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 Là où tout a commencé [PV Alessio]

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Perséphone
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MessageSujet: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Dim 23 Fév 2014 - 13:55

Venant de Toloméa



Les ombres dansent autour des Ténèbres. Se mouvant avec une légèreté immatérielle, elles ondulent comme autant de génies aériens, impalpables, sourds et muets. Frôlant ses bras, s'enroulant autour de sa taille, se lovant au creux de sa nuque, ils sont des dizaines à parer la reine des enfers de leurs sombres éclats. Ils ne murmurent rien. Ils sont invisibles au commun des mortels. Ils sont là pour une bonne raison pourtant, accompagnant celle qui leur fournit l'essence primordiale qui leur permet d'exister. La peine, la souffrance, l'amertume, la colère. Et quelle plus belle souffrance, quelle douleur plus nourricière que celle d'un dieu.

Les paupières closes comme si elle n'éprouvait pas le besoin de voir pour savoir où elle va, Perséphone avance d'un pas lent vers l'étendue sanguinolente. Un lieu de malheur pour n'importe quel être en ce monde, un endroit symbole de bien des fléaux, celui qui a vu naître son propre fléau.
La dernière fois que sa présence s'est distinguée aux abords du large lac de sang, portait-elle une ample robe couleur de neige, symbole de la pureté des Ténèbres. Une pureté aujourd'hui masquée par la noirceur d'une longue robe aux pans traînant dans le sang. Le sang des victimes, le sang des parias, le sang qui s'écoule sans jamais trouver de remède pour le faire cesser.

Perséphone se fige alors qu'un pas de plus l'aurait plongée dans l'enfer d'un Lac qui ne pourra sans doute jamais lui faire plus de mal qu'il ne l'a déjà fait. Les ombres s'agitent un peu plus autour de celle qui ne dit mot. Comme si la matérialisation de sa douleur ne pouvait venir d'elle, ce sont les génies du mal qui entament une mélopée funèbres. De toutes parts les voix des âmes meurtries s'élèvent en une cacophonie stridente. Pleurant, se lamentant comme les pleureuses divines bien connues des êtres humains, le mal rongeant le coeur de la divinité du printemps s'exprime ainsi, à travers et par ses propres ombres.

Doucement, comme si ce geste était une souffrance de chaque instant et alors que son visage reste aussi pâle que le perce-neige que Zeus a placé dans sa chevelure, la Reine lève la main vers l'étendue qui se distingue jusqu'à l'horizon. Lorsque sa main arrive à hauteur de son visage, ses doigts s'entrouvrent lentement. Au creux de sa paume ouverte trône une fleur bien particulière. Un pavot. Une fleur qui ne ressemble à aucune autre. Une création faite pour elle, du moins l'a-t-elle cru ainsi.
Sa paume oscille doucement, se mouvant avec une lenteur infinie alors que la fleur glisse inexorablement de sa main. Hasard ou clin d'oeil malsain du sort, elle se retient quelques brèves secondes à la peau diaphane avant que la volonté de Perséphone ne l'oblige à lâcher prise.
La chute est lente. Les ombres parent la fleur de mille éclats ténébreux, l'accompagnant dans la mort qui sera sa seule issue. Lorsque le pavot touche la surface du lac de sang, la fleur se couvre de flammes violines qui la consument jusqu'à son coeur. Faiblement, sans doute plus pour elle même que pour quiconque, la voix de Perséphone murmure un mot, un seul mot, alors que la fine fleur se transforme en une poussière irrémédiablement aspirée par le lac de sang.

Adieux

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Alessio
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MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Jeu 6 Mar 2014 - 8:46

D'ordinaire, c'est plutôt bonjour qu'on dit, dans ces cas-là.

