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 EN PAUSE - Météores dans la nuit

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Hevruka

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MessageSujet: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Mar 20 Jan 2015 - 18:13

Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle.

Napoléon Bonaparte


PV ~ Alessio - Maeleene - Hevruka

Une fois parti du temple d'Athéna, dans lequel s'étaient installés plusieurs chevaliers, qui ne voulaient pas trop en moudre, dirions-nous, le nouveau chevalier d'or des Gémeaux partit vaquer à ses occupations. Non pas qu'il avait des choses précises à faire, mais selon sa dernière phrase, prononcée dans l'esprit de la Déesse, il devait "se faire juger". Tout d'abord, il devait se juger lui-même, pour tous les crimes qu'il avais commis jusque là. Il n'était pas réellement le plus grand criminel de ce siècle, mais le terme "saint" qui devait le qualifier, ne ressemblait guère à son caractère, encore moins à ses actions. Tuer une prostituée, massacrer des voleurs, détruire les coeurs des villageois, anéantir une basilique, annihiler toute trace de vie dans plusieurs cités de France et d'Algérie. Oran, Alger, Dinan, Dinard, Jugon-lès-lacs. Toutes ces villes n'existaient plus sur la carte. Il leur faudrait énormément de temps pour se construire, du moins, si elles y arrivaient, chose fort peu sûre.

Le Saint des Gémeaux n'agit pas par pur plaisir. Certes, une petite part de bonheur se dégageait de sa respiration lorsqu'il brisait les rêves et les âmes de ses victimes. Quoique, il n'avait connu le bonheur que dans son ancienne vie, celle où il n'était encore qu'un humain lambda, celle où il n'avait pas connu la beauté du réel amour, celui qui transcende les sentiments, qui transcende le temps. Il se demandait si elle le reconnaîtrait. Il l'espérait de tout son coeur. Toutefois, faudrait-il encore qu'elle se souvienne de lui, chose qui était amplement moins certaine. En outre, son plaisir ne se trouvait pas dans la destruction pure et dure de l'âme des hommes, mais dans le fait qu'ils souffrent, autant que lui souffrait. Il n'éprouvait aucune souffrance physique, ni même de "souffrance" morale à proprement parler. Il n'avait pas peur, il n'était pas triste, ni en colère. Il était dénué de tout sentiment humain. Même les dieux ne pouvaient se vanter de n'éprouver aucun sentiment. Et elle est bien là, la réelle souffrance, celle de ne jamais rien ressentir et de s'en trouver meurtri sans pouvoir agir, sans pouvoir essayer de surmonter les affres de son coeur de pierre.

Il arriva à son nouveau temple, et pendant la visite de celui-ci, il se déshabilla presque intégralement pour se retrouver dans le plus simple appareil. Il enfila un pantalon en soie, fort cher pour l'époque, ainsi qu'une chemise digne d'un Louis XIV une fois ses vêtements de riche enlevés.  Chaque pièce de son armure gisait sur le sol. Elles n'avaient pas pour volonté de se rassembler pour former le totem des Gémeaux, elles avaient plutôt décider de rester à l'endroit exact où le porteur les avait posées, comme si l'armure lui obéissait au doigt et à l'oeil, qu'elle n'était pas seulement une armure, mais aussi une servante docile et contrôlable. Cependant, l'armure de l'Autel était quant à elle dans sa forme originelle avec le diadème qui manquait, qui avait été détruit par Hevruka dans le temple d'Athéna, juste en face de l'ancien porteur de cette même armure, par pure provocation. Les chevaliers avaient tout de même un sacré self-control, car aucun n'avait relevé les provocations que les Gémeaux balança avec mépris, dédain et moquerie. Par un simple claquement de doigts, l'armure de l'Autel s'éleva dans le ciel pour rejoindre son socle dans sa Cloth box. Avant de partir de son temple, il passa ses bras par les lanières de la boîte et prit la direction d'un lieu qu'il connaissait, pour s'y être souvent reposé. Sur le seuil de la "porte d'entrée" de son temple, il se retourna, regarda les membres de l'armure d'or et soupira, comme s'il avait communiqué avec elle : "Ne bouge pas, on revient.". Dans ce cas-là, qu'inclurait le "on" ?


