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 [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]

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Maeleene

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MessageSujet: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Ven 13 Juin 2014 - 11:41



Maeleene



La Mandragora


Imbécile




Du sang, partout. Du sang, où que l'on porte le regard. Du sang, celui de son père. C'était vraiment étrange la vie, un petit rien pouvait changer l'ordre des choses, un simple battement d'ailes pouvait entraîner un véritable cataclysme. Jamais, ô grand jamais, Maeleene aurait songé que sa mort aurait eu de telles conséquences. Elle le détestait déjà pour ce geste. Oui, la jeune femme le haïssait, comme elle crachait sur son Destin. Son « père » était mort, il s'était donné la Mort. Au feu les beaux préceptes ! Rageusement, le pied de la madona rencontra le premier objet qui se trouvait sur sa route et l'envoya butter contre le mur opposé. Le vase éclata en mille morceaux, l'eau des fleurs se répandant à même le sol. Sang et eau mêlés. Quelques fleurs observées avec dédains, mépris. Elles étaient en vie, elles.

Trop de sentiments contradictoires se bousculaient en elle. Bien trop pour son esprit déjà tourmenté par la nuit passée. Morte. « Ils » l'avaient brûlé sans procès, sans Justice. La belle s'en souviendrait.

« Imbécile, qu'as-tu fais ? » un murmure passa outre la barrière de ses lèvres vermeilles. Un souffle, tant sa voix était faible. « Une minute, juste une, je n'en avais besoin que d'une seule pour te sauver. »

Sous ses pieds, le plancher craqua légèrement. À chacun de ses pas. Un à un, elle finit par réduire la distance qui la séparait encore du cadavre. Elle hésitait. De là où la jeune femme se trouvait, elle ne voyait qu'un bras qui pendait mollement, des gouttes sillonner son poignet, cette chair exposée, à vif causée par la morsure de l'acier. Le poignard d'ailleurs, reposait non loin. Maeleene ne s'en préoccupa guère. Ayant finalement presque dépassé le fauteuil dans lequel Eodin était assit, elle s'arrêta brusquement, les sens en alerte. Se mordant la lèvre inférieure, elle leva les yeux vers le visage exsangue de celui qui, un jour plus tôt, se disait être son protecteur. Son mentor. Le seul être qu'elle avait jamais aimé et respecté. Un père.

« Juste une minute... »

Puis, tout à coup, la porte grinça, un léger vent frais s'engouffrant dans la pièce, soulevant aussi sa mise et sa chevelure carmine. Mais elle ne bougea pas. Pas plus quand l'inconnu l'apostropha et leva son arme sur elle. Non, quelle importance ?

« Cœur pur ? » une aura violacée l'auréola. « Je ne pense pas. »

Une douleur terrible irradia dans tout son bras, celle-ci prenant naissance dans son épaule, là où le fer s'était planté. Maeleene n'accorda aucunes attentions à l'intrus, ses yeux turquoises ne quittaient pas la silhouette à jamais endormie. Sa léthargie parut durer des heures ! Mais, enfin, son regard vide et voilé par un rideau de larme, se tourna vers le jeune homme. Elle le détailla sans ciller, reculant d'un pas pour s'éloigner de son agresseur. Encore, le silence s'imposa. Pas un bruit, à par ceux d'au dehors, comme si, la vie continuait, sauf ici où ces deux jeunes gens se faisaient face. Le temps pour eux, venait de se figer. Avec lenteur, ses doigts cherchèrent à extraire le stylet, sans que ses yeux pers ne se détournent du garçon.

« Tiens, c'est à toi. » elle lui tendit la lame qui brillait d'un fort éclat d'argent. Une lueur de mépris passa dans ses prunelles. De défi aussi. « Cette fois-ci ne me rates pas, tues moi, tu n'auras pas une troisième chance. »


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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Ven 13 Juin 2014 - 17:10

    Le désir de nombreuses âmes, le désir des habitants, tant d’espoirs qui reposaient entre deux incapable de manier une épée. Voila ce qu’il y avait à la pointe du stylet, le sceau de Venise y était d’ailleurs divinement gravé comme pour lui rappeler son devoir. Son identité cachée derrière ce masque, vêtu de la bauta, il avança avec une discrétion inutile suite au grincement de la porte maudite.
    Elle était de dos, la Mandragore, le monstre qu’il devait abattre d’un coup sec, et précis, viser le cœur. Paradoxalement, il admirait, ses prouesses étaient connues dans toute l’Italie, elle était comme un modèle à suivre. Mais il n’avait pas le choix.

    La froideur de son masque était contraire à l’effroi qu’il pouvait ressentir en voyant la pièce écarlate, le cadavre, et le vase brisée en mille morceaux. Il en avala même grossière sa salive, et jeta la pièce de sa réussite en l’air, une médaille qui possédait deux cotés perdant. Le stylet rata sa cible, son bras s’était laissé embarquer par une étrange aura violette qui lui fit planter la petite lame dans un endroit qui ne causerait qu’une blessure superficiel à son adversaire. Son échec était certain, et il était désormais consumé. Un pas en retrait, il honnissait ceux qui lui avaient ordonné d’agir ! De toute son âme ! Non, non il n’avait plus un cœur pur, cette femme avait raison et son geste en était la preuve. Que pouvait-il faire ? Abandonner sa patrie ? Hors de question ! Et puis était-il réellement en train d’agir pour sa cause ?! S’exclama-t-il intérieurement, se disant qu’il était bien heureux d’avoir ce voile devant le visage afin de masquer ce visage plein d’incertitude. Car à présent, en voyant les larmes, il fut encore plus tourmenté. Cela rongeait son cœur, une lueur d’espoir en pensant que sa vision n’était peut-être pas si erronée, et que les gens ne mettaient en exergue qu’une rumeur cruelle pour se divertir. Pourtant, elle venait de s’entourer d’une drôle d’énergie qui avait tout de la sorcellerie. Le pauvre garçon devenait fou, sa peur s’était glacée devant sa réflexion.

    Son regard de marbre suivit les doigts de l’accusée qui ôtaient le stylet. Elle le rendit à son propriétaire. Intimant même à ce dernier l’ordre de passer à l’offensive une seconde fois. La main qui tenait l’arme se crispa, on pouvait y ressentir un doute, comme une réflexion qu’il se faisait. Il n’y arriverait pas, il le savait. Le silence était de mise, et d’un geste bref, sans artifices il jeta le stylet aux pieds de la Mandragore. Puis retira le masque qu’il jeta au même endroit.
    Renzo était même incapable de mourir avec gloire ! Ce geste lui vaudrait certainement la honte, et un nuage d’insultes mais il ne pouvait plus faire autrement s’il voulait s’en sortir. L’arme se noyait dans le sang, et le parfum des fleurs adoucissait son angoisse.
    Désarmé, et sans défense, le vagabond, baissa les bras avec une rare nonchalance.

    -« Je… » Un faible son, fragile qu’il essaya de reprendre à la seconde suivante.
    -« Mon bras était guidé par la volonté de ceux qui vous haïsses si fortement. Je m’en savais incapable… Je ne voulais pas. Je croyais servir notre mère Italie, je me suis trompé.» La voix plus assurée, il esquivait du mieux qu’il pouvait le regard de mépris que lui offrait son interlocutrice. Renzo venait de balancer les aspirations de la cité dans la mare de sang, et le masque comme pour cracher sur l’assassin qu’il refusait d’être.
    D’une main fébrile il essuya la sueur sur son front, son heure était passé ! L’illusionniste n’avait pas l’assurance que ses mots seraient acceptés, que le pardon qu’il cherchait trouverait la clémence de la Mandragore.

    -« Cependant le rêve de ma vie semble s’accomplir en me trouvant ici. » Le garçon laissait à présent son cœur parler sans détours.
    « Signora, je me nomme Renzo, je vis de mon modeste talent d’illusionniste en parcourant l’Italie. Vos exploits parviennent jusqu’à de nombreuses oreilles. Quel être débutant dans cet art ne souhaiterait pas vous rencontrer et apprendre à vos cotés ? » Liant ses mains devant son cœur comme pour donner à son air une facette plus solennel, comme pour solliciter la bonté de son interlocutrice ; il acheva.
    -« Mon souhait le plus précieux serait de devenir votre apprenti, ne serait-ce qu’une heure, vous servir et en savoir plus sur votre talent ! Peu m’importe votre passé. »
    L’étoile de son existence appartenait désormais à la Mandragore, son sort était pendu aux lèvres rouges de cette dernière…
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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mar 17 Juin 2014 - 16:54



Maeleene



La Mandragora


Maître de son Destin



Dans les yeux de la Mandragora gravitaient mépris, tristesse et une insondable colère. Ivre de rage bien que rien sur son faciès d’ange n’aurait pu trahir ce sentiment aussi néfaste que vil, la jeune femme maudissait intérieurement tous les habitants de l’Italie. Et leurs langues de vipère. Bien sûr qu’elle avait eu vent des commérages, bien sûr qu’elle était consciente de sa réputation. Le fait est que jusqu’ici, la belle vénitienne n’en avait eu que faire. Qu’ils parlent, qu’ils la discréditent derrière son dos, la traite de tous les noms ! Son esprit était bien au-dessus de ces foutaises. Elle n’avait pas le temps de s’octroyer ce luxe : celui d’être une « humaine normale ». Non, la jeune femme était une élue, un être choisi pour faire avancer les choses : peu d’hommes et de femmes – surtout des femmes – pouvaient se targuer de tisser son propre destin sur la Grande Trame.

Ce canevas-là, Maeleene avait été persuadée qu’elle pourrait y accéder. Son intuition, son âme lui avait soufflé cette idée, comme ce « père » éternellement endormi dans une flaque vermeille.

Juste une minute. Désormais elle contemplait ce stylet planté à ses pieds, lancé négligemment dans un geste d’impuissance. Son assassin capitulait, renonçait à cette périlleuse entreprise que l’Italie lui confia. Par quel prodige ? Ce serait se mentir que de dire qu’elle n’était pas intriguée par ce mouvement. Elle qui pensait vraiment qu’il recommencerait. Cet homme fit tomber le masque, dévoilant un visage qu’elle n’allait pas oublier, comme ceux qui l’avait traîné à l’échafaud. Gravé dans son esprit, ce faciès-là serait superposé à celui du jeune garçon Angelo, qui l’avait trahi et presque violé. Celui qu’elle avait tué. Son ire, à ce souvenir, enfla, tant et si bien qu’elle réduisit à néant en quelques pas, la distance qui la séparait de l’homme déguisé.

