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 [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~

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Calypso

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MessageSujet: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Sam 7 Mar 2015 - 5:07


Le jour se levait tranquillement sur Navan et promettait un beau temps inhabituel pour la saison. Les lueurs orangées à l'horizon affublaient le clocher d'éclats irréels dont les travailleurs les plus matinaux pouvaient aisément profiter. La vie reprenait progressivement son cours au village, qui venait de connaître une triste période d'inondations. Nombreux furent les enfants qui périrent pendant les dernières heures de crue, laissés sans surveillance par leurs mères, trop occupées à réparer les dégâts causés dans les habitations. L'émotion tenait toutes les âmes en haleine, alourdissant les rues d'une surprenante compassion générale, et chacun se montra fort désireux d'aider les sinistrés. Pendant ce temps-là, un peu partout ailleurs dans les environs, l'on contait les exploits de jeunes hommes habiles qui sauvèrent de pauvres vieillards en les conduisant à l'église. Église qui, miraculeusement, fut épargnée par les caprices de l'eau.
Mais, ce matin-là, alors que tous étaient encore prisonniers du monde des rêves, il y avait une ombre. Une petite ombre qui dansait avec légèreté contre les murs faiblement éclairés.

L'orphelinat jouissait d'une proximité toute particulière avec la paroisse, afin que l'on inculquât aux enfants une piété sans défauts et une discipline qui serait bénéfique pour leur avenir. Si on ne voulait pas d'un enfant qui se tenait mal à table, il était plus inconcevable encore d'adopter un enfant qui se tenait mal à la messe.
Mais Aslinn savait bien tout cela. Ce fut elle qui se chargea de l'éducation des enfants, après la mort de Nina. Ce fut elle, aussi, qui les accompagna à la messe, à compter de ce malheureux jour. Ce fut elle qui apprit aux enfants à regarder les adultes qui leur parlent, ce fut elle qui leur apprit à ne pas pleurer en public, ce fut elle qui leur apprit à demander des permissions pour tout. Aslinn enseigna aux nouveaux enfants les préceptes fondamentaux qu'elle-même n'avait jamais appliqués, car c'était elle, qui, enfant, pleurait sans cesse, hurlait dans son sommeil, ne faisait jamais ce qu'on lui ordonnait de faire et passait son temps dans les jupons de Nina. Elle qui, aujourd'hui, était devenue une esclave parce qu'elle avait refusé de se plier aux règles. Elle qui, aujourd'hui, regrettait la moindre seconde qui s'écoulait et avait juré de sauver ses petits trésors d'un futur semblable au sien.

C'était également Aslinn, qui, en cette fraîche matinée d'automne, se rendait à l'église, comme chaque matin depuis maintenant six ans. Elle avait l'habitude de sortir par la cour arrière pour éviter d'être vue, couverte d'épaisses laines, sales pour la plupart, et de traverser la brume froide pour honorer sa promesse. Souvent, elle regardait autour d'elle, par crainte d'être remarquée. Souvent, elle hésitait, voulait faire demi-tour, au cas où le tyran se réveillerait et se rendrait compte de son absence. Mais son sommeil était lourd, et, bien entendu, déchargé de toute culpabilité ; l'adolescente apprit à en tirer profit et se leva toujours avec une extrême prudence. Si un villageois la reconnaissait et la rapportait, Aslinn pouvait aussi bien se pendre.
Fort heureusement pour elle, la saison des longues nuits faisait lentement son apparition. Il faisait sombre tôt le soir, jusque tard le matin, ce qui était un avantage en soi.

Le pavé usé de Navan n'avait plus aucun secret pour la vagabonde, qui sortait toujours pieds nus à cette heure. Tous les risques devaient être évités. Les sœurs s'occupaient en général de la rincer à son arrivée, touchées par sa tendre dévotion. Elles partageaient ensemble ce fardeau dans la maison de Dieu et ne l'en faisaient jamais sortir.

Bonjour, Nina.
Il va faire beau, aujourd'hui. Les enfants voudront sûrement jouer dehors. J'espère que tu veilleras sur nous. Adrien grandit vite et il est inépuisable. Je crains qu'il ne se blesse. De plus, Tara est un peu malade. Je voudrais qu'elle aille mieux. Ils sont tous très beaux. Tu les adorerais. Aucun d'eux n'a de mal inconnu ni de malformation et leurs santés sont meilleures que la mienne. C'est une véritable bénédiction.


Les prières formelles de la jeune femme s'accompagnaient souvent de paroles d'amour et de conversations qui pouvaient durer de longues minutes. Ainsi, les mains jointes et les yeux clos, elle pouvait rester agenouillée au sol sans bouger, le dos droit et la tête légèrement baissée. Rien ne pouvait troubler son calme.
Parfois, les sœurs la regardaient, l'air admiratif ou curieux.

Puissiez-vous, Seigneur Tout-Puissant, dans votre immense bonté, bénir et chérir Nina qui repose désormais auprès de vous. Puissiez-vous, Seigneur, bénir nos enfants et veiller à ce qu'aucun mal ne leur soit fait dans leurs vies. Puissiez-vous, Seigneur, m'accorder votre grâce en pardonnant mes fautes.
Enfin, Seigneur, puissiez-vous remercier les Sœurs de m'accueillir chaque matin dans votre maison en bénissant leur pain, leur eau et leurs âmes qui vous sont dévouées.

Amen.


En se redressant, avec précaution, la jeune femme observa les alentours et s'occupa rapidement de chasser la poussière sur ses genoux. Elle dissimula sa longue tresse rousse dans son col et rabattit son capuchon avant de s'en aller.

