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 [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?

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Hevruka

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MessageSujet: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Mer 23 Juil 2014 - 19:51

"Tout ce que je suis - Colère, cruauté, vengeance - Je t'en fais don, toi que j'ai choisi. Chevalier, je t'ai octroyé l'immortalité afin que tu deviennes le héros d'un nouvel âge, un âge de ténèbres, l'âge du Fléau. Contemple les terres qui s'étendent devant vous. La Croisade écarlate s'affaire dans l'espoir de défaire mon oeuvre. L'Espoir de lumière se dresse face à nous. Tous doivent connaître le prix de leur rébellion. Tu seras l'instrument de ma vengeance. Un sort funeste s'attachera à tes pas. Va, chevalier de la mort, va conquérir ta destinée."
Lich King.


Un long voyage se préparait. Un long voyage ayant le but d’aller vers l’inconnu. Ou vers une  ville, une vie connue mais depuis longtemps oubliée. Longtemps tombée dans l’oubli. Comment se souvenir de quelque chose qui nous a été retiré sans notre consentement ? Comme… un lavage de cerveau. Comment se souvenir d’un amour, autrefois si puissant, qui transcendait la lumière divine, qui, par la suite, s’est noyé dans l’océan infini de l’inconnu ? Pourtant… il s’en souvenait. Il se souvenait uniquement de cette injustice. Un amour qui était seulement… platonique et qui s’est métamorphosé en une ombre imaginaire, détruite par la volonté de Dieu. Ils se trouvaient effectivement au mauvais endroit, au mauvais moment. Pourtant, cet endroit marquait le début d’une nouvelle vie, une vie qu’il fallait bien accepter comme étant la sienne, celle de sa destinée divine. Sans cette mort, ce décès, jamais il n’aurait pu découvrir qui il était. Ce voyage lui a permis de se trouver, de réfléchir encore sur son utilité su terre. Se considérer comme le « Juge ultime de la Vie » n’était-il pas un poil exagéré ? Pas tant que ça, à vrai dire. Lui-même étant la naissance ultime de la volonté de Dieu, de la dernière volonté de la vie, lui qui était né dans une époque de renouveau dans cette Angleterre du XVIIe siècle, là où la République s’installait dans un lieu pourtant exagérément royal. Une époque unique dans l’histoire d’un pays, qui n’avait connu que neuf années de république, contre presque deux millénaires de royauté. Un élément unique. Un élément parfait. Serait-ce un élément de l’existence ? De cette doctrine philosophique, l’existentialisme ? Au contraire, l’existentialisme est un courant philosophique qui postule que l’être humain forme l’essence de sa vie par ses actions uniques. L’existentialisme considère donc chaque personne comme un être unique qui est maître de ses actes, de son destin, et des valeurs qu’il décide d’adopter, qu’elles soient bonnes ou non. Serait-ce l’essentialisme alors, son contraire le plus absolu, qui vise à accorder le primat à l’essence plutôt qu’à l’existence et qui ne suppose pas de libre arbitre à l’individu, qui ne serait que le produit de déterminismes dont il ne peut s’extraire. Non plus… Peut-être un entre-deux ? C’est-à-dire, qu’on est libre de nos choix mais qu’une sorte de déterminisme existe… C’était difficile à expliquer pour le cas de ce jeune homme. On aurait pu dire que les Dieux avaient choisi son destin, mais à d’autres moments, il était évident que c’était lui le maître de son futur, par le fait qu’il ait accepté le choix des dieux. C’est étrange, comme sentiment. Tout ce que l’auteur écrit actuellement traduit les pensées du saint homme, tout au long de son voyage à travers le sud de l’Europe, en partant d’Algérie, passant par le royaume d’Espagne et enfin, le royaume de France, lui qui était responsable de la mort de sa bien-aimée, de sa mie. Cette merveilleuse Emma, morte trop jeune, morte à cause d’une… bavure ? Ca existait à cette époque, les bavures ? Oui, mais elles n’étaient pas considérées comme telles, mais plutôt comme des dommages collatéraux. Elle était LA raison qui avait poussé le jeune homme, vieux dans son esprit, à vaincre les vivants, afin de la récupérer par n’importe quel moyen, même jusqu’à aller la chercher dans le monde des enfers, comme Orphée le fit pour Eurydice dans ces temps mythologiques. Jusqu’où l’amour nous fera-t-il aller ? Jusqu’à la mort, certainement. Que Dieu m’en soit témoin, l’Amour, son invention la plus injuste, sera la victime unique d’un certain homme qui, actuellement est en train d’entrer en territoire breton. Oh, oui, toi, le Dieu de la Religion Chrétienne, toi le Dieu de la Religion Musulmane, toi le Dieu de la Religion Juive, toi, oui, tu le paieras cher, très cher.

Dinan. Une petite bourgade, connue à travers le royaume, située dans le duché de la très chère Anne de Bretagne, une connaissance. Le jeune chevalier, non équipé de son armure, faut pas exagérer, venait d’y arriver par le grand pont reliant les bourgades de Lanvallay et Saint-Solen à la cité dinannaise. Ce grand pont était le lieu où tous les échanges de communication étaient faits, c’est-à-dire que c’était la seule route qui permettait de rejoindre cette ville, en haut d’une très haute colline, protégés par de magnifiques remparts. De gueules au château donjonné de trois tourelles d’or, maçonné de sable, au chef d’hermine. Quel beau château qui domine la vallée de la Rance. Cette Rance qui permettait aux marins de rejoindre les terres, en venant de la manche, pour un quelconque commerce, pour un quelconque voyage. D’ailleurs, comme expliqué plus haut, le château de Dinan est en haut d’une colline. Comment alors, est-il possible de rejoindre un port ? Par une « route », une longue rue dénivelée de 75 mètres, atteignant par des endroits trente-cinq pourcents de dénivelé, ce qui ma foi, est plutôt énorme. Personnellement, je ne me taperai pas ça à pied tous les jours. Et pourtant, les marchands revenant de la pêche se faisaient la route deux fois par jour… tous les jours. Incroyable, quelle force de caractère ces hommes-là… Et quelle force physique, tout de même. Imaginez les courbatures, le lendemain matin après une bonne partie de jambes en l’air avec bobonne. Eh bah… Bref. Lui, il prit la petite côte sur le côté est du château afin d’entrer juste à côté du donjon secondaire du château, qui, même s’il est vieux, est encore vachement bien conservé. Tiens, en étant face au donjon qu’il détruit d’un simple claquement de doigts, du coin de l’œil il vit… enfin, il ressentit, on s’entend hein, la présence d’un lieu de culte catholique. Tiens, une basilique, et du son en sort. Qu’est-ce donc ? Allons voir ça d’un peu plus près. « La vie est joueuse puisqu’elle sait compter les cartes, oui mais dans ma manche se cache un cinquième as ». Voyons si la vie est joueuse avec tous ces croyants de ces inepties inventées par on ne sait quel bouseux d’une contrée éloignée du monde occidental, par un futur pécheur.

La basilique était blindée, un concert y était donné.


Dies irae, dies illa, solvet saeclum in favilla, teste David cum Sibylla ! Quantus tremor est futurus, quando judex est venturus, cuncta stricte discussurus. En latin, ça voudrait dire « Jour de colère que ce jour là, où le monde sera réduit en cendres, selon les Oracles de David et de la Sibylle. Quelle terreur nous saisira lorsque la créature ressuscitera pour être rigoureusement examinée ». Là, c’est une preuve du déterminisme du monde, donc de l’essentialisme. Comme si Dieu lui-même avait amené Hevruka a cet endroit précis, en ce moment précis, avec ces gens, précisément. La nature, le hasard faisait bien les choses. Ou alors le hasard était plutôt porté sur l’humour. Ah, ah, que c’est drôle de savoir que tous ces pèlerins vont mourir, souffrir, et vont, eux, rejoindre les enfers. On ne répand pas la parole de dieu sans être soi-même son envoyé. Ca voudrait dire que la personne joue Dieu sur terre, chose qui est fatalement impossible. Les humains sont si… pitoyables, fascinants, certes, mais tellement pathétiques. Quelle honte… Hevruka n’en revenait pas. Il chantait ce Requiem, qui clamait l’arrivée d’un monstre envoyé de dieu qui allait tout détruire, et en ce même moment, un étranger de la ville de Dinan venait d’apparaître… Ils auraient pu prendre peur. Les chrétiens sont si… insouciants. Ils ont peur du jugement divin mais ils ne s’imaginent pas que le jugement divin peut apparaître de leur vivant. Les portes de la Basilique avait fait un bruit retentissant n’ayant en rien gêné la représentation de cette œuvre dont les reprises les plus connues sont celles de Mozart et de Verdi. A chaque seconde, un mort de plus pouvait être rajouté sur la longue liste de ceux qui allaient rejoindre les Enfers, car, tous, sans exception aucune, avaient vécu dans le péché. Comment ceux qui prêchaient la bonne parole pouvaient-ils être aussi mauvais ? Il ne restait qu’un survivant, ce maudit prêtre qui tenait sa croix représentant le lieu où mourut le Christ rédempteur, sauveur de tous les péchés des êtres humains, morts pour que chaque enfant de Dieu puisse un jour le rejoindre dans les cieux, en direction du chevalier d’Argent, non vêtu de son armure. Il récita toutes les prières qu’il avait apprises par cœur, mais dans lesquelles il n’avait aucune croyance, juste une certaine habitude. « Vade retro Satanas ». Que c’est mignon de dire qu’Hevruka est Satan. C’est assez ironique dans le sens où il est censé combattre ça. Qu’il crève, ce suppo de Satan. Hevru enfonça ses ongles dans les coins de son cou, bien plantés dans les veines les plus importantes. On ne voyait plus rien dans ses yeux, seul le bas de son corps se débattait pour survivre encore, pour survivre une dernière fois avant de rejoindre le néant. Le sang coulait à flot dans ce lieu de culte en l’honneur du Dieu créateur… créateur du sang, rejoins l’éternelle damnation. Amen.


Dinard. Il faut savoir que cette ville est un des plus grands ports de pêche de la Bretagne en ce temps et ce depuis le Moyen-âge. Quelques riches anglais s’y sont installés mais sans pour autant y rester le plus clair de leur temps. C’était une ville donnant entièrement sur la mer, son église ayant la mer directement en son nord. C’était un petit village, après tout, comparé à Dinan. Mais, malgré tous, les deux cités ont toujours entretenu de bonnes relations. Dès que quelque chose se déroulait à Dinan, Dinard le savait presque deux heures plus tard. Ce qui s’était passé la veille, c’est-à-dire un massacre dans un lieu de culte plus la place du marché entièrement ravagée, dénombrant des morts par centaines, était parvenu jusqu’aux oreilles des habitants de Dinard, qui à cette époque se nommait Saint-Enogat, donc au moins, nous sommes sûrs de pas confondre les deux noms de ville. Comme dit plus haut, elle n’était pas spécialement grande et justement, ça a un rôle important : tout le monde se connaissait dans ce petit bourg. Toutes les entrées et les sorties étaient filtrées par des agents envoyés par le Parlement de Bretagne, situé à Rennes, à l’ouest du Colombier. Ce parlement était une cour de justice avant tout et servait de promulgation des lois, et par extension se chargeait de protéger la province. Le petit incident qui s’était produit dans la ville de Dinan était vite arrivé jusqu’aux oreilles des autorités bretonnes et davantage aux oreilles des habitants de Saint-Enogat. Donc, tout le monde se méfiait des personnes pouvant venir de la route de Dinan, seule route permettant de rejoindre la côte ouest Bretonne, la pointe de la Bretagne, c’est-à-dire  Brest et Quimper. Néanmoins, cela n’empêchait en rien le déroulement du marché hebdomadaire, qui a lieu le jeudi, soit le lendemain de la tuerie. Les gens vendaient, achetaient, se promenaient, profitaient de ce moment de répit avant de retourner au travail, parce que oui, les Corporations de Métier étaient très à cheval sur le temps de travail dans la France de l’Ancien Régime. La CGT redoute un retour à l’Ancien Régime. Feignasses. Pour couper court au cliché breton, c’était une très belle journée, ensoleillée, parfaite pour aller bronzer, chose que les gens ne faisaient pas à cette époque, cette tradition étant apparue au milieu du XXe siècle. Mais une belle journée, il ne pleuvait pas, la mer était adorablement calme, se baigner aurait été une partie de plaisir.

Il est arrivé vers 14heures du matin. Oui, il venait de se lever. En même temps, massacrer de pauvres gens, ça épuisait, fallait l’avouer. Maître des illusions, il prit pour cible cet agent réclamant le paiement d’un tonlieu. Le tonlieu, au moyen-âge était une taxe « de douane » ou un péage, une taxe de circulation et sur les marchandises transportées lorsqu’on passait d’une seigneurie à une autre. Bref, on s’en cogne. Par un simple tour de passe-passe, il réussit à se donner une autre apparence que celle décrite par les hommes ayant réussi à quitter Dinan en direction de Saint-Enogat. De loin, il pouvait entendre des habitants de cette bourgade discuter de cette mésaventure arrivée dans la ville de Dinan. Eh bien, la ville entière est au courant, c’était le principal sujet de conversation de tous ces êtres humains insignifiants. Cette fois-ci, la ville entière s’attendait à l’arrivée prochaine de la bête, tandis qu’à Dinan, la surprise était au rendez-vous. Alors, autant créer cet effet de surprise si… si amusant. Il attendit environ les seize heures pour s’attaquer à une créature sublimement divine dont le nom lui était inconnu. Habillée comme une pute, c’en était certainement une. C’en était une. Une femme qui ne respecte même pas son propre corps, sa propre vie, il fallait qu’elle soit l’exemple. Ayant fait sa connaissance assez rapidement, ils se promenèrent sur la place centrale du village, donnant un très beau panorama sur la mer… De l’eau à perte de vue. Ca donnait grave envie de pisser, j’vous raconte même pas. Il se tourna dans sa direction et réussit à ouvrir les yeux, sauf qu’il n’y voyait presque rien. Allant pour déposer un baiser sur ses lèvres assez juteuses, il lui offrit le baiser du détraqueur, dans Harry Potter, censé absorber la vie de celui qui le reçoit. Maintenant qu’un de ses maîtres lui avait enseigné cette affinité cosmique, il pouvait absorber la vie de gens qu’il voyait. C’était, ma foi, fort utile. Son corps se décomposa en un instant, et devint un simple squelette, presque poussiéreux, devant les yeux effarés de tous les habitants de cette ville.


« Enchanté. »

Comment appelle-t-on cela ? L’ironie ? Oh oui, c’était ironique. Enchanté de faire la connaissance de tous ces individus ? Ou enchanté de pouvoir être celui qui les amènera de force dans l’Autre-monde ? Etre leur assassin, c’était assez génial. L’idée pouvait plaire à toutes les personnes mauvaises de ce monde. Comment faire… D’un côté, le Buveur de Sang n’avait pas spécialement le temps de le faire, il était un peu pressé. Il avait tout un pays à décimer, mais, par tradition, la Bretagne est une terre celtique, tout comme son Angleterre natale, donc autant faire du favoritisme et briser cette terre française. Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne, ils ont des couilles en plomb, vivent les Bretons. Bref, tout ça pour ça. La place du marché est sous un grand chapiteau, une sorte de grand Hall censé protéger les habitants en temps de pluie, ce qui, naturellement, arrivait assez souvent dans cette région de France, très sujette aux intempéries météorologiques. Par la simple utilisation de son cosmos, de son énergie naturelle, que tout être possède, il réussit à garder enfermer la plupart des habitants présents au marché, sous ce Hall, comme s’il avait posé des murs aux sorties de ce hall. Tout départ était donc totalement impossible. Après un petit rire assez diabolique, il claqua des doigts et d’un coup d’un seul (oui oui, d’un seul coup, beau gosse t’as vu) le toit de ce hall s’effondra sur la population qui, si elle est normalement constituée, a dû mourir sur le coup (toujours d’un coup. Running gag). Il disparut dans un nuage de fumée sombre et fit augmenter sa cosmo énergie à son paroxysme. Ses cheveux, normalement brun, en sont devenus de plus en plus noir, telles les plumes d’un corbeau, comme une pierre de jais. (que je n’ai pas. C’était monsieur Jeu de Mots). Ses yeux, quant à eux changèrent de couleur pour passer de l’émeraude au rouge vif, tel un Dracula assoiffé de sang. Le ciel s’était légèrement assombri, et ce, grâce à l’affinité cosmique naturelle du jeune homme, l’Ombre. C’est vachement pratique, s’il y a trop de soleil. Ainsi, il pouvait voir les choses, sa cécité prenait fin. Il leva le bras en direction du ciel et tendit son index. De cet index sortit un éclair qui pourfendit le ciel et ouvrit une légère brèche, comme si un nouveau ciel, pourpre, s’était créé. Furent aspirés les cadavres des gens morts, qui allaient se retrouver directement dans le puits des âmes…

« Continuons. »
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Aarhyel

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Jeu 31 Juil 2014 - 14:56

La solitude. Un sentiment horrible, un ressenti désolant dont il est difficile de se défaire une fois que l’on s’en sait atteint. Sans vraiment le savoir, Aarhyel avait compris depuis bien longtemps qu’elle n’avait jamais été à sa place. Même les plus beaux jours de son existence mortelle, quand elle se sentait heureuse entourée de ces hommes sauvages, ces… Mercenaires, elle n’avait jamais connu cette sécurité que confère l’impression d’appartenir à tout. Oui, elle avait fait partie intégrante de l’équipage du Serpent, mais elle n’avait jamais vraiment été l’une des leurs. Tout comme maintenant, elle se sentait prise au piège entre deux vies. Deux mondes. D’un côté, il y avait son existence divine dont certaines parties lui avaient été enlevées, telle sa vie de déesse mariée…  De l’autre, sa vie humaine. Cet amas de souvenirs embrouillés ou simplement manquants, qui pourtant semblait tout autant, si ce n’est plus encore, important que son long passé de déité. Elle savait au plus profond d’elle que sa personnalité, que son âme, son essence, n’était pas celle qu’elle avait dû être avant de s’incarner. L’humaine et la mère des monstres marins ne faisaient plus qu’un et lorsque sa vie prendrait fin, l’hôte que la jeune fille aurait pu être n’existerait même pas dans l’autre monde. Lorsque quelqu’un aurait raison d’elle, elle irait rejoindre son époux et peut-être, oui, peut-être alors tous ses souvenirs lui seraient rendus… Mais l’humaine? Elle conserverait peut-être ce que ses quelques années de vie auraient connu… Cela semblait si peu…  Trop d’humanité pour pouvoir accomplir un devoir divin, mais trop de souvenirs pour se sentir à sa place parmi les hommes.