« Tu as finis ton petit discours, bastardo ? »
l’une de ses mains attrapa sans douceur aucune, ce menton qu’elle captura entre ses doigts ensanglantés. « Tu comptes vraiment me faire croire que tu abandonnes comme ça, une mission pourtant si importante ? Tu te dis Illusionniste ? Hmm … »

Le regard pers de la jeune fille se fit plus dur, plus incisif. Quand elle plongea ses prunelles dans celles de son interlocuteur, ce fut pour mieux le sonder, le mettre mal à l’aise. Après tout, elle ne respectait aucunes convenances en étant si proche de lui qu’elle pouvait sentir son souffle contre sa peau de nacre.

« Sache que moi, je suis bien réelle, mon art n’est pas un tour de passe-passe, c’est de la science ! » clama-t-elle haut et fort en se permettant un sourire. « Mais je suis curieuse, fais-moi une démonstration de ton … art si tenté on peut le qualifier ainsi. Je réfléchirais à ta proposition. Ou non. »

Maeleene d’un geste brusque, poussa l’homme, exerçant une pression de la main sur son épaule et l’obliger ainsi à reculer. Voyons s’il serait docile. Lentement, reprenant un visage parfaitement lisse de tous sentiments, elle alla s’assoir dans un des fauteuil jouxtant celui de son maître, s’y enfonçant allègrement sans quitter des yeux, sa future source d’amusement. Non, en réalité elle n’en tirait aucune joie à le tirailler de la sorte, mais au moins son cœur ne se concentrait plus sur cette lancinante souffrance.

Juste une minute lui hurlait son esprit …



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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mer 18 Juin 2014 - 23:01

    Les secondes paraissaient des heures, le temps était comme figé depuis qu’il avait osé faire cette particulière demande à la Mandragora. Pourtant, il en fallut bien peu à la dame pour s’approcher de lui d’un pas rapide dégageant une colère certaine, comme si la vue de son visage avait éveillée une vieille blessure.
    Un reflexe lui fit fermer les yeux, rien de plus. Ses bras toujours le long de son corps, il ne répondit pas à l’insulte, pourtant grave. Non ! Pour son dessein, il ne pouvait pas répliquer, le gouffre était profond il le savait, et il était prêt à tomber.
    Son visage et il ne pouvait guère en être autrement se crispa, d’ailleurs, la pression sur sa mâchoire était forte, et il comprit rapidement que la situation était plus que critique. Renzo répondit d’un mouvement de tête qui confirmer son abandon.

    Ouvrant lentement ses yeux, il fit face au regard de la magicienne, plus dur, et qui pour conséquence lui fit battre le cœur à un rythme violent, il avait la terrible sensation qu’il pouvait sortir de sa poitrine à tout moment. Malgré tout ses yeux ne se déviaient pas, le prestidigitateur souhaitait transmettre sa sincérité, feinte ou pas, il n’en savait lui-même rien du tout. Peut-être agissait-il simplement par instinct de survie, même si ses sentiments d’admirations et d’adorations étaient parfaitement vrais. Evidemment, faire croire à sa déroute n’était pas le fait d’une jolie prose il en avait conscience et était prêt en subir les conséquences.

    Lorsque la Mandragore dénigra les illusions, plaçant ce talent bien en dessous du sien, à raison certainement, car il ne pouvait pas nier que lui ne faisait que rêver, et ses actes n’étaient qu’un mur de fumé que l’on pouvait démolir en un souffle. Son visage crispé se changea en un portrait exprimant une surprise et un sursis qu’il prenait avec ravissement. En effet, la signora lui demanda de lui faire une démonstration, tout en le repoussant d’une main brusque qui l’obligea à reculer. Sans opposer de résistance, il s’écarta, la tête basse, et la cervelle en pleine réflexion. Ses yeux perdus se plongeaient dans cette mare de sang, puis le corps sans vie, pour finir par scruter la silhouette de la magicienne des pieds à la tête alors qu’elle prenait place confortablement dans l’un des fauteuils.

    La question qu’il se posait était de savoir ce qu’il pouvait faire. Sachant que la démonstration était sa seule issue, sa chance de survivre, et de pouvoir accomplir ce rêve qu’il faisait actuellement largement passer avant le désir de la nation de vaincre la sorcière. Avant de commencer, de passer à la suite, il rajusta les manches de sa tunique, le col aussi. Et même s’il le cachait, il ressentait une pression incroyable comme jamais il n’en avait connue, et cela s’amplifia quand il remarqua à travers une fenêtre un garde qui s’approcha. Ceci lui donna une idée folle qui pourrait sans doute l’aider dans sa quête, ce serait également le premier pas vers le vice, néanmoins Renzo n’avait plus le choix des armes.

    -« Je vais faire de mon mieux pour satisfaire vos critères, et ainsi démontrer que mon art est digne de progresser entre vos mains ! » déclara-t-il d’une voix sûre, volontairement il ne répondit pas à la provocation bien qu’il voulait lui montrer la valeur des illusionnistes. C’en devenait même une question d’honneur !
    Le jeune garçon essuya son menton et ramassa le stylet. Un sourire badin sur le visage, il fit une légère révérence et alla vers la fenêtre. Sa main se posa sur le rideau qu’il arracha d’un coup sec. Pas besoin d’explications pour comprendre qu’il en avait besoin pour son tour.

    Sans fioritures, il se contenta simplement de souffler dans le creux de la main pour qu’un nuage de poussière étincelant, d’un geste élégant il fit tournoyer le rideau au dessus de la tête avant de le laissant comme une feuille le recouvrir, l’escamotage était divinement exécuté ! C’était comme un mirage, un songe qui s’éclairait alors que les pupilles commençaient petit à petit à retrouver la réalité, l’illusion était en place.

    La silhouette sous le rideau tremblait, comme fébrile. Quelques gémissements, un coup de vent, et le corps s’écroula lentement, le voile s’ôta pour laisser place au garde qu’il avait aperçu juste avant, le stylet planté entre ses omoplates.

    A coté le rideau bougea, doucement, se levant même tout seul, dansant, dans de nombreux plies…

    -« Il s’agissait d’un des gardes dehors qui cherchait à vous abattre… » La voix sortait de l’au-delà, et le rideau fut saisi et déployer dans les airs. Renzo savait que son geste n’était pas pur… Il savait que cela lui couterait cher, mais pour allumer la flamme qu’il souhaitait dans l’esprit de la Mandragore, il ne pouvait pas faire autrement.

    Son visage macabre et sa main blanche comme la mort déposa son ustensile sur le corps du garde. Puis son regard se posa sur la Signora, triste et morose encore une fois il ne pouvait plus qu’attendre la décision. Son artifice fonctionnerait-il ?

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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Dim 22 Juin 2014 - 0:31



Maeleene



La Mandragora


L'Ombre désabusée



Lasse, la demoiselle l'était grandement, mais, pour une raison connue de elle seule, elle n'en montrait rien. Sans doute ne désirait-elle pas montrer à ce parfait inconnu qu'en réalité, la grande et inquiétante « Mandragora » comme se plaisait à l'appeler la populace vénitienne, était tout aussi vulnérable qu'un chaton. Prendre de grands airs, jouer son personnage … était la seule option qui s'était présentée à elle. Aussi, en lui imposant de lui dévoiler son art, Maeleene pourrait plus facilement le juger, voir s'il était une menace pour elle ou non. Déceler le mensonge n'était pas l'un de ses nombreux talents. Malgré la méfiance qui animait la jeune femme depuis sa plus tendre enfance, les derniers événements lui avaient apprit qu'elle ne pouvait se fier à rien ni à personne autre que soi-même. Assise confortablement dans son fauteuil, les jambes croisées, une main tenant son menton, toute sa posture imposait et pouvait tout autant inspirer un air noble comme dédaigneux. Ô l'angoisse qui étreignait les tripes de l'intrus ne pouvait pas échapper au regard incisif de la belle italienne. Elle en userait sans vergogne, c'est bien, celle-ci prouvait une chose : il craignait Maeleene. Les rumeurs avaient-elles enflées à ce point pour qu'une peur presque palpable se devine chez un homme ?

De prime à bord, l'inconnu qui se disait illusionniste, ne semblait pas être un couard. En l'étudiant plus avant, la demoiselle pouvait deviner certaines choses : déjà, qu'il était un peu plus jeune qu'elle, sans attache, voyageur et … au vu de ses mains, longues aux doigts déliés, sans doute habile dans ses stratagèmes. Ce n'était pas un guerrier, ni même un fermier à la peau tanné, mais bel et bien ce qu'il prétendait être. Mais pouvait-elle croire un maître des illusions ? Assez curieuse pour le laisser tenter une démonstration, elle retint son souffle quand elle comprit que le spectacle commençait.

Si un sourire avait ne serait-ce qu'étiré un peu les lippes vermeilles de la Mandragore, ce n'était plus qu'un souvenir fugace ! Droite, immobile comme une statue d'albâtre, elle avait arrêté de respirer l'espace de quelques instants. Elle s'en rendit compte et son buste reprit sa danse habituelle. Une respiration après l'autre, elle inspirait et expirait en détaillant tout ce rouge, encore. Il fallait que cela cesse. Se redressant d'un seul coup, les poings serrés, elle se détourna du cadavre pour faire face à un autre.

« C'en est assez, c'en est assez des tueries inutiles. Débarrasses moi de ce corps ! » siffla t-elle entre ses dents en jetant un coup d’œil derrière son épaule. « Mais ne t'avises pas de toucher à celui-ci ! »

Fit-elle visiblement ivre d'une colère insondable et imprévue qui se retournait contre le pauvre hère. Son doigt, rageur, désignait la silhouette immobile de son ancien maître. La jeune femme par automatisme peut-être, se signa avant de quitter la pièce, à la recherche de Dieu seul sait quoi. En réalité … oui sa réalité était toute autre.

Une fois certaine que personne ne pourrait la voir, la jeune fille se laissa glisser contre l'un des murs de la chambre de Maître Eodin. Les genoux repliés contre sa poitrine, Maeleene se laissa aller à sa tristesse. Chagrin et colère mêlés elle luttait intérieurement pour se redonner contenance. Mais c'en était trop pour une seule journée. Pourquoi le bûcher ne l'avait-elle pas emporté au loin ? Au lieu de … de … essuyant ses larmes d'un revers de la main, la Mandragora se laissa submerger par une vague frénétique : une envie de destruction. Sa main saisit la première chose à portée pour balancer le tout contre le mur adjacent. De même pour les vases, les chaises, tout, tout ce qui pouvait se briser, elle le brisa. Tout sauf un dessin. Ses yeux bleus devenus presque noirs par cet excès de folie, se figèrent quand elle contempla l'ébauche de cette future toile. Deux visages qu'elle connaissait bien puisqu'il s'agissait d'un portrait d'elle et d'Eodin. Ces sourires ébranlèrent son âme et son esprit. Ses bras retombèrent mollement de chaque côté de son corps.