Alessio s'était approché sans prévenir, son cosmos réduit au silence avant son arrivée. Il ne fallait y voir qu'un exercice – un simple essai visant à vérifier si elle pourrait néanmoins le détecter. Sans doute que oui, mais en avoir le coeur net pouvait avoir son utilité. Même si ce n'était point le cas, le moment était probablement mal choisi pour la surprendre, mais le Griffon ne faisait guère plus qu'agir selon ses habitudes – et il avait toujours été ainsi. De cela, elle ne saurait s'étonner, même si c'était précisément de si bien le connaître qui en cette heure était la cause de tous ses maux. Ceux qui mettaient en péril les fondements même de son être en tant que tel et menaçaient de la faire basculer.

Venir ici n'avait aucun sens, mais ne les avait pas empêchés d'une fois de plus s'y retrouver. Bien qu'elle ait décrété ne plus jamais vouloir le revoir, c'était elle la première à y avoir remis les pieds, sans qu'il ait eu besoin de rien demander. C'était elle qui l'avait appelé, invité à la rejoindre, même si elle n'en avait pas idée. C'était par sa faute, sa seule faute qu'ils suscitaient à nouveau l'ombre de l'interdit, le souvenir de cette lointaine nuit. Un souvenir qui avait retenti à travers lui à la manière d'une alarme tirée comme elle pénétrait en ce lieu pourtant supposé être banni aux confins de son intérêt. S'étant tenu à carreau depuis – principalement pour n'avoir guère eu le temps de la revoir, il est vrai – qu'avait-il donc fait qui puisse lui valoir ce plaisir corrompu ?

« T'ai-je manqué ? » pouvait-on presque lire sur ses lèvres sans qu'il ait besoin de le prononcer. Ces mots auraient été de trop, mais il n'avait nul besoin de les prononcer : elle y avait forcément pensé. S'ils étaient déjà intimement liés autrefois et à raison, permettant au Griffon d'avoir un bon aperçu du fond de sa pensée, ce n'était que plus vrai depuis le cadeau vitale qu'elle lui avait fait. Bien malgré elle, il est vrai, mais ce n'en était pas moins fait. Et s'il n'était pas expert, le marionnettiste doutait fort que l'on puisse le défaire. Leurs coeurs battaient comme un seul désormais, ne lui en déplaise ; de par cette symbiose, il était plus proche d'elle qu'Hadès ne l'avait jamais été. Et, force était de le reconnaître, l'idée avait son charme.

Je pense n'avoir pas besoin de te demander si tu m'attendais.

Dommage qu'il en ait tant fallu pour en arriver là. Nul besoin de connaître tous les détails pour savoir que la situation était précaire – les « signaux » qu'elle lui avait envoyé, là encore à son corps défendant, n'ayant fait que le lui confirmer. Et même ainsi, ce n'était pas comme s'il n'avait pas eu toutes les cartes en main pour l'anticiper. La vérité était qu'il aurait préféré que cela lui cause tant de tort, même si pour autant c'était beaucoup dire que de penser qu'il regrette ses agissements. Il n'y avait rien de sacré pour lui, et surtout pas la mythologie. Qu'on lui donne de quoi la briser et il le ferait avec le sourire. Mais n'était-ce pas précisément ce qu'il était en train de faire, à dire vrai ?

Un panache de fumée qui paraissait moins gris qu'argenté dans les jeux d'ombres et de lumière lui nimba le visage, se tenant à bonne distance pour ne point l'incommoder. S'il s'était approché pour lui murmurer à l'oreille le temps de faire son entrée, il s'était bien vite ravisé. Avant de savoir très exactement dans quel état d'esprit elle se trouvait à son endroit, toute proximité excessive n'était pas conseillée. Néanmoins, alors qu'il aurait pu exulter du mal qu'il avait causé, nul sourire, nulle réjouissance n'éclairait ses traits. Comme si à proximité il encaissait ne fut-ce qu'en partie sa fatigue, son usure, ses blessures – à moins que ce ne soit qu'illusion ? Qu'empathie ? Lui-même n'aurait su le dire, même s'il admettait que le phénomène gagnerait à être étudié.