La région des Météores. Cette région est située dans le nord de la Grèce, dans les environ de la Thessalie, connue pour être le royaume des Centaures et des Lapithes. Cette région des Monastères des Météores est un haut lieu du monachisme orthodoxe et compte plusieurs monastères, dont certains encore en parfait état, d'autres plus que détruits. Ces monastères, nichés dans le creux de ces montagnes, offraient à ses moines l'opportunité d'être au calme et de se concentrer à la pratique de leur religion et de vivre à 100% pour Dieu, sans être dérangés par les "autres". Ces roches grises, sculptées par l'érosion, ont la réputation d'être des roches venues des cieux, comme des météores, pour que les hommes désirant être la base même de la perfection et être élevés spirituellement puissent se retrouver dans un lieu divin afin de prier les puissances supérieures.

Aegide, en son temps, se trouvait assez souvent en ces lieux. Non pas parce qu'il était orthodoxe, puisqu'il ne croyait qu'en Zeus et uniquement en sa puissance inébranlable, mais parce que ces lieux étaient une porte menant directement au Royaume du pourfendeur des cieux. Le Dieu des dieux avait réussi à créer sur l'Olympe, un véritable sanctuaire, dont le premier domaine était celui d'Aegide, Gardien céleste du Bouclier et protecteur des Jardins de l'Olympe, la porte d'entrée, dirons-nous. N'oublions pas que dans le corps du Buveur de Sang résidait l'âme du porteur du Bouclier. Cette âme ne donnait pas seulement un apprentissage accéléré des techniques utilisant le cosmos mais lui offrait également tous les souvenirs de l'être éternel. Avant de retourner dans ses cieux, le Gardien avait pour habitude de s'asseoir en haut de la plus haute roche, et de réfléchir, de contempler l'humanité qu'il protégeait. Il serait mort pour protéger un bébé venant de naître, à l'inverse de l'homme des Ténèbres.


Le soleil se couchait assez vite en cette fin de journée. La nuit sonnait son glas et la Grèce entière se réfugiait dans ses appartements, partager quelques instants ensemble, en famille, entre amis... Lui, il ne pouvait pas profiter de l'instant présent. Il vivait constamment dans le passé. L'un pensait au passé et voulait détruire le futur pour ne pas que le si beau passé soit entaché par un futur chaotique, et l'autre cherchait à tout prix à s'extirper de ce corps pour retourner dans les souvenirs de l'Univers. Il s'était assis, là, à ne penser à rien, la boîte de Pandore à côté de lui, qui était en équilibre sur la roche qui était loin d'être régulière. Il ne savait pas pourquoi, mais il savait que son jugement viendrait en ce lieu. A la nuit tombée commencerait la séance.


Ce juge connaîtra tous ses crimes.
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Alessio
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MessageSujet: Re: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Ven 23 Jan 2015 - 22:37

Voyez-vous, rien ne me divertit plus que les cultes monothéistes. Y a-t-il plus belle preuve de la décadence humaine ? Eux qui vénéraient autrefois plusieurs dieux, « nos » dieux, en sont venus à partager la vision réductrice selon laquelle il n'en existe qu'un. Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'ils se croient plus éclairés, plus civilisés que leurs ancêtres. Qu'ils se pensent investis d'une vérité irrévocable derrière leurs oeillères. Qu'ils croient que leur prière sera entendue alors qu'ils n'ont même plus de nom à mettre sur leur destinataire. N'est-ce pas désopilant ?

Quelques dizaines de mètres sous ses pieds s'érigeaient les Monastères des Météores. Entre eux, le vide. Nul ne pouvait le voir là où il était, mais lui ne se privait pas de regarder de haut ce tombereau d'ignorants. Son discours s'appliquait au catholicisme dans le cas présent, mais était tout aussi valable pour les autres dogmes dans le même cas – n'en étaient-ils pas que les pendants ? Réunis dans l'ignorance là où ils se battaient pour leur différence... Cette pensée ne manquait pas de le charmer. Comment ne pas s'amuser de tant de conviction gaspillée quand l'on connaît la vérité ? Mieux valait en rire qu'en pleurer.