« Pourquoi m'avoir abandonné vous aussi, maître ? »
l'esquisse quitta ses doigts pour se poser avec la délicatesse d'une plume sur le plancher maculé d'encre et de peinture. « Qu'est-ce que je vais faire maintenant sans vous ? »

Sombre, désabusée, Maeleene tel un automate, se prit à chercher des habits dans une immense armoire … en revenant dans le séjour, elle espérait ne pas retomber sur l'autre, cet illusionniste qui ne lui avait même pas donné son nom. Après tout ? S'en souciait t-elle ?



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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Dim 22 Juin 2014 - 20:18

    Son sourire taquin de façade, celui là même qu’utilisait un « bouffon » lorsqu’il achevait un numéro à la cours d’un roi s’effaça rapidement en contemplant la Mandragore encore plus crispée, ses poings serrés elle se leva, avec rage.
    Un souffle froid glaça un infime instant le sang dans les veines de Renzo, et le ton employé par la Dame ne se voulait pas un remède, au contraire. Par instinct ou simplement pour montrer qu’il écoutait, son regard se posa sur le cadavre qui était déjà au sol lors de son arrivée.
    Reportant son attention sur son interlocutrice, l'observant dans son intention qu’elle voulait quitter la pièce.
    -« Signora ! Attendez… Je… » Tendant son bras en sa direction rien n’y changeait, le voilà seul, en compagnie de ce lac rouge dans lequel flottait deux corps dont les âmes venaient de s’envoler vers le ciel.

    Immobile Renzo entendit le fracas au loin, il oublia rapidement l’idée de visiter la demeure pour retrouver celle qui avec son génie était en quelque sorte sa « divinité ». Sentiment qu’il devait parfois combattre depuis le début pour réussir sa mission. Evidemment, sa conscience n’était pas en pierre, et sa soif d’apprentissage prenait le dessus, son admiration manipulait sa raison et son cœur pour qu’il n’abandonne jamais cette idée.

    Le jeune artiste se savait perdu, le meurtre qu’il venait de commettre pour tenter de briser la méfiance de la Mandragore le condamnait. Un soupir, quelque pas, il s’agenouillait vers la dépouille qui servit à son tour.
    Les mains sur sa poitrine, il versa une larme, l’une de ses mains se posa ensuite sur le dos, puis flirta avec le stylet qu’il ôta d’un coup sec.
    -« Tu auras commis un crime, utile en apparence… L’instrument de l’Italie a un cœur trop fragile, hélas ! »
    D’un geste brusque il balança l’arme contre le mur, essuyant les larmes de ses yeux, il se releva tenant sa victime par le poignet.
    -« Sache que je n’avais pas le choix, mon entreprise nécessitait cela ! Mais le piège est devant moi, serais-je assez fort pour continuer ? » Il murmurait, la tête, trainant le garde à l’extérieur de la demeure, l’oubliant dans le coin de la rue, plus loin la foule était trop présente pour qu’il puisse se risquer à avancer.

    Le garçon fit demi-tour, retournant dans cet antre, n’oubliant pas son rôle, luttant contre ce démon qui lui hurlait d’accomplir son rêve. Fermant les yeux et remuant sa tête il voulait oublier, il ne voulait pas que le costume devienne sa propre peau. Renzo jouait avec le feu ! Ouvrant la porte lentement pour arriver dans le séjour. Il n’y avait plus qu’un seul cadavre à présent. Celui là semblait sacré aux yeux de la Mandragore.

    Son dos s’appuya contre le mur, celui qui faisait face au fauteuil où elle s’était assise il y a quelques minutes. Croisant les bras, son regard mélancolique balaya le sol, le désastre, et puis il repensa à son numéro. La colère de la Magicienne, avait-il bien fait ?
    Bref, sa demande était toujours valable, et elle n’avait toujours pas donné sa sentence, sa vie à ce moment tanguait dans une tempête violente. Bien sûr, il avait cherché, et assuma comme pouvait le faire un héros. En avait-il l’étoffe ? L’avenir le dirait. Toujours troublé dans se mélange de sentiments, Renzo entendait clairement le bruit des pas revenir vers le lieu.

    Le silence, voila sa préférence dans cette situation, la silhouette de la Mandragore était là, devant, cependant il conservait sa tête basse, et son regard triste, suppliant le destin pour que la sorcière ce soit calmé… Malgré tout, malgré son envie de silence, il laissa échapper quelques mots d’un timbre désolé.
    -« Excusez-moi ! Ce n’était pas mon intention. »
    Plus rien ensuite, il n’avait plus qu’à croire que cela plus la disparition du cadavre permettrait d’adoucir la rage de son interlocutrice.

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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Lun 23 Juin 2014 - 0:41



Maeleene



La Mandragora


La Sola




Tant de noirceur, ce funeste manteau qui paraît la Mandragora toute entière … elle ne pouvait plus s'en débarrasser depuis ces quelques sombres heures à faire face à son Destin. Ce feu. Puis à une toute autre réalité plus pénible pour elle que le trépas. Seulement, cette sensation aussi forte soit-elle, qui lui collait à la peau, faisait partie d'elle, Maeleene en avait l'intime conviction. Un regard, rien qu'un, plus tendre dans la direction du cadavre de son maître et de nouveau, cet habit invisible drapa ses épaules. Aura violacée s'envolant en volutes éparses, elle approcha pas après pas, vers l'homme dont, en réalité, elle avait oublié le nom. Les lèvres pincées, comme si elle contenait encore son venin, la demoiselle darda sur cette silhouette prostrée, un œil critique suite à ces quelques paroles lui étant destinées. Puis, brusquement un rire s'échappa de sa gorge, fade, sans aucune mélodie. Un dernier pas et la jeune femme put le toiser, à loisir, pour libérer son fiel.

« Ton intention n'était pas d'épater la galerie ? » un rictus mauvais aux lèvres, elle poursuivit sur le même ton froid et acide : « Je n'ai pas besoin que tu me prouves ta soi-disant loyauté, de toute façon, jamais je ne te ferais confiance, à peine pourrais-je te tolérer mais tu pourrait m'être utile, d'une façon ou d'une autre. Mais en ai-je vraiment envie ? »

Penchée vers lui, une main replaçant une mèche de ses cheveux roux derrière son oreille d'une manière tout à fait naturelle, la dame, tout sourire ayant déserté son joli minois, eut un moment d'égarement à le contempler. S'il daignait lever le regard vers elle, sans doute descellerait-il chez elle, toutes les marques d'un profond chagrin : d'abord, dans l'océan infini de ses prunelles turquoises cernées de rouge et légèrement bouffies. Enfin, le timbre de sa voix, très, très légèrement hésitante, mais infiniment vide de toutes chaleurs ! Non, à ne pas mettre cela sur le compte de sa mauvaise humeur ! Tout homme un peu attentif reconnaîtrait de tels signes. Maeleene, elle, avait put remarquer cela chez le jeune homme.

« Comment te nommes t-on, déjà ? » Par automatisme, sa main libre s'avança vers Renzo. « Et arrêtes de sangloter comme un bambino. »

Ses doigts, presque à le frôler, se crispèrent sans aucunes raisons apparentes. L'expression de son visage se durcit, ses traits la rendant presque méconnaissable l'espace de quelques secondes, comme si, quelque chose l'avait brûlé dans ce « presque » contact. D'ailleurs, cette main se plaqua contre sa poitrine et Maeleene recula, faisant mine de s'intéresser à une pile de vêtements qu'elle avait préalablement déposée sur la table qui, par miracle, n'avait pas souffert de son ire.

« Vas me chercher de l'eau et des serviettes propres, là bas » articula t-elle sans le regarder en pointant du doigt, une grande armoire non loin du jeune Renzo. « Ce soir, nous allons offrir des sépultures décentes à mon Maître Eodin, l'homme que tu vois là et que tu ne toucheras pas. Est-ce bien clair dans ton esprit ? »

Pourquoi se montrer si dure avec lui d'emblée ? Lui parler de la sorte ne lui serait jamais venu à l'esprit la veille. Or, hier n'était pas aujourd'hui, hier, on l'avait laissé pour morte sur le bûcher. Les flammes dansaient encore devant ses yeux à ce souvenir terrible qui lui glaçait encore les sangs. Le regard indéchiffrable, perdue dans le fil de ses pensées, la Mandragora était une funambule suspendue à un fil, prête à être précipitée dans le vide. Un faux pas et elle basculait, elle le savait. À quoi se raccrocher si ce n'est à de petits rien ? Gueuler sur un parfait inconnu, le malmener en faisait partie et gonflait son cœur d'une discrète espérance. Elle ne voulait pas sombrer. Autant agir en conséquence.

Alors, sans dire un seul mot de plus, la belle italienne vaqua à ses occupations morbides : s'occuper du corps de son maître et ce, avec un soin méticuleux. Des gestes à la fois doux et précis, froids comme d'une chaleur touchante. À l'observer bien attentivement, on pouvait voir à quel point elle aimait cet homme là, ce père qui ne lui sourirait plus jamais. De discrètes caresses, des petits mots chuchotés à son oreilles … on aurait put la prendre pour une folle, mais son âme en était allégée. Une larme unique, même, roula sur sa joue pâle pour finir sa course dans sa chevelure flamboyante.

« Vous voilà fort beau Maître … vous allez en faire tourner des têtes ! »

Un rire argentin, un vrai, l'illumina toute entière pour la faire paraître plus douce, plus innocente : son masque venait de se fendre légèrement. Ô, mais pour combien de temps ? Ses gestes se suspendirent en comprenant qu'aucune réponse ne lui serait fournie. Elle se rembrunit, la tête basse et les poings serrés.

« Renzo. » elle tourna la tête vers l'illusionniste, l'air grave. « Tu vas m'aider à le porter, nous allons trouver une barque et … »

Elle n'acheva pas sa phrase, c'était trop dur. « Viens ! »

À la faveur de cette nuit sans lune, trois ombres glissaient dans les ruelles étroites de la glorieuses Venise. Beaucoup sommeillaient et ne pouvait se douter de ce qu'il se passait dans les entrailles de leur cité. Les brumes se levaient puis les laissaient passer à leur gré. Il ne leur fallut pas longtemps pour trouver ce que la Mandragore désirait. Le corps étendu dans l’embarcation, entouré de fleurs que Maeleene avait volé, il reposait là, près à partir pour le dernier contient. Elle, elle l'observait, ce visage doux comme ensommeillé.

