort de transmutation de haut niveau, c’est la première fois que je vois des inscriptions de ce genre. Cette magie, elle n’est pas d’Asgard, on dirait plutôt le genre de savoir obscur des dieux du sud.

Est-ce qu’on peut inverser la transformation ?

Pas sans briser la malédiction, et pour cela, j’avoue que je n’ai pas la moindre idée.

Mais enfin elle est là, à moitié humaine, et on devrait la regarder devenir un monstre sans rien faire ? »


Le silence qui suivit, accompagné du regard résigné de Demaven fit comprendre au sorceleur ses intentions.

« N’y pense même pas.

Geralt, nous n’avons pas le choix tu le sais très bien. Dans moins de deux heures cette enfant sera devenue un monstre sanguinaire sous les ordres de forces nous dépassant, et alors nous devrons la tuer de toute façon. Qu’elle meure maintenant alors qu’il lui reste encore un peu d’humanité n’est-il pas plus charitable ? »


Le sorceleur ne pouvait le nier. Le temps jouait contre eux, et la transformation d’Adda se poursuivait.

« Humaine le jour, strige la nuit, la pauvre enfant… »

La voix si triste de Sigrid fit relever les yeux du sorceleur.

« Qu’est-ce que tu as dit ?

Quoi ?

Qu’est-ce que tu viens de dire ?

Et bien… Que c’était une pauvre enfant.

Pas ça, avant.

Qu’elle est humaine le jour et strige la nuit.

Oui, oui c’est ça… C’est forcément ça.

Tu pourrais m’expliquer ?

Ce cercle, c’est lui qui change Adda à la tombée de la nuit mais son effet est limité, voilà pourquoi la strige était rappelée chaque nuit, peu avant le lever du soleil. Il faut qu’ils la ramènent ici et la maintienne prisonnière de ce caveau pour qu’à la nuit suivante, elle se transforme à nouveau.

Mais enfin, elle n’attaquait pas toutes les nuits.

Un cercle d’une telle complexité doit prendre du temps à placer, si la strige en abime ne serait-ce qu’une partie, il devient inefficace, et puis il devait bien la nourrir de temps en temps, sans parler des ingrédients nécessaires à la confection de ces bougies…

Alors détruisons ce cercle et ces bougies sur le champ !

Non, pas maintenant. Si on détruit ce cercle maintenant, on ne peut pas savoir quels en seront les effets, Adda pourrait rester un demi-monstre jusqu’à la fin de ses jours.

Alors qu’est-ce que tu proposes ? De la laisser se transformer totalement ?

Précisément… »


*********

Deux heures plus tard

Du haut du beffroi en ruine, Geralt observait les hommes de Demaven postés aux divers points stratégiques de l’abbaye. Avec Sigrid en renfort, ils devaient empêcher la strige de s’enfuir durant la nuit, la coinçant avec le sorceleur jusqu’à ce que l’aube pointe et que la malédiction s’achève.

Le cercle de transmutation était la cible principale du sorceleur, mais il devrait bientôt composer avec une invitée passablement inhospitalière dont le cri strident se fit alors entendre.

Alors arrivé à la moitié de la cour, Maravel se figea de stupeur. Dans sa hâte pour s’évader, il en avait complètement oublié sa victime.

« Voyons comment tu te débrouilles maintenant. »

Un bruit de battement d’aile se fit entendre en direction de la crypte, juste avant le bruit de griffes puissantes se fixant à la pierre. Adda était réveillée.

Surgissant alors des ombres de la crypte, sa majesté la strige bondit droit sur son bourreau, le plaquant au sol avant de le réduire en charpie sans autre forme de procès.

« Bon… Et bien, c’est à moi maintenant… »

Montant sur l’encadrement de la fenêtre du beffroi, Geralt se laissa simplement tomber dans la cour en soulevant à l’impact un épais nuage de poussière.

Se retournant en sursaut à l’arrivée de cette nouvelle proie, la strige laissa tomber le cadavre sanguinolent et démembré de Maravel pour se concentrer sur le sorceleur.