Les vastes ailes de son Surplis avaient jailli de son dos sans pour autant déchirer sa tenue. Leur utilité était toutefois questionable puisqu'elles ne battaient pas, ne faisant que déployer la noirceur de leurs plumes et l'ombre qu'elles projetaient sur le monde. Idée soutenue par le fait que la jeune femme qui se tenait à son côté semblait pouvoir marcher sur le ciel et chevaucher les nuages sans y faire quoi que ce soit. Ayant délicatement saisi sa main dès qu'elle avait jailli de l'ombre, il la guidait sur les vents dansants comme on emmène au bal sa cavalière. N'était-ce pas cela à peu de choses près ? Une petite fille qui a encore tout à apprendre dans une robe bien trop belle, des étoiles plein les yeux, aux mains pleines de promesses du garçon qui va lui montrer le monde.

Oui, l'image semblait correspondre – en avait-elle conscience elle-même ? Non, sans doute pas. Sa pensée devait déjà avoir suffisamment de mal à suivre son cours sans attendre d'elle de pareilles envolées. Qu'elle se soit montrée capable de le suivre tenait déjà de la prouesse dans son état, mais il n'en attendait pas moins de sa part – elle était plus forte qu'il n'y paraissait. Qu'importe combien elle se parait d'innocence et de vertu, tout ça n'était que masque, à l'instar de celui qui lui dévorait le visage. Car il y avait en elle quelque chose de noir, de terriblement mauvais. Il n'en fallait pas plus pour que le Griffon y trouve son compte ; quant à la demoiselle, et bien... Ça ne dépendrait que d'elle. Qu'elle ait choisi de marcher avec lui était déjà un pas dans la bonne direction.

Sa main quitta la poche dans laquelle elle s'était abîmée pour mieux s'armer d'un épais grimoire, dont la reliure brillait d'un éclat si étrange qu'on l'aurait crue vivante et d'un noir si intense qu'il semblait oblitérer toute lumière alentour. Le Livre des Morts n'appartenait pas à ce monde, et tenait à le faire savoir.

Nous ne faisons que passer. Ce ne sera pas long.

Le volume avait détecté une singularité dans cette région, et si extravagant que puisse être Alessio, il fallait bien parfois répondre à l'appel du devoir. Le verrou qui le maintenait fermé sauta dans un claquement sec sans qu'aucune clé n'y soit mêlée, et ses pages se mirent à tourner comme sous l'emprise d'un vent imaginaire. Jamais personne n'avait été en mesure de compter son nombre de pages. La raison en était simple à chaque fois. Un examen approfondi avait glissé au Juge l'idée qu'il se modifie constamment, même pendant qu'on le consultait, à une vitesse telle que pas même lui ne parviendrait à la suivre. Bien sûr, ce n'était que pure spéculation.

Mais... Comment expliquer autrement que le sort de l'humanité entière soit contenu dans ces lignes ? Égrenant page après page, paragraphe après paragraphe, le Forgeur de Mensonges finit par tomber sur celle qui l'avait interpellé. Celle qui animait l'ouvrage lui-même d'une faim dévorante. Ou plutôt une soif ; une soif de savoir. De savoir pourquoi l'un des noms mentionné dans ses entrailles n'était pas revenu à la mort qui l'attendait. Des années durant, il n'avait pas émis le moindre signal à son sujet ; sans doute le croyait-il éteint lui-même. Mais maintenant qu'il l'avait repéré, impossible d'en démordre.

Et bien, allons danser !

Et Alessio de descendre des cieux comme quelque mécène macabre dans son habit de nuit. Tout grand lecteur qu'il soit, il avait fallu au Juge attendre de prendre possession de celui-ci pour s'aviser d'une vérité : les livres n'aimaient pas être inexacts. Celui-ci plus que tout autre. Et il relevait de sa responsabilité de s'assurer qu'il ne le soit pas. Et si ce rôle d'inspecteur des travaux finis ne lui convenait guère, force lui était d'admettre que son « outil de travail » avait cette fois pioché un morceau de choix. Une fabrication de Zeus en personne, ainsi qu'il n'y en avait plus eu depuis une éternité – les derniers avaient péri aux mains de ses semblables avant qu'il n'accède au poste.

Pas tous, apparemment.