« Oh … réveillez vous, je vous en prie Eodin. »
Mais l'artista ne cilla pas, ses paupières ne papillonnèrent pas comme elle le désirait si ardemment. « Lèves toi ! » Pas plus de réponse, tout juste le souffle du vent qui balaya sa tignasse laissée libre dans son dos. « Lèves toi ! Lèves toi ! »

Ses appels répétés, son désespoir éclataient comme une évidence ! Sur le point de laisser libre cours à sa folie, de prononcer des mots qu'elle regretterait par la suite, elle se fit finalement violence.

« Allumes le feu, qu'il puisse s'en aller dans l'au-delà. » ordonna t-elle en se détournant. Sans doute le jeune homme pensait-il que la Mandragora allait partir sans demander son reste mais il n'en fut rien. Au lieu de cela, elle ouvrit la bouche et commença à chanter. Un lent et doux requiem, la Sola. Sa voix était belle, mais son chant bien triste et solennel. De pénibles adieux.

Le supporterait-elle ? Pourrait-elle vivre maintenant ?

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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Lun 23 Juin 2014 - 22:02

    Tête basse, les yeux légèrement humides, le silence était pesant, il fallut un rire de la Mandragore pour le déchirer. Le regard de Renzo exprima une certaine surprise en écoutant les paroles de celle-ci. De plus, elle était là, juste à quelques centimètres. Le ton fut froid, donnant au jeune garçon l’impression que sa vie était en train de s’effondrer, heureusement la fin était une lueur d’espoir. Les mains liées devant son cœur, il ne pouvait que remercier le ciel. Ce qu’il fit en fermant les yeux, car malgré le ton, le contenu était satisfaisant et suffisait à son bonheur actuellement.

    Lorsqu’il rouvrit à la lumière ses pupilles, et que son regard effleura le visage de la Signora, il remarqua de la peine. Son désir était de la questionner, néanmoins, sa ruse lui conseilla de faire dans l’humilité absolue, il ne devait pas forcer les événements, et si elle devait en dire plus cela serait simplement par l’envie de la Dame.

    Un moment il croyait rêver, ses yeux s’écarquillaient lorsqu’elle lui demanda d’arrêter de pleurer, il y avait, à son sens un coté « fraternel », un rêve ? Réalité ? Se reprenant, le fantaisiste répondit presque immédiatement.

    -« Renzo ! Padrona, oui, vous épater, pas attiser un chagrin ou une colère causant souffrance dans votre esprit. » Le murmure de sa voix était doux, et plein d’illusions. Evidemment, la situation était bancale, mais il devait travailler pour gagner la confiance de celle qui était pour beaucoup « un monstre ».
    -« Mon seul souhait est de vous être utile… »

    Il se frotta ses yeux pour sécher une larme, avant de planter son regard sur l’armoire que lui désigna du doigt la Dame qui lui parla d’une façon rude. Il comprit qui était la personne sans vie, le reste était toujours un mystère, et l’idée qu’elle ait pu l’assassiner l’effrayait quelque peu. Cependant, Renzo voyait là, une opportunité unique pour poser le premier filet de son piège.
    Un sourire légèrement forcé, et il inclina légèrement son buste.
    -« Très bien ! Cela est fort clair, et sauf permission soufflé par votre voix, je refuserai d’approcher ce corps. »

    Elle ne l’avait pas regardé, mais cela n’avait pas d’importance, et comme un automate il se dirigea vers le placard. Et en effet il y avait là un récipient avec de l’eau, et un tas de serviettes parfaitement pliés.

    Avec soin, dans un silence religieux, il s’empara des affaires. L’heure était plutôt à la tristesse et au recueillement, le jeune garçon se trouvait proche. Ne voulant guère casser l’instant entre la Mandragore et son Maître. Un lien fort les unissait, il pouvait aisément le ressentir, il ne le montrait mais cela le touchait, car lui, ne connaissait pas ce sentiment envers quelqu’un qui lui aurait appris l’illusionnisme. Ce lien, il le connaitrait peut-être avec cette sorcière, il en tremblait de joie malgré la relation compliquée depuis le début.
    Son buste se redressa instinctivement lorsque la Padrona se tourna pour l’interpeller, il se contenta d’un « oui » de la tête. Dans son esprit restait pourtant graver les mots de tout à l’heure, le fait qu’il ne pouvait pas toucher le corps sans vie de son Maître.

    Malgré l’avertissement, il ne discuta pas, et à l’aide d’une serviette qui lui évita un contact direct, suivit en silence, se plongeant dans cette sombre nuit dans les rues de Venise, la folie était partie, comme si les gens semblaient oublier le mal qu’ils avaient commis hier.
    Bref, il fallait lui aussi qu’il oublie son acte malheureux, ce vice qui commençait à l’envahir était douloureux mais il n’avait pas d’autre chemin à suivre.

    Arrivées à la barque, Renzo laissa faire, dans sa main il tenait une torche qui éclairait parfaitement le petit coin, la cérémonie était au soin de la Mandragore. Renzo se contenta simplement de regarder d’observer, il sentait à vrai dire qu’il n’avait pas sa place dans cette scène, que l’intimité ne concernait que ses deux êtres, d’ailleurs, la magicienne croyait encore au battement de cœur du défunt qui malheureusement ne reviendrait jamais à la vie. Non, jamais plus il ne se lèverait. La main sur sa poitrine, prit dans cette tempête d’émotions il s’approcha d’un pas pour essayer de calmer la Dame.

    -« Sign… » Il fut interrompu par l’ordre soudain de la Mandragore qui souhaitait voir les flammes emporter son maître dans son dernier voyage.

    L’air grave qui était le signe d’un partage de l’événement, il posa un genou au sol, et c’est en écoutant la voix l’Italienne s’envola dans les airs, un requiem qui accompagné un geste délicat de Renzo qui porta l’extrémité de la torche sur la torche. Il n’en fallait pas plus pour que le feu gagne du terrain, et prenne une hauteur importante.
    Agenouillé, sa tête se leva pour admirer la flamme. Le chant triste de la Mandragore gagna son cœur, lui qui n’était qu’un pauvre vagabond, sans attache depuis longtemps dont l’existence était sacrifié depuis sa rencontre avec un officier lui confiant la mission d’éliminer celle qui était suo idolo dans l’art de la magie et du mysticisme.

    C’était la fin d’une vie ! Le mystère continuait pour lui, et son dessein lui prendrait peut-être toute la sienne. A moins que le destin capricieux finisse par le convertir en un mal à éliminer. Rehaussant un peu le col de sa tunique pour se protéger d’un léger vent, il admirait et écouter religieusement le chant d’adieu que faisait la Magicienne à celui qui était sans doute celui qui lui avait offert ses connaissances avant de s’effondrer.
    Les mains sur le cœur… Fier de lui jusqu’à présent il se perdait actuellement devant cette triste situation. Un murmure à peine audible accompagna ses pensées.
    -« Reposez en Paix ! De la haut vous pourrez veiller sur elle… »

    Au bout d’un certain temps, l’immense flamme se calma, et perdait sa vigueur… L’illusionniste n’avait pas bougé depuis, un masque compatissant et peiné sur le visage, le doute était maintenant de connaître l’effet de cet ultime adieu chez la Mandragore.
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Aratos
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Jeu 26 Juin 2014 - 1:16

[Provenance : Les enfers]

Adonis était partant. Parfait ! Les voyages formaient la jeunesse, et, malgré ses années de Cocyte, enfermé dans une glace qui ne pouvait fondre, le renégat des poissons restait un jeune homme qui sortait de l'adolescence, tout comme l'ancien chevalier de bronze. Le duo  était donc parfaitement adapté à ce genre de péripéties. Dans un premier temps, ils soupesèrent la possibilité de faire le trajet en surplis, mais ils déclinèrent cette option. Déjà, personne ne les connaissait, ou presque. Adonis n'était revenu que depuis peu à la vie et ses contemporains avaient passé l'arme à gauche depuis un bail. Aratos lui, portait un masque opalin qui le rendait aussi anonyme que son compère à ceux qu'il avait, lui, côtoyé. De ce fait, se déplacer avec une armure aux reflets violets était aux yeux des gens qu'ils risquaient de croiser, au mieux, suspicieux.

" On a qu'à les laisser sous la main. Après tout, elles devraient être capables de nous retrouver en un instant non ?" demanda à son acolyte l'ancien chevalier du Poisson Austral. Ce dernier haussa les épaules, geste qui pouvait être interprété par l'Ibère autant par un manque d'intérêt que par l'absence d'une réponse. Dans le doute, le Balrog décida de ne pas le relever. Après tout, qui était-il pour juger ce qui devait être intéressant aux yeux de son compagnon d'aventures ?

Le voyage fut des plus rapides et inintéressants. Même lui qui n'avait pas trop l'habitude de se frotter au monde extérieur le trouva des plus mornes. Peut-être que pour Adonis il ne s'agissait pas de la même chose cependant. Après tout, si lui était resté reclus dans un monastère pendant presque toute sa vie, ce dernier avait passé les dernières années dans une prison des enfers. Il imagina quelques instant ce qu'un tel supplice pouvait bien représenter puis il écarta cette idée, fort désagréable ceci dit, aussitôt. Il n'avait aucune envie de se retrouver le corps dans une glace qui lui gèlerait les miches. Le chemin les menait donc à Venise, ville connue pour son festival. Cela tombait bien, la période était justement celle de la fête. Pour une première sortie elle concordait plutôt bien avec le port de son masque !

Ils devaient cependant se consacrer au plus vite à leur mission. Mais comment trouver la personne qui portait le surplis perdu ? Le nom, et la ville, déjà. Venise et Maeleene. Mais ce n'était pas suffisant. Alors qu'il allait se tourner vers Adonis pour lui demander son avis, un cosmos flasha, comme par enchantement. Le Balrog leva l'index alors qu'un sourire invisible s'esquissait derrière son masque. " Tu as senti ça toi aussi, n'est-ce pas ? Allons jeter un coup d’œil, mon cher."

Alors qu'ils se dirigeaient vers la source de cette énergie ils longèrent ce qui semblait être un bucher. Étrange, il n'avait pas entendu que ce genre de structures prenaient part aux festivités du fameux carnaval. Bientôt, le duo improbable tomba sur un spectacle fort inopiné. Une jeune femme chantait à un mort, allongé dans une barque, sous les yeux médusés d'un assassin imberbe. Religieusement, le Balrog attendit la fin de la mélopée, mais, à la dernière note, il se surprit à applaudir, lentement. A quoi bon cacher leur présence désormais ? Il savait qu'ils avaient réussi à trouver l'aiguille dans la meule de foin. Aussi vite ? C'en était presque inattendu !