*D’abord les ailes.*

Se saisissant de la chaînette argentée qu’il portait autour de son avant-bras, Geralt la déploya entièrement avant d’en faire tourner l’une des deux extrémités lestées.

« Quand tu veux. »

Rugissant et griffant le sol de l’abbaye de ses pattes puissantes, la strige avançait ainsi qu’un félin prêt à bondir sur une proie.

N’ayant pas souvent affronté de telle créature, Geralt n’en demeurait pas moins déjà expérimenté face à ces monstres du sud, utilisant leur vitesse et leur ailes pour fondre sur leur proie tandis qu’avec leur longues canines aiguës et creuses, elles perçaient leur proie pour en aspirer le sang.

Pour lutter à arme égales avec le monstre, Geralt devait la priver de ses ailes, et c’était précisément ce qu’il comptait faire.

Tournant chacun autour de l’autre, les adversaires se jaugeaient. Sans doute même la strige devait se rendre compte qu’elle n’affrontait pas un de ces pauvres paysans ou aristocrates trop maigres ou trop gras, peut être les yeux du sorceleur l’impressionnait-elle, peut-être était-ce ses muscles saillant ou sa posture experte…

Toujours est-il que ce fut elle qui la première brisa cette danse en déployant ses ailes avant de se jeter toutes griffes dehors sur le sorceleur qui n’attendait que ça.

Lançant alors sa chaîne durant la fraction de seconde qu’avait duré le déploiement des ailes de la strige, Geralt se jeta pour sa part sur le côté tandis que sa chaîne s’enroulait autour des ailes de sa victime qui s’écrasa contre la façade de la petite grange située derrière Geralt, provoquant son effondrement partiel.

Achevant sa roulade non loin d’elle, le sorceleur s’amusa du comportement animal et donc prévisible de la créature. Ses ailes à présent enchaînées, il allait pouvoir passer aux choses sérieuses.

Ne laissant pas le temps à la créature de se reprendre, Geralt fonça sur elle, et la ceinturant, la fit passer au travers du reste de la bâtisse qui s’écroula totalement derrière eux.

Hurlant sa douleur tandis que Geralt hurlait sa rage, les deux adversaires, poursuivirent leur chemin jusqu’au mur d’enceinte de l’abbaye où le sorceleur propulsa sa partenaire d’un formidable coup de tête qui cassa deux crocs à la strige.

Attaquant encore et encore, sans s’arrêter ni laisser le temps à la créature de réagir, Geralt prenait grand soin de ne pas la blesser mortellement, et malgré la présence de ses deux épées dans son dos, le sorceleur se contentait de combattre à main nues. Son but était d’affaiblir le monstre, pas de le tuer.

« Aard ! »

Ecrasant la strige contre le mur à l’aide d’un souffle magique si puissant qu’il enfonça la créature entre les pierres, Geral savait que cela ne la retiendrait pas longtemps. Les striges n’étaient pas des adversaires faciles, et la nuit était encore jeune…

Au bout de trois heures d’affrontement féroce à main nues ayant couté la quasi-totalité de l’intégralité des murs de l’abbaye, Geralt était toujours d’attaque, ses élixirs et son métabolisme de sorceleur aidant, tandis que la strige commençait à accuser une certaine baisse de régime. Ses ailes enchainées, sa face pleine d’ecchymoses et ses dents cassées lui donnant un air plus misérable que redoutable, Geralt se contentait désormais à esquiver ses coups en lui décrochant de temps en temps un crochet en pleine face.

« Yrden. »

Traçant alors rapidement de la main une rune sur le sol sous ses pieds, un cercle magique apparut sous le sorceleur qui reculant alors de quelques pas, laissa la strige y pénétrer, ce qui provoqua son activation dans un flash aveuglant.

Désormais temporairement paralysée par les runes qui constellaient son corps blessé, le sorceleur en profita pour concentrer entre ses mains une formidable concentration de magie avant de déchaîner la fureur de Muspellheim.

« Igni ! »

Un véritable brasier ardent s’échappa des mains du sorceleur et alla frapper la strige qui fut emportée par le torrent de flamme.