Au sortir de l'église, elle prit grand soin de baisser la tête, guidée par la lumière et les sons environnants. Vers l'ouest, un hennissement lointain indiquait que quelqu'un s'était mis au travail. Vers l'est, moins de bruit, seulement la caresse d'un vent froid. Il était encore temps d'accélérer le pas pour retrouver l'orphelinat et prétendre un réveil tardif. Le sol humide rendait toute course inenvisageable, mais Aslinn s'élança tout de même à vive allure dans une ruelle plus étroite qui protégeait son visage de l'éclat révélateur du soleil.

Il était très inhabituel, même pour elle, d'avoir tant de retard. L'angoisse grandissait en elle, jusqu'à posséder son corps tout entier. Ses enjambées saccadées se firent maladroites, mais elle devait toujours se hâter davantage. Quelle idée avait-elle eue de passer par là ? Il lui faudrait encore plus de temps pour atteindre la cour, là où tous pourraient constater sa fuite après le lever du jour.

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Alessio
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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Mar 10 Mar 2015 - 10:23

L'Irlande. Bien que natif d'Europe, Alessio n'aurait jamais pensé avoir le loisir d'y mettre les pieds. Il fallait dire qu'à son époque – pour le peu qu'il s'en rappelait -, les moyens de transports étaient autrement plus limités. Non que cela lui importe, désormais : il avait une manière bien à lui de se déplacer, de celles que le commun des mortels ne peut que fantasmer. L'un des privilèges inhérents à ses nouvelles fonctions - il n'était devenu Juge que depuis moins d'une année. S'il avait d'abord pensé y gagner de nouvelles chaînes, la profession lui arrogeait au final plus de libertés qu'elle ne lui en retirait. La joie d'apprendre à déléguer – notamment à cet épouvantail en capuche qui gérait à sa place la traite des âmes. Visiblement un habitué ; aussi n'avait-il eu aucun remords à lui abandonner malgré son évidente volonté de partir lui aussi en congés.

N'ayant guère eu le loisir de voyager de son vivant, Alessio se rattrapait de son mourant. Pouvoir traverser des pays entiers à tire d'ailes n'était pas sans y aider. S'il avait bien erré de droite et de gauche lorsque son corps était encore de chair, les déplacements militaires n'avaient rien de vacances tous frais payés. Fort de cette mobilité décuplée, il s'était donc attelé à découvrir ce que le monde lui avait toujours caché, par la grandeur et les distances refusé. Seul le ciel était la limite à présent, et puisqu'on avait eu la gentillesse de lui donner des ailes, il n'avait pas fini de l'explorer. Bien qu'aucun souvenir – aucun heureux – ne l'y rattache, il avait commencé sa tournée aux abords de sa contrée natale – manière de s'y retrouver. Hadès devant savoir ce qu'il faisait en nommant à ce poste un électron libre avéré, il supposait qu'il n'y trouverait rien à redire.

D'autant que ce n'était pas au nom de cette balade qu'il allait cesser d'exercer. Bien au contraire ; il avait de nouveaux pouvoirs, des prérogatives associées, et il fallait bien les étrenner. Et quoi de plus beau que de pouvoir se fondre dans la foule de cette vermine rampante qu'étaient les humains quand on connaît leurs plus odieux secrets ? Le Grand Livre ne mentait jamais. Ni ici ni ailleurs, car tout être doit mourir un jour. Et s'il n'était pas de contes, c'était pourtant en suivant le fil de ses jolies histoires que le Griffon dérivait autour du globe. Un hommage aux noyés n'était qu'un charmant récit parmi tous ceux qu'il avait à lui conter. Les yeux pleins de larmes rivés au sol, à ce qu'ils avaient perdu, ils ne lui prêterait aucune attention. Au plus fort de la nuit, nul ne se soucierait de voir passer un oiseau plus grand et plus sombre que de coutume.

Dieu sait pourtant qu'ils auraient pu. Dieu sait pourtant qu'ils auraient . L'aurore était encore jeune quand ses pas foulèrent pour la première fois le pavé, quand ses plumes et son beau costume se désagrégèrent en faveur d'une parure plus adaptée. Que sa magie ne se composât encore que de quelques rudiments ne l'avait pas empêché d'apprendre prioritairement de quoi faciliter ses virées. À peine finissait-il d'endosser cette nouvelle peau qu'un bruit de pas précipité à la périphérie de son regard captiva son attention. Oh, il lui eût été facile de l'éviter ; ces prunelles dorées (bleues pour l'occasion) lui semblaient voir l'univers tourner au ralenti depuis qu'il avait élevé son pouvoir à un nouveau niveau. Mais c'eût été singulièrement déloyal de sa part – et ne dit-on pas que la vie est faite de collisions ? Quand bien même c'était tout autant le cas de la mort...

Oh, attention.

Si cela ne s'était passé à toute vitesse, peut-être aurait-elle pu relever son ton trop placide pour être celui d'un homme pris par surprise. Mais les affaires de « si » n'avaient jamais été le grand souci du Titan Infernal fraîchement promu – qu'est-ce qu'une année face à l'éternité ? Qu'il ait ôté son Surplis était une chance – pour elle ; au-delà de la difficulté qu'il aurait eu à l'expliquer, elle serait probablement venue s'empaler sur l'une de ses apophyses fantaisistes. Et il ne voulait pas lui faire mal – pas encore, du moins. Se mettre en travers de sa trajectoire n'avait pas nécessité de savant calcul : avait-on idée d'aller s'engager dans une venelle aussi étroite ? Même si c'était plutôt en leur sein qu'à leur sortie que rôdaient en temps normal les menaces de tout poil – ou de toute plume.

