Chose peu commune, le soleil grec se trouvait voilé d’une chape de nuages gris. Un vent violent balayait la zone dans un cri presque morbide. Un signe du spectacle qui attendait le tigre d’Asgard ? Peut-être. Arbhaal avait emprunté en toute hâte un chemin qu’il commençait à bien connaitre pour rallier la Grèce, et plus précisément le cap Sounion. C’est par cet endroit unique qu’il avait toujours gagner le royaume sous-marin de Poséidon. Mais aujourd’hui, le guerrier divin de Zeta restait figé devant une vision déplorable. A la vue du temple dévasté, Arbhaal sentit un frisson lui courir le long de l’échine. Depuis les temps mythologiques, ce n’était peut être pas la première fois que l’entrée du royaume du dieu des océans se retrouvait à ce point scellé, mais en être témoin était tout autre chose que le lire dans une archive poussiéreuse. Le Seigneur Odin désirait obtenir des réponses précises, mais sans accès au royaume des mers, enquêter sur l’auteur de la ruine de Poséidon risquait d’être une tâche ardue. Que faire ? Gagner le Sanctuaire d’Athéna sans avoir au préalable enquêter avec minutie n’était pas envisageable. C’est pourquoi Arbhaal entama l’ascension des rochers qui bloquait l’accès au temple. Rapide et agile, le guerrier divin ne mit pas longtemps à en atteindre l’entrée. Ou du moins la zone qui aurait dû l’être. Les envahisseurs n’avaient pas faits les choses à moitié. Nulle trace de vie ou d’activité récente. Arbhaal promena son regard sur le relief mais il fut bien obligé d’admettre la triste réalité : Poséidon avait failli. Non que le tigre viking n’ait éprouvé de l’affection ou un attachement quelconque envers l’empereur des océans, ou l’un de ses marinas, mais Asgard se retrouvait privé de son seul allié. Une alliance pénible au vu de l’égo démesuré du père des chevaux, mais une alliance quand même. La liste des suspects étaient déjà bien fournies et Arbhaal se retrouvait incapable d’en faire le tri par le vide : Arès pour venger Deimos, Hadès et sa soif de sang, Zeus par punition divine, Cronos peut être ? Impossible à dire. Alors que la nuit commençait à tomber sur la mer Egée, le tigre d’Asgard se décida à prendre un peu de repos. Après avoir allumé un feu, il s’installa pour prendre un repas bien mérité. Les humbles flammes de son brasier de camp se reflétèrent à travers les trous des murs du temple, tel un dernier phare le long d’une plage déserte. Funeste image.