Assise, là, à la fenêtre de la grande salle d’une auberge, boisson chaude à la main, la nomade observait la ville s’animer lentement. Il était encore tôt, du moins c’est ce que pensait l’esprit épuisé de la jeune femme, beaucoup trop à dire vrai.  Elle était arrivée à l’entrée de la ville avant le lever du soleil et avait erré longuement sur la jetée avant de prendre une chambre. La jeune femme n’avait réussi qu’à faire une courte sieste, quelques heures grappillées de peine et de misère, avant qu’elles ne reviennent. Les voix. Les murmures incessants qui gagnaient son esprit dès qu’elle se trouvait suffisamment près de la mer. Elles l’accueillaient toujours gentiment, la suppliant ensuite de revenir… Même les douces pensées de ses grands amours parvenaient jusqu’à elle, mais la jeune femme n’était pas encore prête. Elle ne se sentait pas digne de les revoir. Si Aarhyel se souvenait vaguement d’avoir su les entendre étant petite, c’était toujours sa rencontre avec Océanos qui lui venait à l’esprit quand elle pensait aux voix. Le titan… Elle se vengerait probablement de lui un jour. Comment avait-il osé s’attaquer à elle? Peut-être ne l’avait-il pas perçu ainsi… Mais c’était ce qu’il avait fait. Il l’avait cloîtrée, emprisonnée, dans son propre corps. La confrontant à des souvenirs et des faits auxquels elle ne pouvait pas faire face. Qui était-il pour se croire responsable d’elle, de son «retour»? Il avait voulu réveiller Amphitrite… Mais celle qu’il avait fait émerger n’était pas la néréide d’autrefois…

La dernière ville portuaire où elle s’était arrêtée s’était avérée décevante. Elle avait certes amassée bon nombre de pièces d’or, mais aucun pêcheur n’avait  su lui apporter quelque information que ce soit. Ni sur les activités de pirateries dans les mers avoisinantes ni au sujet d’un bateau sur lequel elle aurait pu faire main basse.  Elle ne pouvait qu’espérer que celle-ci soit plus prometteuse, mais en voyant l’attitude des habitants vis-à-vis des étrangers, il y avait peu de chance pour que ce qu’elle cherche ne tombe du ciel.  La nomade n’avait croisé que peu de gens pour le moment, mais les regards curieux et méfiants qu’elle avait croisés ne laissaient pas supposer que les choses s’arrangeraient au court de la journée.  Il était près de midi lorsqu’enfin Aarhyel se décida à se mêler à la population, quittant à regret le calme de l’auberge déserte, mais l’énergie qui vibrait dans les rues n’avait rien à voir à ce qu’elle aurait pu prévoir. Il n’y avait pas cette insouciance typique des gens qui s’engagent dans leur quotidien… Le boulanger qui sort une nouvelle fournée pour les innombrables clients qui animent la grande place le midi, le second souffle de la journée… La mère qui s’affaire entre les kiosques, essayant d’acheter tout ce qu’il lui fait tout en contrôlant sa ribambelle de marmots.... Les marchands qui s’engueulent depuis leur échoppe respective ou qui interpellent les passants pour vendre leurs produits… Non, l’atmosphère ambiante n’avait rien de tout ça. Au contraire, les habitants semblaient inquiets. Ils demeuraient en petit groupe, discutant à voix basse alors qu’ils s’adonnaient à leur occupation au ralenti.

Comment une ville entière pouvait-elle être rongée par la préoccupation? À moins qu’il ne s’agisse de peur? Malheureusement, si tous et chacun appréhendaient un évènement, il ne serait pas aisé pour la nomade d’apprendre quoi que ce soit. Après tout, se confier à une étrangère devait bien être la dernière chose à laquelle pouvaient penser les habitants.  Le seul endroit où elle avait encore une chance d’être bien accueillie, c’était le port. Sur les quais, elle pourrait tenter sa chance auprès des propriétaires qui n’auraient sans doute rien à faire avec son statut d’étrangère. Certes, ils rechigneraient certainement sur son sexe, les femmes n’étant que rarement accepter dès qu’il s’agit de bateau… Mais il était bien plus facile de faire oublier une soi-disant superstition qu’une xénophobie, même temporaire.  Armée de toute la patience dont elle pouvait faire preuve, la nomade s’adressa respectueusement à tous les hommes présents sur les docs, jusqu’à ce que l’un d’entre eux accepte de lui parler. Si elle avait su ce qu’il lui raconterait… Le pêcheur lui décrivit les horreurs qui avaient eu lieux dans la ville voisine et dont tout le monde semblait désormais au courant. La nouvelle avait voyagée si vite ! Tous ces morts… Ces innocents venus assister à une célébration, se croyant à l’abri, protégés par leur lieu de culte…

«Un massacre je vous dit! Les habitants ont peur ma p’tite dame et je les comprends. Dès que le bateau est prêt, le capitaine veut qu’on prenne le large. C’est que si l’monstre qui a fait ça continue sur sa lancée, c’est qu’une question d’heures avant qu’il s’passe la même chose dans notre p’tite ville. Non, mais… Vous vous rendez compte? Un prêtre! C’est le diable qui envoie cette chose ma p’tite dame. Et si j’étais vous, je repartirais aussi vite que j’suis v’nu. » Conseilla le vieil homme en secouant tristement la tête, enroulant un épais cordage en le jetant sur son épaule.

Un monstre… Aarhyel ne savait pas comment prendre cette histoire. Ce n’était pas tant que le sort de la ville de Dinan l’ait pas bouleversée, non, la nomade était attristée des malheurs dont les habitants avaient été victimes, mais c’était cette histoire de monstre la préoccupait. Cet être avait peut-être commis d’effroyables choses… Mais pouvait-il s’agir d’un mortel ? À moins qu’il ne s’agisse d’une créature égarée ? Après tout, les protégés de la nomade, ces êtres qu’elle chérissait plus que tout, étaient considérer comme étant le pire cauchemar des marins. Les «monstres» des profondeurs…  Elle les aimait comme une mère et ne pouvait que leur trouver des excuses.  Ses protégés s’attaquaient aux mortels qui s’aventuraient sur leur territoire ou qui venaient perturber leur quiétude. Était-ce le cas du responsable de la tragédie de Dinan ? Ce… «monstre» avait-il poursuivit des hommes lui ayant fait du mal ? Si c’était le cas, pourquoi tant de victimes ? Pourquoi s’en être pris à tous ses gens ? Tous ces pauvres malheureux ne pouvaient pas s’en être pris à lui…

Soucieuse, la rouquine remercia le pêcheur et fit demi-tour, se dirigeant vers le marché. Sans regarder vraiment où elle allait, la nomade se laissait emporter par toutes les questions et suppositions qui assiégeaient son esprit. À quoi ce monstre pouvait-il ressembler ? Les souvenirs divins de la jeune femme laisser défiler des images toutes plus horribles les unes que les autres, revoyant mentalement toutes les créatures qui avaient croisé sa route au fil des innombrables années au court desquelles sont âme avait découvert le monde.  Elle s’imaginait le carnage,  rejouant les scènes en changeant de créature à chaque fois, mais tout semblait faut. Pourquoi ces «monstres» s’en seraient pris à cette ville ? Aussi sauvage puisse-t-être une bête, il y aura toujours une limite pour ce qui est de la distance qu’elle est prête à parcourir avant de laisser éclater sa rage. Le monstre s’en était pris à Dinan, mais était-ce la destination finale où un simple arrêt dans sa quête de sang ? Le monstre arriverait-il jusqu’ici, comme le craignait tant les habitants ? Ce tueur ne serait-il pas déjà là si c’était le cas ? Dinan était si près… S’il avait voulu s’en prendre aux habitants du port, la ville aurait déjà été ravagée… N’est-ce pas ?

Secouant la tête pour aider son esprit à évacuer toutes ses sombres pensées, la nomade s’aventura sous l’immense dôme qui protégeait le marché, se mêlant tant bien que mal à la foule. Étrangement, les habitants semblaient avoir décidé de ne pas rester cloîtrés chez eux malgré la menace qu’ils imaginaient planer au-dessus de leurs têtes. Ils avaient peur de ce monstre, mais même sen sachant ce qu’il avait fait à Dinan, ils ne comptaient pas fuir. Le marché était bondé malgré ce qui était arrivé à la grande place de la ville voisine.  Eh bien, tant mieux ? Il serait plus facile pour elle de se mêler aux habitants s’ils abandonnaient leur hostilité envers les étrangers… Après tout, elle était arrivée en ville avant même que le massacre de Dinan n’ait lieu, alors pourquoi se méfieraient-ils d’elle ?

Les nombreuses allées et venues sur la grande pace permirent à la nomade de se promener tranquillement, sans avoir à se soucier de l’attention qu’elle attirait.  Elle acheta quelques fruits qu’elle put manger en continuant de flâner, s’attardant à la table d’un marchand puis à celle du voisin. La jeune femme ne prêtait pas vraiment attention à ce qui se trouvait sur les tables, parcourant rapidement le tout du regard avant de passer à autre chose. Lorsqu’enfin un objet su capter son attention, la nomade n’eut même pas le temps de demander à le voir. Un cri perçant imposa le silence et en un rien de temps, tous les yeux se tournèrent vers l’horrible spectacle.

Ils avaient raisons… Ces habitants, pauvres mortels, ils avaient raisons. Le monstre qui s’en était pris à Dinan était désormais chez eux.  Le cœur au bord des lèvres, la nomade vit, mais surtout entendit, la terreur avoir raison de la foule qui l’entourait. Aucun d’eux ne devait jamais avoir vu de tel pouvoir, mais Aarhyel si… Si tout le monde s’agitait, cherchant à fuir,  elle, n’arrivait pas à détacher son regard de l’inconnu.  C’était un homme. Le responsable, la cause de tout ce malheur, de toute cette peur… était un mortel.  Quels horribles desseins devait-il servir pour user ainsi de son cosmos ?  Un froid glacial et douloureux apparu soudain dans son ventre. Était-ce ainsi que s’étaient sentis les habitants depuis qu’ils avaient su que le monstre viendrait ici ? Il n’allait quand même pas tuer ses pauvres gens ? Ils étaient innocents !

Une mort. Ça avait commencé. Aux pieds de l’étranger, le squelette marquait le coup d’envoi de sa nouvelle soif de sang. Ces ossements, ils hanteraient probablement la nomade pour le restant de ses jours, car même si elle l’avait voulu, elle n’aurait rien pu faire. Pour les autres non plus, elle ne pouvait rien et ce constat faisait naître une douleur poignante au niveau de son cœur. Depuis l’éveil de ses souvenirs divins, de même que son cosmos, Aarhyel n’avait fait aucun progrès… Elle parvenait à manipuler l’eau, lui faire faire ce qui lui plaisait à petite échelle, mais elle n’avait jamais réussi à provoquer quoi que ce soit de semblable à la destruction du Serpent…  À quoi cela servait-il alors d’être ce qu’elle était si elle ne pouvait venir en aide à personne ? Tous ces gens qui avaient besoin d’être sauvé, là tout autour d’elle… Et elle ne pourrait rien faire.

Une déplaisante sensation de danger fit frémir la nomade et la seconde suivante, le dôme en verre qui protégeait le marché explosa. La déesse cru sentir son cœur cesser de battre et l’espace d’un instant, elle eut l’impression d’être rongée par le feu. Elle regarda, impuissante, la pluie mortelle s’abattre sur elle et les habitants.  Si les éclats transperçaient les corps  qui l’entouraient, créant une morbide symphonie de cris et lamentations d’agonie, Aarhyel ne fut qu’ensevelie. S’écroulant sous le poids du verre pesant sur son corps, la nomade se retrouva clouée au sol, piégée sous un amas de débris retenue par une fine couche d’énergie qui la recouvrait telle une seconde peau. Son corps avait réagis de lui-même, par instinct, mais la jeune femme commençait à douter. Allongée là, entourée de cadavres, écrasée et prisonnière de décombre, sous un ciel de fin du monde, la nomade se sentait perdue.

Amphitrite… Amphitrite…

Les voix. Elles avaient changées. Elles n’étaient plus douces et suppliantes, non… L’océan devait avoir senti la peur et la détresse de la néréide, car les voix semblaient agitées. Elles appelaient désespérément son autre nom, alertées par le cosmos de leur déesse. Sans le vouloir, si ce n’était sans savoir, Aarhyel projetait son cosmos et sa détresse était impossible à ignorer. Pour un cœur tendre tel que le sien, l’idée de sa mort n’était qu’une crainte de plus qui se perdait dans sa douleur d’être ainsi mêlée à toutes ces âmes volées. Elle ne voulait pas être là, elle ne voulait plus baigner dans le sang des victimes qui inondait le sol du marché, elle ne voulait plus sentir la douleur qui écrasait son corps… mais surtout, elle ne voulait pas voir les corps de ces pauvres innocents s’engouffrer dans ce ciel de mort.

Soudain, les murs encore intacts du marché se mirent à trembler. La nomade pouvait sentir la présence de l’eau, même si elle ne la voyait pas. Une autre secousse fit trembler ce qui restait de la grande place alors qu’une pluie d’eau salée s’infiltrait sous les nuages engendrés par le mortel. À l’extérieur de cette prison, la mer s’était déchainée et s’étaient de gigantesques vagues qui venaient s’abattre sur le marché. Ces vagues n’avaient rien de naturel, elles étaient la manifestation du cosmos incontrôlé de la déesse.  Aarhyel ne sentait plus son corps, son sang ne circulant plus aussi facilement avec l’amas de débris qui, ironiquement, la protégeait. Impuissante, incapable de se libérer, la jeune femme sentait la peur avoir raison d’elle. Elle n’était pas prête, elle ne pouvait pas mourir, par maintenant…

AMPHITRITE ! Ne nous quitte pas … Amphitrite…

L’un des murs fini par céder sous le poids des vagues, laissant alors apparaitre la carcasse d’un navire entraîné par le courant. En un rien de temps, l’océan s’infiltra dans ce qui restait du marché, balayant les débris et nettoyant le sang dans un tourbillon meurtrier. Heureusement, il n’y avait plus d’innocents à tuer…  Alors que l’eau salée caressait sa peau, la nomade se débattait de toutes ses forces avec les décombres qui la maintiennent toujours au sol. L’eau ne lui fait pas peur, elle savait que jamais l’océan  ne se retournerait contre elle. Si elle devait mourir aujourd’hui, ce ne serait pas en se noyant... Mais si elle restait là, l’étranger la trouverait Respirer alors que son corps est immergé était devenu une seconde nature à l’instant où elle s’était libérée du piège du Titan.

Je vais bien… Je…  Tout ira bien. Ne venez pas ! C’est dangereux… Je ne veux pas qu’il vous fasse du mal.

Se démenant tant bien que mal pour libérer son corps, Aarhyel faisait de son mieux pour calmer les voix. Elles savaient qu’elles avaient peur… Qu’elles étaient en colère, mais la nomade ne pouvait pas risquer qu’un de ses protégés, qu’importe lequel se serait, soit blessé en cherchant à lui porter secours. La puissance du mortel responsable de tout cela l’effrayait, elle ne faisait pas le poids contre lui, elle ne pourrait donc pas défendre ses amours contre lui.  Malgré ses pensées qui se voulaient rassurantes, la nomade n’arrivait pas à se calmer. Son cosmos continuait de briller, transmettant sa détresse alors qu’elle découvrait l’ampleur de sa faiblesse.  La partie divine de son âme l’avait sauvée, mais n’avait pas su protéger les innocents, alors que la partie mortelle l’empêchait de fuir et l’empêcherait de protéger les créatures qu’elle aime tant si celles-ci se risquaient à venir la rejoindre. Ni complètement l’une, ni complètement l’autre.  

Jamais elle ne pourrait se sentir plus seule qu’à cet instant. Prisonnière de l’eau, à la merci d’un étranger meurtrier, déchirée entre son désir de fuir, son besoin de vivre, et sa peur de mettre en danger les seuls secours que la mer puisse lui apporter.


Dernière édition par Aarhyel le Lun 4 Aoû 2014 - 15:39, édité 1 fois
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Hevruka

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Jeu 14 Aoû 2014 - 0:47


Putain de bordel de merde à cul. C'est long. Je ne m'attendais pas à ça, je dois l'avouer. C'est particulier. J'aime beaucoup, je demande à revoir. Pourquoi ne pas faire comme dans cette émission de télévision française, qui s'est arrêtée cette année ? On n'demande qu'à en rire. Quand on met un 12/20, ça veut dire qu'on met la moyenne à l'humoriste, et donc qu'on désire le revoir. Donc, je te le dis, je te mets un beau 12/20. Je suis convaincu, c'est très bien écrit, là n'est pas la question. Mais... Elle ne l'a pas embrassé donc forcément, faut que j'enlève des points. Et ouais, j'ai des principes. Déjà qu'on ne peut pas faire de trucs cochons ici, faut bien que je cherche la petite bête quelque part. OUI BON, j'exagère un peu. J'écris sans réfléchir, comme tu me l'as conseillé. Bizarrement, quand j'écris, je ne peux m'empêcher de penser à toi. Donc bon, c'est assez contraignant parce que t'es du genre chiante. Et rousse, en plus. Difficile de faire avec. Faut que je m'y fasse. Bref, revenons-en au sujet initial, c'est-à-dire la destruction de ce petit village fort accueillant. Surtout dans l'état dans lequel il était. Il se détruisait, second après seconde. Hevruka aurait dû être un spectre et revêtir le surplis de la Wyvern. De l'étoile forte et violente. Parce que, quand il s'y mettait, il était violent. Même s'il était bouddhiste. Enfin bouddhiste. Pour un anglais, c'était assez étrange d'être bouddhiste. Il n'avait absolument pas la gueule d'un anglais. Ni d'un bridé d'ailleurs. Il était apatride de visage. Même si, à cet instant un joli sourire s'afficha sur sa gueule de brun. Comme s'il était heureux de commettre tous ces attentats aux vies des humains qu'il était censé protéger. Ses yeux étaient d'un rouge vif, un rouge sang, mais pas le sang normal. Voyez, le sang des films d'horreur. Bien liquide et bien rouge vif. T'as vu trop la classe. Comme dans le film vendredi 13, le premier du nom, lorsque le beau blond se fait transpercer la gorge à travers le matelas sur lequel il est couché. Le même sang. Genre de l'eau rouge quoi. Oui, je compte faire un exposé complet sur la couleur de ses yeux.