Le choc survenu, il se décala juste assez pour qu'elle poursuive fort logiquement sa course.. Et avec elle sa chute. Cela n'avait d'autre utilité que de tester ses réflexes, qu'il eût lui-même qualifié de surréalistes – pour n'être pas féru de combat, bien qu'il puisse aisément y surclasser n'importe quel humain, toute était prétexte à les éprouver. Sa main fusa comme la foudre pour lui saisir le poignet avant qu'elle n'embrasse la pierre, de cette poigne si gracile et ferme à la fois qu'on la comparât à celle d'un oiseau de proie. Desserrant sa proie avant que sa force ne paraisse suspecte pour son gabarit, il l'aida à se redresser, ramena ses pieds parallèlement au sol. De l'autre main, il repoussa sur son nez les lunettes de vision dont il n'avait pas besoin, puis rajusta l'épais manteau chic-mais-pas-trop qu'il avait choisi d'arborer.

Excusez-moi, je ne regardais pas où j'allais. Rien de cassé ? demanda-t-il dans ce dialecte qui n'était pas le sien mais dont son emploi était pourtant parfait.

Même le Diable parle en langues, et douce est la sienne à qui veut bien l'entendre...
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Calypso

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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Dim 15 Mar 2015 - 18:27


Il était des rencontres étranges, même au sein des villages reculés et peuplés de rustres au moindre intérêt.
Cet inconnu parut en être. Du reste, sa présence en ce lieu était une bénédiction inespérée. Sans son intervention, la jeune vagabonde se serait brisé le nez contre le pavé froid et mouillé, offrant des traces de son passage à la vue de celui qu'elle cherchait à fuir. Songeant à cela un instant, elle porta une main à son nez fin et leva un regard timide sur celui qui était aujourd'hui un sauveur pour elle.

- Non, rassurez-vous, je... Je n'ai rien, déclara-t-elle d'une voix fébrile.

Si elle sembla désireuse de profiter du loisir de le détailler davantage, le tintement des cloches dans leur dos ne fit que la ramener brusquement à la réalité. Le jour était levé. Il fallait qu'elle s'en aille.

-Merci infiniment pour votre aide, souffla-t-elle en esquissant une profonde révérence.

Adressant un dernier regard reconnaissant à l'étranger, Aslinn entreprit de se remettre en route. L'orphelinat n'était plus très loin. Ses jambes tremblaient encore, rongées par l'intense caresse de l'adrénaline. Elle fit quelques pas prudents, comme pour s'assurer qu'elle ne risquait plus de choir lourdement, et ajusta ses cheveux chatoyants dans son capuchon pour en dissimuler autant que le permettaient ses mains frêles et le temps qui lui était compté.

Une foule de questions se bouscula aux portes de son esprit, mais elle dut les chasser pour se concentrer sur sa course. Du moins essaya-t-elle, car cette confrontation des plus intrigantes occupait désormais toutes ses attentions. Qui est cet homme ? Comment pouvait-il se trouver dans cette allée ? D'où vient-il ? Il n'est pas du village, c'est certain. Je ne l'ai jamais croisé par ici. Vient-il pour l'église ? Beaucoup d'habitants des villages alentour venaient admirer la paroisse miraculée. C'était donc une possibilité... Mais ce n'était pas par là que l'on s'y rendait...
Elle espérait secrètement le revoir, sa curiosité attisée par le souvenir de ses yeux clairs et perçants.
En bousculant les portes de l'orphelinat, la nausée lui tourna le cœur et la jeune femme chancela, appuyée sur le guéridon où brûlait un modeste cierge. Prenant soin d'ôter ses atours médiocres dans le plus grand silence, Aslinn s'efforça de rejoindre les bains, où elle rafraîchit sa peau brûlante d'angoisse. Naturellement, elle la sécha rapidement et fit mine d'être réveillée depuis l'aube pour aller lever les enfants. Tous les efforts du monde ne furent pas assez pour lui faire oublier les risques qu'elle avait pris, ni cette rencontre par trop mystérieuse dans la ruelle. Mais elle n'en montra rien et se contenta de remettre son masque froid en place. Le tyran n'était pas encore debout. Il traînait, l'oisif.

Un mal pour un bien. Les enfants n'en furent que plus rapidement toilettés et habillés. Ils furent ensuite réunis en file indienne sur le perron. Avec l'attention d'une soeur aînée, elle les compta, s'assurant qu'aucun d'eux n'était parti sans elle.

- Donnez-vous la main et restez près de moi. Je ne veux pas en voir un seul à l'arrière, c'est compris ?

Ces consignes lancées, l'adolescente courba l'échine pour saisir la gamine malade et la caler contre sa hanche. Le bataillon plus ou moins ordonné de petites têtes bien sages s'avança le long de la grande allée, provocant comme toujours des réactions d'attendrissement. Elle tapotait avec douceur le haut du dos, soufflant inexorablement que tout se passerait bien. Cette fois, elle était à découvert, et si quelqu'un la dénonçait pour l'avoir vue seule au matin, elle ne pourrait pas s'enfuir. Un lourd mélange d'inquiétude et de tristesse l'étouffait, mais elle conduisit ses petits à l'église, comme prévu. Les Sœurs se chargèrent d'eux pendant que la rouquine cherchait des yeux le médecin qui exerçait souvent dans la paroisse.
... Mais il restait introuvable. Et s'il avait décidé de ne pas venir ? Ce serait une catastrophe... L'état de Tara continue de se dégrader, il ne peut pas faire ça. Il n'a pas le droit de prendre des congés... Il n'a pas le droit !

Les larmes brûlaient les yeux d'Aslinn, qui les retint toutefois et conserva son air impassible. Une colère désespérée envahit tout son être. Qu'allait-elle faire ? Le médecin le plus proche était dans un village voisin et il faudrait des heures pour y aller à pieds...