Cessant immédiatement son attaque, Geralt s’approcha de la strige maintenant un peu trop halé et compris que le combat était à présent terminé.

« Les chaines ! Vite ! »

Sortant des ombres et des toits de l’abbaye, les hommes de Demaven arrivèrent rapidement, portant d’épaisse chaines d’acier runique utilisées pour retenir les ours en fureur et dont fut généreusement couverte sa majesté la strige.

« Vous y allez un peu fort là non ?

Tu peux parler... Espèce de sacré empaffé, si tous les asgardiens savaient se battre comme toi, on aurait le monde à nos pieds.

Et qu’en ferait-on ?

Ah ça, le jour où on l’aura, je te le dirais. »


Donnant une tape à l’épaule du sorceleur, Demaven ordonna à ses hommes de monter la garde et d’allumer des feux de camps. Si la strige avait été maîtrisée, tout n’était pas encore réglé.

« Va effacer le cercle sorceleur, on garde la strige. »

S’exécutant, Geralt descendit rapidement au cœur de la crypte, et de ses bottes, effaça pour de bon ce maudit cercle avant de lancer un sort d’Igni sur les bougies qui se consumèrent dans une odeur écœurante. Désormais, tout était terminé.

S’en retournant à la surface, Geralt senti son médaillon s’affoler comme lors de son combat avec la strige. S’était-elle échappée ?

Hâtant le pas, Geralt compris que quelque chose n’allait pas lorsqu’il n’entendit plus la moindre voix en dehors, comme s’ils avaient tous disparu.

Émergeant alors de la crypte, Geralt découvris l’ensemble des hommes de Demaven allongé sur le sol, la strige toujours inconsciente et couverte de chaines, et Demaven lui-même entre les mains d’une personne facilement reconnaissable.

« Toi ! »

Lâchant alors Demaven qui s’écroula sur le sol, la femme en armure noire prénommée Althéa se retourna sans se presser, son visage encore presque entièrement dissimulée dans les ombres de sa capuche.

« Geralt de Riv… Sorceleur… Ravis de te voir enfin sans fenêtre entre nous. Dis moi, ne t’a-t-on pas formé à tuer des monstres plutôt qu'à lever des malédictions ?

Qui es-tu ?

Je suis une parmi des centaines, je suis l’émissaire qui apporte les enfers sur Terre, je suis… ta mort. »


S’inclinant alors respectueusement devant Geralt, cet étrange personnage qui ne semblait pas avoir toute sa tête semblait comme venir d’un autre monde.

Tirant alors son épée d’acier de son fourreau, Geralt savait que comparé à la strige, cet adversaire serait bien plus difficile. Cette fois, il ne jouait plus.

« Ohohoooooo, effrayant... Une bien belle épée que celle-ci. En acier météoritique et forgée dans le croc d’un dragon ? Caerme, c’est ça ?

Visiblement tu en sais long sur moi. Tu es un de mes fans ?

Disons plutôt que mon maitre suit tes exploits avec beaucoup intérêt depuis maintenant des années.

Aurai-je un jour la chance de le rencontrer ?

Peut-être, s’il le désire, un jour, et de la manière qu’il lui plaira.

Pas si je te force à me conduire à lui ! »


Déployant toute la puissance de ses muscles d’acier, le sorceleur fondit aussi vite qu’il le pouvait sur Althéa, et lui porta un coup terrible qui aurait suffi à trancher net une enclume de nain. Cependant la lame enchantée du sorceleur n’atteignit jamais son adversaire. Ou plutôt, ce fut une partie bien différente de celle qu’avait visé le sorceleur qu’elle atteignit.

« C’est pas passé loin. »

Ayant stoppé la lame de Geralt d’une seule main en la coinçant entre ses doigts, Geralt, n’en revenant pas de la puissance de cette femme qu’il dépassait pourtant d’une tête, chercha à extirper son épée de sa poigne de fer, juste avant de lui décrocher un formidable coup de genoux dans le ventre qui lui aussi, fut contré par la seconde main de fer de cet être venu d’ailleurs.