Il avançait en zigzagant entre les cadavres des bretons, couchés sur le sol, morts quasiment sur le coup. Un petit rire machiavélique s'était échappé de sa bouche. Il s'accroupit pour regarder plus en détail les courbes d'une jeune femme écrasée par une poutre en bois, servant au départ à maintenir la structure du hall de la place du marché. Ses jambes étaient broyées. Mais elle avait gardé les yeux ouverts avant de mourir. Elle avait pu se débattre une dernière fois pour survivre. Malheureusement, ses jambes étaient détruites à cause du poids du tronc d'arbre, taillé en parallélépipède rectangle. Elle avait les yeux bleus. Elle ressemblait à un fantôme, le teint pâle et même pas de far à joue rouge, histoire de donner des couleurs. Seul le sang qui s'échappait de ses yeux bleus donnait un peu de couleur à son visage. Comme si... comme s'il s'agissait d'un cadavre avant même d'en être un réellement. Elle avait pleuré des larmes de sang. Sauf que c'est techniquement impossible. Il fallait donc savoir pourquoi elle avait laissé s'échapper ce liquide amenant la vie. Ah, un morceau de verre était planté dans son canal lacrymal droit. Bon et bien, ceci explique cela. Il leva légèrement son bras et forma une pelle à tarte avec ses doigts, comme s'il désirait trancher quelque chose. Oui, il s'attaqua directement à son cou. Il abaissa très rapidement sa main afin de lui couper la tête. L'utilité ? Aucune. Il voulait, peut-être dans un élan de compassion, offrir l'opportunité à la tête de cette jeune blonde, de pouvoir se mouvoir une dernière fois. Accrochée à un corps inerte et incapable de bouger, autant lui laisser l'occasion de se barrer d'ici. Il prit la tête dans sa main droite et dans une position à la Hamlet, il ferma les yeux ensanglantés de cette jeune cadavre. Il la lança à travers le hall détruit afin d'atteindre la mer. Chose qu'il ne réussit pas. Non, une putain de mouette s'est interposé entre Hevruka et la mer et chopa la tête. Bon appétit, petite.

Alors qu'il allait voguer vers d'autres terres inconnues, vers d'autres lieux inexplorés, il sentit comme une présence anormale. Une présence presque surhumaine. Une énergie que seuls certains humains étaient capable d'avoir, comme... comme un cosmos. Y aurait-il un chevalier qui trainerait par ici ? Il referma les yeux afin d se concentrer sur ce flux d'énergie assez... hasardeux. Il avait l'impression que la personne qui possédait cette énergie ne savait pas la maîtriser comme il fallait, comme si elle était novice en la matière. Un tremblement de terre, un typhon sous la mer, un grand coup de tonnerre, qui vient tout bouleverser... Bon, Dorothée, rentre chez toi, maintenant. La mer, à proximité, qui était pourtant calme il y a quelques instants se déchaîna presque pour... anéantir le monde entier. Il avait la manche dans son dos mais pu sentir les trombes d'eau venir à une grande vitesse, un raz-de-marée plutôt impressionnant. N'importe quel humain, même un aveugle, même un sourd, pouvait ressentir que la mer se déchaînait. Oui, la nature était perceptible par n'importe quel être sur cette terre. D'ailleurs, ce cosmos était particulier... Il réagissait mal... Ou plutôt, il était contrôlé de manière très aléatoire, mais il était évident de deviner pourquoi. Ca se voyait, ça se sentait. Ce cosmos n'était pas né de la volonté d'un homme, mais de la réaction d'un homme, de ses sentiments. Un cosmos qui n'est pas pleinement voulu et pleinement contrôlé par un être est entièrement différent de celui qui est créé à partir de sentiments humains. La création cosmique du sentiment a une puissance inconsidérée face à celle de la maîtrise. Alors, imaginez qu'un cosmos soit maîtrisé et qu'il soit amplifié par la puissance des sentiments. Le pouvoir de l'être vivant serait alors infini. Mais, à ce moment précis, il n'y avait aucun pouvoir bien particulier... Ou plutôt, aucun susceptible d'effrayer le chevalier d'Argent. De toute façon, il n'avait jamais peur. La peur, la souffrance, la douleur, la tristesse, le désespoir... ce sont des sentiments dont il s'est débarrassé depuis longtemps. Tout ce qui lui restait était le coeur d'un guerrier qui était tombé en Enfer. C'est pour ça qu'il continuerait de se battre jusqu'au moment de sa mort.

Son armure, comme par réflexe, comme par obligation de protéger son porteur, vint se poser sur son corps mouillé par la pluie battante que nous offrait l'étendue d'eau de cette planète bleue. Il l'avait senti, ce qui allait arriver incessamment sous peu. L'armure l'avait senti en même temps que lui. Ils étaient connectés. Et, même si, par malheur, un jour il renonçait à la chevalerie, il serait toujours lié à son armure, l'armure d'Argent de l'Autel. Elle était son unique amie, l'unique être vivant, car oui, elle vivait, en qui il pouvait avoir confiance. Même s'il a dit quelques temps plus tôt à l'un de ses maîtres dorés qu'il lui faisait confiance, cela était du pipi de chat comparé à la confiance qu'il avait pour son armure, qui était transmise de génération en génération. Même si elle a été détruite lorsqu'elle protégeait son ancien porteur, il savait que celui-ci n'avait pas eu d'autre choix que de sacrifier son armure. Après tout... Il était dans le devoir de la pièce de métal que de donner sa vie à celui qu'elle était censée protéger. Bref, d'un côté, on s'en branle un peu, n'est-ce pas ? Eh oui. Quand même, ce qui était pratique avec les armures d'Athéna, c'est qu'elles ne rouillaient pas. En gros, elles ne perdaient pas leur âme, car tout le monde sait que les roux n'ont pas d'âme. CQFD. J'aime les private jokes. Une espèce de grande bâtisse s'était interposée, amenée par le courant de la mer. Il ne l'avait pas ressenti, ni entendu, ni vu. En effet, il avait eu pour réflexe de fermer ses yeux lorsque le niveau de l'eau s'est fait plus grand, histoire de ne pas avoir les yeux encore plus endomagés qu'ils ne l'étaient déjà. Il était déjà à moitié aveugle, donc autant protéger son capital "vue" au maximum. Bon, certes, il ne se servait presque jamais de ses yeux. Mais si l'eau salée s'infiltrait un peu trop longuement en son iris, ils changeraient de couleur et deviendraient éternellement rouges. Lui qui avait de beaux yeux vert émeraude, ça aurait été dommage. Il n'y avait que pendant ses moments de rage, de folie, qu'il avait ses yeux qui changeaient de couleur et qui devenaient rouge sang comme explicité un peu plus haut (autant ne pas recommencer cet exposé sur le spectre de couleurs).

Il était assez connu dans l'enceinte du sanctuaire que l'actuel chevalier d'argent de l'Autel avait quelques problèmes mentaux. Non pas que son intelligence laissait à désirer, au contraire, sa réflexion et sa culture étaient étonnamment élevées. Il était connu de la part de certains chevaliers, ceux qui ont été rencontrés en tout cas, que le Buveur de Sang était légèrement fou, que ces accès de rage pouvaient être mortels. Du genre hautain et méprisant, cela ne l'aidait pas à se faire des amis très facilement. Il n'y en avait qu'un seul avec qui il avait pu créer une certaine amitié. Une certaine, je dis bien, parce que bon, c'était difficile à décrire leur relation comme amicale. Du moins, ils arrivaient à s'apprécier un minimum, chose fort peu aisée, connaissant le caractère chaotique du vieux con. Qui était cet homme ayant réussi à "apprécier" le vieillard ? Un grand, fort, talentueux chevalier d'or, Milan Sethni du Capricorne. Bogosstavu. Bref, tout ça pour dire qu'il fallait se lever de bonne heure pour que le vieillard brun apprécie quelqu'un, lui qui était de nature réservé. Ou plutôt... méfiant. On ne sait jamais ce que les autres pouvaient nous faire. On pouvait avoir confiance en eux à plusieurs milliards de pour-cents, cette personne pouvait nous trahir à n'importe quel moment. Et cette personne pouvait être également une entité quelconque. Oui, je parle bien là des humains. L'humanité en générale pouvait apporter en son sein la confiance mutuelle mais... Homo homini lupus est. Qu'est-ce à dire ? L'homme est un loup pour l'homme. En d'autres termes, l'homme est le pire ennemi de son espèce. D'un point de vue philosophique, c'est plutôt une vision pessimiste de l'humanité et de la relation qu'entretient l'homme avec ses semblables. L'homme est un loup pour l'homme et vous en conviendrez, ce n'est pas très gentil pour le loup. L'homme, au final, n'est pas le "bon sauvage" mais le mauvais être vivant. Et ça, Hevruka l'avait très bien compris depuis sa tendre enfance. Sa tendre enfance... Son enfance, plutôt, car elle n'était pas non plus tout à fait tendre. Avec des parents plutôt absents, occupés tout le temps, il était difficile de vivre avec tendresse. Justement, comme il n'avait jamais connu de tendresse, il en avait à revendre. Il savait ce que c'était, mais personne n'avait pu en profiter. Et en presque cent ans de vie, c'est pas mal, n'est-il point.

Tout ceci, il avait pu y penser au moment où cette grande bâtisse, un bateau (sur l'eau...) était rentré par effraction et avait détruit le sommet du hall de la place du marché, faite de bois de chêne, comme toutes les grandes constructions solides, et l'avait percuté de plein fouet. Il avait beau avoir son armure sur lui, quand ça touche le crâne, ça étourdit quelque peu. Juste assez pour remettre les idées en place. Juste assez pour ne serait-ce que calmer la folie passagère qui animait l'Illuminé. Les cheveux, qu'il avait en bataille, moyennement courts, étaient repassés à leur couleur d'origine, c'est à dire un châtain foncé. Il avait ouvert les yeux quelques instants après avoir été percuté et grâce à la lumière du soleil qui se reflétait dans le bleu de l'océan, son vert émeraude était revenu en force, brillant parmi les étoiles de l'infini univers. Lumière du soleil qui malheureusement lui a cramé encore plus la rétine, comme s'il n'était pas assez atteint comme ça. Le sort s'acharne. C'était étrange quand même, d'une seconde à l'autre, il pouvait changer de caractère. Comme si c'était instantané... Parfois, devenait-il vraiment fou ? Son sang bouillait à l'intérieur de ses veines, comme si un sentiment diabolique s'emparait de lui. Son corps tremblait, il ne pouvait plus faire demi-tour. Ce n'était pas de sa faute si votre univers se fondait dans l'ombre. Alors que vos yeux s'assombrissaient, il ne retirait pas les yeux de la gâchette et vivait votre mort. Etait-ce à son tour de mourir ? Son coeur se battait tandis qu'il faisait ses adieux. Il aimait quand ses victimes pleuraient et criaient son nom. C'était jouissif.


Comme si on l'avait empêché de respirer, comme si on l'avait étranglé, il avait repris son souffle d'un coup, dans un bruit résonnant dans les décombres mortelles de ce lieu devenu maudit. Si dieu n'existait pas, il brasserait du vent. Si Dieu existait, il ne trouverait pas ça vraiment plus rassurant. La mort c'est la finale, le sommeil c'est l'entraînement. Heureusement, c'était lui Dieu. Et, pour sûr, ce n'était pas vraiment plus rassurant. Par un simple accès de colère, comme s'il n'avait pas apprécié qu'un putain de bateau puisse le mettre à mal, d'un simple coup de poing il le détruisit. Autant faire les choses en grand, n'est-ce pas ? Il sentait bizarrement que le cosmos qui était présent tout à l'heure, certainement responsable de tout ce bordel, était toujours là, dans la flotte. Ah parce qu'en plus cette personne a chercher à le noyer et à se noyer ? Faut vraiment être con, ma parole. Il pouvait être intéressant de savoir qui possédait un si grand potentiel, qui avait ce pouvoir que seule une poignée d'humains possédait. Il était possible que cette personne fut un dieu. Non, impossible. Arrêtons les blagues. Si ça avait été dieu, Hevruka serait mort à l'heure qu'il est. Et il serait mort sans l'espoir de pouvoir revivre ne serait-ce qu'une fois. Pour le juge ultime de la vie, ça ferait un peu tâche. Donc non, ça ne pouvait être qu'un humain. Un chevalier ? Un Marina ? Un Guerrier Divin ? Un Ase ? Un spectre ? Un Berserker ? Ta mère en string de guerre ? Le string ! Le string ! De guerre ! Le string-tring-tring-tring... de guegueguerre ! Bref. Il referma les yeux et plongea dans cette eau qui était... même pas transparente. De l'eau bretonne quoi, une eau verte. Il essaya de se concentrer pour repérer avec plus de facilité la personne vivante responsable de tout cela.


Mais oui, il fallait se servir de ce que lui avait appris son cher et tendre maître. Cher, oui, parce qu'il demandait beaucoup de sacrifices, mais tendre... Ca, il en était moins sûr. Mais bon, au moins il était gentil, c'était déjà ça. Il fallait savoir que l'un de ses maîtres, Milan du Capricorne, a été celui qui lui avait appris à maîtriser cette affinité cosmique, celle qui permet de repérer tout être vivant, de jouer, dominer toute parcelle de vie à l'intérieur de chaque atome. Et grâce à ça, il pouvait retrouver les choses vivantes et leur retirer leur vie ou alors insuffler un minimum de vie dans les choses mortes. Car oui, des choses mortes existent. Et je ne parle pas là des cadavres car, ils ont encore un minimum de vie, en l'occurrence, la nature qui cherche à reprendre ses droits sur le corps d'un de ses enfants morts. Donc oui, comme en surbrillance, il a réussi à repérer cette créature merveilleuse, tout droit sortie d'une histoire. Un couleur de feu s'échappait de quelques débris. Une rouquine. UNE ROUQUINE. Une femme sans âme. Déjà que c'était une gonzesse, alors en plus c'était une rousse. Une rousse quoi. Hevruka ne connaissait pas tous ces préjugés qu'on avait sur les roux, moi oui. Et c'est pour ça que je trouve ça drôle. Il la prit par le bras et la remonta par la surface. C'était pratique. L'eau permettait aux humains de peser moins lourd. Il n'avait donc eu aucun mal à la transporter jusqu'à la surface. S'ils étaient sur la terre ferme, le Buveur de Sang se serait noyé. Ou il se serait barré. Tiens c'était étrange. Des bulles sortaient de son nez et sa bouche pendant qu'ils étaient sous l'eau. Non, elle respire ? Non, impossible. IMPOSSIBLE. Il s'agissait sûrement d'une erreur. En gros, elle devait avoir encore un peu d'air dans les poumons et l'expulsait par petites saccades. C'était la seule explication logique. D'ailleurs Hev' en remontant à la surface était livide. Il était resté un peu trop longtemps sous l'eau. Bon, elle n'était pas non plus à 5mètres de profondeur mais bon, pour aller chercher un corps sous l'eau, peut-être coincé par des débris, fallait bien savoir nager et rester longtemps. Bizarrement, il ne s'était pas servi de ses pouvoirs cosmiques. Juste au dernier moment. Comme par réflexe ou plutôt instinct de survie, il augmenta son énergie et créa une sorte de vide entre lui et l'eau, un espace entièrement sombre comme si un trou noir se formait. Il le laissait là et laissait l'eau lentement entrer à l'intérieur de cet espace si dense, si concentré. Il faudrait attendre plusieurs heures pour que toute l'eau disparaisse. Voire même une journée entière.

Il ouvrit les yeux pour voir quelle créature il avait pu pécher. Un thon, une morue ? Mon dieu. Ses yeux. Ses yeux...



"Emma !"


Il lâcha ce nom comme s'il était sorti de nulle part, comme s'il venait de voir un fantome. Il réalisait... elle avait le même regard que son amour d'enfance, sa meilleure amie partie trop tôt, REST IN PEACE SISTAAAAAH. Non, c'était impossible. Vu sa mort, entièrement "naturelle" ou en tout cas qui n'était pas du domaine de la magie, elle ne pouvait pas être de nouveau en vie. Surtout qu'elle n'était pas rousse. Non, elle était brune. Donc bon. C'était une erreur. Il resta scotché devant la beauté de ses yeux... Lui souriant presque chaleureusement, comme si tout ce qui s'était passé avant n'était jamais arrivé, il lui adressa ces quelques mots...

"Vous... allez bien ?"


Il renifla un grand coup et avala par le nez une goutte d'eau salée, ce qui faillit l'étouffer...
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Aarhyel

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Mer 20 Aoû 2014 - 3:32

Il était là. Ses forces commençaient à l’abandonner et c’est ce moment que choisi le monstre, ce mortel, pour venir à sa recherche. L’idée qu’il vient vers elle afin de finir le travail lui arrache un tremblement. Elle n’avait pas su se libérer et ce meurtrier l’avait trouvée dans sa prison de décombre. Il n’avait pas dû apprécier percevoir sa présence parmi toutes les autres victimes… Surtout qu’avec sa maîtrise du cosmos, il avait probablement comprit qu’elle était la seule responsable de cette inondation. Elle s’attendait au pire, mais ce fut le silence complet dans son esprit lorsque sa panique lui laissa suffisamment de présence d’esprit pour avoir conscience de ce qui approchait. Non. Ce ne pouvait pas être vrai. Ce monstre… Il portait une armure. Rien à voir avec ces vulgaires pièces de métal que le soldat lambda pouvait se procurer auprès des forgerons et armuriers de la ville. Non, il portait l’une de ses cuirasses pourvue d’une conscience. Oh, Aarhyel ne se souvenait pas l’avoir jamais rencontrée, mais pour le semblant de déesse qu’elle était, il était impossible de ne pas savoir à quoi elle avait à faire. Ne serait-ce qu’en partie, pour en avoir connu des semblables.  Mais quel dieu cet assassin pouvait-il servir? Lequel, d’entre tous, endossaient ces actes de pure barbarie?  Celui que vénérait ce monstre était-il au courant de ce que faisait son fidèle disciple?