La jeune femme se résolut à confier les enfants aux nonnes et entreprit de partir à la recherche de quelqu'un qui puisse les examiner et pratiquer les soins dont ils avaient tant besoin. Sa détermination faisait oublier la douleur de ses pieds qui avait trébuché sur le pavé, la lourdeur de ses jambes courbatues, le poids de ses secrets qui ne quittait jamais ses épaules.


Dernière édition par Calypso le Dim 15 Mar 2015 - 20:32, édité 1 fois
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Alessio
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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Dim 15 Mar 2015 - 19:57

Il n'y a pas de quoi.

Et il la laissa partir, non sans la gratifier d'un affable sourire. Maître ès comportement comme l'était Alessio, une telle rencontre, si éphémère soit-elle, racontait déjà une histoire en soi. On ne fait pas montre d'une telle hâte, d'une telle anxiété sans motif particulier. C'était plus qu'il n'en faut pour éveiller son intérêt. S'il ne se passionnait pas pour l'espèce humaine, sinon par ce qu'il pouvait lui infliger, c'était encore ainsi qu'elle en était la plus digne. Quand elle était acculée, qu'elle déployait ses ressources les plus remarquables. À cet effroi qui souvent précède la mort, il avait toujours trouvé quelque chose de prodigieux. De surhumain. C'était cela, les vrais miracles. Pas les triomphes sans contrepartie qu'essayait de prôner cette bêcheuse d'Athéna. En une autre occasion, il aurait pris plaisir à écraser ce sursaut, trop souvent le dernier.

Mais cette fois, pourquoi ne pas l'étudier ? Il n'avait croisé son regard que pendant un instant, mais la crainte, la naïveté qu'il y avait lue était plus pure que le cristal. En bon oiseau noir qu'il était, de telles gemmes ne pouvaient le laisser indifférent. Dès lors, oui, pourquoi ne pas l'encourager ? Et plus dure serait la chute. Lui adressant un signe de la main, celle-là même de laquelle il l'avait rattrapée, il en mira ensuite le creux, laissant le fil d'argent se dérouler. Un lien qui pour elle serait invisible, ainsi qu'à tout un chacun ; qui la suivrait partout où elle irait, jusqu'à la fin de ses jours s'il le fallait. Il ne connaissait aucune limite, moins d'un an lui avait suffi à s'en assurer. Dès qu'elle bifurqua au carrefour suivant, ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire matois.

Vraiment pas...

Si elle s'était retournée une dernière fois, elle aurait vu qu'il avait déjà disparu.


* * *

À peine avait-elle tourné le coin de la rue qu'elle rencontrait un nouvel obstacle – un obstacle humain, qui devait en outre lui sembler bien familier. Alessio affecta de freiner le premier pour n'avoir pas à la rattraper une seconde fois. Non que son contact lui soit désagréable, mais pousser la coïncidence trop loin ne réussirait qu'à le rendre plus suspect. Or, ce n'est pas ce que nous voulons, n'est-ce pas ? Sans guère de conviction, il fit tout de même mine de lever la main en bouclier, pour faire bonne mesure. Elle ne le heurterait que s'il le voulait bien. Toutes ses perceptions avaient évolué vers un tout autre niveau, et la moindre de ses respirations lui aurait semblé d'une lenteur incalculable s'il y avait prêté attention. C'était cela que d'avoir assujetti la vitesse de la lumière : le monde tourne au ralenti, et tout n'est qu'inertie.

Par souci du détail, il avait complété sa panoplie d'une lourde besace en cuir noir pendant qu'elle avait le dos tourné. Portée en bandoulière, celle-ci battait son flanc à chaque pas – du moins l'aurait-elle fait s'il ne l'avait recouvert d'une fine couche de vent pour s'éviter ce désagrément. À la voir si bombée, on n'aurait pu douter qu'elle soit pleine – à craquer, même. Les doigts présentés pour quémander sa halte étaient, eux, toujours couverts de ses gants – l'une des rares bribes de sa tenue initiale à être resté en l'état. Même ses chaussures n'avaient obtenu ce droit, trop luxueuses et bien entretenues pour l'image qu'il voulait donner. Le perfectionnisme n'avait pas que des bons côtés. Disparaissant derrière le rideau de ses mèches sombres qu'il avait lâché pour l'occasion, son regard bleu de glacier pétilla de joie en la revoyant. Une joie aussi froide que cette teinte de givre, mais cela, elle ne pouvait pas le savoir...

Je sais que l'histoire tend à se répéter, mais je ne pensais pas que c'était à si courte échéance. Rentrez-vous toujours dans les gens en courant à toute vitesse, ou est-ce moi qui vous attire en particulier ?

À nouveau, le Juge sous couverture lui fit l'aumône de son plus beau sourire, semblant très satisfait de sa propre boutade. La seule idée qu'il ait pu être aussi mièvre au temps où il vivait suffisait à le rendre malade. À propos de malade... Tandis qu'il paraissait remarquer quelque chose sur son visage, sa mine avenante s'effaça, son front se barrant d'un pli soucieux. Avec un geste qu'il voulut aussi délicat que la caresse d'une plume, il lui cueillit le menton entre le pouce et l'index, le soulevant de quelques degrés. Sans être d'une largeur hors-norme, sa stature n'en était pas moins plus haute que la sienne ; aussi la noya-t-il dans la marée de son ombre quand il se pencha sur elle. Quoi de plus ordinaire que d'avoir le soleil dans le dos quand on a franchi le crépuscule de sa vie ? Son regard accrocha le sien, l'analysant avec ce qui ressemblait à une forme d'expertise, pendant ce qui parut durer une éternité. Pourtant, un battement de coeur à peine avait filé. Oh, de son côté à elle, évidemment. Même s'il en faisait semblant par courtoisie, le sien était au repos depuis longtemps. Un début d'éternité, à dire vrai.