Aegide. Tel était le nom de celui qui avait survécu, véritable curiosité, pièce de musée dans un monde qui n'avait plus besoin de lui. Il était le dernier d'une espèce : trop bizarre pour vivre mais trop rare pour mourir. Qu'en faire alors ? Ce serait à lui d'en juger une fois qu'il l'aurait trouvé. Ce qui ne saurait tarder, à voir comme son registre s'affolait. Un battement d'ailes le propulsa vers la Terre Mère, qu'il frôla sans jamais la heurter. Ses doigts n'avaient pas desserré leur étau sur ceux de la jouvencelle, condamnée à le suivre dans ses oeuvres. Elle saurait s'en remettre – elle apprendrait. Fendant l'air, tombant sur terre comme l'autre de la mort elle-même, il enveloppa de son ombre étouffante la silhouette mortelle – le coffre au trésor charnel qu'il allait lui falloir ouvrir pour assouvir sa convoitise.

Un coffre doré.

Si vive que fut sa lecture, ce qu'il était ne lui avait pas échappé. Athéna gardait de précieuses denrées dans sa boite à jouets. Ses ailes ne perdirent rien de leur rigidité, telles autant de lames obscures, telles autant de menaces silencieuses. Elles formaient autour d'eux un cocon d'obscurité, une prison de ténèbres dont ses plumes étaient tant de barreaux acérés. Son regard doré le détailla sans le voir – ou plutôt le voyant ce qu'il était : une enveloppe. Un emballage à déchirer pour en arracher ce qui l'intéressait. Dans la pénombre, son costume noir semblait fait d'ombres mouvantes, et l'or de son regard flamboyait tant qu'on l'aurait pensé en fusion – assez chaud pour incinérer quiconque le croiserait.

Bonsoir, jeune homme ! Par pure politesse, il lui tira son chapeau. N'as-tu jamais dansé avec le Diable au clair de lune ?
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Maeleene

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MessageSujet: Re: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Lun 26 Jan 2015 - 12:02



Maeleene



La Mandragora


Qui es-tu ?





=> Royaume d'Arès

Le discours de l’homme ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd, Maeleene, pourtant, ne répondit pas. Trop absorbée dans sa contemplation du ciel, comment l’aurait-elle put ? Elle qui avait toujours ardemment voulut voler voilà qu’une main habile la guidait au travers les nuages. Les nuées étaient si belles, toutes parées d’or et de lumière ! Un spectacle si beau qu’il faisait resurgir sa mélancolie de tantôt. Cette vue-là, elle aurait désiré la partager avec son père Eodin. Seulement ce dernier reposait quelque part « Dieu » seul sait où. Cette pensée la chagrina, autant qu’elle la fit rire, d’un rire sans joie, ironique. Alors elle tourna son visage masqué vers "lui" et se permit de lui parler en toute franchise. Encore.

« Je ne crois pas en « Dieu », qu’ils soient seuls, ou non, je n’en ai que faire. En fin de compte, le résultat est le même : notre foi, ou ce qui s’en rapproche, nous conduit aux pires extrémités. La guerre en leur nom. C’est cela que je trouve risible. Qu’importe le culte, l’homme se permet de l'utiliser pour verser le sang du Juste et de l’Innocent. Je ne crois pas en « Dieu » voyez-vous je ne porte déjà que peu de crédit en l’Homme. J’ai sans doute un esprit étriqué, mais je crois en la science et au progrès, pour le reste, nous verrons bien. »

Une grande partie de son discours était sans fondement car, depuis qu’elle était devenue une Spectre, et par extension qu’elle ait pu côtoyer Perséphone, ses convictions avaient volé en éclat. Tel un miroir qui se fend puis se brise, il était impossible pour elle d’en reconstituer les morceaux. Son esprit vagabondait, à l’instar des quelques oiseaux qu’ils rencontraient de temps à autre sans que ces derniers ne s’étonnent de leur présence parmi eux. D’humeur particulièrement sombre, Maeleene se mura dans un mutisme inquiétant que même « l’autre » ne pouvait détruire. Ainsi le silence s’imposa à eux, un moment qui lui sembla être une éternité. Jusqu’à ce que de nouveau, la voix hypnotique de son … partenaire ne s’envole, elle, comme une marionnette, se laissait mener. Ces quelques mots suffirent d’ailleurs à l’animer, à la tirer de ses songes. Doucement sa tête inexpressive se tourna vers le gentilhomme.