" Bravo ! Bravissimo !" lança-t-il alors qu'il sortait de l'ombre d'un balcon, laissant son compère derrière lui. " Elle chante bien,  ne trouves-tu pas mon ami ?". Aratos ne savait pas réellement l'impression que son arrivée théâtrale causerait chez les deux italiens, mais il était clair qu'ils ne resteraient pas sans rien faire. Histoire de titiller sa curiosité, le jeune Ibère bondit, à une vitesse qui devait être insensée aux yeux de son nouveau public. Après tout, aussi éveillée pouvait la jeune femme être au cosmos, il n'en restait pas moins un Spectre d'Hadès. Quand à l'humain ... il ne s'en souciait même pas. Désormais dans le dos de la jeune femme, il lui murmura quelques mots d'un ton froid qu'elle seule put entendre. " Tu te doutes bien qu'on est venu te chercher, n'est-ce pas Maelene ?"
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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Sam 28 Juin 2014 - 23:12



Maeleene



La Mandragora


La Nuit




La nuit était noire, sombre et inquiétante. Pleine d'une promesse de mort. L'embarcation, avalée par les flammes, illuminait le soir, faisait miroiter l'eau trouble et sale d'une Venise ensommeillée. Déjà bien avancée, la nuit était noire, sombre et inquiétante. Et Maeleene brisait le silence instauré par la main de Nyx, cette belle dame qui, chaque soir, étendait ses ailes obscures sur la trame du ciel. La jeune italienne ne voulait pas voir la barque se consumer, le corps de son maître partir, s’élever en amas de cendre dans un tourbillon. Homme tu redeviendras poussière. Cette phrase prenait tout son sens dans l'esprit de la Mandragora. Chaque homme, bon ou mauvais, finissait six pieds sous terre. La question demeurait : ces hommes, bons comme mauvais, pouvaient-ils tous prétendre à une place au Ciel ?

Entendez-vous ? Entendez-vous là haut ? Son chant comme une symphonie ? Resteront-elles fermées, vos portes pour le Paradis ?

Paupières closes, la belle acheva sa chanson dans une dernière note qui s'envola, loin, loin, aussi loin que possible pour quiconque voudrait bien l'entendre, son chant funeste, son hommage à un mort. Elle ne pouvait y croire. Se réveillerait-elle de ce songe odieux ? Peu à peu, la jeune femme sentait son monde se fissurer pour mieux se briser. Maeleene ne le voulait pas, et pourtant, pourtant qu'était-elle pour se dresser contre son destin ? Si elle en avait la force, il semblerait que les Moires, penchées sur le canevas de sa vie, n'en aient pas finit avec elle. Car subitement, des applaudissements, à leur tour, ébranlèrent la musique du silence. C'était un homme au visage masqué qui avança dans la lumière, se révélant aux yeux de l'artiste et de Renzo. Il y avait chez lui quelque chose de troublant, d'insaisissable et de familier à la fois sans que la Mandragore ne sache dire quoi avec précision.

Seulement voilà, c'était la peur qui glaça son sang. Son cœur manqua un battement quand, tel le vent, l'inconnu se déplaça jusqu'à elle pour apparaître dans son dos. Et ses mots … Pétrifiée, Maeleene, les prunelles agrandies par une angoisse viscérale, réalisa qu'on l'avait encore une fois trompée. Sa fragile confiance encore une fois balayée négligemment d'un revers de la main, elle eut un mouvement de recul en avisant du personnage aux manières qui pour elle, étaient comme une ironie.

« Comment … » commença t-elle en reculant d'un autre pas, puis un autre, un second. « Non. Vous ne m'aurez pas. »

Annonça t-elle sur un ton glacial bien que légèrement tremblant. Son regard pers tomba sur la silhouette de Renzo, celui qui se prétendait être plein de bonnes intentions à son endroit. « Toi ! » vociféra t-elle, ses yeux s'assombrissant dangereusement. « Tu m'as bien eu, avec tes belles paroles ! Mais je ne me laisserais pas prendre. Je ne me laisserais pas abuser encore. Je te tuerais de mes mains, Bastardo. »

Le danger était réel, Maeleene le ressentait au plus profond d'elle-même. Son instinct lui dictait la prudence, elle préféra suivre une impulsion, sauvage comme elle l'était d'ordinaire. Sortant un poignard de sous ses jupons, la jeune femme à la longue chevelure rousse en extirpa une lame qui brilla intensément sous une lumière d'argent. Pâle, celle-ci déchira les tissus constituant sa mise, son déguisement pour le Carnaval. Juste assez pour laisser ses jambes se mouvoir à leur guise. Juste assez pour qu'elle puisse prendre la fuite, vive. Véloce, Maeleene se paraît progressivement d'une lumière sombre alors que sous ses pas, des petits pentacles se dessinaient à même le sol. Les brumes s’amoncelaient pour elle pour cacher sa fuite. Ainsi débuta ce qu'elle pensait être une traque. Mais, en définitive, n'en était-ce point une ?

Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, les cheveux volant derrière elle comme dans un rêve, non, un cauchemar, la vénitienne usait de ruse pour semer ses assaillants, optant pour les ruelles sombres et étroites, et enfin, les toits. À la faveur de cette nuit noire sombre et inquiétante, pleine d'une promesse de mort, l'élève d'Eodin finit sa course en plongeant directement dans l'eau croupie. Elle n'en avait que faire, puisse t-elle leur échapper.

L'eau était glacée et lui coupa le souffle quand son corps y pénétra. Le sang battait à ses tempes, elle était aveugle et sa blessure à l'épaule l'empêchait de nager correctement. Mais elle tenait bon, tandis que ses pensées s'envolaient pour son maître, ce souvenir de lui, étendu dans une barque, son corps en train de se consumer. Et la tristesse la submergea.  Elle arrêta de battre des pieds.

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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Dim 29 Juin 2014 - 18:15

    Agenouillé, le cœur chagriné par l’événement qui se produisait sous ses yeux, il n’avait pas les mots pour la suite. Sans doute craignait-il un mot qui serait comme un poignard dans l’esprit de la Mandragore. Un mot qui causerait la même réaction que dans la demeure serait sans doute comme signer sa propre mort.
    Le chant divinement triste touchait à sa fin, et les cendres s’envolaient lentement, emportées par les flammes purificatrices.

    L’instant solennel fût brisé par l’arrivée d’un étrange personnage, une ombre angoissante, à l’aura sombre. Un masque qui n’était pas fait pour contrarier ce premier sentiment. Le jeune illusionniste se releva lentement, un pincement au cœur, qui était-il ? Un autre envoyé pour se débarrasser de la Mandragore ? Cela voulait dire que la confiance en lui s’était déjà envolée. Ou alors un complice ? Non cette hypothèse fut balayée rapidement par la réaction de la Signora.

    Le regard glacial qu’elle lui porta le figea comme une statue une cire, il n’avait pas même le courage de trembler.
    -« Mais… » Un mot si bas qu’il ne put être entendu… Qu’avait-il fait ? Cet homme lui était complètement inconnu. Immobile il observa la Dame attraper un poignard qui lui servit pour tailler un tissu gênant pour son dessein futur ; la fuite.

    Renzo ne bougea pas, la lame plantée dans son âme venait de causer une violente blessure, cette sensation de toujours faire le mauvais choix. Ce gout amer que ses phrases étaient pire que le venin d’un serpent, ce sentiment qui le poussait à maudire sa propre existence. Un traitre ? Lui ! Il n’en avait pas la parure, et pourtant l’intention était réel, son plan était planifié, bien qu’il détestait au point d’en devenir fou. Malgré tout, pour l’Italie, perdre son honneur était un choix qu’il devait accepter avec joie.

    Son regard se posa ensuite sur la flamme chancelante, et Renzo pensait à l’homme qui venait certainement de rejoindre le ciel, celui-là qui semblait avoir gagné la confiance de la Mandragore. Son souhait le plus précieux était d’en faire de même, mais l’épreuve était complexe. L’approcher vu les menaces serait sans doute une action peu judicieuse.
    Un moment il admira l’être qui venait de causer son malheur ! Il était comme un corbeau qui planer au dessus de la tête de la Mandragore. Lui avait-il parlé ? Il se mit à marcher, silencieux, le pas pressé comme s’il était tout de même prit de l’envie de vite la retrouver même si elle devait lui prendre la vie.
    En vain !
    -« Ola ! Mais que fait un visage aussi triste que la mort, ce masque est pour les hommes sachant que demain sera leur dernier jour. Montes donc et que ce cœur transformé en cadavre se laisse réchauffer par l’amour à la débauche. »

    Un groupe de libertins étaient réunis sur une gondole, des verres de vin à la main. Renzo se disait qu’il ferait bien d’y aller, et de s’oublier dans ce doux tourbillons afin d’oublier son malheur, sa mission, et même son rêve. Cette gondole était comme un ange salvateur, à ses pieds il reçut un masque qu’il ramassa tout en répondant à cette invitation.
    -« Vous n’auriez pas vu une femme à la silhouette aussi agile qu’une féline ? »
    Une des dames de l’embarcation se mit à rire allègrement.
    -« Qu’il est mignon ! ah ah ah Tu souffres et tu refuses la délivrance, nous avons croisé une bien jolie jeune femme tout à l’heure sur une autre gondole, elle en tenait une bonne. »

    Instinctivement le regard de Renzo se tourna en direction de l’endroit indiqué au milieu des éclats de rires, et de cet effluve de bonheur, il s’agenouilla pour rendre le masque et remercier la jeune femme pour le renseignement.
    -« Je suis bien fou de refuser une si charmante invitation… » Il tendit le masque versant une petite larme.
    -« Hélas un costume a déjà consumé mon âme, j’accepte la honte, le déshonneur pour cela… Et bientôt elle sera mo… »
    Le silence ! Non, il n’osait pas le dire.
    -« Adieu, vous êtes bien heureux dans votre folie… »
    Ils étaient déjà parti et loin, un soupir devant cet oasis qui n’était peut-être qu’un mirage dans sa cervelle.

    L’apprentie venait de refuser la fuite, pour suivre le courant et quand il vit la gondole, un soulagement et un sourire rayonnant se dessinèrent sur son visage juvénile.
    Sa main se posa à l’endroit où passerait l’embarcation pour l’arrêter, étrangement,une brume intense l'empêcha de voir, et lorsque ses doigts heurtèrent la gondole, il n'y avait personne ! Mais ce qu’il redoutait était cet oiseau de mauvais augures, il était là tout à l’heure, il serait étonnant qu’il ait disparu…
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Adonis

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mar 15 Juil 2014 - 14:23


Le voile s’ouvra et le portail se referma.  Aucun d’entre eux ne s’attendait à une telle destination. En effet, lorsque la brume infernale s’estompa, les deux Spectres eurent le plaisir  de découvrir les lanternes dansantes de Venise. Comme un son habitude, un certain sourire taquin ourla les lèvres roses d’Adonis. Cette fois-ci, aucun mépris, seulement de la nostalgie. Deux siècles auparavant, lorsqu’il était encore le jeune Chevalier des Poissons, l’esthète avait eu quelques affaires à régler dans son Italie de la Renaissance. Ce qui n’était à l’origine qu’une simple mission du Grand Pope se transforma vite en une vendetta personnelle. Aujourd’hui, Adonis ne s’étonna même pas de constater à quel point rien n’avait changé en deux cents années.