« Encore raté. Essaie encore ! »

D’une simple poussée, cette démone d’Hellheim envoya s’écraser Geralt contre le mur d’entrée de la crypte. L’écart de puissance entre les deux adversaires était démentiel, Geralt avait l’impression d’affronter un géant, mais celui-ci n’en avait ni la taille ni la stupidité.

« Hell…

Ah non, tu as tout faux. Je n’ai rien à voir avec votre folklore arriéré. »


Saisissant le sorceleur à la gorge, Geralt sentit qu’une simple pression de cet être aurait suffi à lui briser de cou.

« C’est très décevant… Tu as le pouvoir en toi, mais malgré toutes ces années passées à tuer des monstres, tu demeures si faible, tout juste du niveau d’un chevalier de bronze…

Guuuhk ! hugh…

Et pourtant, tu sembles être un des plus grands guerriers de ta pathétique contrée… Je ne comprendrais jamais pourquoi mon maître te trouve si particulier, ni pourquoi il s’intéresse à ce royaume misérable. Il suffirait d’une dizaine d’entre nous pour tous vous anéantir en moins d’une semaine. »


Resserrant encore d’avantage sa poigne autour du cou du sorceleur, Geralt sentait les premiers signes de l’asphyxie lui parvenir. Fort heureusement pour lui, le sorceleur disposait d’une condition physique des plus appréciables, il lui restait encore du temps à exploiter.

Armant ses jambes, il les lança de toutes ses forces contre son ennemi, qui cette fois les encaissa de plein fouet, se pliant alors sous l’impact… avant de stopper net les deux jambes du sorceleur à la seule force de son dos.

« Pathétique… »

Repoussant alors les jambes du sorceleur de cette incroyable armure aussi lisse que dures, Althéa sembla savourer avec délice les quelques gouttes de sang carmin que Geralt avait versé sur sa main, juste avant d’armer un poing menaçant.

« Je vais à présent épargner au maître l’amer déception de ta médiocrité. Autant en finir maintenant et lui rapporter que tu t’es bien battu. »

Lançant alors son poing à une vitesse proprement hallucinante, Geralt eut tout juste le temps de décrocher un crochet du droit en plein visage de son tortionnaire, ce qui lui fit frapper le mur de la crypte qui explosa à l’impact comme si un bélier de siège l’avait heurté.

« Ça, tu vas me le payer cher... »

Cette fois, la mystérieuse guerrière du sud semblait être en colère, vraiment en colère. Sous l’ombre de sa capuche, ses yeux se mirent à luire intensément, passant du bleu au rouge alors que tout son corps s’auréolait à présent d’un halo indigo veiné de noir.

« Je vais prendre plaisir à te voir mourir… »

Armant alors de nouveau son bras, Geralt était alors comme paralysé par la puissance démentielle qui s’échappait de cette démone. Jamais encore il n’avait rencontré une telle créature au cours de ses voyages, elle avait tout d’une brouxe, mais sa puissance dépassait de loin celle de ces congénères, sans parler de cette armure qu’elle revêtait.

Cette fois, il sentait que son heure était venu…

Ce fut alors qu’un formidable souffle de glace heurta avec violence la guerrière en armure noire et lui fit lâcher prise alors qu’elle était emportée par l’arcane de la blonde magicienne.

« Debout Geralt ! Montrons-lui ce que les Asgardiens savent faire ! »

Sentant alors les pouvoirs de la magicienne accélérer sa régénération déjà formidablement rapide grâce à ses élixirs, Geralt compris qu’il devait tenter le tout pour le tout s’il voulait vaincre. Il n’y avait que deux élixirs dans tout son inventaire qui pourrait lui permettre de vaincre son adversaire.

Portant sa main à la fiole contenant l’élixir de blizzard, Geralt l’arracha de sa veste et en avala le contenu d’un trait.

Les effets ne tardèrent pas. Le monde autour du sorceleur sembla comme ralentir encore et encore tandis que ses sens s’affinaient au-delà du raisonnable. Désormais, il pourrait suivre les mouvements de son adversaire, et pourrait même y répondre avec la même vitesse.