Excusez mes manières, fit-il en inclinant la tête, une mauvaise habitude que je dois au métier. Vous semblez patraque. Avez-vous songé à vous faire examiner ? Je peux m'en charger, si vous le souhaitez.
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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Jeu 19 Mar 2015 - 18:35

Il fallait qu'elle trouve ce maudit médecin.
Il était tout simplement impossible de repousser les soins plus longtemps. La jeune femme courait à perdre haleine dans les rues, pensant que s'il arrivait malheur à un des enfants, elle ne pourrait le supporter. Ils étaient ce qu'elle avait de plus cher, ils étaient ses enfants. Les villageois s'arrêtaient volontiers sur son passage, sans toutefois être en mesure de lui répondre. Beaucoup d'entre eux connaissaient l'adolescente froide et stricte qui semblait remplir ses devoirs par simple obligation, mais son agitation ne pouvait qu'être un reflet du véritable amour dont elle était capable. Aslinn se serait tuée à la course pour trouver un docteur. Son souffle lourd et saccadé ne l'empêcherait pas de continuer à poser un pied devant l'autre aussi vite que le permettaient ses petits muscles.

Est-il si complexe de trouver quelqu'un de compétent au cœur de cette campagne arriérée ? Non, bien sûr que non. Mais les plus ambitieux s'établissent dans les villes. Leurs âmes corrompues considèrent l'argent comme la meilleure preuve de reconnaissance. Devait-elle se décider à arpenter les chemins sinueux qui menaient à la forêt ? Devait-elle s'éloigner encore et risquer de se perdre ou d'être la cible de quelque bandit pendant que ses protégés attendaient son retour ?

Le destin décida pour elle.
Alors qu'elle se hâtait sur le pavé, elle rencontra de nouveau l'inconnu de la ruelle. Ses paroles traversèrent son visage humide des larmes de désespoir qu'elle avait abandonnées. Sa surprise ne fit qu'en ajouter à sa petite mine, qu'il voulut examiner. Leur contact dura un instant. Ses joues innocentes s'empourprèrent quelque temps. Puis elle se figea. Quoi, un médecin ? Je suis sauvée. Le Seigneur a entendu mes prières. Merci, mon Dieu... Cet homme était décidément une véritable bénédiction. Mais allait-il accepter de la suivre ? Combien allait-il demander pour ses services ? La jeune femme était prête à payer de sa propre vie, mais cela ne l'intéresserait sans doute pas. Les vies comme la sienne n'avaient aucune valeur dans ce monde.

- Vous êtes médecin ? s'écria-t-elle. Je vous en prie, venez avec moi... Je n'ai besoin de rien... Ce sont les enfants, ils... Je... Pitié, venez...

Son regard se fit suppliant et humide, résolu à fuir l'autre, qu'elle estimait déjà trop. Ses mains tremblantes se resserrèrent sur la sienne. Elle tira timidement, obstinément. Elle ne pouvait renoncer. Ils étaient si proches l'un de l'autre... Elle ne pouvait croire qu'elle était en train de le toucher, qu'elle était si rapprochée, qu'elle lui demandait un service. Jamais elle n'aurait pu imaginer compromettre ainsi sa dignité et sa réputation, mais elle était prête à renoncer à tout cela. Et qu'importaient les regards braqués sur elle tandis qu'elle relevait la tête pour supplier encore.
Lorsque l'inconnu se décida à faire un pas, puis un autre, le visage d'Aslinn s'éclaira. Il n'esquissa pas un seul mouvement de recul, bien au contraire. Il sembla vouloir l'aider... Rien n'avait plus d'importance que ce geste qui parut désintéressé. Rien n'avait plus d'importance... Ni son effronterie qui la poussait à activer le pas en repoussant les passants, ni son insolente manière de lui tenir le bras pour le conduire, ni son obstination malséante à regarder l'église qui se dressait devant eux... Il pourrait bien lui demander de sacrifier son âme, elle le ferait. Il pourrait bien lui demander de vendre tous ses - maigres - biens, elle le ferait.

Elle repoussa la porte massive avec une hâte maladroite. Ses mains se détachèrent du sauveur pour saisir l'enfant qui respirait mal et remercier la nonne qui l'avait veillée.

- Tara, mon bébé... Ce monsieur va t'examiner... Tout va bien se passer, d'accord ? Tout va bien aller. Ce gentil médecin va te guérir, je te le promets. Respire, mon ange. Je suis là...

Son souffle court se transforma en un sanglot discret qu'elle préféra étouffer, non sans peine. L'adolescente posa les lèvres sur le front de l'enfant qu'elle tenait fermement contre elle, et tourna les talons pour revoir celui qu'elle avait amené là. Elle n'avait d'autre choix que de lui faire confiance. Elle n'avait d'autre choix que de lui confier la prunelle de ses yeux, l'amour de sa vie misérable.

Il était si calme... Son visage apparaissait impassible et doux, si doux. Il n'avait pas fait un pas. Il restait là, en attente de ce que cette pauvre fille allait lui demander, espérant peut-être qu'elle saurait bien le payer... Sans doute ignorait-il qu'elle dépendait d'un monstre insensible dont le seul intérêt était l'alcool et les femmes - de celles qui ne se montrent que la nuit. Mais cela non plus n'était pas important.
Tous ses membres frémissaient d'inquiétude, en proie à des spasmes qu'elle s'affairait, de toutes ses forces, à réprimer. Son corps n'était pas aussi précieux que celui des enfants. Ils étaient tout ce qui comptait vraiment.

- Vous pensez pouvoir faire quelque chose ? s'enquit-elle, la voix pleine d'angoisse.
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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Lun 20 Avr 2015 - 15:01

En quelque sorte.