Son moment de lucidité vola en éclat quand le chevalier ne fut plus qu’à quelques mètres d’elle. Sa soudaine proximité ravivant la fougue de la nomade, celle-ci se débattue à nouveau de tout son être contre les débris qui la maintenaient prisonnière. Elle pouvait sentir des entailles se creuser dans ses paumes, le reste de son corps étant toujours protégé par une fine aura qui sans empêcher les décombres de l’écraser, les empêchait néanmoins de la blesser.  Dalleurs, alors qu’elle luttait dans l’espoir de pouvoir fuir l’inconnu avant qu’il ne mette la main sur elle, Aarhyel pouvait sentir la douleur qu’occasionne le sang qui reprend son parcourt dans les muscles compressés.  Allait-il jouer avec elle? Allait-il prendre son temps pour la tuer? Ou lui offrirait-il une mort rapide comme plusieurs de ses récentes victimes avaient eu droit…? Lorsqu’il fut sur elle, la nomade en oublia de respirer, pétrifiée.

Et c’est alors que l’inconnu la pris de court. Il ne chercha pas une seconde à s’en prendre à sa vie… Au contraire. Il se saisit simplement de son bras et la libéra avec tant d’aisance que la jeune femme sentit son cœur s’arrêter. Voir son impuissance être si clairement souligné refroidissait rapidement les moindres intentions d’hostilité. Même si ce mortel lui en laissait la chance, Aarhyel n’aurait d’autre choix que de fuir si elle tenait à sa vie. Et c’était le cas… Il était bien trop fort pour qu’elle puisse lui tenir tête, même si sa vie en dépendait, ce qui était le cas…  

La distance qui séparait le fond et la surface n’avait rien de bien impressionnant, du moins pour quelqu’un aussi à l’aise dans l’eau que pouvait l’être la déesse des monstres marins. Néanmoins, son corps courbaturés et aux muscles douloureux ne voyait aucun inconvénient à se laisser trainer par le mortel et alors qu’elle se laissait porter par l’eau, elle se demandait pourquoi le meurtrier s’était donné la peine de la sortir de là.  Les poings serrés pour retenir le sang qui suintait sur ses plaies, les protégeant du supplice de l’eau salée, la jeune femme cherchait à calmer sa respiration, la peur et la douleur lui ayant donné un rythme hasardeux.

À peine émergée, la nomade reprit son bras et profita de cette vague liberté pour s’éloigner de l’inconnu, mais ses poings fermés l’empêchèrent d’aller bien loin car elle s’empressa de replier les bras pour les maintenir hors de l’eau. Tout juste séparés, toujours à portée de main, la jeune femme ne put s’empêcher de dévisager ce guerrier. Son imposante tignasse l’incommodait et la jeune femme s’immergea à nouveau, le temps de balayer ses crins de flammes à l’arrière de sa tête.  Elle ignorait pourquoi elle vivait encore. Il ne l’avait pas tuée et bien que la raison derrière ce choix attise sa curiosité, elle n’avait aucunement l’intention de raviver sa colère en lui demandant de justifier le seul agissement avec lequel elle n’avait pas de problème. Lorsqu’elle retrouva la surface, elle rencontra finalement le regard de son… «Sauveur».

Emma?

Qui pouvait bien être cette femme pour laquelle la prenait cet homme? La déesse ne pouvait pas garantir de n’avoir jamais rencontré cet homme, les premières années de sa vie de mortelle demeurant toujours un mystère, mais les chances pour qu’ils se soient effectivement un jour connu étaient bien trop minces… Non. Il devait s’être trompé, ou alors il était fou. La nomade ne savait pas encore ce qu’elle préférait... La méprise signifiait peut-être qu’elle n’était plus en sécurité, autant pouvait-elle vraiment l’être en sa compagnie, tandis que la folie justifiait en partie l’étrange comportement de ce mortel. Lui qui venait de mettre à mort des centaines de vies, le voilà qui la regardait avec une étrange douceur. Une chaleur humaine presque déplacée au vue de son récent manque flagrant d’humanité. Aarhyel avait, certainement à cause de toutes ces années en compagnie de mercenaires, une forte envie d’envoyer sa main au visage de l’inconnu. Non pas pour apaiser sa colère à son égard, mais pour lui remettre les idées en place. Que lui arrivait-il à cet homme? Comment osait-il la regarder ainsi alors qu’il venait de tuer tant d’innocents? Si elle n’était pas convaincue que cela signerait son arrêt de mort, la nomade dépasserait sa peur rationnelle avec joie…

Lorsqu’il s’enquit de son état, la néréide ne sut que lui adresser un regard noir. Réprimant tant bien que mal une moue de dédain, la déité se détourna de lui en soufflant un « Je suis toujours en vie...» Avant de s’aider de ses jambes et de ses coudes, faisant de son mieux pour garder ses mains désormais couvertes de sang hors de portée de l’eau salée, pour s’éloigner davantage de lui. Cherchant à faire face au large, tout en ignorant les mésaventures de l’inconnu avec l’eau salée dans ses poumons, Aarhyel se dit que s’il pouvait utiliser son cosmos au point de savoir qu’elle savait en faire de même, elle ne se gênerait pas pour le montrer. Ou plutôt elle ne chercherait pas inutilement à le lui cacher.

Son instinct maternel, celui ayant toujours habité son cœur lorsqu’il s’agissait de ses protégés, reprit rapidement ses droits. Ne prêtant plus attention au sang coulant le long de ses poignets, la nomade observait l’étendue infinie de la mer, son regard soucieux ne reflétait qu’une infirme partie de toute l’inquiétude qui l’habitait. Au-delà de ses craintes pour sa propre sécurité, la néréide ne pouvait oublier les risques que courraient ses amours s’ils venaient jusqu’à elle… Inspirant longuement, la déesse sentit son corps trembler alors qu’elle se concentrait sur chaque goutte entourant son corps. Si déjà, depuis son éveil, son cosmos ne lui répondait pas entièrement, l’état de son corps rendait les choses plus compliquée. Bientôt, son corps fut soulevé, comme si le sol se soulevait juste sous son corps, mais ce n’était que l’eau salée qui la repoussait à la surface. Se tenant tant bien que mal sur ses jambes, écartant les bras pour s’assurer un minimum d’équilibre, Aarhyel avança un pied puis l’autre. L’eau lui répondait, appliquant une force contraire pour empêcher son corps de s’enfoncer.

La sensation était déplaisante, comme si elle marchait sur une terre molle et en mouvement, mais au moins son cosmos lui permettait de s’éloigner davantage du meurtrier.  Aussi habile qu’une enfant faisant ses premiers pas, la jeune femme réussit cependant à atteindre une corniche de pierres, seule parcelle intacte parmi les ruines de ce qu’avait été le marcher. «  Qui êtes-vous? Non… Qui croyez-vous être pour vous permettre de tels actes? Tuer tout ce gens… Pourquoi?»  Demande-t-elle sans se retourner, n’ayant aucune envie de le regarder. Son corps trempé tremblait doucement sous ses vêtements gorgés d’eau et son imposante tignasse tombait mollement sur ses épaules. La brise marine la faisait frissonner, mais son état n’avait aucune importance. Sa peau claire et lumineuse était marbrée de sang le long de ses bras, elle dut en secouer un pour faire tomber le sang qui continuait de s’écouler de sa paume avant de la porter en visière. Scrutant le large à la recherche de la moindre silhouette annonçant l’arrivée de l’un de ses protégés. Les suppliants une énième fois de ne pas chercher à la rejoindre, elle laissa retomber son bras « Quel dieu pouvez-vous bien servir pour qu’il vous laisse impunément user de votre cosmos d’une telle façon?»  Voulu-t-elle savoir en agitant les doigts, n’appréciant pas d’être chatouillée par la douceur des gouttelettes de sang qui léchaient sa peau avant d’aller s’écraser contre la pierre à ses pieds.
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Hevruka

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Ven 5 Sep 2014 - 15:53


Oh mais c'est qu'elle est rigolote cette petite rouquine. Comme quoi, ma théorie établissant que les roux sont dépourvus d'âme est bel et bien justifiée. Lorsque notre âme n'était pas là pour nous rappeler nos actes les plus malveillants, pour nous rappeler nos sentiments, pour nous rappeler que nous sommes vivants, nous nous sentons bien plus libre, bien plus léger. C'est ça, oui, léger. Sans âme, nous sommes une plume. Elle le prouvait bien là, la rouquine. Tellement légère qu'elle se hissait à la surface de l'eau. S'appellerait-elle Jésus ? Prions tous notre seigneur ! Ou alors elle était tellement anorexique qu'elle flottait tranquillement. Plusieurs hypothèses étaient possibles. Oh mais tiens, pourquoi ne pas utiliser l'explication de base de cette série animée dont nous nous inspirons ? Le cosmos. C'est vrai que le cosmos pouvait expliquer bon nombre de choses. Limite, le ciel est bleu, c'est grâce au cosmos. Mais bon, autant continuer d'abuser de cette explication. Ca aide pas mal. "Ah ouais et comment ça se fait ? Et bah c'est le cosmos, connard". Comme ça, on est tranquilles, on est pépères. Sereinement à base de sérénade. Donc comme ça, Jésus est une femme. C'est plutôt cocasse comme situation. A ce moment précis, le chevalier d'argent n'avait qu'une seule envie, c'était utiliser le bois gorgé de flotte et d'en faire une croix pour la crucifier. Allez, on reprend les mêmes et on recommence. All these things I hate revolve around me ! Donc il faudrait aller plus dans le sud pour pouvoir bien refaire les choses. Faudrait aussi inviter Ponce Pilate. Il serait jaloux si on ne l'invitait pas. C'est quand même lui l'assassin du sauveur. Pourquoi pas, après tout. Plus on est de fous, plus on rit. Allez, autant faire un barbecue. Invitons Jeanne d'Arc, il paraît qu'elle était une grande amatrice de barbecues.

Comment expliquer son geste ? Autant raconter une histoire. Peut-être alors que le lecteur pourra faire le rapprochement. Une femme très ordinaire vivant par la Bible, liée et emmurée par une prison de décrépitude apportant la vie à la terre tout en perdant son esprit essaya de se suicider et voyait des hallucinations de Satan. Elle força son propre sang à couler, au-dessous des eaux pour se noyer, mentant à la mort, de ses yeux grands ouverts. Il s'agissait d'une spirale descendante, d'un cercle vicieux. Elle refusait toute aide, se mutilait, négligeait ses enfants. Le poignard léchait son cou, elle désirait s'évader, succomber à Satan, volé par le septième péché capital, l'envie. Quoiqu'il ne s'agissait pas réellement d'un péché capital mais d'un péché mortel. Cet acte coupe totalement celui qui le commet de la grâce divine, plaçant ainsi l'âme en état de mort spirituelle. Il s'agit de violences commises en tout état de cause, faites de son propre libre arbitre. Elle croyait que Satan était à l'intérieur de son sang, commandant pour la destruction de ses enfants maudits. Les conditions empirèrent. Elle cherchait des réponses dans les saintes écritures. L'eau remplit la baignoire, tous ses enfants flottant sans vie. L'innocence poursuivie et noyée. Depuis elle n'entendait plus les voix de Satan. Globalement, c'est ce que ressentait le chevalier d'Argent. Il voulait, en tuant des "innocents" quels qu'ils soient les protéger de la souffrance éternelle. Bien qu'il ne fût pas chrétien, bien qu'il se convertît au bouddhisme, il avait tout de même la charité de protéger les humains de l'Eternel. Pour un Myoo, il était important que l'homme finisse son existence sans avoir la crainte de passer devant le jugement de Dieu.

Une chose le chiffonnait désormais. C'était évidemment ce rapport de force qui s'était installé entre les deux êtres. Au départ, c'était l'homme le plus fort, en position supérieure, vu que c'est lui qui dirigeait les choses. Choses qui ont vraisemblablement changé. Surtout d'un point de vue physique. Physiquement, la rouquine avait réussi par on ne sait quel pouvoir à s'extirper de l'eau. Donc son visage se situait bien au dessus de celui de l'Argenté. En ce sens, l'Illuminé ne pouvait accepter ce retournement de situation. Dans ce cas il fallait reprendre le dessus. N'oublions pas que l'homme est supérieur à la femme. N'oublions pas que même dans le jugement divin, la Femme était la fautive. N'oublions pas que si l'homme est condamnée à la souffrance éternelle, c'est à cause de la femelle. Alors autant marquer sa puissance logique. Bon, Hevruka ne pensait pas ça, et moi non plus d'ailleurs. Certaines gonzesses te mettent à l'amende que ce soit physiquement ou intellectuellement et nous ne pouvons rien y faire. Hevruka avait comme une envie d'utiliser une baguette magique pour faire disparaître toute cette flotte malsaine. Salagadou la menchika bou la Bibbidi Bobbidi Boo. Mélangez tout ça et vous aurez quoi ? Bibbidi Bobbidi Boo. Salagadou la menchika bou la Bibbidi Bobbidi Boo. C'est de la magie ou je ne m'y connais pas. Bibbidi Bobbidi Boo. Salagadou la veut dire la menchika scoubidou. Mais le truc qui fait boom à tous les coups c'est Bibbidi Bobbidi Boo. Salagadou la menchika bou la Bibbidi Bobbidi Boo. Mélangez tout ça et vous aurez quoi... Bibbidi bobbidi, bibbidi bobbidi, Bibbididi Bobiddi Boo ! Oui, utiliser une baguette magique faite en bois de sureau, avec une plume de phénix à l'intérieur pour un bon 24,87 centimètres. Bon, t'inquiète pas, Hevruka, tu as déjà un truc de plusieurs dizaines de centimètres qu'on pourrait appeler "Baguette", ne t'en fais pas, elle est bien plus grosse et imposante que bon nombre d'êtres vivants sur cette planète. Un sort à la Harry Potter serait tellement délicieux. Comme quand Dumbledore emprisonne Vous-Savez-Qui dans une boule de flotte. Genre pouvoir faire une sphère de cette pisse et la renvoyer d'où elle vient, c'est-à-dire les fonds marins.


"Plait-il ?"



Une remarque lui avait déplu. "Qui croyez-vous être", blablabla. Des conneries. Qui il était ? Un simple homme, brun aux yeux verts, plutôt grand et impressionnant. C'est aussi lui qui décidait qui devait rester en vie ou qui devait mourir. Pour tout avouer, tout ce tralala est le résultat d'un apprentissage qui date d'hier, presque. Un jour il demanda à un maître d'or de lui enseigner une affinité cosmique qu'on pourrait appeler "La vie", même s'il ne s'agit pas d'une série animée pour enseigner aux gens les mécanismes et les fonctionnalités du corps humain. Depuis, il voyait tout ce qui existait et qui était vivant. Cependant, il voyait le mauvais côté de la chose vivante, comme si son côté sombre prenait toujours le dessus. De toute façon, c'était un combat perdu d'avance. Il ne serait jamais un homme bon. A moi qu'une belle rouquine décide de l'aimer ? Ahah, je plaisante. Private joke. Ses deux affinités cosmiques étaient perpétuellement en rivalité et cela n'en finirait jamais. Il fallait quelque chose pour faire pencher la balance. Pourquoi ne pas apprendre l'entière opposition que ce qu'a enseigné ce maître doré ? La Mort. Quel sujet passionnant. Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça. Il est qui il est. S'il a décidé que tu devais mourir, alors tu dois respecter sa décision. Il comprend, il ressent bien trop la douleur de l'être humain. Lui-même à n'importe quel moment pouvait décider de mettre fin à ses jours. Bon, en même temps, il était un peu fou donc cette décision serait prise sous le coup de la folie. Et ça ne serait pas étonnant connaissant l'Illuminé.

Bref, il fallait virer cette flotte à la con. Ce qui est pratique, dans l'univers dans lequel nous interagissons, c'est qu'un truc vachement sympa a été inventé : le cosmos. Oui, il fallait utiliser son cosmos pour influer sur les éléments. L'eau arrivait jusqu'à presque un mètre quatre-vingt-dix au-dessus du sol, ce qui est très légèrement plus petit que la taille d'Hevruka, qui a trois centimètres de plus. De toute manière, il est très difficile de rester droit dans l'eau et donc de bénéficier de l'entièreté de sa taille. Il se dirigea vers le fond de l'eau pour avoir ses pieds bien ancrés dans le sol. En effet, avec le poids de son amure, il allait être effectivement bien dans le fond. Dehors, le ciel s'assombrissait, en lien avec l'ombre dans l'âme et l'énergie de l'argenté. Quand on voyait la surface de l'eau, de petites bulles éclataient au contact de l'air, comme si quelqu'un respirait sous l'eau. Ces petites bulles grossissaient à la vue du défilement des secondes. Comme si... comme si l'eau bouillait. L'eau blanchissait comme lors de la cuissons de succulentes spaghettis. Miam. L'eau s'évaporait à une vitesse ahurissante. Seconde après seconde, le corps du chevalier d'argent, cheveux mouillés en bataille, se dévoilait à force que l'eau s'évaporait. Des flammes apparaissaient autour du chevalier d'argent sur l'eau. Ce procédé physique peut avoir lieu lorsqu'on verse du pétrole dans de l'eau et que le feu résiste encore et toujours (à l'envahisseur). Pourtant, le chevalier d'argent ne maîtrisait absolument pas le feu et les flammes. Mais pour toute personne sachant utiliser son cosmos, créer un élément n'était pas chose impossible, il suffit simplement de s'en donner les moyens. Il ne pouvait simplement pas maîtriser cet élément et en faire ce qu'il voulait. Mais quand même. L'eau n'existait désormais plus. Tout ce feu d'artifices pour si peu, mais au moins, on était tranquille. Plus de souci à se faire, l'hypothermie s'enfuyait, c'était génial. Dans tous les cas, le chevalier d'argent n'avait pas répondu aux questions de la petite rouquine. Pourtant, moins d'une minute s'était écoulé entre son "plait-il ?" et maintenant. Comme quoi ce fut extrêmement rapide.


"Vous connaissez sûrement notre devise "Pour protéger l'amour et la justice sur terre" ?"

Oui, c'est vrai que les chevaliers du zodiaque aimaient beaucoup sortir cette connerie sans nom. S'il fallait vraiment protéger ces âneries, il faudrait détruire toute l'humanité car Homo homini lupus est, l'homme est un loup pour l'homme. L'homme n'est pas bon avec ses congénères. L'amour n'est pas si beau. Certes, il apporte le bonheur, mais il apporte surtout la tristesse et le malheur. La tristesse apporte la colère, la colère amène à la haine et la haine amène au côté obscur de... de... du cosmos. De plus, la justice fonctionne assez mal. Prenons pour exemple la peine de mort. La peine de mort tue. Or, tuer est mal, la peine de mort est donc mauvaise. En accord avec Victor Hugo "Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !" Donc les hommes rendent leur justice par la mort d'autres hommes. C'est... illogique, n'est-ce pas ? Il est acquis que le peine de mort affecte psychologiquement les personnes qui y participent (les "bourreaux"), pouvant parfois atteindre gravement leur santé physique et psychologique. L'argument veut que lorsque la peine de mort n'est pas absolument nécessaire pour défendre la société, la société n'a pas le droit de demander au personnel pénitentiaire de mettre ainsi sa santé mentale en danger. L'homme force l'homme à attenter à sa santé mentale, pour tuer d'autres hommes ? Et Hevruka était censé les protéger ? D'un côté, il n'avait jamais vraiment prêté serment envers sa déesse. Mais de l'autre côté, en portant cette armure et en acceptant sa protection, c'est comme s'il l'avait fait. Faudrait qu'il pense à le faire officiellement. Incessamment sous peu, forcément hein. Une entrevue serait fort sympathique.