Tu devrais cesser de vivre dans le passé. Il parasite le présent.

Le sens était double, elle devait s'en douter. À elle d'en imaginer toute la portée, toutefois – celle qu'elle voulait bien lui donner. Non, celle qu'elle était prête à lui donner. Car sans conteste, elle était le centre de gravité de tout ce qu'il lui arrivait, le coeur battant de son propre martyr. D'une manière ou d'une autre, c'était d'elle que le point final viendrait, selon toute probabilité – mais elle n'avait pas, plus la force de faire les choses changer, plus l'énergie de panser ses plaies. Le conseil se voulait malgré tout innocent et désintéressé – du moins était-ce ce que prêtait à croire le timbre désabusé sur lequel il l'avait prodigué. Une remarque comme une autre, mais ô combien adaptée.

Ayant laissé son chapeau au vestiaire, il n'avait cependant pas relâché ses cheveux ; c'était un symbole de détente, et la tension dans l'air, l'atmosphère pesante autour d'elle était loin de lui permettre de se décontracter. Son allure, pourtant, ne reflétait comme de coutume que le plus complet détachement, une main dans la poche aidant – peut-être aurait-ce été les deux s'il n'avait eu son bâton de cancer à alléger de ses cendres de temps en temps. Son regard dériva sur la surface purpurine, en quête de son propre reflet sans que son opacité lui permette de vraiment l'y trouver, un semblant de réflexion peinant à animer d'un éclat passager ses iris dorés. Se tenant à ses côtés, il ne cilla pas, espérant son flegme contagieux pour une fois. L'un comme l'autre ne s'en porteraient que mieux.

Ça donne envie de t'offrir des cadeaux, ma foi. Tu traites tous ceux que l'on te fait de la même manière ou je dois me sentir privilégié ?
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MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Dim 16 Mar 2014 - 14:47



Il aura beau ne pas encore être présent physiquement, il est pourtant déjà bel et bien à ses côtés. Et lorsque sa voix se distingue aux abords du Lac de sang, les prunelles sombres de la reine restent sur l'étendue sanguinolente qui se dessine sous elles sans se détourner de leur contemplation.
Le lien de sang qui les unit est ainsi, à son grand damne et sans doute aussi au sien. Une goutte, une simple et infime goutte aura suffit. Et si les états d'âme ne sauraient être partagés à égale mesure, elle le ressent désormais bien plus que n'importe quel autre spectre de son royaume.
La colère, l'amertume, l'agacement, sa folie, son irrémédiable folie.

Pourquoi est-il venu. L'aurait-elle une nouvelle fois convié en ces lieux porteurs de tant de maux. L'aurait-elle appelé à son insu. Son sang aurait-il eu l'outrecuidance de parler à sa place. Qu'importe. Les adieux auraient du s'opérer face cachée, mais puisqu'il est ici et même si cela n'aurait du se dérouler ainsi, comme tout ce qui les unit depuis ces dernières années, sans doute cela devait-il arriver.

Tu fumes trop

Des mots sans intérêt qui ne répondent en rien aux quelques phrases qu'il vient de lui adresser. Inutile et futile, sans objectif ni raison d'être, une réflexion qui n'a d'autant pas lieu d'être lorsqu'elle s'adresse à un être mort depuis fort longtemps. Pourtant elle ne retient pas ses mots et semble ne plus leur prêter une quelconque attention dès lors qu'ils ont été prononcés.
Ce n'est que lorsqu'il mentionne l'abandon du passé pour le présent que la divine se retourne lentement. Ses iris d'ébène se posent sur le juge sans animosité ni aucun réel sentiment alors que sa voix lasse s'extirpe de sa poitrine pour ne prononcer qu'un mot, un seul.