Médecin, savant... On lui avait attribué bien des titres au fil du temps. Faux, évidemment. S'il n'en avait initialement pas la formation, les connaissances acquises suffisaient amplement à faire illusion. Pour qui est condamné à vivre éternellement, aimer la lecture est encore le meilleur moyen de passer le temps. Ainsi pouvait-il aisément se faire passer pour ce que bon lui semblait. Répondre aux désirs de chacun, il le savait fort bien, était le meilleur moyen de se faire une place dans leurs vies. En incarnant tout ce dont ils avaient besoin, il leur devenait nécessaire... Pour mieux se dérober au moment où il serait le plus susceptible de leur manquer. Un jeu délectable, vraiment.

Et cette jeune femme éplorée, à l'inverse de ses dires avait besoin de quelque chose, nul besoin d'être fin psychologue pour le voir. Besoin de lui, en l'occurrence – c'était en tout cas ce qu'il s'emploierait à lui faire croire. Et contrairement à ce qu'elle pouvait croire, sa vie était à ses yeux du plus haut intérêt. Mais pas de la manière dont elle aurait pu l'imaginer. Non, certainement pas... Car même si ce n'était pour l'ausculpter personnellement, n'avait-elle pas aussi un intérêt à le trouver ? Apaiser ses craintes, se donner bonne conscience ? Quelle que soit la raison, n'en serait-elle point la première bénéficiaire, pour être celle à venir le chercher ? Et impérieux était ce besoin, qui plus est – car quoi d'autre peut convaincre d'aller le diable de sa tanière ?

Les enfants ? Les vôtres ?

Non, évidemment que non. Elle était bien trop jeune pour cela. Et si dans certaines régions reculées l'on continuait à engrosser les demoiselles dès qu'elles atteignaient l'âge fécond, Alessio se plaisait à croire que ce patelin était un peu plus civilisé. À son émoi, on aurait néanmoins pu le croire, et jouer cette comédie n'en était que plus exquis. Bien qu'il se soit paré d'une mine ébahie de circonstance, il ne résista pas quand elle tenta de l'entraîner. Allons bon, qui refuserait de l'aide à une demoiselle en  détresse ? Il faudrait être un monstre. À cette pensée, l'ombre d'un sourire passa sur ses lèvres. Un sourire qu'elle ne pouvait voir, trop occupée à le traîner avec l'énergie du désespoir vers la maison de son dieu tartuffe.

À voir en lui son oeuvre, sa lueur d'espoir. Si elle savait.

Menez-moi à eux, dit-il simplement.

Le Griffon se souvenait avoir lu que dans certains mythes du vampire, ceux-ci ne pouvaient entrer où que ce soit à moins d'y être invités. Bien qu'il ne soit nullement superstitieux, l'idée qu'il aurait pu ne pouvoir entrer sans elle dans cette église l'amusa grandement. On la voulait demeure pour les brebis égarées, mais il n'y vit rien d'autre qu'une bergerie – où le loup qu'il était venait d'entrer. Et il y avait ici bien assez de repas pour satisfaire son cruel appétit, le banquet funeste de son âme. Et l'anxieuse bergère de le libérer de sa poigne, de le lâcher au milieu du troupeau. Un frôlement lia leurs doigts un instant pour la remercier – la rassurer, également. Car oui maintenant qu'il était là, comment diable les choses pourraient-elles mal se passer ?

Le Juge n'avait pas vécu l'ascension de la chrétienté, il était mort bien avant. L'avoir lu dans les livres, les pages d'un grimoire jauni n'était pas pareil que d'y avoir assisté réellement. Aussi ne pouvait-il que s'étonner à chaque fois du crédit que l'on accordait à ces fariboles, d'à quel point les Vrais Dieux avaient été supplantés partout au fil du temps. Il y avait quelque chose de grisant à pouvoir dévoiler à tout moment la guerre qu'ils se livraient dans les coulisses, en arrière-plan du monde. Les Chevaliers de cette pimbêche d'Athéna étaient sans doute tenus par un quelconque secret, une étique à respecter, ou quelque autre billevesée... Mais lui n'était lié par aucun serment, si ce n'est celui qui l'avait réveillé. Oui, on leur cachait la vérité pour les épargner, les tenir loin d'un savoir qui les détruirait.

Et c'était eux que l'on traitait de païens ?

Où est votre dieu, à présent ? s'interrogea-t-il tandis qu'elle revenait vers lui avec l'enfant. S'il n'y avait prêté que trop peu d'attention, il n'avait pas moins mis ce temps à profit pour déballer son matériel- créé sur le moment. S'il devait bien en arborer la valise pour être plausible dans ce rôle, autant se dispenser de son poids jusqu'au dernier moment. Même si l'adolescente paraissait distraite, il prit tout de même garde de ne pas l'ouvrir trop grand. Il eût été fâcheux que quiconque relève l'absence de l'un ou l'autre élément. Crainte futile, à n'en pas douter : si l'un d'eux avait eu ne serait-ce que des rudiments en médecine, l'aurait-on fait mander ? Enfin, il se mit en mouvement, quittant son rôle d'observateur pour jouer celui qu'on attendait de lui.

Certainement. Posez-la là.

Il désigna l'un des bancs en bois. Guère confortable, mais ils n'avaient pas mieux à proposer. Il doutait fort qu'ils acceptent de l'installer sur l'autel, même s'il n'en aurait pas désapprouvé l'aspect sacrificiel. On mit en place une couverture pour pouvoir l'y déposer – même si, dans son état, la surface sur laquelle elle se trouvait devait être son dernier tracas. Faire quelque chose, oui, mais quoi ? Il n'en avait pas encore décidé. Il verrait sur le moment. Ce n'étaient pas les idées qui lui manquaient... Même si l'une d'entre elles lui paraissait particulièrement convenir à son divertissement. Et alors qu'il se penchait sur la frêle silhouette, la nimbant de son ombre de sorte que nul ne put la voir, une lueur d'angoisse éclaira le visage de l'enfant...