"Hevruka, Chevalier d'Argent de l'Autel de la Déesse Athéna, pour vous servir."

Il lâcha cette phrase en faisant la révérence de rigueur dans ces situations-là. Oui, il était en discussion avec une dame. Une rouquine, certes. Ecoutez, on a tous nos défauts, il faut vivre avec. Hevruka était à moitié aveugle alors bon, les défauts physiques lui passaient un peu au-dessus de la tête. Bref, il fallait expliquer à cette donzelle qu'au final il n'était pas dangereux. Qu'il ne ferait pas de mal à une mouche. En effet, il ferait du mal à tous les hommes de cette terre, mais pas à une mouche. Ecoutez, il n'est pas un sans coeur, il éprouve de la compassion pour les êtres vivants. Ce n'est pas un monstre ! Vive l'ironie, sacrebleu ! D'ailleurs, en réalité, il n'allait pas réellement "la servir", faut pas déconner non plus. Mais il ne s'agissait que d'une expression qu'on sortait un peu à toutes les donzelles de cette époque. Faut aussi se remettre à l'esprit qu'Hevruka est né au XVIIe siècle et qu'au final, on parlait ainsi en cette époque. Il était anglais aussi, mais bon, dans un souci de cohérence, on va éviter de le faire speaker british, you know. Il ouvrit les yeux et se tourna dans sa direction pour que sa voix se déplace furtivement jusqu'aux oreilles de la rousse.

"Vu que vous avez l'air de savoir ce qu'est le cosmos et comment globalement s'en servir, je ne puis vous cacher ceci bien longtemps."

Le ton de sa voix avait changé. Il était passé de grave, presque enjôleur, à une voix plus douce, plus... confidentielle. Comme s'il s'apprêtait à lui révéler un secret du genre "Si je te le disais, je serais obligé de te tuer". De toute façon, même s'il lui disait pas, il serait dans l'obligation de la tuer. Ouais, il aime bien quand les gens perdent la vie. Ca ne fait que largement augmenter sa condition humaine, et faut le dire, c'est quand même vachement pratique même si... même si cette belle rouquine l'intriguait. Il sentait son ventre tout noué quand il tournait son regard d'émeraude dans sa direction. C'était une sensation assez étrange. Elle n'était pas forcément maléfique, mauvaise, insupportable, juste étrange. Comme si la rouquine, sans même s'en douter usait de sa présence comme d'un baume pour calmer et emprisonner le maléfice qui pèse sur l'Argenté depuis quelques temps déjà.

"Depuis quelques temps, je subis un maléfice qui me fait devenir fou et incontrôlable. Je ne puis faire autrement et j'ignore la raison et la provenance de cette... abomination."

Bon, en vrai il le savait, évidemment. Mais ça, il devait le cacher au plus grand nombre. Seule une personne état au courant et c'était bien suffisant. Il ne voulait pas que ce genre de chose s'ébruite. Surtout qu'il était avec une inconnue, une inconnue cachant un grand pouvoir en son sein (boobies), et rouquine de surcroît. T'imagines le bordel si elle était au courant de l'âme vivant dans le corps d'Hevru, cette âme qui en fait n'est pas mauvaise mais que c'est Hevruka qui est mauvais. Ouais, mon délire va loin. Mais bon, seuls Milan et Athéna méritaient de savoir ce petit souci. Quitte à se faire des ennemis au sein (boobies (running gag)) de ses frères d'arme. Il n'en avait rien à battre de toute façon. Il n'était pas du genre à exprimer le moindre sentiment envers qui que ce soit. A moins que... Transition de malade.

"Mais il semblerait qu'en votre présence l'aversion se soit évanouie..."

Si c'est pas d'la drague de malade ça j'me demande bien c'que c'est. Ouais, des phrases bateaux qu'on sort aux petites pucelles de 14 ans pour les faire mouiller et pouvoir obtenir ce qu'on veut d'elles. Non, je ne suis pas pédophile. Juste que j'ai eu quatorze piges aussi. Ce n'est pas vraiment une époque que je regrette ouvertement de toute mon âme mais il faut préciser qu'à cette époque, on est tranquille, à part le brevet, on n'a aucune inquiétude et ça, c'est cool. D'ailleurs, ça m'fait penser qu'Hevruka a oublié quelque chose...

"Je ne me souviens pas avoir eu le plaisir d'ouïr votre nom..."

Il fallait faire la conversation autant que faire se peut. Hevruka n'avait pas grand chose à dire (ETONNANT), mais il n'avait qu'une envie, parler avec elle jusqu'au bout de la nuit. Ils m'entraînent au bout de la nuit. Les démons de minuits m'entraînent jusqu'à l'insomnie, les fantômes de l'ennui. (Dans mon verre je regarde la mer qui se balance, je veux un disque de funky music, faut que ça danse...). Vive Images, c'était le bon temps, franchement. Bon, j'étais pas né, mais même, c'est le principe. Toutes les paroles de l'argenté étaient dites avec douceur, contrairement à ce que son physique pouvait laisser présager, lui qui avait l'air de quelqu'un de seul, sombre, froid, il se comportait comme quelqu'un de normal, comme si tout ce qui venait de se passer ne s'était pas produit...

"Et comment connaissez-vous l'existence du cosmos ? Comment se fait-ce que vous le pratiquiez ?"
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Aarhyel

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Dim 14 Sep 2014 - 4:31

Si la nomade ne s’était pas retournée vers lui lorsqu’elle lui avait adressée ses questionnements, elle ne put s’en empêcher lorsque le gazouillis des premières bulles se fit entendre. Son regard glissa instinctivement sur la surface de l’eau qui ne devait pas se trouver là. Elle bouillonnait, les grosses bulles venant éclater à la surface trahissaient sa température anormale. L’eau de mer… La seule raison possible à son ébullition spontanée était la présence de cet assassin. Il se servait de son cosmos pour se débarrasser de toute l’eau qu’elle avait fait venir malgré elle. Les flammes qui vinrent lécher la surface du bassin improvisé la firent frémir. Un frisson longea son échine et une fois de plus ses tripes s’évertuaient à lui faire sentir pleinement les dangers de ce monde pour elle.  Son cosmos incontrôlable était tout aussi dangereux pour elle que pour les autres. Que serait-il arrivé si des mortels avaient été happés par l’énorme vague qu’elle avait créé sans le vouloir?

La néréide devait s’approcher du bord de son perchoir afin de garder l’inconnu à l’œil. Le niveau de l’eau diminuait et le corps de l’assassin le suivait, se rapprochant encore et toujours du sol.  Le nœud dans son ventre se resserra brusquement lorsque le meurtrier déclina son identité. Si elle avait déjà entendu cette devise? Évidemment, mais l’identité de l’association lui échappait. Tant et si bien que lorsque le chevalier lui sortit son titre en entier, ce fut comme recevoir un coup de poing à l’estomac. Athéna? Ce… Ce monstre était au service d’Athéna? Cette fois, il était plus qu’évident que la nomade n’avait plus le choix.  Son époux, et probablement sa seule protection digne de confiance, malgré l’absence de souvenir, avait disparu et ses hommes… Les marinas ne répondaient plus à l’appel, mais elle ne pourrait pas le leur reprocher car leur dieu n’était plus là pour eux. Alors que lui restait-il? Elle avait choisi de ne compter que sur elle-même, mais en toute franchise, son cosmos la tuerait probablement le premier.

Debout, face à lui, en hauteur mais sans dégager une quelconque impression de domination, la déité toisait le chevalier. Oh non, elle ne se réfèrerait jamais à lui de la sorte. Non. La nomade connaissait le mot que les mortels emploieraient pour lui. Car peu importe à quel point il était immonde à l’intérieur, ce meurtrier était séduisant. Il avait un charme dérangeant, qui poussait la nomade à le détester. La beauté pour tromper le monde et le mal pour les punir. Cet homme était un démon. Il lui donna finalement la dernière  réponse qu’elle attendait. Le pourquoi de ses agissements. Peut-être était-ce la vérité. Peut-être était-ce un mensonge. Peut-être pensait-il que la nomade croirait aveuglément ce qu’il lui disait…  Tant de peut-être, trop de peut-être. Tout ce que comprenait la nomade était que le démon mettait un nom sur le mal qui l’habitait. À elle de le croire où non…

Si la nomade n’avait pas ri lorsque le démon avait conclu sa présentation par une politesse dénuée de sincérité, elle ne put que lever les yeux au ciel lorsqu’il fit mine de lui faire la cours. Un remède? Un talisman? Peu importe ce qu’il essayait de lui faire croire, la néréide refusait de jouer le jeu. Pas de la sorte du moins.

Il lui signifia alors que c’était son tour de prendre la parole. Choisissant de ne pas lui signaler qu’il ne se souvenait pas d’avoir entendu son prénom car elle n’avait nullement cherché à le lui dire, la nomade pris place au bord de la corniche. Les pieds dans le vide, elle laissa ses pensées s’organiser. Pour sa sécurité, son identité devait demeurer secrète. Pour le moment. « Je me nomme Aarhyel et … Je ne peux m’en servir que depuis très peu de temps, alors je ne suis pas très douée. J’ai fait naufrage et en me réveillant, j’en étais capable.» Ce n’était pas faux… Elle avait bel et bien rencontré Océanos après le naufrage et c’était au réveil de ses souvenirs divins qu’elle avait renoué avec son cosmos.  

Prenant une profonde inspiration, la nomade sauta de son perchoir. Elle adoucit son atterrissage grâce à son cosmos afin de s’approcher du démon.  Elle ne lui faisait pas confiance, mais il devait comprendre qu’elle ne se montrerait pas agressive à son égard. Après tout, ne venaient-ils pas de pratiquement se tuer l’un et l’autre? Aussi inconsciemment cela avait-il été.

«Vous œuvrez pour Athéna… Si c’est vrai, aidez-moi. Je vous en prie.» Demanda-t-elle sans détour. «Je n’ai conscience de mon cosmos que depuis peu, je ne peux pas me protéger.» Lui rappela la déité avant de regarder autour d’eux, constatant les dégâts qu’elle avait causés malgré elle. «Même… Je serais un danger pour moi-même si j’essayais…» Cette constatation lui fit baisser la tête, son corps se repliant légèrement, ce qui accentua davantage la différence marquante de taille entre eux. Mais comment s’en empêcher lorsque notre vulnérabilité nous frappe en plein visage. « J’ai une armure. Mais je l’ai cachée, je ne croyais pas en avoir besoin…C’était stupide.» Encore une fois, c’était vrai, elle omettait seulement de dire qu’elle était cachée depuis des sciècles… Elle releva alors la tête. « Aidez-moi. Venez la chercher avec moi, s’il vous plait, je ne serai pas de taille fac à qui que ce soit sans elle.»

Non, la folie ne venait pas de frapper la néréide. Elle croyait en ce qu’elle disait. Elle réalisait à quel point elle aurait besoin de son armure si elle voulait survivre. Et si le démon était vraiment au service d’Athéna, il y réfléchirait. Elle n’était pas un spectre et était en détresse. Il ne s’engageait à rien, seulement à lui procurer un moyen de défense. Jamais, dans ses paroles, elle ne lui avait demandé d’aller à l’encontre de ce que prêchait sa déesse. « J’ai réellement besoin d’aide… Et s’il le faut, une fois mon armure retrouvé, j’irai répondre de tout ce que je vous aurai demandé devant votre déesse.» Nouvelle carte. Athéna… Oh, Athéna. Amphitrite et elle n’avait aucun lien réel, mais cette déesse lui apparaissait soudainement comme son salut. Ahténa était bonne, immensément, et s’il y avait bien quelqu’un auprès de qui elle pouvait demander de l’aide, c’était bien elle.  Si ce démon consentait à la conduire à Athéna, ses problèmes se règleraient-ils peut-être. Auprès d’Athéna, elle pourrait trouver quelqu’un pour l’aider à maîtriser son cosmos… Ainsi, elle apprendrait à se défendre. « Sa bonté de même que toute sa réputation n’est plus à faire. Si j’en suis digne, il me plairait de me joindre à elle. Aussi ridicule cela puisse paraitre, je voudrais faire le bien. Qui de mieux que la déesse de la sagesse pour me guider sur cette voie?»
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Jeu 25 Sep 2014 - 23:02

"Je pensais que j'apprenais à vivre; j'apprenais seulement à mourir"
Léonard de Vinci.


Palapapapa, changement de situation. Comme si le Deus Ex Machina avait œuvré sur notre pièce de théâtre bretonne. Soudainement, après les présentation de la petite rousse de League of Legends, elle eut l'envie de demander un service au chevalier d'argent. C'était, ma foi, assez étrange. Pourquoi ce retournement de situation si impromptu ? Une mouche l'avait-elle piquée ? Ou bien cherchait-elle à amadouer le jeune vieux ? Il n'avait pas la réponse à ces trois questions, mais il risquait de les avoir incessamment sous peu. L'éclat des torches brasillait au sommet du phare central, malgré sa récente destruction. Quelques lanternes éclairaient chichement la place de la cathédrale. En tout cas, elles le faisaient avant cette grande vague d'eau qui a réussi à tout éteindre. D'un côté, ils avaient échappé à un incendie probable. Il fallait voir le bon côté des choses. Pour protéger des milliers d'innocents, il était nécessaire d'en massacrer une dizaine. C'est la dure loi de la jungle. Même en pleine terre bretonne.

Il avait ri, bêtement.. Parce qu'il trouvait la situation tellement ironique. Il fallait se lever de bonne heure pour le faire rire de bon coeur. Cependant, à ce moment précis, il s'agissait bel et bien d'un rire moqueur, rire qu'il pratiquait assez souvent. Un rire cynique, qui, quand il vous est destiné, n'est pas toujours très plaisant. Il ne se moquait pas d'elle. Quoique... juste un peu. Ce qui peut se comprendre. Combattez votre ennemi juré, essayez de le tuer et au dernier moment, essayez de l'embrasser en lui disant "Je t'aime, grand fou.". Forcément, votre ennemi, premièrement, va vous coller une grosse calotte, deuxièmement va vous rire au nez. Fortement, de surcroît. Bon... La jeune demoiselle n'était pas un ennemi juré, loin de là. Certes, il était facilement visible qu'elle pouvait le mettre à mal à n'importe quel moment. Cependant, le chevalier d'argent avait une fierté. Si elle se mettait à le battre, il chercherait à gagner. Je gagne pour gagner. Il n'était pas du genre à chercher le combat pour la frime, mais seulement pour se défendre. Ou pour se défouler, au choix.

Un large sourire s'était dessiné sur son visage. Les yeux fermés, il les ouvrit pour contempler le visage de la rouquine qui n'était pas si loin du sien. Pas au point de se rouler une pelle mais au point de pouvoir distinguer la couleur de ses yeux. Pour un aveugle, c'est déjà énorme. Bon, semi aveugle. Mais c'est pas mal tout de même. Il prit une forte respiration afin de humer les odeurs naturelles du bord de la mer, comme s'il voulait être en communion avec la nature, cette nature vivante, chamboulée récemment. Il s'approcha doucement d'elle pour répondre à sa demande incongrue.


"Bonté ? Ce n'est pas parce qu'Athéna est bonne que ses chevaliers le sont."


Bam. Ca, c'est fait. Autant être sincère dès le départ. Quand on regardait avec attention, la déesse de la Sagesse n'était pas forcément la Déesse de la bonté. Certes, elle aimait protéger la veuve et l'orphelin, certes elle se battait pour l'amour et la justice sur terre en faisant en sorte d'éradiquer toute trace de mal dans le monde vivant. Pour ce faire, elle faisait appel à des hommes et des femmes, des guerriers qui répondaient au nom de "chevaliers". Là où la déesse Athéna ne faisait pas forcément preuve de bonté se retrouvait dans l'existence de ces guerriers, forcés à se battre et à risquer leur vie pour un monde meilleur. Ne s'agissait-il pas là d'un certain illogisme ?

Sincèrement, pourquoi ferait-il cela ? Elle le prend de haut, manque de le tuer, et d'un coup, c'est elle qui a besoin d'aide ? C'est à se demander si ce n'était pas elle qui avait un léger problème mental. Serait-elle atteinte de schizophrénie ou alors serait-elle bipolaire, c'est-à-dire maniaco-dépressive ? Ca leur ferait peut-être un point commun et ce n'était pas à négliger. C'est avec de petits trucs qu'on arrive à se rapprocher des gens, en plus de l'envie de se sociabiliser. Bref. D'un côté, sa demande pouvait avoir des retombées positives pour l'Argent. Oui, il fallait pouvoir profiter de la situation. Dans ce cas, fallait-il accepter la demande de la demoiselle ? Hevruka n'était pas un modèle de gentillesse et de dévouement. Il n'y avait aucune raison pour qu'il accepte. Vraiment aucune. A part pour trahir cette femme en récupérant cette armure ? C'est une idée. Ou alors au dernier moment, lorsqu'un danger surviendra, la trahir en la laissant se faire tuer. Bon, Athéna ne serait pas très très contente mais elle n'irait pas jusqu'à le blâmer. Il est libre un minimum, tout de même.


"Admettons que j'accepte... Elle est où cette armure ?"

Oui, il fallait aussi se renseigner. C'est bien beau d'accepter d'accompagner une jeune fille, autant fallait-il savoir où il fallait se rendre. Si ça faisait trop loin, il allait l'envoyer paître comme il se doit. Faut pas non plus abuser de sa gentillesse si soudaine, si bizarre, si inhabituelle. Par habitude, il se passa la main dans les cheveux, comme pour se recoiffer. Ils étaient mouillés. C'était pas une sensation très agréable. Il est bien mieux de sentir des cheveux secs et doux que des cheveux mouillés. En plus ils risquent d'être bien dégueulasses à cause de l'eau salée. Immonde. Bon, au moins si jamais il s'était blessé, il était désinfecté. Oui, comme je l'ai dit plus haut, il fallait toujours voir le bon côté des choses. Au final, il se gratta l'arrière de la tête, feignant la réflexion.