Précisément

La reine le dévisage longuement sans ajouter un mot de plus. Un mot qui porte en lui un poids qu'il n'est pas nécessaire de commenter outre mesure, de développer ni d'expliquer la teneur qu'il revêt.
Et s'il s'enhardit de faire un commentaire qu'il aurait mieux fait de taire, il ne rencontre qu'un épais silence, Perséphone ne répondant, là non plus, pas à sa question. Quel intérêt. Le jeu doit cesser bien qu'il semble qu'Alessio le poursuivra jusqu'à la dernière seconde, sans relâche et sans clémence.
Elle le dévisage longuement dans un silence que seule la complainte de certaines âmes tourmentées vient briser. Qui est-il, que veut-il. Alessio. Un être complexe et mystérieux, un être qui ne laisse rien ni personne l'atteindre, jamais. Pour autant, est-ce la vérité.... Lui qui se pare d'indifférence et de malice, est-il réellement aussi détaché qu'il parait l'être. Qu'importe là aussi. Sans doute est-il préférable de l'aborder sous ce jour plutôt qu'un autre.

J'ai fait ce que j'ai pu pour te protéger des foudres d'Hadès, mais je ne pense pas que ce sera suffisant. Alors il vaut sans doute mieux que tu te prépares à sa colère.

Ces mots sont prononcés à voix basse, presque inaudible et pourtant nul besoin de confirmation pour savoir qu'il les a entendus. Ils lui étaient adressés, ils étaient pour lui. Le sombre monarque ne sait pas l'identité de celui qui a causé tant de troubles au sein du couple ancestral. Cependant il est fort probable qu'il l'apprendra et lorsque ce sera le cas, les moyens qu'Alessio aura à sa disposition pour se protéger fondront comme neige au soleil et ne seront pas plus efficaces qu'un bâton de bois contre un géant de roc.

Quelle étrange mise en garde en fin de compte. "Te protéger", que d'égards envers un être qui ne le mérite sans doute pas. Ce sera le dernier. Et comme pour signifier qu'elle ne compte pas éterniser cet entretien qui n'aurait jamais du être, Perséphone fait quelques pas en s'éloignant du Lac de sang et d'Alessio dans un même mouvement.

Ce sera sans doute trop te demander, mais tâches de ne plus me contrarier à l'avenir. Car si Hadès a la clémence de te laisser vivre, je n'aurai bientôt plus la faiblesse de te passer tous tes caprices

Une fois encore ces mots sont exprimés d'un air profondément las alors que la divine a figé ses pas quelques brefs instants le temps de cette ultime recommandation. Une nouvelle fois, elle prend la peine de le prévenir. Car dans ses mots, et il aura la finesse de le comprendre, filtrent clairement plusieurs aspects de leur relation qu'elle dévoile sans réelle pudeur. Les sentiments sont une faiblesse et ils résident encore là où ils ne devraient pourtant plus exister. Son avertissement est on ne peut plus clair. Il est encore privilégié à cause et uniquement par eux. Quand ils auront cessé d'exister, Perséphone n'aura plus aucun faire valoir pour le protéger de quelle que manière que ce soit.  

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MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Jeu 20 Mar 2014 - 21:28

On me le dit souvent.

Elle uniquement, à vrai dire. Mais il lui semblait que c'était hier encore qu'elle lui en faisait pour la dernière fois la remarque. Quel intérêt à ne pouvoir mourir – ou plutôt à être déjà mort – si ce n'était pour n'avoir pas à se soucier de ce qui pourrait le dégrader ? Il ne pouvait rien lui arriver. Il était une âme damnée à qui l'on avait rendu une enveloppe charnelle, marchant dans l'éternité. Ce n'était pas un peu de fumée qui allait l'en empêcher. Selon toute probabilité, il aurait cessé de respirer bien avant que son corps ne lui fasse suffisamment défaut que pour l'en empêcher. Si c'était seulement possible, du reste, et il en doutait ; si périr devait leur être si simple, à quoi servirait-il que ces chairs d'emprunt soient de facture divine ? Non, cela ne le tuerait pas, et c'était bien ce pourquoi il se le permettait.