« Je ne peux la vaincre seul ! Sigrid aide moi ! »

Et fonçant alors droit sur son ennemi qui accroissait encore d’avantage sa puissance sous le coup d’une colère déformant son beau visage en une vision d’horreur, le sourire de la démone s’agrandissait encore jusqu’à atteindre une taille résolument inhumaine qui révéla une légion de canines acérées, typique de ceux de sa nature.

« Je boirais votre sang dans vos cranes !

Essaie pour voir. »


Arrachant alors de sa veste la fiole contenant l’élixir de tonnerre, Geralt l’avala également, sentant déjà l’intoxication dangereusement monter dans son corps. Avec ce nouvel élixir fortement toxique, Geralt risquait d’y rester.

*C’est quitte ou double maintenant.*

Les effets ne se firent pas attendre. Au fond de lui, Geralt sentait sa puissance exploser sous l’afflux d’un véritable torrent d’énergie magique l’auréolant à présent d’une immense énergie bleu-argentée qu’il n’avait jamais senti aussi puissante qu’en cet instant.

« Wouahahahahaha ! Merveilleux ! Te voilà maintenant digne de l’intérêt que te porte le maitre, et tout cela sans le moindre entrainement visant à développer ton cosmos… Ces élixirs sont fascinants, mais pas sans danger. Combien de temps ton corps va-t-il supporter cet effort surhumain ? Dix minutes ? Cinq minutes ? Peut-être moins ? »

Ne comprenant décidément pas le moindre mot de ce que cette femme racontait avec ses histoires de cosmos et de chevalier, Geralt tira de son fourreau sa seconde épée, normalement réservée aux monstres, la simple vision de cette lame enchantée provoqua l’apparition d’un rictus de dégout sur le visage d’Althéa, comme si sa seule vision était pour elle une torture.

« Et voilà donc la légendaire Aerondight… Offerte par la Dame du Lac à Eaux-trouble si je ne me trompe pas.

Tu veux la voir de plus près ?! »


Bondissant une nouvelle fois sur son adversaire, cette fois celle-ci esquiva le premier coup du sorceleur, cherchant visiblement à éviter à tout prix le contact avec l’épée sacrée tandis que Sigrid appuyait le sorceleur de sphère de glace interdisant toute échappatoire à leur ennemi commun.

Un nouveau coup horizontal fit reculer la démone, un autre la fit reculer encore, jusqu’à ce qu’elle trébuche contre l’un des pavés déchaussés de la cour, et perde ainsi les quelques infimes fragments de secondes dont avait besoin le sorceleur.

Plus vite que l’éclair, la lame bénie de Geralt perça le cœur de son ennemi sans que celle-ci n’émette le moindre cri de douleur.

Une épaisse fumée noire s’échappa alors de la plaie, et avec stupeur, Geralt réalisa que son ennemi était en train de prendre feu au contact de son arme.

Se jetant alors en arrière, Geralt évita de peu l’embrasement total de cette chose à l’apparence humaine qui désormais riait à gorge déployée.

« Kyaaaaaaaaaaahahahahahahahahaha ! Magnifique ! Incroyable ! Tu m’as vraiment touché ! Tu m’as eu ! »

Geralt, à demi-inconscient, n’écoutait déjà plus. Il sentait le poison faire des ravages dans son corps, et cracha alors un sang noir et épais. Il lui fallait agir rapidement, où il allait y rester !

*Vite, un miel blanc.*

Tatillonnant contre sa veste cherchant la bonne fiole, celle contenant un épais liquide blanc, Geralt la trouva enfin, et avalant alors le contenu, sentit sa puissance disparaître en même temps que le poison qu’il avait ingéré avant de retrouver ses sens et du même coup, la vision de son adversaire, toujours en train de se consumer, et tenant malgré tout encore debout.

« On dirait que nous en avons fini pour ce soir. Cette bataille est donc pour toi. Félicitation sorceleur. »

S’effondrant doucement sur lui-même, les derniers mots de cette créature devaient hanter l’esprit de Geralt jusqu’à sa mort.