"Et bien... A... Aarhyel ? Juste pour que vous sachiez. L'énergie que vous dégagez ne vous tuera jamais."
Il sortit de sa poche un petit poignard avec un manche en bois de hêtre et une lame d'environ 16 centimètres. Il fit quelques effets de manches comme un avocat cherchant à défendre son client, histoire d'impressionner le jury. Il se plaça bien face à elle, ferma un oeil pour bien avoir en ligne de mire la tête de la rouquine. Devinez c'qu'il va faire. Eh ouais, il lança la dague en direction d'sa belle gueule, qui finit sa course sur un poteau de bois à une courte distance d'elle. Pourquoi avoir fait ça ? L'explication était simple. Il s'agissait de preuves physiques que l'énergie personnelle ne tue pas. Elle met en danger mais ne tue pas.

"Cet objet peut tuer. Votre ennemi peut tuer. Vous ne pouvez pas vous tuer car inconsciemment votre esprit cherchera à vous faire survivre, même s'il n'y parvient pas. Votre seule alliée est votre âme."

Tiens, Hevruka serait-il devenu professeur sans le savoir ? Oui, autant arrêter ça tout de suite, ça ne rimait à rien, il n'avait aucune obligation envers elle. Il avait, sans l'avouer complètement, accepté la demande de l'illustre inconnue, qui ne l'était plus vraiment à présent, vu qu'il connaissait son prénom. Certes, il ne connaissait ni son âge, ni sa profession, ni sa taille, ni son poids, ni la couleur de ses bas ni rien du tout en fait. Mais il avait connaissance du plus important : ce n'est pas une ennemie. Et c'était quelque chose de positif après tout. Comme d'habitude, Hevruka parlait avec une voix très posée, presque charmeuse mais surtout dénuée de sentiment. Il avait pris pour leitmotiv la non existence de ses sentiments. Les sentiments ne font que faire mal, des erreurs. C'est d'la daube, en gros. Il se ravisa de lui faire un cours sur le cosmos. Ce n'était ni le lieu ni le moment pour ça, surtout qu'il n'était nullement professeur malgré les demandes de certains chevaliers qu'il a connus, qui n'existent plus, d'ailleurs. Comme quoi, il a bien fait de refuser. C'est pas un ouf le gars.

"Bref. C'est où ?"

Une marque d'impatience commençait à se dessiner sur son visage. Déjà qu'il rendait un service, faudrait que la donzelle s'active un petit peu.

Dit-il.
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Ven 3 Oct 2014 - 4:09

Aarhyel aurait pu se réjouir d’avoir si facilement soutiré un rire à ce chevalier douteux, mais elle avait trop longtemps vécu avec des hommes de peux de foi pour ne pas reconnaître l’émotion véritable derrière ce rire. Elle savait bien de quoi avait l’air leur échange, leur relation de pur étranger avait si mal commencé, comment ne pas réagir de ce brusque revirement?  La déité avait l’habitude, plus de par son passé de nomade que sa longue existence auprès de son époux, comment déchiffrer et réagir aux réactions irritantes telle que celle-ci. Qui aurait cru que seules quelques années passées sur un bateau se montreraient aussi instructives que des milliers d’autres d’une existence riches d’aventures? Certainement pas la jeune femme. Elle ne pouvait pas se mentir et dire qu’elle n’avait que faire de la réaction du fou, mais la colère était bien loin du sentiment qui l’habitait. Vexée? À peine. En fait, elle n’arrivait pas à décrire ce qu’elle ressentait vis-à-vis ce rire ironique, mais elle ne chercherait pas bien loin puisqu’elle en comprenait la cause.  D’un soupire las, elle le regarda ouvrir les yeux et nota inconsciemment qu’elle préférait de loin leur couleur sanguine.  Son sourire la laissait indifférente, mais son approche la fit se tendre légèrement. Au vu de leur rencontre particulière, elle n’était pas tout à fait à l’aise de l’avoir près d’elle.

Lorsqu’il lui fit la remarque au sujet de la bonté, ce fut au tour de la demoiselle de laisser filer un rire. Il fut bref, mais tout aussi ironique que le sien. Secouant les mains pour en retirer un peu de sang, la nomade, Aarhyel se dit qu’elle se serait bien vu lui faire remarquer qu’elle l’avait compris à la seconde où il avait décliné son identité. Après tout, la nomade l’avait elle-même relayé au rang de monstre, de démon… Alors l’apprendre au service de cette Déesse  avait été un choc! Évidemment, on rejoignait une armée pour diverses raisons. L’appât du gain, la soif de sang ou de pouvoir, une vengeance personnelle, pour avoir un but dans la vie… Pour sa part, en tout innocence, la déité espérait que la majorité des guerriers rejoignaient leur dieu dans l’espoir de faire partie de quelques chose de plus, pour défendre une cause pour laquelle ils jugent digne de perdre ou de prendre une vie. Ainsi, si plusieurs chevaliers n’étaient tout juste assez bon pour qu’une armure se lie à eux, d’autres partageraient les valeurs véhiculés et défendues par Athéna.  Après tout, quoi de plus logique que de rejoindre le camp avec lequel on a le plus d’affinités?  Et si la nomade cachait son jeu, ne dévoilant qu’une demi vérité, dans l’espoir de tirer avantage de sa rencontrer avec Athéna, il n’en demeurait pas moins qu’au plus profond de son être, son identité humaine avait bien plus en commun avec le dessin de la déesse des Golds qu’Amphitrite ne pouvait avoir de motivation à combattre aux côtés de son époux.

Le démon lui demanda alors où se trouvait son armure. Heureusement, ce soudainement volubile personnage ne lui laissa pas le temps de répondre. La déité ne savait pas pourquoi, mais au moment où il avait fallu qu’elle dévoile la position de sa précieuse amure, elle avait hésité. En fait, si. Elle savait pourquoi. Elle avait beau avoir demandé son aide au saint- haha! Désolée, cela m’a échappé.- il n’en demeurait pas moins que la nomade n’avait pas réellement confiance en lui.  Peu importe si elle lui disait dans quel pays elle se trouvait, il ne pourrait jamais l’atteindre. Mais cela n’empêchait pas la jeune femme d’avoir hésité, la confiance n’étant pas le pilier central de leur relation… S’il advenait que leur étrange rencontre laisse place à une quelconque connivence, quoi qu’elle soit, tout cela ne reposerait que parce qu’ils toléraient la présence de l’autre.  Le démon sembla dédaigner ses cheveux nouvellement salés, stoppant son geste à mi-chemin,  ne sachant où mettre sa main pour éviter le contact déplaisant de sa chevelure.

Encore une fois, le saint-ha! Désolée…- revêtit le rôle  de mentor boiteux, ou alors douteux, s’adressant à elle comme s’il tenait vraiment à lui enseigner ce qu’elle ignorait sur le cosmos. Elle ignora volontairement ses déboires avec son prénom, sachant qu’il n’était pas commun et se disant qu’il éprouverait d’avantages de troubles à se souvenirs des lettres qui le composent…  Mais cette fois, pour garder le silence, la nomade dû mordre sa langue. Était-il aveugle? N’avait-il pas vu ce qu’elle avait déclenché? Inconsciemment, certes, mais là résidait tout le problème. Si elle avait échappée à la violence des flots c’était grâce aux débris qui, ironiquement, non sans l’avoir tuée ou ne seraient-ce blessée, l’avaient protégée en la maintenant au sol. Alors qu’elle allait déchirer une lanière au bas de sa tunique, la déité le vit sortir une arme. D’un pas de recule, la nomade laissait ses instincts répondre à la menace, trop habituée aux armes blanches pour ne pas savoir comment réagir. Légèrement de côté, Aarhyel ne pris pas entièrement la position de défense adéquate, se disant que le monstre ne semblait pas enclin en engager un combat. Et ça l’arrangeait…

Il la visa, mais à peine eu-t-il lancé l’arme en sa direction que la nomade su qu’elle ne l’atteindrait pas. Quand la dague fut près d’elle, Aahryel ne broncha pas, laissant simplement la lame siffler près de son corps pour aller se planter derrière elle.  Elle ignorait pourquoi il avait fait ça, mais elle ne l’avait pas quitté du regard. Si elle avait quelque chose à craindre de lui, ce n’était pas ses armes.  Le bref exposé qui suivit cette démonstration ne l’impressionna nullement. A dire vrai, la jeune femme ne partageait pas du tout son point de vu ou plutôt ce qu’il croyait au sujet de l’aspect inoffensif du cosmos.  Secouant la tête, la déité releva légèrement sa tunique et se servit de ses dents pour déchirer une lanière de tissus humide, mais propre.  Elle banda sa main droite, celle dont l’entaille était plus profonde, se disant que cela suffirait amplement le tant d’avoir le temps et le nécessaire pour se soigner.  Un regard sur sa tunique lui permit d’évaluer qu’elle pouvait en déchirer un autre bandage avant que sa tenue ne devienne indécente.

« En Écosse, sur la Ness.» Lui répondit-elle cette fois lorsqu’il lui demanda plus familièrement où se cachait son armure. « Oui, je sais, c’était prévisible.» S’empressa-t-elle d’ajouter avant de ramener le bord de sa tunique à ses dents, devinant le genre de remarque qui devaient avoir fleurit dans l’esprit du saint-haha- lorsqu’elle, jeune demoiselle aux cheveux de feux, lui disait devoir aller retrouver quelque chose en territoire Pictes…  Elle banda sa seconde main avec un peu plus d’adresse avant de reprendre la conversation avec le démon. « Si je veux la retrouver, je dois longer la Ness un peu au sud d’Inverness…Il y a des grottes de calcaire. Vous pouvez nous y amener rapidement?» Aarhyel se garda bien de lui demander s’il était en mesure de le faire en évitant la mer, car non seulement cela paraissait insensé, mais elle ne pourrait pas lui expliquer pourquoi. Elle ne le voulait pas, car cela impliquerait de se dévoiler et elle était loin d’avoir assez confiance en lui pour le faire. Elle préférait retarder le moment fatidique, se disant que si cela devait se produire, ce serait lorsqu’elle retrouverait son armure...
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Sam 11 Oct 2014 - 22:43

"Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui le rire des enfants."
Renaud - Mistral Gagnant.



On a demandé Joe le Taxi ? Je sens que Jack Sparrow ne va pas tarder à arriver. Quoique il paraîtrait qu'il ne sont plus ensemble. Pauvre Johnny Depp. C'est dommage, avoir une gonzesse avec de telles dents du bonheur et ne pas en profiter assez longtemps pour augmenter l'écart entre les dents. Vraiment dommage, si vous voyez ce que je veux dire. Bref. Le jeune homme avait, en effet, envie de sortir un "tu m'étonnes" après la réponse de la jeune femme quant à l'emplacement de cette armure. Une rousse parmi les roux. C'était presque une évidence. Néanmoins, il était assez difficile de savoir comment aller jusqu'en terre britannique depuis une terre française. En tout, presque mille sept cents kilomètres séparaient les deux territoires. Si nous étions au vingt-et-unième siècle, il faudrait un peu plus de seize heures de voiture pour atteindre le Loch Ness. Peut-être alors pourrions-nous apercevoir le monstre de ce lac si célèbre, qui, à mon humble avis, ressemble davantage au télescope d'un sous-marin qu'à une tête d'animal préhistorique. Ou alors à un gros ver de terre zoomé par dix mille. Hevruka avait bien une idée de comment aller aussi vite à cet endroit là. Il pourrait gagner ces seize heures si contraignantes et donc ne mettre qu'une minute. Certes, il maîtrisait la vitesse de la lumière ou du moins, une vitesse s'en approchant énormément. Il n'était pas le plus rapide des chevaliers mais de sûr était le plus rapide de tous les Argents et bronze réunis. Pour la simple et bonne raison qu'il savait utiliser le temps et ralentir le monde entier. C'est bien là son pouvoir "unique" car, jusqu'à présent, il n'avait pas rencontré la moindre personne sachant utiliser le déroulement du temps à son avantage.


"J'ai bien une idée. Je ne sais pas si vous avez pratiqué cela naguère. Je dois vous prévenir que des gens meurent lorsqu'ils utilisent ce type de voyage."



En effet, il fallait une parfaite maîtrise de ce moyen de transport. Quoique, même en ayant une technique irréprochable, il était fort probable que l'utilisateur décède lors de l'invocation, ce qui est tout à fait normal. En effet, cette technique demande la transgression des lois de la nature, des lois de la physique qui régissent l'univers. Personne, pas même les dieux ne devraient avoir le droit de se déplacer ainsi. Même si un dieu utilise cette chose pour entrer dans les Champs Élysées, elle est extrêmement aléatoire. Seules les personnes nées avec cette faculté peuvent parcourir cette chose. Ils peuvent l'utiliser comme moyen de transport, comme attaque, comme refuge et peuvent s'en libérer facilement. De quoi parlons-nous là ? Des dimensions. D'après une légende qui, bizarrement, s'est avéré vraie, l'unique chevalier à pouvoir ouvrir à sa guise les portes dimensionnelles serait un descendant de Janus ou de Japet, le titan. Janus est une divinité du panthéon romain, dieu des commencements et des fins, des choix, des clefs et des portes. Janus était représenté avec deux visages, l'un tourné vers le passé et l'autre vers le futur. Japet, quant à lui, était le titan qui régissait sur le cosmos, qui assurait la liaison entre le ciel, Ouranos et la Terre, Gaïa, ce qui en fait le maître des dimensions. Certaines croyances le pensent créateur de ces portes merveilleusement maculées de sang impur.


"Another Dimension !"

Vous savez, si on clique sur le nom de l'attaque, on a un petit cadeau. Allez, essayez. Le ciel s'est assombri. L'univers était plongé dans le noir. Une odeur de mort se faisait sentir, bien plus que celle des cadavres qui jonchaient, avant la vague, cette place maintenant devenue cimetière. On avait l'impression que le monde vivait ses derniers instants puisque des éclairs pourfendaient le ciel et brisaient le sol. Des survivants, assez loin d'eux, succombaient donc par la puissance de cette météo plutôt... imprévue et destructrice. Une sorte de trou se formait au-dessus des deux jeunes gens duquel sortait un silence assourdissant. Cette brèche grandissait à vue d’œil et emportait avec elle la végétation autour d'eux et les débris des bâtiments anéantis. Pour ne pas que la jeune fille ne se fasse aspirer et qu'elle soit perdue à jamais dans les méandres du temps et de l'espace, il lui prit la main et entremêla ses doigts aux siens, non pas dans une technique d'approche et de parade nuptial mais pour qu'elle soit mieux agrippée à lui, quoi qu'il arrive. Il ne voulait pas prendre de risque. On ne sait jamais. Même s'il était extrêmement concentré et donc ne risquait pas la mort de la jeune fille, ni la sienne d'ailleurs, on ne sait jamais, une erreur est si vite arrivée.

"Ecoutez le requiem de la mort. Sublime, n'est-ce pas ?"



Il prit son élan et sauta à l'intérieur de cette brèche dimensionnelle. Et on y va, hop ! C'était un lieu étrange, fait de quadrillages, de chemins, de croisements, de destinations finales. Les portes dimensionnelles qu'utilisait Hevruka avaient quelque chose de spécial, elles étaient censées consumer l'âme de celui qui, non averti, pénétrait à l'intérieur. Une mélodie infernale se faisait entendre. Une femme chantait et ce chant, même si on se crevait les tympans, pénétrait directement dans l'âme et entourait le cœur de la personne visée pour le faire s'arrêter. Mais le fait qu'Hev touchait et protégeait la jeune femme, rien ne risquait de lui arriver. Heureusement. Le voyage ne durait pas longtemps. Seulement une minute et encore. Juste le temps de se déplacer. Comment se déplacer alors qu'il est impossible de faire le moindre mouvement ? Un non initié ne pouvait le savoir. Il suffisait de se laisser porter par le courant de l'inexistence et d'apprendre à lâcher notre âme pour qu'elle nous guide d'elle-même vers le croisement qui nous intéressait, c'est-à-dire l'une des portes de sortie.

"Voilà notre sortie."

A la Back to the Future II, nigga, you know. Il ne pouvait montrer très exactement la sortie avec son index, c'est pour cela que celui qui ouvre la dimension est seul maître de ses déplacements et de son destin. Une lumière aveuglait presque les deux êtres voyageurs. La lumière prenait l'apparence du signe des Gémeaux, comme si Janus lui-même, comme si Pollux et Castor protégeaient le chevalier d'Argent et la Rousse. L'atterrissage, normalement, n'est pas fait avec douceur. Généralement l'utilisateur tombe d'assez haut car il est très difficile de jauger la hauteur. Très difficile, voire impossible. Mais là, ils avaient comme transplané, et donc ont atterri tout en douceur sur la terre ferme, une terre très verte et rousse. Non, c'est juste une blague. Il pleuvait des hallebardes. Putain.


"On va être mouillés."


Joke. Au moins, l'eau les avait rapproché en Bretagne, peut-être se passera-t-il quelque chose en Ecosse ?