Il était en revanche d'autres choses qu'il s'était permis et qui, quant à elles, avaient beaucoup plus de chances de le tuer. Mais celles-là n'étaient pas de celles que l'on peut arrêter une fois que l'on a commencé. Non qu'il l'aurait fait. Pour les mêmes raisons qu'il fumait à longueur de journées. Pour les mêmes raisons qu'il faisait des hommes comme des dieux ses marionnettes qu'il n'en finissait plus de faire danser. Profiter de chaque instant, en quête de divertissements. Débarrassé des lois et des codes établis par une humanité condamnée, défait de toute éthique et d'une morale qui de son vivant l'avaient empoisonné. Il n'était plus rien qui le retienne, plus la moindre chaîne qui puisse l'arrêter. Depuis qu'il était revenu à la vie, c'était ainsi que cela avait toujours été. Aujourd'hui, l'étau menaçait de se refermer. Laconique, il répliqua :

Rien d'étonnant à cela. J'ai pris mes dispositions. Ne t'en fais pas pour moi.

Les choses se mettaient lentement en place. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas prévu que cela arriverait. Ce n'était pas comme s'il ne savait pas quoi faire. Peut-être était-ce la cause du semblant de lassitude qu'il laissait transparaître au moment présent. Il n'était rien qui puisse le surprendre, rien qu'il ne puisse anticiper – rien qui s'abatte sur lui sans qu'il ne l'ait vu venir avec au moins trois coups d'avance. Rien, excepté... Ses paupières tombèrent, refoulant d'obscures pensées. Qu'importe. Trivialités que cela. L'heure n'y était pas, n'y était plus. Plus depuis longtemps. Il n'avait pas vu le temps filer, l'avait passé à s'amuser comme on dilapide des liasses de billets. En était-il déjà à court ? Lui seul le savait. Un secret qu'il n'était pas près de livrer, même à elle. Quand il n'y a plus d'énigme, la magie disparaît.

La cigarette disparut dans son poing fermé, en silence écrasée.

Quand ses doigts s'écartèrent pour la laisser s'échapper, les cendres s'empressèrent de filer, se dispersant aux quatre vents. Il les suivit du regard un instant avant de s'en désintéresser. Son bras retomba mollement. Même s'il avait semble-t-il encore un tour dans sa manche, il ne s'accommodait pas cette fois ne serait-ce que de l'ombre d'un sourire. Le Juge était ailleurs. Pensif. Et le fond de sa pensée n'avait de toute évidence rien de bien réjouissant. Qu'elle ne s'y trompe pas, il lui était reconnaissant d'avoir ne fut-ce que tenté de le protéger – il la savait sincère, si détachée qu'elle veuille sembler. Le sentait au fond de lui. Néanmoins, bien dérisoires auraient été ses remerciements. Elle n'y aurait vu que billevesée et calomnie, aussi n'avait-il pas même pris la peine d'essayer. Le moment était passé, et jamais ne reviendrait.

S'il avait soutenu son regard sans ciller, pas un geste n'avait été fait. Pas plus pour la retenir que pour l'apaiser. À quoi bon sinon jeter de l'huile sur un feu déjà bien trop attisé ? S'il n'était parfois pas contraire à aller au-devant du danger pour mieux s'en jouer, s'il lui plaisait souvent de se brûler les doigts pour mieux manier une flamme domestiquée, cela ne mènerait à rien cette fois. Rien de bon en tout cas. Lui-même paraissait avoir perdu de sa verve, de son éclat. Griffon aux ailes rognées n'avait plus même le désir de pouvoir voler. Du moins était-ce l'image qu'il renvoyait, mais là encore illusion ou réalité ? Ce n'était pas la première fois qu'il la dupait, il ne tenait qu'à lui de recommencer. Si convaincue qu'elle soit de ne plus s'y laisser prendre, elle était bien placée pour savoir qu'il n'était pas si facile de l'empêcher. Il soupira :

J'ai vécu trop longtemps.