Les vieux ponts étaient gorgés d’humidité qui s’incrustait dans l’air au point de pouvoir noyer les nouveau-nés par leur simple respiration. De plus, même dans cette nuit si noire que même les étoiles ne purent y trouver domicile, les petites flammes qui illuminaient chaque rue se reflétaient dans les canaux leur offrant un charme vacillant et laissant les ombres des malheureux qui s’en approcheraient valser sur le pavé froid. C’était ici qu’Aratos et lui avait atterri.

Contrairement au Balrog, Adonis décida de garder son surplis. Celui-ci, au-delà du simple bleu de travail, représentait une seconde peau si ce n’est sa vraie peau. Jamais Pisces Noirs n’oubliera que son âme ressuscitée par Hadès ne faisait que percuter les parois d’une coquille vide, d’un corps artificiel. Sa protection d’obsidienne en faisait de même. Lorsque l’éphèbe se réveilla de son éternelle prison, cette pâle copie de feu son armure d’or ornait déjà son corps. Il ne se sentait pas encore capable de la quitter, pas tout de suite. Après tout, cela faisait une parfaite couverture. Quoi de mieux qu’une armure à l’éclat plus puissant qu’un diamant noir pour se camoufler  dans les allées nocturnes de Venise ?

Avec dédain, il arpentait la ville aux côtés d’Aratos jusqu’à ce que, du haut de leur balcon ils remarquent enfin quelques présences intéressantes. Comme à son habitude, le Balrog préféra prendre les devants. Adonis s’amusait de plus en plus en la présence d’Aratos. Il comprenait de mieux en mieux les raisons qui avaient poussés Alessio à le choisir parmi les Spectres d’Hadès. Observant le spectacle qui s’offrait à lui, l’androgyne assit une de ses cuisses sur la balustrade, en hauteur et caressa sa chevelure blonde. Pour le moment, ils n’avaient sûrement pas besoin d’être deux pour s’occuper de quelques humains et ramener une Spectre nouvellement née. Soit dit en passant, celle-ci était fort belle. Pour un esthète comme les Poissons, il ne pouvait que se montrer admiratif devant une telle créature se rapprochant autant de sa propre beauté surnaturelle.

Lorsque la scène se mut de façon bien plus dynamique sur les éclats chancelants de l’eau croupie, Adonis ne put s’empêcher de sourire. Il allait la suivre, l’attraper. Il la voulait elle aussi. Tant de personnes à rencontrer, il en avait perdu l’habitude, lui qui avait été enfermé dans son temple à cause de son arme ultime, ce qui faisait de lui un émissaire funèbre, son sang, cette magie sanguine, ce poison intestin. Il ne se fixait plus aucune limite et ses magnifiques prunelles d’azur, ombragées par quelque boucles solaires suivirent d’un regard presque pervers la signora qui s’envolait à travers l tout Venise. Depuis l’ombre, sans même porter un regard à son homologue, il lui susurra.

Cette fois-ci, je m’en occupe.

Son pied se posa sur la balustrade et d’un bond gracieux, il enjamba Maeleene et la poursuivit. Le Roi des Ronces ne put s’empêcher de remarquer les différents symboles au cosmos spectral s’échappant de ses pas. Comprenant les plans de la Mandragora, il arrêta sa course et préféra humer le parfum empoisonné d’une rose rouge qu’il venait de faire apparaître dans le creux de sa main et à la stupeur de la fugitive, il disparut.

Debout sur le pavé humide, il n’attendit que le « plouf » de l’eau croupie pour tirer par surprise le bras de la dame lorsque celle-ci ne s’y attendait pas, perdue dans ses pensées. Elle avait même oublié de nager. Il la sortit et l’attrapa par la taille avant de lui adresser le plus sombre et le plus cynique des rictus. Le physique envoutant du blondinet faisait effet. Il n’était pas plus grand qu’elle et se demandait même s’il n’avait pas quelques pouces de moins. Après tout, le corps d’Adonis n’était que celui de ses seize ans. Cela offrait bien plus de caché à la porcelaine androgyne de son visage. Sa voix suave exerça sa pression dans une atmosphère oppressante qu’il avait créée de toute pièce. Un parfum végétal tournoyait autour des deux êtres tandis que même dans la nuit, des pétales sanguins étaient visibles dans l’air.

Allons, allons. Qu’est-ce qui a pu passer par l’esprit d’une aussi jolie femme pour se jeter dans une eau si boueuse ?
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Aratos
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Jeu 17 Juil 2014 - 15:39

Le Balrog se passa la main sur le masque de haut en bas, et s’arrêta sur son menton. Tout ceci ne se déroulait pas selon son plan. D’un autre côté, c’était normal, il n’avait pas de plan, n’en avait jamais eu, et n’en aurait probablement jamais. Il avait suivi une piste et … Et voilà ! La situation n’était donc pas sous contrôle, d’un autre côté, c’était ce qui la rendait attrayante. La jeune femme, après quelques critiques adressées au petit assassin s’était évaporé dans la nature. Aratos se gaussa derrière son deuxième visage en porcelaine. Elle avait pris le jeune Renzo pour un homme à leur solde. Allons bon. A peine allait-il s’élancer à sa poursuite qu’enfin Adonis sembla sortir de sa torpeur nocturne. Félin, il s’était extirpé de son balcon et après quelques mots à l’adresse de son compagnon d’aventure, avait amorcé la course.

l’Ibère se rendit compte qu’il était donc seul en cette place, Renzo ayant joué les filles de l’air. Théâtralement, il posa le dos de sa main sur son front et murmura quelques mots à un public inexistant : « Ainsi, la tâche de rattraper l’autre bon à rien me revient. Quelle triste vie que la mienne … Laissons-lui un peu d’avance ! » conclut-il avec un rire cristallin.

Sans attendre pourtant, il se contredit, et, d’un bond, sauta sur le toit de la bâtisse la plus proche. Un peu d’avance, certes, mais trop non plus ! En quelques foulées, il passa de toit en toit, jetant un coup d’œil mi sérieux, mi amusé sur sa nouvelle cible. Il s’agissait très clairement d’un faible humain tel que lui-même l’avait été … pas très longtemps, certes. Cependant, quelque chose attirait son regard. Allongeant son bras, le Spectre fit apparaître le Grand Volume. S’il ne connaissait pas le prénom de ce brave jeune homme, il se douta qu’en laissant sa main à peine posée sur le grand ouvrage, et en laissant les feuilles s’écouler comme poussées par le vent … Voila.

« Renzo. » murmura le Balrog. C’était plutôt intrusif de lire un résumé de la vie d’un inconnu de la sorte, mais il ne le fit qu’en diagonale. Non pas par crainte que ce dernier n’apprécie pas l’entreprise, cela ne lui importait pas vraiment non. C’était plutôt pour gagner du temps. Son sillage était jonché de quelque cadavre, apparemment. Un tueur à la solde de l’état ? Drôle de personnage. Il referma le Grand Livre, et d’un bond, s’approcha du criminel, qui semblait atterré au bord d’un ponton.

« Allons bon, il est peut-être temps de mettre un terme à cette course poursuite, mon brave ! Ne penses-tu pas ? » lança-t-il d’un ton qui se voulait presque amical. Presque.

Si la jeune femme était importante, alors il était possible que lui en soit de même. Rien n’arrivait totalement au hasard. A la vitesse de l’éclair, l’étoile du Talent évita un stylet, lancé pourtant avec une certaine classe. S’il avait été humain il aurait surement été touché par un tel projectile, mais il ne l’était plus vraiment… positionné derrière son opposant, il lui asséna une petite manchette à l’arrière du cou. Le but n’était évidemment pas de lui couper la tête, il n’aurait plus été très utile. Alors que sa main se dirigeait à toute vitesse vers sa cible, Aratos fut surpris par un élément inopiné. Il avait réussi à bouger, ce qui, dans le cas d’un humain, même entrainé comme Renzo, aurait dû être impossible. Le jeune homme n’avait certes pas évité le coup, valdinguant vers le sol tel une masse inanimée, mais …

« Cet idiot possède une bribe de cosmos… Aussi improbable qu’intéressant ! » s’étonna-t-il, en le chargeant sur son dos tel un vulgaire sac de patates. Quelques minutes et hectomètres plus loin, il se retrouva de nouveau en présence de son coéquipier fortuit et de celle qu’ils étaient venus traquer. Il pencha la tête à droite, comme s’il était ébahi par la beauté de la scène, pourtant macabre à souhait.

« Incorrigible fripons, je vous laisse une seconde, et vous voilà en train de vous bécoter. » s’esclaffa-t-il en tendant le doigt comme s’il les grondait. « Je suppose que tu ne lui as pas dit pourquoi nous sommes ici, n’est-ce pas ? Et mademoiselle, je vous prierait de nous écouter avant de vous lancer dans une nouvelle fuite inutile. » continua-t-il de sa voix presque enfantine avant de laisser la parole aux autres protagonistes.
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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Ven 18 Juil 2014 - 1:11



Maeleene



La Mandragora


La Sorcière




C'est étrange, mais je me sens bien. J'ai un peu froid, et, comme l'eau, un sentiment agréable glisse sur mon cœur. Je n'ai plus peur. Plus peur de rien. Quelques bulles s'échappent de ma bouche : leur folle course s'achève aussi vite que l'espoir qu'on me laisse en paix. La traque était terminée, déjà. J'avais perdu la partie.

Maeleene, en regagnant brutalement la surface, avala l'air dans une grande respiration. Transie de froid, toute tremblante, la voici face à face avec un jeune homme étrange, au visage aussi lisse que le masque qu'elle portait lors du Carnaval. Pourtant, celui-ci se fend d'une manière effroyable qui lui glaça le sang. Un frisson parcourut son échine, elle se mordit la lèvre pour ne pas manifester sa surprise. Sa beauté était irréelle, à lui couper le souffle. Jamais de sa vie Maeleene n'avait vu un garçon aussi … parfait. Ses yeux, écarquillés à l'extrême, l'étudièrent sans retenue, sans gêne, même si d'ordinaire il n'était pas difficile pour elle de capter le « je ne sais quoi » d'un modèle, Maeleene réalisait à quel point cette tâche pourrait s'avérer délicate pour ce cas ci. Le souffle court, s'efforçant de calmer l'émoi de son cœur, la jeune Strega réalisa qu'il l'hypnotisait. Elle le voyait bien, cette aura qui dansait autour d'eux. Cette drôle de fragrance entêtante qui la faisait dodeliner de la tête, comme si elle était sur le point de sombrer dans un profond sommeil. En cet instant, sous son emprise, elle pourrait être sienne. Ne l'avait-il pas capturé de ses bras forts ? Cette étreinte l'effrayait et noyait celle-ci dans un même temps.