« Panses tes plaies loup blanc. Peut-être qu’un jour nous conclurons. »

*********

Deux jours plus tard, Wizima, Demeure du jarl Foltest

S’éveillant lentement au creux d’un lit douillet, le sorceleur chercha instinctivement la poignée de ses épées, encore hanté par le visage monstrueux de cette femme ensorcelante.

« Du calme sorceleur, tu es en sécurité ici. »

La voix de Sigrid à ses côtés eut l’effet d’un véritable calmant sur Geralt, qui se laissa alors retomber sur ses oreillers en plume.

« J’ai perdu l’habitude de dormir dans un lit…

Et pourtant ça fait deux jours que tu y délire, on a bien crut te perdre au début, mais tu t’es accroché à la vie comme un forcené. Ton métabolisme de sorceleur et mes sortilèges ont fait le reste.

Et Demaven ? Et Adda ? Et cette démone ?

Tout est réglé. Demaven est parti hier sans dire un mot, sans doute pour faire son rapport à ses maîtres, la démone  a… Disparue sans laisser de trace, pas même un tas de cendre, et Adda a retrouvée son père qui veut t’anoblir et te la faire épouser. Bref ça fini proprement.

Haaaaaaaaaaa… Je suis pas prêt pour le mariage je crois.

Je le crois aussi. »


Les jours qui suivirent furent employés par le sorceleur à effacer le reste de son affreux tatouage et à se rétablir complètement de son combat contre cette mystérieuse démone du sud. Sa récompense pour avoir vaincue la malédiction empochée, le sorceleur remercia Sigrid pour son aide et s’en alla, retournant sur les routes à la recherche de Demaven et d’informations sur cette femme fatale qu’il n’oublierait pas de sitôt.

Mais ceci est une autre histoire...
Histoire (suite et fin)


 
HRP
Vous et le forum
► Comment avez-vous connu le forum ? Par des joueurs sur d’autres forum, mais c’est Althéa qui m’a donné envie de m’y inscrire
  ► Quel âge avez-vous ?
  ► Double compte ? nop
  ► Avez-vous pensé à lire et signer les règles ? Fiou, oui, j'ai tout lu et j'ai signé.

 


Dernière édition par Geralt de Riv le Lun 24 Aoû 2015 - 15:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 15:53

Bonjour à tous.

Premièrement, j'espère que l'histoire de Geralt vous aura plue (j'ai eut beaucoup de plaisir à écrire ce modeste hommage, en coopération avec Lénore et Althéa que je remercie encore).

Ensuite, à mesdames et messieurs les membres du staff, je voudrais poser une question.

M'étant déjà trop étendu sur l'histoire du personnage, je n'ai pas traité dans ce récit l'obtention de l'armure ni l'apprentissage du cosmos pur et dur qui se feront après cette histoire, durant les quinze ans séparant la fin de mon récit du contexte actuel.

Je voulais du coup savoir s'il me serait possible de traiter cette partie de l'histoire de Geralt en RP, plus précisément dans la rubrique flash-back, avec si possible un/des camarades de jeu.

Dites moi si cela vous convient, ainsi que s'il faut que j'édite quelques passages de mon récit.

Sur ce, bonne lecture à vous tous Wink.


Dernière édition par Geralt de Riv le Lun 24 Aoû 2015 - 15:48, édité 1 fois
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Lénore

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 16:02

Et bien, je suis heureuse de voir que tu nous rejoins dans le camp d'Asgard Wink .

Bienvenue Geralt, splendide God Robe que celle d'Alpha. Je suis certaine que le dragon t'ira à merveille. Je te souhaite bonne chance et j'espère que tu seras validé pour te joindre à nous.

Asgard a besoin de ses guerriers.
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Katharina
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 17:07

bienvenue sur le forum et un asgardien de plus! vive les dragons
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 21:17

Coucou et bienvenue !
Question... est ce qu'il faut que je t'appelle papa si on se croise en Rp un jour ? ;-)
bises
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 21:43

Bienvenu cher guerrier d'Asgard!