C'est posément que le maître des fils avait fait cette déclaration. Songe passager ou fruit d'une longue réflexion, difficile à dire, tant nul détail dans son attitude n'était laissé à déchiffrer. Être en mesure de passer du rire aux larmes – ou peu s'en faut – était bien la première et la plus primordiale de ces facultés, ce qui en faisait un coffre-fort inviolable dont nul autre que lui ne détenait la clé. Tout au plus elle-même avait-elle reçu une infime partie de son contenu, sans  savoir à quel moment la porte s'en était entrebâillée – sans avoir pu faire plus que ne serait-ce qu'une fraction de seconde en lorgner l'étendue. Cet échantillon était pourtant déjà plus que ce que tout autre pourrait avoir de lui ou désirer jamais, plus que tout ce qui se devinait à travers cette façade – ce masque qu'il refusait d'ôter.

Profitant de ce qu'elle se soit figée, il noua ses doigts aux siens. À sa surprise, peut-être, c'est une peau dégantée, à nue, qu'elle sentit contre la sienne – d'un geste plus innocent que tous  ceux qu'elle a pu lui connaître, et pourtant plus intime que jamais. Comme animé du plus noir désespoir – comme un ultime coup de poignard. Quant à savoir ce que cela pouvait vouloir signifier... Une étreinte délicate que viennent renforcer un à un d'infimes fils d'argent avant de se rompre un à un, ne tenant nullement à en faire une obligation.  Si les choix qu'il lui laissait parfois n'étaient qu'illusion le plus souvent, le droit d'en décider était cette fois sien, dans sa totalité. Il ne tenait qu'à elle de rompre ce contact, de fuir et de s'en aller. Mais, ne fut-ce que par orgueil, saurait-elle se détourner, abandonner sans plus chercher à comprendre l'être infect qu'il était ? La réponse ne saurait tarder.
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MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Lun 24 Mar 2014 - 23:10

Son assurance ne lui extirpe pas même un léger sourire de façade. Il a pris ses dispositions... Comme toujours le Griffon restera fidèle à lui même. Sûr de lui, confiant en ses capacités à se sortir de toutes les embuches qui auraient le mauvais goût d'entraver sa route. Mais pas cette fois. Non. Aujourd'hui il ne pourra rien, il ne peut rien contre le maître incontesté des enfers depuis des temps que les mémoires d'homme peinent à réaliser à leur juste valeur.

La cigarette éphémère s'éteint, avec elle s'installe un profond silence qu'aucun des deux ne brise avant quelques longues minutes. Elle ne lui demande pas d'où provient l'ichor qui coule dans ses veines. Comment il est possible que son propre sang se retrouve aujourd'hui mêlé au sien. Non, elle ne dira rien, ne posera pas la moindre question. Car finalement... quelle importance. Ce qui est fait est fait. Nul besoin de connaitre la manoeuvre qui lui a permis de recueillir le précieux nectar. Car manoeuvre est sans doute le terme adéquat. Alessio ne fait jamais rien au hasard, ne prend jamais la parole pour ne rien dire. Il y a toujours quelque chose derrière ce sourire, derrière ce panache de fumée qui se dégage entre ses lèvres, sous cette apaisante expression doucereuse qu'il arbore parfois mais qui ne restera à jamais que de façade.

Pas encore assez pour apprendre de tes erreurs, Alessio

Que signifient ces mots... alors que déjà la main masculine enlace la sienne, froide et tendue, comme si elle était aussi inerte que les corps qui jonchent le Cocyte.
Ce qu'il imagine, ce qu'il pourrait espérer, ce qu'il attend, ce qu'il désire. Tout cela restera à jamais une énigme qu'elle ne tentera plus jamais de percer. A reproduire de trop près le mythe de ce pauvre Icare, Perséphone a finit par brûler ses ailes aussi sûrement que celles du papillon attiré par la lumière d'une chandelle. Une chandelle qui semblait aussi dangereuse qu'inoffensive, mais dont elle n'a que trop sous estimé la perfidie.