Avant que ses paupières ne se ferment paisiblement. Un profond sommeil du fond duquel elle ne viendrait pas le déranger. Son corps continua de répondre à ses directives, néanmoins, et c'était tout ce qu'il lui fallait. Il n'eût besoin que d'un instant pour faire disparaître la fièvre de l'enfant, comme par magie. Il lui avait fallu feindre l'analyse minutieuse, l'essai consécutif de divers traitements, mais la fillette parut aussitôt revigorée. Son visage reprit des couleurs – qui n'étaient pas celles,  alarmantes, de la fièvre. Et quand bien même elle était toujours prisonnière du pays des songes, sa respiration auparavant sifflante s'apaisa, soudain réglée comme du papier à musique. C'était presque trop beau pour être vrai... Mais on lui avait demandé de la guérir, et n'était-ce pas ce qu'il avait fait ?

Elle devrait aller bien mieux. Du repos, et il n'y paraîtra plus. Pensez également à la nourrir en suffisance, mais je doute avoir à vous l'apprendre.

Déjà, ses yeux se rouvraient...
D'une teinte légèrement plus sombre, mais qui le remarquerait ?
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Calypso

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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Ven 22 Mai 2015 - 2:27

Comment diable les choses pourraient-elles mal se passer ?

Dans la maison de Dieu, Aslinn en était persuadée, rien ne pourrait entraver la guérison de la petite fille. C'était Dieu Lui-même qui avait mis cet homme sur son chemin, elle le savait. Il lui avait accordé Son pardon, après tant d'années de foi inexorable. C'était là une preuve de Son amour divin ; comment pouvait-on en douter ? Les prières de la jeune femme n'avaient pas été vaines, non... Pas cette fois. Et elle pouvait bien périr dès le lendemain, sa vie se serait achevée sur un bonheur sans pareil dont elle remercia le Seigneur jusqu'à n'en plus pouvoir.
Sitôt sa protégée installée, l'adolescente s'agenouilla près du banc et joignit les mains.

Elle avait passé une grande partie de sa vie dans cette position, humble et silencieuse, laissant le temps filer tantôt avec lenteur, tantôt aussi rapidement que l'éclair frappe le ciel nocturne. Ses genoux étaient rougis par la dureté du sol de l'église, mais rien ne pouvait ébranler ni sa pose ni son ardent - et innocent - désir d'arranger les choses.
Lorsque le médecin avait demandé si les enfants étaient les siens, Aslinn fit un non du bout des lèvres, pour elle-même, bien qu'elle se surprit à espérer que la situation fût toute autre. Elle songea que cette question était sans nul doute une sorte d'obligation pour lui. Après tout, que connaissait-elle de tout cela ? Elle n'aurait sans doute jamais d'enfants, ni même les moyens de se faire soigner. Mais cela n'avait pas réellement d'importance. Il avait sûrement pu en juger par lui-même. La rouquine n'avait pas les formes tendres d'une femme qui a déjà porté un enfant. Ni les hanches, ni les seins, ni même les cuisses. Elle était pâle et maigrichonne, avait de longs cheveux un peu secs et désordonnés. Rien de tout cela ne faisait réellement d'elle une femme, malgré son âge qui la forçait, à cette étrange époque, à en porter l'appellation.

Plongée dans le silence intérieur que lui offrait le recueillement, Aslinn ne remarqua pas immédiatement que le calme était revenu autour d'elle. Elle se releva sans manières, s'inclina devant l'une des nonnes qui se tenait là en signe de respect après avoir vaguement frotté ses genoux, et jeta un œil angoissé à Tara... qui dormait profondément. Son visage poupin semblait apaisé, comme soudainement soulagé du poids de l'état qui accablait auparavant la fillette. La jeune femme, émue, porta une main stupéfaite à sa bouche, les yeux humides.

- Comment... Comment avez-vous fait ça ? Elle respirait à peine il y a quelques minutes... C'est... C'est un miracle...

Très vite, quelques larmes de bonheur franchirent le seuil de ses paupières, et elle se résolut à les chasser dans un souci de bienséance. Cet homme... Venait sans doute de lui sauver la vie. Comment allait-elle pouvoir le remercier pour ça ? Comment pourrait-elle exprimer la gratitude qui l'envahissait à cet instant ? Aucun mot n'était assez puissant pour décrire ce qu'elle ressentait. Elle n'aurait pas assez de toute une vie pour payer sa dette envers lui. Mais elle essayerait, de toute son âme.
Ce court moment d'égarement fut rompu par une voix lointaine, sûrement celle du médecin... Quelques conseils supplémentaires. Rien de bien important, des choses que l'on savait déjà, même chez les enfants. Aslinn affecta d'acquiescer, les yeux rivés sur la petite qui s'éveillait déjà...

- Mon petit ange..., souffla-t-elle en se penchant sur sa petite patiente. Comment te sens-tu ? Tu me reconnais, n'est-ce pas ?

Tout avait l'air normal... L'enfant répondit lentement aux questions et avec de petits yeux, encore un peu endormie, mais elle respirait parfaitement, ce qui relevait presque d'une opération divine. Jamais l'adolescente n'avait été témoin d'une guérison si rapide, si aisée... Elle avait pourtant connu nombre de médecins, tous plus ou moins compétents, selon les sommes qu'ils jugeaient pouvoir exiger de leurs patients. Mais celui-ci était sans doute le plus habile qu'elle eût rencontré. La fluidité de ses gestes était sans égale, et son calme forçait la fascination.

- Vous l'avez sauvée... Vous avez chassé son mal..., haleta-t-elle à l'adresse de l'intéressé.