Cette vieille chimère, sa vieille amie, celle que les hommes appellent « Peur » refaisait surface, lui octroyant la force nécessaire pour se défaire de son charme. Si des pétales de roses virevoltent autour de leurs silhouettes, ils furent rejoints dans ce ballet étrange, par des fleurs plus singulières, celles des Mandragores. Son cosmos s'éveilla peu à peu au contact du pouvoir du bellâtre qu'elle repousse avec vigueur, le rose lui montant aux joues. Son air était froid, désapprobateur, elle était comme un animal prêt à mordre.

« Ne me touche pas. » siffla t-elle entre ses dents en faisant quelques pas en arrière pour s'éloigner de lui. « Qui êtes-vous esteri ? »

Le rire de l'autre inconnu l'irrita. Farouche, la belle le fusilla du regard : qui était-il pour se moquer d'elle de la sorte ? « Je vous écoute. »

Non, la demoiselle ne capitulait pas. Comme bien souvent, sa curiosité avait fait le pas sur tout le reste. Même si elle persistait à penser que ces trois là étaient venus pour la tuer une bonne fois pour toute, la jeune Maeleene sentait que quelque chose ne collait pas. Ces deux là étaient … différents, et pareils à la fois. Un coup d’œil vers l'éphèbe confirma son intuition : une armure. Une armure aussi noire que la nuit le recouvrait ... si belle si ...

« Et lui ? Qu'est-ce que vous allez en faire ? » interrogea t-elle en désignant le corps inanimé de Renzo. « Si vous n'êtes pas là pour me tuer, vous êtes là pour mes pouvoirs ? Constater de par vous même que la Sorcière de Venise a réchappé aux flammes ? »

Cette conclusion était la plus évidente : mais ce n'était pas pour la rassurer. Tout ce qu'elle désirait, c'était qu'on la laisse en paix. Un feulement interpella subitement la jeune femme à la chevelure rouge, qui, délaissant un instant les autres, se dirigea vers la source du grondement à peine audible. Elle dépassa l'inconnu au Masque non sans lui décrocher un coup d’œil assassin.  

« Nyx ! » s'exclama t-elle se permettant un léger sourire en attrapant un petit chaton tout noir aux grands yeux jaunes. Aux côtés du félin, la demoiselle se sentait entière. Son énergie issue des étoiles s'intensifia et, délicatement, elle déposa sa main libre sur sa blessure à l'épaule, là où le stylet de Renzo s'était planté. Quand elle retira sa paume, il n'y en avait plus aucune trace.

« Bien, reprenons. »

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Hadès
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mar 22 Juil 2014 - 22:08

    L’attente commençait à être longue, la gondole avait heurté sa main. Renzo à cause de la brume avait du mal à voir devant lui. Il fallut pour avancer dans sa recherche que la lueur d’un lampadaire vienne éclairer l’embarcation, qui à sa grande stupéfaction était vide. Ses yeux stupéfaits balayer frénétiquement chaque recoins. En agissant il murmurait des suppliques, priant pour que le Mandragore ne se soit pas noyé. Car même si cela signifiait une victoire, et une fortune a gaspillé dès demain. Sa passion pour la diva de la magie était au dessus des étoiles, alors que sa raison effleurée seulement la terre.

    Violemment il frappa avec la paume de sa main la gondole pour qu’elle disparaisse de sa vue à jamais. Maudit destin ! Rajouta-t-il dans un murmure agacé.
    Le jeune italien ne savait plus vraiment quoi faire. Sous le choc, il se releva pour mieux scruter l’horizon et la surface de l’eau. Mais rien, toujours rien ! Parfois il entendait des rires lointains provenant de gens venant de terminer leur soirée de débauche.
    Encore une fois, Renzo se disait qu’il aurait sans doute du accepter l’invitation qu’on lui avait faite tout à l’heure afin de tout oublier après quelques verres, et la compagnie d’une demoiselle comme il avait l’habitude d’agir les soirs moroses où il avait besoin de retrouver le sourire.

    Bref, il devait oublier les songes, il était maintenant trop tard pour les lamentions, de toute façon l’inquiétude était bien trop forte et ne disparaitrait pas avec quelques liqueurs parcourant ses veines. Hélas ! Souffla l’illusionniste en soupirant un coup, et en se demandant maintenant comment il devait agir. Le seul indice qu’il avait se trouvait être les deux personnes qui s’étaient incrustés dans la cérémonie de l’ultime adieu du Maître de la sorcière. Apparemment, et vu la réaction de celle-ci, ils en avaient après elle. Comment les retrouver ?
    Levant son regard au ciel, il avait une sorte de mauvais pressentiment, une angoisse qui prenait son cœur en pensant aux deux visages dont l’un masqué qui était pour lui comme deux vautours qui planaient sur sa tête.

    Malheureusement, il ne voyait pas d’autres solutions que d’essayait de les retrouver pour les interroger. Alors il se met en route, traversa des ponts à une allure rapide, il sauta parfois de gondole en gondole. Pesta quand son regard toucha un recoin vide, sans âmes.

    Cette course s’acheva lorsqu’il entendit une voix provenant du haut d’une bâtisse. Un pas en arrière et il fut certain qu’il s’agissait de l’une de ses personnes. Cette dernière, lui adressa d’un ton amical un signal pour annoncer la fin de cirque. Par dépit, l'Italien lança une lame sur son interlocuteur qui l'évita.

    -« Qui êtes-vous ?! » Lança-t-il sans se rendre compte que la personne avait disparue et se trouvait juste derrière lui. Il ne put rien quand il reçut le coup. Mais en tant normal un homme se serait effondré sèchement, pas lui, inconsciemment comme porter par une aura mauve qui l’aida à se débattre un peu avant de sombrer dans l’inconscience… Implorant pour qu’il ne s’agisse pas là de ses dernières minutes.

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Adonis

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mer 17 Sep 2014 - 15:33


La jeune femme repoussa violemment Adonis. Quel outrage ! Mais l’éphèbe était accoutumé à ce genre de réaction. En effet, son aspect ne laissait aucun être indifférent.   Sa peau de nacre, ses lèvres roses, ses longs cils balayant les deux lacs faisant office d’yeux et cette longue et majestueuse chevelure d’or aux boucles infinies. Presque rien ne laissait présager les attributs d’un homme sous sa cuirasse mauve. Cela en effrayait plus d’un lorsque ceci était allié à un lugubre nuage sanguin tournoyant sans cesse autour de lui. À la distance à laquelle Maeleene s’était trouvé de lui, elle avait même dû entendre le flux sanguin du Renégat des Poissons dans ses veines. Rien de plus terrifiant puisque le poison de son liquide vital était si virulent qu’il naviguait dans son corps avec une aisance bien trop bruyante.

Lorsque cette distance fut rompue, les pétales qui voltigeaient alors dans la nuit tombèrent au sol, ressemblant presque à des gouttelettes de sang recrachées par la terre grâce au reflet de la lune. À sa réaction, il ne put que sourire de plus belle et laissa s’échapper un rire espiègle l’espace d’une seconde. Encore une fois, il se moquait de cette nouvelle Spectre. Son accent italien était à tomber ! Le Chevalier des Fleurs reconnut alors Aratos les rejoindre enfin. Son compagnon trainait avec lui un fardeau. Adonis reconnut l’humain aux côtés de Maeleene alors qu’elle tentait de fuir. Faisant fi de la question posé, il ignora celle qu’il était venu chercher et se tourna vers le Balrog. Celui-ci serait bien plus à même d’expliquer la situation à la jeune femme.

Il est encore en vie ? demanda-t-il, étonné de son sort. Pourquoi diable l’as-tu amené jusqu’ici ? Il s’arrêta et pointa du doigt la Sorcière derrière lui. En tout cas, elle va rentrer à la maison toute sale. Elle a eu la bonne idée de sauter dans cette eau croupie…  Je te laisse tout lui dire, je n’aime pas trop casser le mystère.

Adonis recula de quelques pas sur le côté afin de laisser Aratos face à Maeleene. Le contact serait sûrement plus facile s’il ne restait pas un obstacle entre les deux. Le tempérament de la belle était farouche ! Elle savait se faire désirer mais c’est surtout lorsqu’elle aborda des soi-disant pouvoirs qu’Adonis retrouva l’intérêt de l’écouter.

Des pouvoirs ? Ils se sont donc bel et bien manifestés. Bonne pioche. Oui, c’est précisément pour ces pouvoirs que nous sommes là. Comme tu peux le voir, nous en avons, nous aussi. Echapper aux flammes, rien de plus simple. La tâche devient plus ardue quand c’est le froid qui te mord.

En guise de démonstration, Adonis bougea sa main comme s’il ordonnait à quelqu’un de se lever ce à quoi la nature répondit et  fit sortir de terre une ronce serpentant le sol avant d’entourer la jambe droite de la Mandragora. Un exemple qui ne laisserait sûrement pas indifférente la Signora alors qu’une douce fragrance pouvait enivrer ses narines tout en s’échappant de la plante.

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Aratos
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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Jeu 2 Oct 2014 - 14:33

[Wah, j'ai un peu laissé trainer vu que j'étais pas en France. C'est reparti mon kiki !]

Aratos avait décidé d’expliquer à l’autre jeune les faits improbables qui venaient de se dérouler sous ses yeux. Serait-elle capable de considérer que tout ceci était bien réel ? Peut-être pas dans un premier temps, mais le fait qu’elle soit apparemment éveillée à un soupçon de cosmos pouvait aider. Devait aider. A peine avait-il entre ouvert les lèvres qu’il fut interrompu. Il se tut et les laissa parler. Par ici des demandes sur ce qu’il comptait faire de l’humain qu’il avait déposé à ses pieds. Par là des questions sur la nature de leur présence en ces lieux. Bref, il fallait mettre les points sur tous ces is. Fastidieux, mais nécessaire. Un petit rire s’éleva cependant de derrière le masque. La situation était aussi fatigante que cocasse au final, et cela émerveilla le jeune ibère.