Lentement la main du Printemps se détache de la sienne alors que les fils d'argent cessent d'eux mêmes leur jeu. Car tout ceci n'est et ne restera à jamais qu'un jeu à ses yeux. Il a voulu briser la mythologie, il a peut être estimé pouvoir prendre la place du Sombre seigneur, quelle que soit la forme qu'aurait pu revêtir cette place. Sa place dans le coeur de son épouse ancestrale, sa place au sein des enfers, sa place en tant que divinité majeure. Allez savoir. Un savoir qu'il n'est même certain de posséder lui même... Car finalement, elle en vient à penser que tout ce qu'il dit, que tout ce qu'il fait, a pu faire, a pu dire, n'a d'autre objectif que de le divertir de cette éternité qu'il exècre autant qu'il l'adore, un peu à son image sans doute.

Sa main se fige dans les airs quelques brefs instants alors qu'une impression somme toute improbable s'immisce dans sa poitrine. Ses paupières se froissent imperceptiblement.
Aphrodite. Quelle ironie. Elle qui imaginait sa soeur comme la solution la plus objective face à cet épineux problème, se retrouve à être conviée par celle là même, au sein de son propre domaine et alors que, déjà, la sulfureuse se trouve aux côtés de son époux, ce qui n'est pas pour lui plaire à cet instant.

Il semble que la solution se présente d'elle-même aux enfers

C'est d'une voix traînante et monocorde que la divine adresse ces mots au Juge qui se tient tout près d'elle.

Je te félicite, Alessio.
Tu as gagné.

A ces derniers mots, sans expliquer plus avant ce qu'ils signifient réellement, une brume opaque entoure le corps frêle de la divine alors qu'elle pose un dernier regard sur le Juge du Griffon. Et malgré les vapeurs blanchâtres qui l'engloutissent en leur sein, on peut y lire une grande tristesse. Une tristesse qui disparait en même temps que le corps de la reine des enfers s'efface des abords du Lac de Sang.

-> Elysion

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MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV Alessio]   Jeu 27 Mar 2014 - 14:16

Perséphone ne répondit rien. Sans doute ne le croyait-elle pas. Qu'importe. Alessio n'avait plus rien à prouver, en terme de capacité à se sortir de n'importe quel guêpier. N'avait-il pas croisé la route de Zeus par deux fois, pour en sortir toujours entier ? Elle verrait bien. De toute façon, ce n'était pas comme s'il avait jamais demandé à qui que ce soit d'être apte à le comprendre – pas même à elle. Quand bien même son pyrrhonisme aurait pu être contrariant, il n'en pensait rien à cet instant. Que la Reine Noire pense son époux à ce point supérieur à son amant, alors même qu'elle n'avait plus rien à perdre, marquait sa défaite.

Mitigée, étant donné la disgrâce que par sa faute elle avait dû se voir infligé, mais non moins avérée. Pas même cette réflexion ne parvint à l'affecter. Cela n'avait plus aucun intérêt. Seuls les actes compteraient maintenant que les mots n'étaient plus que cendres éparpillées. Oui, elle verrait. Un sourire moqueur, doux et éphémère à la fois, vint éclairer ses traits l'espace d'un instant dans la pénombre qui environnait le Lac de Sang. Apprendre de ses erreurs ? Oh, si. Elle était mieux placée que quiconque pour le savoir. C'était précisément les enseignements qu'il en avait tiré qui avaient rendu tout cela possible.