« Très bien. » se contenta-t-elle de lui dire tout en avisant, d’un coup d’œil curieux, du livre qui venait d’apparaître comme par magie … ou par magie. Cet ouvrage lui délia la langue. « Quelle curieuse chose, il semble me murmurer … des … »

Sa gorge se noua et la belle se renfrogna. Son cœur dans sa poitrine s’était serré si soudainement qu’elle eut l’impression de mourir. La sensation passa bien vite, heureusement et, sans rien laisser paraître de son trouble, jeta son attention sur cette main qui tenait fermement la sienne. Aller danser ?

« Danser ? » répéta-t-elle, incrédule avant que ses doigts ne se nouent plus fortement à ceux du curieux personnage. « Mais où s… »

Elle se tut quand il amorça leur descente. Tout parés de noirceur, les deux Spectres avec lenteur, regagnèrent la terre ferme. A peine eurent-ils quittés les bras de l’infini, que la petite étoile Céleste se sentit bien vide, presque orpheline. Le nez dans les étoiles, elle se rendit compte qu’ici-bas, la nuit venait déjà de tomber. Maeleene aurait bien voulut rejoindre le Soleil et ne pas goûter aux ténèbres de la Nuit, seulement, « il » semblait en avoir décidé autrement. De plus, il serait malpoli de contester les décisions de son homologue, non ? Maeleene s’était invitée, mue par une brusque intuition. L’heure n’était pas aux doutes et aux enfantillages.

Au creux de sa poitrine s’épanouissait une fleur noire et empoisonnée. La Mandragora.

« B-Bonsoir. »

Fit-elle faiblement, son masque blanc et lisse toujours tourné vers les hauteurs céleste. Elle s’intéressa finalement à la scène, détaillant longuement les ombres, les silhouettes, l’Invisible. Maeleene croisa les mains devant elle, s’emparant légèrement d’un pan de tissus rouge qui constituait sa robe – trop merveilleuse pour elle qui n’avait rien d’une princesse – pour le froisser dans un geste nerveux. Que faisait-elle ici ?

Une légère brise agita ses longs cheveux carmin. Quelle drôle d’image donnait-elle ? Celle d’une jeune femme richement vêtue mais fragile, perdue dans un monde qui n’était pas sien. Tout chez elle transpirait le mensonge, le leurre. Tout était faux et elle le savait. Elle qui se cachait derrière un masque.

Qui es-tu Maeleene ? murmurait la voix du Livre.

Sans s’en rendre compte, comme un animal apeuré, elle reculait dans l’ombrage plus sombre encore des arbres bordant cet endroit.


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Hevruka

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MessageSujet: Re: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Mer 11 Fév 2015 - 18:09

J'ai peur d'écrire un requiem pour moi-même.
Wolfgang Amadeus Mozart



Le premier cycle.

Un mystérieux inconnu fit son entrée, accompagné d'une ravissante demoiselle. Du moins, c'est ce que ses formes laissaient supposer. Il n'est pas sans rappeler qu'Hevruka avait quelques problèmes de vue. Il est vrai que changer ses yeux ne serait pas une excellente idée, étant donné que son acuité sensorielle s'en est retrouvée améliorée grâce à la perte d'un sens, sens qu'il a retrouvé lorsqu'il séjourna dans l'esprit et le métal de l'Armure sacrée des Gémeaux. Toutefois, sa vue récupérée repartit aussi vite qu'elle vint lorsqu'il ôta cet habit doré. Cela voulait-il dire qu'il était lié à sa nouvelle constellation protectrice, et le fait qu'il s'en éloigne, ça le rendait plus vulnérable ? C'était étrange. Il ne se sentait pas particulièrement "en phase" avec la logique des Gémeaux, si ce n'est la double personnalité clichée de ce signe.

Peut-être pour la première fois de toute sa vie, il sentit sa gorge se nouer. Ses jambes pendaient dans le vide. Il ne s'était retourné que pour voir ses nouveaux camarades d'une nuit. L'instant suivant, il regardait vers l'horizon, d'où un millimètre de lumière du soleil transparaissait à travers la pénombre latente de la mort. La journée disait "à demain" à la nuit. Un nouveau cycle recommençait, éternellement. Ridicule est la pensée chrétienne qui affirme que la vie est linéaire, qu'elle a un début et une fin. L'univers lui-même prouve le contraire, que c'est un éternel recommencement.