« Holà, mes amis, tant de questions pour le pauvre homme que je suis ! Déjà commençons par nettoyer votre robe crottée, ma chère. Ce ne serait pas très intelligent de notre part de vous présenter ainsi salie… » lança-t-il narquois, avant de concentrer son cosmos. Le spectre du Balrog pointa du doigt Maeleene avant de faire jaillir de son majeur un jet d’eau, comme au ralenti. Cette dernière enveloppa la jeune fille avant de disparaître comme par magie, emportant par la même occasion les quelques taches qui avaient souillé son ancien habit. Elle était bien plus présentable de la sorte. « Voilà qui est mieux. »

A peine avait-il fini sa phrase qu’Adonis s’amusait à faire surgir une plante du sol. Ah, sacré coquin, il n’avait pas fini de s’amuser avec la demoiselle, apparemment. L’étoile du Talent gloussa en posant sa main devant son masque, puis après une petite toux, repris.

« Ton pouvoir, très chère, n’est pas grand-chose pour l’instant. Du moins comparé aux nôtres, disons-le clairement. Cependant, ne t’es jamais-tu demandé d’où il venait ? Je veux dire, réellement. Faisons simple, et court, si tu veux bien. Tu as été choisie – en quelque sorte – par un dieu pour devenir son … Adonis, on peut dire soldat ? C’est pas trop négatif comme terme ? » dit-il en regardant son collègue. Voyant que celui-ci ne semblait pas choqué outre-mesure, il continua.

« Bref ! Nous, on est principalement là parce que je voulais vérifier quelque chose. Mais unissons l’utile à l’agréable. On t’emmène voir la patronne. Si tu lui plais, tu pourrais finir avec l’un de ces surplis sur les épaules. Avec tout ce que ça implique, notamment, la vie éternelle. Et c’est pas mal la vie éternelle. » conclut-il en claquant des doigts. Ayant compris l’appel de son maître, le surplis du Balrog se matérialisa sur le jeune homme qui, tourna la tête et dont le regard croisa le corps inanimé de l’apprenti assassin.

« Ah mince. Lui. Je l’avais oublié le bougre. J’ai vu un certain potentiel. Il a réussi à s’éveiller au cosmos en quelques instants. C’est hautement improbable, mais si ça se trouve, on est tombés sur un apprenti Saint, ou quelque chose comme ça. Bref on l’embarque aussi. Au pire il fera un bon dîner pour le Cerbère, hihi !»

[Destination : Les enfers]


Dernière édition par Aratos le Lun 20 Oct 2014 - 11:57, édité 1 fois
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Maeleene

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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Dim 12 Oct 2014 - 16:41



Maeleene



La Mandragora


Magicienne et non Soldat



<>

La situation lui échappait, inexorablement. Et cela la contrariait au plus haut point ! En témoigne la lueur farouche dans son regard de braise. Face aux démonstrations – plus que discutables - de cet Adonis, la belle italienne ne cilla pas. Pas plus quand des ronces enroulèrent sa jambe, les épines mordant sa chair pour que soient libérées des perles sanguines. Bien qu'elle était en position de faiblesse, Maeleene montrait les dents. Elle n'était pas femme à se laisser manipuler, or, ses dernières expériences ne faisaient que la conforter dans cet état d'agressivité et la rendre pareille à une panthère. Sauvage et hostile. Cependant Maeleene n'était pas une idiote dépourvue de bon sens. Elle écoutait les dires de ces illustres inconnus et comprit qu'ils n'étaient pas là pour la tuer. Non, ils étaient là pour d'autres raisons obscures qui échappaient à son entendement. Pourtant, quelque part au beau milieu de ce tumulte qui faisait rage dans son esprit, la vénitienne en était touché. Un souvenir rejaillissait dans un pan de sa conscience, sa rencontre avec un éveillé, quelqu'un comme elle. Alors, le Saint qu'elle avait rencontré il y a quelque temps ne lui avait pas menti : elle était promise à quelque chose de bien plus grand.

Son cœur, à cette pensée, se mit à battre plus follement dans sa poitrine. On lui permettait d'accéder à une source de pouvoir illimitée, à une vie éternelle ! Si l'idée était séduisante pour la jeune femme à la longue chevelure carmine, l'expression de son visage se voulait toujours immuable. À l'instar de cet autre homme, là bas, le visage recouvert d'un masque lisse et sans doute froid. Froid, mais diamétralement opposé à ses mots qu'il prononçaient sur un ton léger.

Le mystère entourait ses deux êtres. Ce duo étrange, paradoxale. On aurait dit l'une de ces Comedia dell'Arte dont elle était si friande et qu'elle aimait voir jouer en pleine rue, comme cela se faisait en ce temps, aux côtés de son maître, Eodin. Ses paupières se baissèrent légèrement. Il était mort. Elle l'avait retrouvé dans son fauteuil préféré, tourné vers la fenêtre ouverte donnant sur les toits de Venise et de son ciel éclatant. Sans nuages. Mais, il y avait tout ce sang par terre, des plaies béantes sur ses poignets. Elle tressaillit, pour mieux redresser fièrement le menton dans une attitude hautaine, intransigeante. Non, la dame ne se soumettrait pas si facilement.

« Vos petits tours ne m'impressionnent pas. Je ne suis pas une enfant qui frappe des deux mains quand le magicien fait disparaître une pièce d'argent … » Maeleene serait-elle plus venimeuse que ce bellâtre qui se tenait à ses côtés ? « Puis … ma maison n'est pas très loin, j'aurais très bien put me changer toute seule, si … si bien sûr j'avais consenti à vous suivre. »

Elle foudroya les deux compagnons d'un coup d’œil peu amène avant de croiser les bras contre sa poitrine. « Mais je ne suis pas une imbécile. Et comme n'importe quel humain de base, je suis animée par la curiosité. Voyez-vous, je suis ce que l'on nomme ici une « artista », j'ai travaillé sur les projets des plus grands de ce Monde, j'aime inventer, rechercher, disséquer les mystères et les corps. Et … aujourd'hui plus rien ne me retient ici bas. Dans cette Venise décadente qui chasse les sorcières. Car non, vous ne ferez pas de moi un « soldat ». Je serais cette magicienne, connue ici sous le nom de « Mandragora. ». C'est ainsi que vous me nommerez. »

Son attitude frisait l'outrage car elle savait pertinemment que ces deux là pourraient, d'un claquement de doigt, la détruire ou pire. Mais Maeleene se montrerait indomptable, se drapant de mystères et d'une sensualité froide. D'ailleurs, elle chercha dans les replis de sa robe sombre, une chose qu'elle aurait dû porter cette nuit là, au premier jour du Carnaval. Son masque de porcelaine d'un blanc si pur, inexpressif, surmonté d'un joli motif de rose en peinture dorée. Non sans lancer un sourire goguenard à l'homme au masque, elle s'en recouvrit le visage et rouvrit les yeux, détaillant les surplis de ces … soldats.

« Vous devriez laisser celui-là ici, ou le balancer dans l'eau. Les poissons boufferont son cadavre. Hm … quoique non. Laissez-le moi. Il me sera peut-être d'une aide précieuse, selon comment les choses tourneront. Aux Enfers, si je comprends bien. » Avec douceur et grâce, dans une attitude théâtrale, ironique, la belle avança la main. « Vous connaissez peut-être la bienséance. À qui, de vous deux, dois-je prendre le bras ? C'est ainsi que l'on fait quand on désire présenter quelqu'un … non ? »

Un léger rire argentin s'échappa de sous le couvert de son masque.    


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MessageSujet: Re: [Italie] Juste une minute ... [Ouvert]   Mer 15 Oct 2014 - 23:39

Adonis s’amusa de la situation. Depuis sa résurrection, se moquer des vivants était devenu une habitude qui lui collait à la peau. D’ailleurs était-ce vraiment de la peau ? Il lui était difficile d’imaginer que cette chair était illusoire. Son toucher était si lisse, si doux. Sa couleur était certes plus terne qu’auparavant mais sachant que le renégat avait déjà un teint laiteux, rien de bien remarquable. Même ses lèvres avaient gardé leur brillance rosée naturelle. Ses boucles blondes tombaient bien sur ses épaules, comme avant. L’eau glacée qui noyait ses iris était présente, comme avant. Même sa volonté restait intarissable, comme avant. Alors qu’est-ce qui avait changé ?

Il était vide. Il n’était qu’illusion, il était bridé, prisonnier de lui-même. Adonis savait très bien ce qui l’attendait en acceptant ce contrat mais le vivre est tout de suite plus ardu que de l’imaginer. Mais cette sensation, le Pisces l’avait refoulé. Elle était si enfouie qu’elle était inexistante. Il en oubliait par moment de n’être qu’un tas de poussière cachant une âme enchaînée au Sombre Monarque.

Lui qui pensait être dans une situation similaire à celle d’Aratos, en réalité leur condition était totalement différente. Aratos était un Spectre pleinement accompli. Son pacte avec les Enfers n’existait qu’en puissance, celui des Poissons était présent en acte. Voilà pourquoi Adonis se moquait. Quel être revanchard ! Obligé de se moquer de la vie d’autrui quand la sienne n’est plus rien d’autre que mirage.

Soldat ? Nous sommes des chiens Aratos ! s’exclama le traître à sa cause presque avec colère mais l’ironie de la situation repris le pas accompagné d’un large rictus, mais nous sommes bien payés.

Le Roi des Ronces attrapa une de ses boucles solaires avant de la faire tournoyer autour de son index de façon machinale. Alors comme ça ses “tours” ne l’impressionnaient pas ?

Point de tours, jeune demoiselle. Seulement de l’art.

La lune éclairait les surplis des deux Spectres laissant des reflets violacés illuminer d’une lugubre lumière le visage de la sorcière.

Vous les mortels ! Vous êtes si… présomptueux ! Apprends à apprécier ce qui est appréciable. Je t’apprendrai à créer la plus belle des fleurs car à l’heure qui est, tu feras à peine office de jardinier pour la cour de Cerbère… son ton était si narquois que vu le caractère de la jeune femme, celle-ci aurait de quoi répondre mais c’était ce qui amusait Adonis dans cette rencontre.

Allons Aratos, nous avons ce que nous cherchions. Allons-nous en, cette endroit empeste l’eau croupie !

D’un lourd pas martelé sur le sol, la terre se fendit laissant s’échapper une fumée aussi écarlate que celle de son poison sanguin. L’ire des Enfers déchirait le monde des humains et bientôt cette fissure devint un large trou. Quel nouveau pouvoir appréciable en tant que Spectre ! Si les Saints avaient eu accès à cette capacité il y a deux cents ans, nul doute que cette guère aurait été moins barbante qu’elle l’avait été. S’avançant vers le passage dimensionnel, Adonis tourna la tête vers Mandragora pour lui répondre.

Te tenir le bras ? Ah ! Lorsque tes pouvoirs seront aussi accomplis que ta langue est pendue, là tu pourras jouer de tes atours.
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