Ta présentation, en plus d'être incroyablement longue, et vraiment génial. J'ai vraiment beaucoup aimé,  je te souhaite bonne chance pour ta fiche et au plaisir de te croise inrp!
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Kazuki
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 21:49

Bienvenu ^^

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La puissance nous isole et nous rend arrogant
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Odin 1

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 22:25

Bienvenue à toi, nouvel Alpha !
Ca fait plaisir de voir un nouvel arrivant parmi nous et doté d'une histoire bien palpitante :-)
J'espère te lire très bientôt en nos murs :-)
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Angèle
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Dim 23 Aoû 2015 - 23:32

Geralt de Riv a écrit:

Ensuite, à mesdames et messieurs les noteurs de présentation, je voudrais poser une question.

M'étant déjà trop étendu sur l'histoire du personnage, je n'ai pas traité dans ce récit l'obtention de l'armure ni l'apprentissage du cosmos pur et dur (qui se fera après cette histoire, durant les 4 ans séparant la fin de mon récit du contexte actuelle si j'ai pas fais d'erreur).

Je voulais du coup savoir s'il me serait possible de traiter cette partie de l'histoire de Geralt en RP, plus précisément dans la rubrique flash-back, avec si possible un/des camarades de jeu.

Dites moi si cela vous convient, ainsi que s'il faut que j'édite quelques passages de mon récit.

Sur ce, bonne lecture à vous tous Wink.


Bienvenue sur le forum, je lis ta présentation demain >< ce soir, je suis crevée!! Et pour répondre à ta question, aucun souci

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Une victoire qui ne nous à rien couté n'en est pas une


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Epiméthée

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 11:31

bienvenue.
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Ashram - Thor
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 13:36

Salutations, très cher Alpha !
Et bienvelu !! :p
Belle présentation !
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 13:54

Re-bonjour et merci à vous tous pour vos mots de bienvenue et pour vos compliments concernant cette histoire ^^. J'espère qu'elle plaira aussi au staff.

Lénore : Merci encore pour ton coup de main et ton aval concernant mon histoire. J'espère bientôt commencer le RP avec toi Wink

Alia: Je ne savais pas qu'il y avait une Ciri sur le forum (en voila une bonne surprise ^^). T'appeler fifille serait sympa, faut que je lise ta présentation pour voir si ça peut se faire, mais l'idée me plait bien.

Odin : J'ai attiré l'attention du père de tout ! Et j'ai même eut un compliment de sa part ! C'est sur, j'ai ma place réservée au Walhalla désormais ! A moi la gloire, l'éternelle baston et les festins sans fin ! Maintenant j'espère ne pas passer à table trop vite...
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Milan Sethni
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 17:20

Bienvenue le boucher de Blaviken
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Tanith

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 17:51

Tiens, un fan de Dune? (La citation "détournée" dans ta signature ^^)

Bienvenue, j'ai pas lu ton histoire encore, mais je pense me pencher dessus car il me semble que tu connais bien l'Edda également, ça me rend curieux :)
(Poutoux à Alfadr ^^)
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Lun 24 Aoû 2015 - 21:01

Merci à vous deux Wink

Tanith : Oui, GROS fan même. Des livres et du film de 84 (bien vu pour la réplique) Wink.
Après, je connais les Eddas de nom et j'ai put en apprendre un peu sur eux via internet, mais j'ai jamais lu les œuvres (à mon grand regret d'ailleurs).
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Tanith

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Mar 25 Aoû 2015 - 5:22

Je suis en train de relire le Cycle de Dune pour la 6è ou 7è fois au moins, quant au film, évidemment je le connais très très bien :)

Au plaisir de se croiser en RP!
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Alectryon
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Mar 25 Aoû 2015 - 7:21

Bienvenue^^
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Lenalee
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Mar 25 Aoû 2015 - 15:01

Bienvenue ^.^
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Irène
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Mer 26 Aoû 2015 - 21:49

Bienvenue parmi nous ! :)

Au plaisir de RP avec toi
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Ahina
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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   Jeu 3 Sep 2015 - 13:51

Punaise ! ça fait longtemps que nous n'avions eu de pavé aussi long pour un bg Very Happy
Bienvenue parmi nous :)

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MessageSujet: Re: Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]   

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Geralt de Riv, guerrier divin d'Alpha [Terminée]

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