Rapidement, elle s'agenouilla de plus belle, à ses pieds, sans jamais croiser son regard, et joignit à nouveau les mains dans une marque d'absolue soumission à ses volontés. Elle était prête à tout pour s'acquitter de cette dette, bien que cela parût impossible. Si le prix de ces soins était son âme, elle la lui donnerait volontiers.

- Comment puis-je vous remercier ? Je sais bien que vous voudriez être payé, mais je ne puis décemment pas vous proposer les maigres biens que nous possédons... Rien ne pourrait suffire à exprimer la gratitude que j'éprouve envers vous...

L'homme ne sembla pas vouloir protester pour le moment, ni même interrompre ses adjurations. Sans relever la tête, elle poursuivit d'un ton fébrile.

- Mais s'il y avait la moindre chose... Je serais honorée de... Ma vie vous appartient, si telle est votre exigence...

Ces derniers mots butèrent au sortir de ses lèvres, malgré leur sincérité. L'appréhension faisait trembler sa voix... Après tout, qui pouvait savoir ce qu'on allait attendre d'elle ? Les hommes pouvaient être des monstres, et lorsqu'une proie aussi facile se présentait, peu d'entre eux refusaient l'opportunité de la dévorer, de la détruire... De toutes les façons possibles.

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Alessio
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MessageSujet: Re: [FB - Alessio - Irlande] L'Effet Domino ~    Dim 14 Juin 2015 - 7:10

Lucifer lui-même était un ange avant de tomber du paradis. S'il y avait quoi que ce soit là-haut ressemblant à un dieu unique, étaient-ce ses ailes de plumes et non de cuir qui l'avaient induit en erreur ? Alessio ne voyait pas d'autre raison à ce qu'il l'ait laissé entrer en sa maison. Sa simple présence en ces lieux n'était-elle pas la preuve de son inexistence ? À moins qu'elle n'atteste de sa miséricorde à son égard, pauvre pêcheur qu'il est.
Malheureusement, le Juge n'avait nullement l'intention de s'engager sur le chemin de la rédemption - se fût-il improvisé faiseur de miracles pour l'heure, et bon samaritain de surcroît. La pauvrette avait toutes les raisons de se méfier des hommes, mais aurait dû le faire des diables également. S'attelant d'ores et déjà à remettre de l'ordre dans ses ustensiles - inutiles -, il se contenta de leur décocher un charmant sourire quand se posa la question fatidique.

Un magicien ne dévoile jamais ses secrets. fit-il avec malice.

D'autant moins quand ils sont aussi noirs que les siens. Qu'avait-il fait ? Rien de plus que ce qu'on lui avait demandé : faire quelque chose - elle n'avait pas précisé quoi. L'aurait-elle aussi bien pris s'il avait abrégé ses souffrances ? D'une autre manière que par la guérison, cela va de soi. Son matériel ne tarda pas à être rangé - et, dès la mallette fermée, partit littéralement en fumée. Encore une fois, il se passerait bien de son poids.

Les enfants se pressèrent autour de lui, de toute évidence impressionnés par ce tour de magie. Oh, ils avaient d'abord été méfiants à son égard. Comme souvent les enfants le sont avec les médecins, et comme ils devraient toujours l'être envers les étrangers. Leur ainée aurait bien fait de s'en inspirer. Mais après avoir vu l'état de leur amie s'améliorer, ils avaient semble-t-il révisé leur jugement à son égard.

Ébouriffant l'un d'entre eux au milieu de la liesse, il acheva de se relever au moment-même où leur gardienne quittait le chevet de la convalescente. Oh, elle n'avait pas à s'en faire ; elle ne serait plus jamais malade. Plus de gens devraient d'eux-mêmes s'en remettre à ses bons soins, ils avaient tout à y gagner. Affectant d'épousseter ses genoux, il lui sourit une nouvelle fois, les mains levées pour l'inciter à n'en plus jeter davantage.

Je n'ai fait que mon travail.

Voilà bien quelque chose en quoi il ne galéjait pas. Les mensonges blancs sont les plus savoureux, bien souvent. Pourquoi inventer de toute pièce quand on peut se contenter de tordre la vérité ? Quel dommage c'était que la réalité n'obéisse point elle aussi aux mêmes lois - pas pour les mortels, en tout cas. Quand bien même ce n'était plus vraiment son cas. De bon, servir Hadès avait au moins cela. Et pour le reste, on verrait après.

Ce qu'il n'avait pas prévu en revanche fut qu'elle se jette à ses pieds en guise de remerciements. Ainsi est-ce une sincère surprise qui se peignit sur ses traits avant qu'il n'entreprenne de la relever. Il savait qu'il suffisait d'une simple pression bien placée pour que bascule un piédestal et que le plus noble des hommes se retrouve à ramper, mais n'aurait pas pensé que ce serait aussi aisé. Il devrait s'en méfier, sans quoi il pourrait bien y prendre goût.

Allons, relevez-vous, vous allez vous salir. Jusqu'à preuve du contraire, ici ce n'est pas moi que l'on vient prier. Je ne me souviens pas vous avoir demandé quoi que ce soit, si ? Je ne veux rien de tout cela. Mais si vous tenez vraiment à me remercier...

Achevant de la remettre sur ses pieds, il se pencha pour glisser quelques mots à son oreille. Mais avant cela, il s'assura qu'aucun gamin ne regarde dans leur direction. On sous-estimait souvent les enfants à tort : la curiosité propre à leur âge leur faisait souvent remarquer des détails qu'un adulte ne saurait voir. Pas de ça ici. Et puis, elle-même n'avait sûrement pas envie que ça s'ébruite ; une histoire d'innocence à préserver...

...Vous pourriez me laisser examiner votre dos.
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