"Pas trop secouée ? Les gens s'évanouissent bien souvent ou meurent, à leur sortie."
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Ven 17 Oct 2014 - 5:44


Ce type de voyage? Quel genre de voyage? Décidément, cet étrange garçon n’était pas amateur de précisions, sinon, pourquoi se contentait du strict minimum? Était-ce une passion ou alors son but dans la vie de ne jamais être tout à fait précis. Suffisamment clairs pour communiquer sans jamais exposer le vrai visage de ses pensées. Si c’était le cas, Aarhyel ne pouvait qu’espérer qu’il ne ferait pas grand cas du manque de détails du récit qu’il lui faudrait probablement tricoter. Maille après maille, elle lui confectionnerait un passé dont la divulgation ne mettrait pas sa vie en danger. S’il désirait en savoir plus sur elle, ne serait-ce que pour justifier le peu de confiance qu’ils s’accorderaient mutuellement, il devrait se contenté d’un magnifique tissus de mensonges. Enfin, pas tout à fait. La déité lui servirait un savant mélange de semi-vérités et de portraits incomplets…

Cependant… Un détail, une broutille, un fragment de la réponse du démon inquiéta la jeune femme. Il avait dit «meurent»? Du verbe mourir? Ce saint- haha…- lui proposait-il réellement un mode de déplacement qui pourrait lui couter la vie?  Eh bien oui. Il avait l’air on ne peut plus sérieux et cela n’annonçait rien de bon. Comprenez bien que la néréide n’était pas l’être le plus courageux du monde, loin de là, mais s’il y avait bien quelque chose qui lui faisait peur, ce ne pouvait être que sa mort. Aarhyel n’existait que parce que la déesse avait fusionnée avec son âme humaine, mais lorsqu’elle décèderait… Personne ne pouvait savoir ce qui se passerait. Les dieux allaient errer dans le tartare, mais pouvaient se réincarner. Si elle venait à mourir, rien ne garantissait qu’elle resterait la même. Certes les souvenirs de son existence étrange survivraient sans doute, mais Aarhyel n’existerait probablement plus. Amphitritre redeviendrait-elle complètement elle-même? Rien ne le promettait, mais pour la parcelle humaine de son âme, elle disparaîtrait certainement.  Ainsi, l’idée de suivre le démon ne lui plaisait pas particulièrement, mais elle n’eut pas le temps de le manifester…

Les mots qui sortirent de sa bouche lui parurent familier. Elle ne les connaissait pas, probablement pas, mais quelque chose en elle lui disait que ce n’était pas la première fois qu’elle les croisait.  Cette manifestation de cosmos ne lui disait rien de particulier, mais elle avait la drôle d’impression que dans un lointain passé, de sa vie de déesse, elle avait été témoin ou du moins informée de cette puissante capacité.  Oui, c’était cela. Une vague impression de déjà-vu, trop floue pour qu’elle date d’une aussi courte vie. Amphitrite, la vraie… Celle qui n’était pas restreinte par une âme humaine devait savoir de quoi il s’agissait. Ce sentiment de familiarité se vérifia lorsque, tandis que la noirceur s’emparait brusquement du ciel, la nomade se rendit compte qu’elle s’y attendait. Elle avait su? Pouvait-ce être possible?

Une odeur immonde se présenta alors à elle et cette fois, elle ne s’y attendait pas. L’effluve de mort la fit se tendre, son visage se refermant en une grimace dégoutée alors que la mémoire olfactive de la jeune femme décida de lui jouer des tours. Alors qu’une odeur atroce la torturait, son esprit lui ressassait les visages des vies que le chevalier avait prises. Puis s’ajoutèrent les portraits de l’équipage du Serpent. Elle n’avait réellement tué que l’un d’entre eux, mais elle était responsable de la mort de tous les autres. La néréide s’imaginait très bien que leurs corps putréfiés devaient dégager une odeur semblable si ce n’était pire encore. Heureusement, elle fut secoure par la foudre. Ses yeux clos lui épargnèrent l’éclair, mais le tonner suffit amplement. La déchirure du ciel raviva une peur primale au fond de son ventre, la forçant à ouvrir les yeux pour scruter le prochain éclat. Ses craintes concernant les orages, particulièrement la foudre, lui venait de sa vie marine.  La nomade avait longtemps vécu à bord d’un navire affrontant vents et marées, mais lorsque l’on sillonne les mers la foudre devient une ennemie mortelle. Parmi la houle et les vagues, les mâts immenses des navires attirent les éclats lumineux et ce qui vous protège les autres jours devient l’instrument de votre mort.

La frayeur ne fut que de courte durée cependant, la peur ne disparue pas complètement, mais fut atténuée par la soudaine fascination de la déesse pour ce vide affamé qui était apparu au-dessus de leurs têtes. Ce vide, ce gouffre du ciel, semblait prêt à aspirer la terre, avalant tout ce qu’il pouvait aspirer. Étrangement, l’idée de se laisser emporter dans ce trou du ciel ne la dérangeait plus. Oui, l’inconnu l’inquiétait, ne pas savoir ce qui l’attendait lui nouait toujours le ventre, mais cette histoire de mort ne semblait plus hanter son esprit. Elle se rendit alors compte que le saint-…- venait de lui prendre la main.  Son regard se détacha alors du ciel pour observer le profil du chevalier, ne réagissant cependant pas lorsqu’il vint emmêler ses doigts aux siens. Était-ce pour l’empêcher d’être emportée sans lui dans cet étrange gouffre au-dessus d’eux? Elle n’eut pas le temps de s’y attarder, encore une fois les évènements l’arrachaient à ses pensées. Divers débris s’élevaient autour d’eux, aspirés par l’énergie du vide le surplombant, et l’un d’eux était passé trop près pour que l’attention de la jeune femme ne soit captée. Ses perles d’océans ne purent que ramener leur regard sur ce qui se passait dans le ciel.

Aarhyel ne sut pas comment réagir à la référence musicale du démon, ne comprenant pas de quoi il parlait, mais il lui épargna cet embarra en sautant tête première dans le gouffre, l’entrainant avec elle.  À peine avait-elle pénétrer l’étrange endroit, reprenant tout juste conscience de sa proprioception, qu’un puissant et profond malaise s’empara d’elle.  Une mélodie macabre résonnait en elle, troublant ses sens et son énergie. Une fois l’inconfort suffisamment ancrée en elle pour qu’elle puisse la tolérer, la déesse pris le temps d’évaluer l’endroit. Il était oppressant, étrange, même confus… Elle en vint même à ce dire que ce lieu reflétait bien ce qu’était Hevruka. Elle ne le connaissait pas tellement, mais quelque chose lui disait que son esprit devait être pire encore. D’ailleurs… Pourquoi se sentait-elle si mal? Pourquoi était-elle affectée de la sorte par l’énergie ambiante? Était-ce par qu’il s’agissait de la manifestation du pouvoir du chevalier et donc que lui était épargné? Et comment ce faisait-il que lui, simple chevalier d’Athéna, d’une armure quelconque telle que la sienne, maîtrisait ce pouvoir?  Certes la déité avait perdue bon nombre de ses connaissances quant au cosmos, mais elle en savait encore assez pour savoir qu’un tel pouvoir ne devrait pas être à la portée d’un mortel tel que lui… Et soudain, la lumière l’éblouis avant de lui offrir la réponse. Enfin, elle vint éclairer sa lanterne… Devant eux, le signe des gémeaux leur indiquait le chemin, leur ouvrant le passage et dès qu’elle le reconnu, la nomade se tendit. Elle ne put s’empêcher de dévisager son transporteur. Que se passait-il donc ici? Ne ferait-elle donc jamais de rencontres ordinaires? Ou était-ce son destin de croiser la route de ceux dont la vie est aussi compliquée que la sienne?

Ils émergèrent enfin de ce monde horrible, de cet endroit oppressant qui l’avait troublé plus qu’elle ne voudrait l’admettre. Ce fut comme une libération, mais cette délivrance se transforma en un chamboulement insensé. L’eau glacée qui s’abattait sur eux ne fut d’aucun secours. Elle pouvait sentir la pluie imbiber ses vêtements puis couler sur sa peau, mais rien ne l’aidait. Elle ferma les yeux, cherchant un quelconque apaisement, mais même les gouttes s’abattant sur son visage ne remettaient ses idées en place. La déité y serait peut-être parvenue si cela n’avait été de l’aide du «saint».  Il n’eut qu’à mentionné les effets de ce genres de voyages sur les passagers pour que le corps de la nomade ne se contracte.  Elle fit un grand pas de côté sans ne serait-ce que penser à relâcher sa main, se penchant vers l’avant dans l’espoir  d’échapper aux violentes nausées qui l’étourdissait.

Je ne dois pas vomir. Voilà ce qu’elle se répétait. Je ne dois pas vomir, je ne vais pas vomir. Elle se le répétait encore et encore, tel un laïus, prenant de profonde inspiration.

Je vais y arriver, je ne vais p-… Oui! Oui, je vais vomir. Je crois vraiment que je vais vomir! Je vais vo-… Non.  

Se redressant enfin, renvoyant sa tête vers l’arrière pour laisser la pluie lui caresser le visage, elle passa la main dans ses cheveux avant de la poser sur son estomac. Comme si ce geste avait suffi à l’apaiser, les nausées disparurent lentement, la libérant enfin entièrement de l’emprise qu’avait eue le voyage sur elle.  Elle put alors jeter un regard autour d’elle, s’interdisant mentalement de demander à nouveau de l’aide au chevalier pour se déplacer… Penser à lui lui fit remarque qu’elle lui tenait encore la main, lui faisant rapidement lâcher prise avant de s’éloigner pour balayer le peu de gêne qu’elle aurait pu ressentir.  Ces quelques pas lui permirent de prendre le temps d’évaluer où ils se trouvaient de même que de déterminer le chemin qu’ils devraient emprunter.

«Nous sommes suffisamment loin d’Inverness, il suffit de rejoindre le fleuve. Nous ne sommes qu’à une heure ou deux à peine.» Lui annonça-t-elle, certaine de ce qu’elle avançait grâce au souvenir de la déesse de même que les connaissances que la nomade avait acquise dans ses nombreux voyages.  « Soit vous êtes déjà venu, soit… Vous devez avoir plus d’expérience qu’il n’y parait….» Sous-entendit-elle en se retournant vers lui, le détaillant un moment avant d’observer le ciel sombre qui ne semblait pas prêt à s’Arrêter de déverser des litres d’eau glacée sur leurs têtes… Cette eau parvint d’ailleurs à la faire grelotter, la forçant à courber l’échine et frottant l’un de ses bras dans l’espoir de conserver un peur de sa chaleur.  « Le fleuve est bordé d’arbres, nous serions protégés de la pluie ou… Du moins, moins exposés qu’en restant en hauteur. » Réfléchit-elle à voix haute en jetant un regard vers la descente. « De toutes façons, on ne peut accéder aux grottes qu’à partir du fleuve, alors…»

Ponctuant sa déclaration d’un soupire, la nomade haussa les épaules avant de se mettre en route, se demandant un instant si Hevruka savait qu’elle s’en sortirait indemne ou s’il avait réellement pris le risque de la tuer… Peut-être cela était-il devenu son nouveau passe-temps? Après tout, il avait si bien commencé. Habituée à la végétation, la nomade se glissait habilement entre les arbres, zigzagant pour ne pas perdre l’équilibre et risquer de dévaler la pente. Le chevalier serait bien embêter si elle n’avait pas besoin de lui pour mourir… Ses pensées cyniques ne l’aidèrent pas à se réchauffer et bientôt elle se mit à claque des dents. Sa première réaction fut de se frotter vigoureusement les bras, mais si cela ne défit pas ses bandages de fortune, cela n’empêcha en rien que la friction lui arracha une grimace de douleur. Heureusement, sa fausse identité de cosmos nouvellement éveillé lui permettait de justifier ses déboires avec son énergie. Elle ne craignait donc pas d’éveiller les soupçons du chevalier lorsqu’il la verrait subir les misères de la vie plutôt que de s’accommoder à l’aide de son cosmos. Ce qu’elle craignait en revanche était ce qui se passerait entre eux lorsqu’ils seraient forcés- et cela arriverait bien à un moment ou un autre- de discuter.  Faire la discussion avec lui l’inquiétait car il lui faudrait faire attention à chaque information qu’elle lui dévoilerait…  Ce moment arriverait d’ailleurs bien assez tôt, surtout qu’ils venaient tout juste d’arriver au bord du fleuve qu’il leur faudrait longer.
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Ven 14 Nov 2014 - 17:02

"Les humains sont une plaie, le cancer de cette planète. Vous êtes la peste, et nous, nous sommes l'antidote."
─ Hugo Weaving, Matrix (1999)


Quelle étrange sensation. Le monde se mettait à changer et pourtant, rien n'indiquait la moindre guerre, rien n'indiquait la moindre intervention divine. Le temps était sale, un temps à ne pas mettre un chien dehors. Et pourtant, on avait aisément l'impression que tous les chiens de ce monde étaient dehors, que ce soit dans le sens figuré ou le sens propre. La pluie se faisait de plus en plus intense. Il pleuvait des hallebardes, comme dirait l'agent 212. C'était étrange... Depuis qu'il avait posé le pied sur cette terre rouquine, il avait comme un mauvais pressentiment, comme si quelque chose allait perturber le courant naturel des choses. Des éclairs apparurent dans le ciel et le pourfendirent d'un seul trait... pas toujours très droit, cependant. Le fleuve était relativement agité. Il ne s'agissait guère du Nil ni même d'un fleuve turbulent telle la Loire en France. C'était un fleuve relativement banal, qui ne payait pas de mine. Si les eaux montent, serait-ce dû à un réchauffement climatique ? Nicolas Hulot existait-il déjà en cette époque ? Le monde changeait-il ? Une période glacière faisait-elle son arrivée en ce moment de notre histoire ? On raconte que le niveau de la mer, que les intempéries de tout type, que même les tremblements de terre, seraient dû à ce qu'il pourrait se passer sous les Océans. On raconte que sous les Océans existerait un Sanctuaire dédié au Dieu Poséidon. Le dieu aurait-il décidé de décimer le monde comme il le fit lors de la première guerre sainte, celle-là même qui inventa le concept de "guerre sainte" ? Pourtant, Hevruka savait très bien que le dieu des Océans n'était plus incarné. C'était incompréhensible. Le dieu s'est réincarné alors ? Ou bien quelqu'un ou quelque chose a pris le contrôle de ce sanctuaire sous-marin ? Ou alors l'a détruit... Tant de questions qu'Hevruka avait posées à son esprit lors de cette marche qui menait jusqu'au fleuve dont parlait la jeune femme plus en amont.

Pendant ses réflexions, pendant ses interrogations sur le but même de la vie, il ne lâchait pas la rousse du regard. Il était cependant habitué à fermer les yeux afin de préserver le peu de vue qui lui restait, afin de ne pas devenir complètement aveugle. Mais là, grâce à une certaine brume et a une obscurité due à la pluie battante, il avait gardé les yeux ouverts afin de pouvoir surveiller la jeune fille. Sans même l'avoir dit, il s'était promis de la protéger contre n'importe quel danger, contre n'importe quelle menace que le monde pourrait leur offrir, même si ce cadeau n'était pas à la hauteur de leurs espérances. Il savait au fond de lui que cette rencontre avec cette jeune femme allait bouleverser sa vie. Il savait à l'avance que ça ne lui déplairait pas. Il avait connaissance que si quelque chose se passait sur terre, c'est que ce fut écrit à l'avance, que plusieurs chemins étaient possibles pour une même personne. Le futur n'est jamais écrit à l'avance MAIS toutes ses combinaisons le sont. A nous de choisir laquelle nous emprunterons. Il avait à l'idée que cette demoiselle allait jouer un rôle, aussi minime soit-il, dans sa vie. Cependant, il ne savait pas encore lequel. Et... il ne voulait pas le découvrir. Il voulait se laisser la surprise.

En quelques heures, il s'était, pour ainsi dire, attaché à cette jeune fille. Au départ, il l'avait prise pour Emma, son premier grand amour... Mais c'était uniquement à cause de son regard. Au final, elle ne lui ressemblait absolument pas. Cette jeune demoiselle semblait bien... bien mieux, en réalité. C'était assez déroutant. Commençait-il à s'éprendre de la Magnifique Rousse ? Il l'ignorait mais cela provoquait en lui une puissante méprise de sa propre âme sombre. Comme si son côté humain prenait le dessus quand il était en sa présence. C'était étrange dans le sens où ils s'étaient rencontrés alors qu'il était en mode "Je décime le monde". Décimer le monde comme moyen de vengeance ? Comme elle avait le même regard que l'autre pute anglaise, il aurait pu se venger de la non réciprocité de son amour, en faisant d'Aarhyel un exemple. Mais il ne le fit pas. Il changea immédiatement de comportement en sa présence, cherchant, tant bien que mal, à se montrer aussi protecteur et "gentil" que possible. Il était étrange qu'avec la Belle, il se mettait à éprouver des sentiments, lui qui s'était débarrassé de tous les sentiments humains possibles et imaginables.


Cependant, il sentait que là, son âme sombre commençait à en avoir marre. Il n'a jamais été un être bon. Peut-être dans le fond de son âme, dans le fond de son coeur et encore. Il n'y croyait pas. Il savait qu'il était l'essence même du mal en ce monde. Il avait réussi, en peu de temps à se comparer avec l'un des chevaliers d'or du Sanctuaire, le fossoyeur d'or. Il était logique que cet homme était mauvais, il vivait constamment avec la mort mais on sentait qu'au fond de son être, existait un homme bon. Voyez, même le plus pourri a quelque chose de bon en lui. Hevruka, lui, cherchait encore la bonté en son coeur. Quand il parvenait à faire preuve de gentillesse, de bonté, il sentait que son coeur s'embrasait, qu'il devenait brûlant au point d'en devenir complètement fou, presque insensé. Il était ainsi lorsqu'il éprouvait le moindre sentiment, voilà pourquoi il s'en était débarrassé à tout jamais. Et... C'était étrange.


Etrange, oui. Il éprouvait quelque chose, depuis quelques temps. Depuis ce jour, depuis vingt minutes. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Son coeur battait fort à la vue du dos de la demoiselle qui s'approchait du fleuve qu'il devait "justement" longer. Son coeur le brûlait, lui faisait atrocement mal. Il ne le montrait pas. Tout du moins, si, il le montrait. Il en pleurait tellement il éprouvait une profonde souffrance. Fort heureusement, la pluie cachait ses larmes. Ses yeux étaient rouges, mais il pouvait faire passer ça pour un simple moment de folie passager. Ou pas ? Il s'énervait contre lui-même. Il souffrait trop. Lui, qui n'a jamais souffert. Ou qui l'a toujours caché, même à moi, son créateur. Hevruka n'en pouvait plus. Cette armure était trop lourde à porter. Non pas dans le sens qu'il la rejetait, mais dans le sens où son corps était trop lourd alors une armure de trente kilos en plus, ça faisait une sacrée différence. Ses cheveux bruns fondaient vers un noir des ténèbres. Ses yeux qui étaient rouges à cause des pleurs et de la pluie salée tombaient dans un rouge bien plus profond, bien plus sanguin. Ses muscles se contractaient, comme s'il voulait montrer toute la force de son corps, presque instinctivement. Sa volonté n'était plus la sienne mais celle de son âme damnée à jamais. Son cosmos d'ombre grandissait à vue d'oeil. Il était étonnamment puissant, de plus en plus fort. La haine montait dans son esprit. Il lui en voulait. Il en voulait à Aarhyel d'être ici, de s'être mis en travers de son chemin. Elle n'était pas prévue au programme. Il devait continuer sa vie de Chevalier d'Athéna, mourir et pourrir pour les idéaux de sa déesse. S'il ne mourrait pas au combat, il se serait certainement suicidé. C'était presque écrit, presque prévu. La date était limite annoncée. Il leva le doigt en l'air, le regard tremblant comme s'il allait regretter son geste. Il criait après la belle demoiselle.