Peut-être ne considéraient-ils tout simplement pas les mêmes choses comme des erreurs, voilà tout. Auquel cas, il n'y avait effectivement plus rien à faire, sinon attendre. Attendre que sonne le glas. De qui, de quoi ? Nul ne pouvait le savoir à l'avance. Pas tant que la tragédie restait en suspens. Mais pour en être l'auteur, s'ils en avaient écrit le déroulement à quatre mains, c'était à lui d'y mettre fin. Et il l'avait déjà choisie, n'en déplaise à la Fille des Saisons. Nul ne pourrait changer cela. Non, cela n'arriverait pas deux fois. De son vivant, le destin l'avait malmené, réduit à l'état de pantin ; à présent, les fils étaient entre ses mains.

Je n'aurais pas mieux dit.

À l'exact moment où les paroles de Perséphone lui étaient parvenues, il sentit au loin le cosmos d'Elvis refaire surface. Pour peu qu'il ne soit point revenu bredouille – ce que le Griffon ne lui souhaitait pas -, il rapportait dans ses bagages la seule chose dont son maître ait besoin – un moyen pour que tout prenne fin. À moins que l'Étoile de la Machination se soit permis de faire un détour de son côté avant de partir en mission, elle ne pouvait se douter de tout ce que cela pouvait signifier – ou, dans le cas contraire, feintait admirablement de n'en rien savoir. Chose peu probable dans son état : elle avait déjà assez fort à faire pour rester de marbre.

Mais là encore, quelle importance ?

S'ils étaient à l'origine de tout cela, pouvait-on seulement dire qu'ils en contrôlaient encore quoi que ce soit ? Quand bien même c'était lui qui avait lancé cette invitation, n'avait-il pas été finalement que l'instrument de son propre plan ? Ses actions étaient définies à l'avance, prévues de longue date – il savait que ça arriverait, et le simple fait de l'avoir anticipé était agaçant. Il n'avait fait qu'envisager tous les cas de figure de sorte à ne rien laisser au hasard, mais se désappointait de devoir en arriver là. Qu'à cela ne tienne : tous les moyens sont bons. Il se demanda néanmoins s'il lui était déjà arrivé de partager l'idée qu'il venait de formuler sur la longévité, mais passa la question sous silence.

Le contact se rompt, les doigts se délient. Il ne fit rien pour l'en empêcher, le regard rivé dans le lointain. La première fois, c'était elle qui était venue à lui, avait fait naufrage au creux de ses bras. Pas de sa propre initiative à la base certes, mais elle ne s'en était pas moins prise au jeu – empêtrée dans sa toile d'araignée. Il ne lui appartenait pas d'y retenir alors qu'elle tentait de s'en échapper. Il l'avait déjà dévorée. Il ne restait plus rien d'elle – plus rien de ce qu'elle avait pensé être toutes ces années, tous ces siècles durant. Rien de ce qui la définissait en tant que divinité. Saurait-elle vivre par elle-même, non plus par Hadès ? Seul l'avenir le dirait.

Ah bon.

Ses prunelles ambrées mirent de longues minutes à se détourner de l'horizon indistinct qu'elles n'avaient cessé de fixer depuis son arrivée. Si victoire il y avait, il n'en avait pas conscience, tant le seul goût qu'il avait en bouche était celui des cendres – et du sang encore à venir. Elle s'en alla en le laissant là, seul et vide, livré à ses propres pensées. La messe était dite. Ils avaient à faire, l'un comme l'autre, chacun de leur côté. C'était ici que leurs chemins se séparaient. Là où tout avait commencé. Le Juge rajusta sa cravate, fit volte-face. Une cigarette se forma à partir de rien, vint prendre place entre ses doigts. Dès les premières bouffées, son visage disparut sous l'écran de fumée. Il tourna le dos au lac de sang, s'en éloignant pour ne plus y revenir jamais. C'était terminé, mais la partie, elle, ne l'était pas : il lui restait encore un coup à jouer.
~ Anténora.
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Là où tout a commencé [PV Alessio]

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