Danser ? Pourquoi ne pas chanter, Madame la Fourmis ? J'en suis fort aise également. Il aurait aimé lui répondre ceci, pour, à coup sûr, tester la culture de cet inconnu, descendu du ciel comme Lucifer tombant en Enfer. Il attendit peut-être une bonne trentaine de secondes avant de se lever et de se retourner pour faire enfin face à ces inconnus forts charmants, ma foi. Un léger sourire narquois se dessina sur son visage, ses yeux fermés, ne laissant pénétrer aucune lumière, aucune ombre à travers ses paupières. Seul le néant dans son âme. Il baissa légèrement la tête et fit un simple pas en arrière.

Ce pas, parfaitement calculé le fit tomber du haut de ce haut météore. Non pas qu'une fois arrivé à sa base il fut blessé, sinon sain et sauf. Par ailleurs, ce saut suicide ne s'était pas fait seul. La grosse boîte qu'il traînait depuis des kilomètres l'accompagna encore une fois dans ce petit périple. Encore une fois, son ancienne armure allait le protéger contre la mort, car, pour éviter qu'il ne meure durant sa chute prévue, l'avait recouvert et il rayonnait ainsi de mille éclats d'argent.


Une simple mise en scène, voilà ce qu'avait produit le chevalier d'or des Gémeaux, qui pour l'instant, ne vivait qu'avec l'appui de la constellation de l'Autel de Chiron. A peine cinq minutes plus tard, il refit son apparition face aux deux êtres qui, normalement, par leur nature, devaient être malsains. Du moins, l'un d'entre eux l'était plus que l'autre. Cette personne qui avait envoyé un "Bonsoir" quelque peu hésitant à l'encontre du Buveur de Sang paraissait bien plus bonne, autant au niveau de son aura qu'au niveau de sa plastique, quoique peu dévoilée par son habit.



"Vous pourriez au moins me vouvoyer, jeune enfant. Sans hésitation aucune, mon âge paraît bien plus avancé que le vôtre."

Le chevalier d'or, d'habits d'argent, ouvrit les yeux. De ravissantes perles vertes ornaient son regard bien plus profond que la plus infinie dorsale océanique. N'importe quel être humain, même ceux ne possédant aucun pouvoir particulier, pouvait, sans le moindre problème, repérer l'âge de son âme, à travers son regard. En plus d'être profonds, ses yeux laissaient transparaître plusieurs vies, permettaient au monde de connaître les âges mythologiques. L'Histoire était inscrite dans ses yeux. Il  fut l'un de ses premiers témoins. Il tendit la main, comme s'il répondait favorablement à l'invitation du jeune homme de reproduire une danse quelconque.

"Je ne danse que la valse. Cela vous dérange-t-il ?"

Un simple sourire affinait les traits de son visage, il s'amusait bêtement de sa blague. Autant il aimait particulièrement la droiture des gens, le respect, les règles, les procédures et bien entendu l'insensibilité, autant lorsque quelqu'un le provoquait de manière amusante, il appréciait y répondre favorablement. Si rixe il y a, alors elle n'en sera que plus drôle. Petite précision : il ne cherchait en aucun cas à cacher la moindre peur. Il n'en possédait pas.

"Que me voulez-vous ?"
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Alessio
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MessageSujet: Re: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Jeu 12 Fév 2015 - 10:13

La vie n'est qu'un vain rêve qui s'efface, la mort est l'heure où tout commence.
Lazare Wogue

 Argent seulement ?  constata Alessio, désappointé.

Ce n'était pas ce qu'il avait cru lire, pourtant. Mais après tout, quelle importance ? Un Saint était un Saint. Une pauvre âme ne demandant qu'à se consumer pour ce qu'elle croyait être une juste cause. Quel que soit le métal précieux dont on l'enrobait, on lui arracherait dès son dernier soupir pour la passer au suivant. Et alors, on les laissait sombrer dans l'oubli, égarant tout de ce qu'ils avaient été. Jusqu'aux noms sur leur pierre tombale, que le passage du temps et la négligence des hommes effacerait. Ainsi va la vie. Ainsi va la mort. Pour qui voue sa vie à une poupée qui pleure dont les autres dieux n'ont cessé de se jouer. Gouvernant le monde du haut de leur trône de caprice, n'étaient-ils pas tous de grands enfants ?