"POURQUOI ?! POURQUOI T'ES RENTREE DANS MA VIE ?!"


Elle n'avait rien fait, pourtant. Il avait d'énormes sanglots dans la voix. Il ne voulait pas devenir quelqu'un de bon. Parce qu'il s'en savait incapable, parce qu'il ignorait ce qu'était le réel amour, ou en tout cas, la gentillesse envers autrui. Il savait qu'il faillirait, de toute manière. Son doigt se chargeait en énergies négatives. Des cris de souffrance se faisaient entendre au loin. Comme si des âmes damnées erraient sans but dans le monde. Ces âmes, justement, rejoignaient le doigt du chevalier d'Argent.


"Sombre dans le véritable monde des morts... Tremble de la véritable terreur de la mort... Seki Shiki Meikai Ha !"

Il abaissa son bras et pointa du doigt la belle rousse afin de diriger toute la déflagration vers elle. Sauf que... Il n'arrivait pas à faire sortir la puissance de son attaque, qu'il tient de son armure. Comment est-ce possible ? Comment, alors qu'il était en pur état de folie, il ne pouvait pas atteindre sa cible, pourtant si proche... pourtant si vulnérable... Son bras tremblait encore, comme si... Comme si ses muscles pleuraient, étaient tétanisés à l'idée d'infliger la moindre douleur psychologique ou corporelle à la jeune femme. Mais... Pourquoi ? Même quand il aimait, il pouvait tuer quiconque. Pourquoi, là, il ne réussissait pas ? Il ne comprenait absolument pas...Il s'effondra sur le sol, à genou, laissant ses couleurs naturelles revenir tranquillement, doucement, mais sûrement. Il prit sa tête entre ses mains et finit son moment de folie en pleurant toutes les larmes de son corps. Lâchant sa tête, il fit un geste de la main et son armure le quitta sur-le-champ pour se reformer en son socle, celui de l'Autel de Chiron, le centaure. Au centre de cette armure existait une sorte de miroir ou bien une énorme gemme violette dans laquelle il inséra le bras et en ressortit... Un objet qu'il lança au ciel, qui disparut. Avec l'armure.

Sans son armure, il était incapable de lui faire du mal. Il pouvait aisément la protéger. Aisément. Mais il ne pourrait plus lui faire du mal.
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Aarhyel

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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Dim 23 Nov 2014 - 7:58


La nomade faisait de son mieux pour avancer. Plus que le froid et les racines qui la ralentissaient, c’étaient  les pensées résonnant dans son esprit qui l’empêchait de progresser. À la sortie du raccourcit que lui avait fait prendre le chevalier, Aarhyel s’était dit qu’il était pratiquement impossible qu’elle ne connaisse à nouveau une telle impression d’oppression. Mais elle se trompait.  Là-bas, loin, tellement loin d’elle, le chez soi de son époux divin n’était plus. On avait détruit ce qu’il avait passé tant de siècles à bâtir. Honnête avec elle-même, ce n’était pas tant que l’endroit soit tombé qui la touchait. C’était l’effet que cela avait. Certes la bonté qui habitait son cœur l’empêchait de feindre l’indifférence pour tous les malheureux qui devaient avoir assistés à la scène, impuissants… Mais plus que tout, les battements de son cœur répondaient à ceux de ses protégés. Les siens. Pas ceux du mari dont elle n’avait aucun souvenir. Ceux pour lesquels sa conscience humaines s’était immédiatement prise d’affection, renforçant ses liens avec les souvenirs de son passé divin. Les monstres. Ceux que la piraterie lui avait appris à craindre et respecter… Ils étaient siens. Leur amour réciproque. Voilà ce qui troublait la jeune femme au point où elle se prenait les pieds dans même les racines les plus visibles.  

La peur des plus petits, l’agitation des rôdeurs des profondeurs, la colère des plus agités… Cet ouragan d’émotions éprouvait la déité. Elle était restée sourde à leurs appels des mois précédents, mais étrangement, personne ne semblait lui en vouloir. Ses protégés de longue date devinaient ce qui se passait en elle. La dualité de ses souvenirs, le mélange de ses âmes… Sans doute était-ce pour cela que les puissants d’entre eux étaient demeurés à l’écart? Que se passerait-il si son cosmos instable se mélangeait à leur puissance destructrice? Ou alors, tout comme elle, ils considéraient la nomade indigne d’eux. Elle n’était pas celle qu’ils connaissaient depuis toujours et ne le serait probablement pas avant sa prochaine incarnation. Elle ne pouvait pas leur en vouloir… Même si elle se noyait sous les pensées et les émotions qui venaient bouillonner dans son être.

Victime consentante, la nomade faisait de son mieux pour garder le contrôle. Tant et si bien que lorsque le chevalier perdit son calme, il lui arracha un cri de surprise. Se retournant dans un sursaut, elle accusa la violence dont il fit preuve à son égard. Une agressivité animale émanait de lui, lui rappelant pourquoi elle l’avait si naturellement comparée à un démon. Le regard accusateur levé vers elle ne s’accordait cependant pas avec les sanglots qu’elle pouvait entendre dans les cris que lui adressait le saint. À la colère inexpliquée du chevalier s’ajoutèrent la souffrance d’âmes désincarnées depuis bien longtemps. La déité ignorait d’où ces cris de morts pouvaient venir, mais l’espace d’un instant ils enterrèrent les pensées envahissantes de ses protégés.  Qu’avait-elle fait pour le provoquer? Que s’était-il passé ? Ils ne faisaient que marcher, perdu parmi les arbres… Qu’est-ce qui avait pu déraper à ce point?

Le doigt qui s’était jusqu’alors adressé au ciel vint soudain pointer vers elle, la faisant frémir. Un puissant frisson d’effroi la traversa, s’attendant à une attaque fatale, mais rien ne vint.  Devant-elle, la menace s’effondra et aussitôt le corps de la nomade réagit. Alors que le chevalier se refermait sur lui-même, Aarhyel courait se cacher, prise de panique.  Recroquevillée entre les racines d’un géant d’écorce, la nomade sentait son cœur se débattre sous sa poitrine. Les appels de ses protégés n’étaient plus que des murmures, étouffés par les bruits de la nature que la peur de la jeune femme amplifiait plus que de raison. « Ne me faites pas de mal! » Demanda-t-elle depuis sa cachette, inconsciente de ce qui se passait derrière elle. « Abandonnez-moi ici si vous voulez, mais s’il vous plait… Ne me faites pas de mal!» Implora la nomade avant que ses nerfs ne flanchent.

Ce n’est pas possible… Mais pourquoi il n’y a jamais rien de facile?

Le fleuve n’était qu’à quelques mètres devant elle et il n’y avait que dans l’eau qu’elle pourrait avoir l’avantage sur le démon. Ou qui que ce soit d’autre…  Planquant ses mains meurtries surs ses tempes, la déesse fit de son mieux pour retenir le rire hystérique qui secouait son corps. Qu’avait-elle à perdre maintenant? Outre que sa simple vie?

Inspirant profondément, Aarhyel bondit sur ses jambes et s’élança à toute vitesse vers le fleuve, s’y jetant sans retenue dès que ce fut possible. Elle se laissa embrasser par l’eau, la violence du courant n’était qu’une caresse débordant de tendresse, la portant loin, loin, loin… Là où elle serait en sécurité. La déité ne se laissa revenir près de la rive que lorsqu’elle reconnue les grottes de calcaires. Une fois à l’intérieur, elle se réfugia dans un coin  et ramena ses genoux contre elle, se demandant si elle pourrait passer un seul jour de sa nouvelle vie sans inévitablement se retrouver trempée.  

Seule, elle put à nouveau laisser les pensées de ses protégés résonner jusqu’à elle. Étrangement, il n’y eut qu’une émotion étrangère aux siennes. Une seule voix qui dominait toutes les autres. Une créature marine approchait…  Elle n’était pas aussi vieille, ni aussi puissante que les autres amours de la déesse, mais son énergie  réagissait étrangement à l’eau. Cette créature devait être particulièrement douée pour ne pas rencontrer les hommes…  Bientôt, les pensées s’intensifièrent et un étrange chant parvint aux oreilles de la nomade. Elle était là. Incapable de résister, Aarhyel se précipita hors de la grotte en la cherchant du regard, mais à peine fut elle sorti qu’une onde d’énergie incandescente la percuta de plein fouet.    Lorsqu’elle ouvrit les yeux, son corps était à moitié avachi sur une peau glacée et humide, mais tout ce à quoi elle pouvait penser était cette brulure au  niveau du poignet.

Ah… oui…Mon armure.

Son bracelet en or semblait brillé, ou plutôt il sembla à la déité de le voir briller l’espace d’un instant. Maintenant, si sa vie était menacée, son armure viendrait à son secours… Son armure… Ce fut aussi involontairement qu’elle eut inondé le marché où Hevruka et elle s’était connu qu’elle l’avait appelée. Il y a de cela des siècles, Amphitrite avait confié son amure à cette créature plus mystique encore que le Kraken, car contrairement à son autre protégé, elle ne cherchait jamais le contact des hommes.  

Relevant alors les yeux, la nomade rencontra l’énorme tête penchée sur elle. Le grand regard sombre semblait la transpercer, voir jusqu’au plus profond de son âme. Quelle étrange image cela devait être alors… Sourire attendrit aux lèvres, Aarhyel tendit le bras et posa tendrement l’une de ses paumes meurtries sur la tête de la créature, juste entre ses yeux.  Qu’allaient-elles faire maintenant?  Elles ne pouvaient pas rester ici, le démon les trouverait et la nomade ne supportait pas l’idée qu’il puisse tenter quelque chose contre la créature.  Mais où irait-elle? À cet instant, la déesse se disait que c’était peut-être mieux pour elle de n’avoir aucun souvenir de son époux, car jamais elle n’aurait pu le pleurer davantage…

Aidée de la créature, la nomade se releva, guidant sa protégée pour immerger son corps dans l’eau sombre et glacée du fleuve. « Avec un peu de chance, il retournera auprès d’Athéna… S’il ne nous retrouve pas, il s’en ira. Je lui ai dit qu’il pouvait partir. Ce sera suffisant, tu crois?» Demanda-t-elle à la créature, lui caressant tendrement la tête puis le dos. « Oui, j’en doute moi aussi, mais que veux-tu… Je ne sais pas si je suis de taille contre lui et je ne peux pas prendre le risque qu’il s’en prenne à toi.» Cette remarque soutira un étrange gazouillis à la créature qui fit demi-tour, invitant la nomade à la suivre dans l’eau, lui renvoyant des images de son temple par la pensée. «D’accord… Essayons de trouver l’une des entrées.» Concéda la jeune femme, jetant un dernier regard derrière elle.

Ils avaient presque réussi à se tuer l’un l’autre, c’était ainsi qu’ils s’étaient connus… Et c’était suite à une menace qu’ils se séparaient. La nomade ignorait s’ils se recroiseraient un jour, mais elle avait pitié de toutes les âmes qui croiserait la route du démon lors de ses crises de folie.

Oh, Athéna… Mais à quelles âmes se lient les armures qui te sont fidèles… Dis-moi, le sais-tu seulement?

Un autre gazouillis la rappela à l’ordre et en un rien de temps, la néréide tourna le dos à cette rencontre pour retrouver la sécurité de l’eau. L’une contre l’autre, les deux êtres ne créaient plus qu’une étrange silhouette difforme qui s’enfonçait dans les profondeurs du fleuve, le remontant pour atteindre l’immense étendue d’eau salée. Un temple très ancien et abandonné les attendait, ses fresques enchantées prêtes à s’éveiller au retour de la maîtresse des lieux.

Europe ( Vive l'Écosse!) Arrow Ailleurs. Je suis le courant, mais pas le CEA, suis trop loin... [Un bisou à celui qui comprend la référence :) ]
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MessageSujet: Re: [PV Aarhyel - Hevruka] Nul ne rencontre deux fois l'idéal. Qui le rencontre même une fois ?   Mar 25 Nov 2014 - 6:55

Sa réaction était tout à fait compréhensible. Hevruka représentait un danger pour la jeune fille. Un danger qui pouvait lui coûter la vie. Qui n'aurait pas fui ? Un fou, peut-être. Si elle a fui, c'est qu'elle n'avait aucun moyen de se protéger correctement. Il n'avait que cette explication de plausible. Un guerrier ayant une protection adéquate et un pouvoir volumineux aurait pu faire face à l'état du chevalier d'argent de l'Autel. Il n'empêche que le Buveur de Sang ne voulait pas la faire fuir. S'il avait retiré son armure, c'était pour une bonne raison. Il ne voulait pas lui faire du mal parce que s'il avait vraiment voulu la faire souffrir, il ne se serait pas empêché de projeter son attaque contre elle. Cette attaque n'avait pas la particularité d'attaquer physiquement l'ennemi mais plutôt son mental et tout particulièrement son âme. Elle était réputée pour être l'arcane ultime du chevalier du Cancer, depuis les temps de la toute première guerre sainte, le Cancer étant connu pour être le chevalier régnant sur la mort et la renaissance. Cette attaque aurait eu pour conséquence d'envoyer l'âme de la jeune demoiselle au Yomotsu Hirasaka. C’est un lieu aux portes du royaume des morts, ressemblant à une plaine obscure et désolée. Toutes les âmes des défunts transitent vers les enfers en se jetant dans un puits qui semble sans fond. Ce gouffre est l’une des entrées conduisant au royaume d'Hadès.

D'un côté, on ne pouvait savoir, nous qui sommes spectateurs de cette scène, si cet échec d'attaque était volontaire ou non. On ne pouvait savoir, par l'expression de son visage en pleurs, s'il avait décidé de lui-même, au dernier moment de ne pas infliger la peine capitale à une fille sans défense, ou bien que c'était son armure, liée à son cosmos, qui en avait décidé autrement. Il était connu que les chevaliers d'Athéna ne peuvent faire le mal et ne peuvent prendre la vie d'autrui sans en subir les conséquences. Certains chevaliers le font, mais il est su que dans le coeur réside de la bonté et de la pureté. Maudite sois-tu Athéna de permettre à ces hommes mauvais de porter tes couleurs. Que leur trouves-tu, déesse ? Toi qui incarnes la Sagesse, t'estimes-tu assez juste pour autoriser tes guerriers à commettre ces actes impardonnables ? Athéna avait sûrement ses raisons. Peut-être alors qu'elle ignorait les méfaits de ses chevaliers les plus récalcitrants ou elle fermait les yeux, en pesant le pour et le contre des actions de ses hommes et femmes. Hevruka n'avait pas ces interrogations en tête. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il était mauvais en tout point et que la jeune Aarhyel le faisait devenir bon. Et il le refusait par dessus tout. A croire qu'il était doté de sentiments, après tout... Mais il le refusait. Il refuserait toute bonté en lui. Il a appris par un très bon ami qu'il devait apprendre à contrôler sa part d'ombre pour faire surgir la vie qui est en lui. Il n'avait pas tort, cet ami. Cependant, Hevruka en était incapable car la zone d'ombre de son corps était infinie et que celle de la vie était presque inexistante... juste assez pour la contrôler alors que l'ombre en est devenue inarrêtable. Il en devenait dangereux.

Il regardait la jeune fille s'éloigner, fuir, se cacher. Il avait ressenti l'endroit exact où elle s'était cachée pour implorer la clémence de son assaillant. Il la sentait. Il avait souri lorsqu'elle réclama son indulgence et qu'il s'en aille, qu'il l'abandonne. Pourquoi ce sourire ? Il se sentait fort d'avoir pu avoir ce qu'il voulait. Il ne désirait pas la peur de la jeune rousse, mais il espérait que la jeune fille ne l'oublierait jamais. Il ne répondit pas à ses... incantations. Il la laissa s'enfuir. Il avait fermé ses yeux et avait attendu quelques instants. Assez longtemps pour que la pluie cesse de fondre sur la terre. Il avança lentement le long du fleuve, en suivant le courant. Il n'avait pas conscience du temps qu'il avait pris pour marcher, pour avancer dans ce lieu inconnu à ses yeux et mêmes aux yeux de ses âmes. En même temps, Ae n'avait que très rarement l'occasion d'aller sur terre pour rencontrer l'espèce abominable des humains. Il était considéré comme un dieu, tout de même.


Au bout d'un sérieux moment, il tomba sur des grottes assez étranges. Peut-être était-ce le lieu qu'ils devaient rejoindre, au départ de leur entrevue, de la mission dont il avait été affublée ? Un lieu qui devait protéger une armure, visiblement différente de celles d'Athéna, puisque l'inconnue rousse était étonnée que l'armure que protégeait Hevruka, fut partie des constellations du Zodiaque. Il ne dit mot, ni ne fit le moindre geste en voyant au loin une silhouette assez particulière. Le monde était vraiment bizarre, y'a pas d'autre mot pour le décrire. Il ressentait la présence de son étrangère. Il avait réussi à reconnaître la signature de son aura. Par ailleurs, le chevalier d'argent de l'Autel avait des pouvoirs similaires à celui du Cancer, de par la nature de leurs armures et des anciens porteurs. Ainsi, il pouvait contrôler les âmes et créer des objets à partir des âmes. Il pouvait, s'il le voulait et était assez puissant et concentré, créer... un trône grâce à la puissance des âmes. Et ce trône serait physique et non fait d'âmes. Il ramassa une pierre sur le sol, aussi grosse que le poing d'un homme dans la fleur de l'âge. En l'enfermant dans son poing (du moins, ce qui est possible), il fit craqueler la pierre et laissa se former une pierre plus fine et lui donna une couleur. D'ailleurs, il ne s'agissait plus d'un rocher mais de l'équivalent d'une pierre précieuse, semblable à une émeraude... De la même couleur des yeux d'Hevruka, à vrai dire. Il prit un grand élan et lança de toutes ses forces cette émeraude créée à partir d'énergie pure en direction de la silhouette au loin. Le lancer était suffisant pour arriver aisément jusqu'aux cibles. Presque même suffisant pour assommer la créature visée (qu'elle soit humaine ou non. Ouais, t'es bonne Aarhyel. Une bonne créature).

Elle saura que l'émeraude était un cadeau, pour qu'elle se souvienne de lui et pas forcément entièrement en mal. L'émeraude se transformerait en rubis à la condition que la jeune femme se sentirait en danger. Il agirait comme un "bipeur", comme pour alerter Hevruka en cas de problème. Ou si elle voulait communiquer...


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