Pourchassant du regard l'objet de son attention, il le suivit dans sa chute. Ses ailes n'avaient point rejailli, mais les airs résonnèrent quand même de leur battement. À son côté, sa compagne de ce jour. Il eût aimé lui laisser le choix, mais son inexpérience elle-même l'en défaussait. Même si c'eût été une bonne initiation, qu'elle reste bloquée dans les hauteurs eût été regrettable. Elle n'allait tout de même pas rater le spectacle ! À fortiori quand c'était lui qui invitait. Partenaire, mais point cavalière ; le Griffon craignait fort que son bras ne soit réservé pour la soirée. Ce n'était que partie remise : la piste appelée monde ne disparaît jamais. Pas tant que les feux que l'on y embrase ne l'auront calcinée tout entière...

Nullement. C'est aussi là que va ma préférence.  approuva-t-il dans un sourire madré.

À combien de temps serait-elle, en revanche ? Cela, c'était à lui d'en décider : Alessio n'était guère plus que son humble invité. Quand bien même c'était son domaine à lui qui s'étirait sans un bruit ; la nuit dévoilait ses ombres comme on abat ses cartes. Et, comme chacun se doit de le savoir, c'est dans sa noirceur invitante que les jeux sont les plus dangereux. Le soleil était mort ; la Lumière emprunterait bientôt le même chemin. Mais pas avant que l'obscurité ne l'ait empoisonnée. Serait-il l'infection, ou la panacée ? Peut-être un peu des deux, ou peut-être pas – il verrait, aviserait au rythme du temps. Le sien n'était pas compté. Une chance qu'il avait, que nul ici ne partageait. Certains très peu, d'autres encore moins.

Nulle peur n'infestait l'air, ni la sienne ni aucune. Et cela était bon. S'il lui portait à ses heures une tendre affection, le Juge ne la dégustait qu'à petite dose. Le plus grand millésime, bu sans modération, finit par perdre de sa saveur. Et de même qu'avec la liqueur l'ivresse, les craintes ne venaient sans contrepartie. Elles biaisent le jugement aussi bien que les dires, enfouissait la raison dans ses viscères et la recrachait à demi-digérée. Il n'y avait là-dedans nulle honnêteté.  Altérer les sentiments sincères, que voilà une triste idée ; le son de ce qui se brise n'est jamais plus doux qu'avec une note de vérité. Ainsi soit-il : ils valseraient parmi les bris et les bruits, la fureur et les cris. C'était écrit. Il joignit les mains et répliqua, une complaisante raillerie dans la voix.

 Vous, peut-être. Lui, j'en doute fortement. 

Pour avoir lui-même dévoré Minos, Alessio était bien placé pour savoir quand quelqu'un parlait d'une voix qui n'était pas la sienne. Lui-même s'était déjà rendu coupable d'un tel numéro de ventriloquie ; Yade ne s'en était toujours pas remis. Savait-il que c'était lui qu'il venait voir, ou n'était-ce qu'une coïncidence ? Non, cela ne se pouvait. Car le Juge ne croyait pas au hasard ; il n'y avait que la fatalité. Voilà ce que l'après-vie – à moins qu'il ne soit plus correct de parler d'après-mort ? - lui avait enseigné. Entre tant d'autres choses, à commencer par bien des façons de s'amuser. Qu'elles ne soient du goût de tous était une éternelle tragédie, mais il s'en remettrait. Ce n'était pas une raison pour bouder son plaisir à lui. Si ?

 Le Fléau, vraiment ?  reprit-il avec un naturel troublant, comme si cela suivait parfaitement le fil de la conversation.   Un nom que je n'avais plus entendu depuis fort longtemps. Une vraie rareté, relique d'un autre temps. Je la croyais à jamais perdue dans le passé. Sans parler de votre propre espèce. Le doré de ses yeux s'enjolivait de l'ardeur des passions. Deux échantillons en un, voilà qui devrait faire le bonheur de ma collection. Me permettriez-vous de procéder à un prélèvement ? 

Quand l'Enfer avait conquis le Ciel, il était arrivé trop tard.
Ainsi aurait-il quand même sa part.
~ Alessio défie Hevruka.
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Maeleene

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MessageSujet: Re: EN PAUSE - Météores dans la nuit   Sam 14 Fév 2015 - 13:54



Maeleene



La Mandragora


Dansez avec moi




L'autre qui habitait en son sein se moquait bien des dangers présents comme à venir. Puissent-ils la cueillir « qu'elle », son autre pan d'elle-même, n'en serait que ravie. Seulement, Maeleene la rejetait encore avec trop de véhémence. Car là était le danger, les périls. Bien plus que les deux êtres qui se faisaient face, tout drapés dans leurs habits de mystère. Elle ne comprenait rien, la situation lui échappait comme le reste d'ailleurs. Cette sensation d'être toujours perdue commençait à l'agacer et faisait naître en même temps d'autres interrogations. Qui étaient-ils vraiment ? Et à quel jeu allaient-ils se livrer ? Il était question de danse, voilà un spectacle plein de promesse !

Là au creux de sa poitrine, « la Sorcière Rouge » reprit son propre ballet hypnotique : sa voix l'envoûtait dans le but d'endormir sa vigilance. Ainsi donc la Strega avait son propre combat à mener.

Qu'on l'a délaisse alors, ou du moins, qu'on ne lui prête que peu d'attention l'arrangeait. De toute façon, pourrait-elle seulement prétendre à pouvoir jouer un rôle dans cette drôle de pièce ? Vacillant entre comédie et tragédie, quel en serait le cours ? Ce fut sur cette pensée que la jeune femme masquée approcha pour sortir de l'ombre et regarder la progression de l'astre du soir dans la trame d'encre du ciel. Secrètement, elle espérait ce soir là que les étoiles n'allaient pas tomber face au prochain combat qui animerait les deux êtres. Car il s'agissait bien de cela, non ? Silencieuse, l'italienne porta son regard sur l'homme tout vêtu de noir et dont la tête était coiffé d'un haut de forme. À bien y réfléchir, elle ne lui avait même pas demandé son nom. Pire, les présentations n'avaient pas été faites entre eux, elle n'avait fait que répondre à son invitation, répondant à un élan de son cœur.

Ou plutôt, pour assouvir la curiosité de l'autre.

N'était-elle point curieuse aussi ? Ce serait mentir que de le nier après tout, depuis sa prime jeunesse, Maeleene était animée par une soif insatiable de connaissances en tout genre. Aussi aux côtés de son maître s'était-elle évertuée à se gaver de livres, de savoir autant scientifique que littéraire. D'ailleurs, l'un de ses ouvrages était en la possession d'un saint répondant au nom d'Alistair. « Utopia ». Quelle ironie.

La voix de la Mandragora dans sa tête se fit plus pressante face à ce souvenir. Si bien qu'elle fit quelques pas encore pour mieux s'arrêter à mi-chemin de son but initial. Ses chaussures gênant sa marche, elle s'en débarrassa rapidement et, tout en foulant l'herbe tendre sous ses pieds nus, eut un petit rire cristallin. Tout en finissant de se poster entre les deux hommes, elle s'exprima ainsi :

« Je vois que je ne suis pas la seule à être perdue dans cette histoire ... » son visage masqué se tourna vers le second personnage. « Permettez-moi tout de même de me présenter, je suis Mandragora, Spectre de l'Alraune … »

Cela résonnait étrangement pour elle. C'était la toute première fois qu'elle usait véritablement de son pseudonyme, Mandragora … mais il y avait quelque chose d'excitant, de particulièrement jouissif à se donner ainsi un tout nouveau rôle. C'était on ne peut plus évident : elle n'était, depuis quelques secondes, plus tout à fait elle-même. Le Juge s'en rendrait sans doute compte, elle qui était passée d'animal blessé et apeuré, à un prédateur se jouant de sa proie …

« Mais puisque monsieur ici présent ne semble pas réellement vouloir valser avec vous, bellâtre, me laisseriez-vous l'honneur d'avoir cette danse avant que vous ne tournoyiez avec la Mort elle-même ? Ne m'en voulez pas, très cher. » Fit-elle en se tournant vers Alessio qu'elle gratifia d'une légère inclinaison de la tête. « Bien, êtes-vous prêt ? »

Elle s'approcha d'un peu plus près en un froissement de tissus. Arrivée à sa hauteur, elle présenta sa main, sous son masque, elle souriait … mutine, elle souriait …

… Maeleene fit la révérence, et attendit de savoir si son partenaire était prêt à la lui accorder, cette danse. Ou non.

Mais ses précédentes paroles ne souffraient d'aucunes protestations, si il lui résistait, elle en serait fort peinée.

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EN PAUSE - Météores dans la nuit

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